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 Bibliographie Saints du Carmel

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Espérance

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MessageSujet: Bibliographie Saints du Carmel    Sam 3 Mar - 21:53

A partir de http://www.carmel.asso.fr/-Bibliographie-Saints-du-Carmel-.html

Vous trouverez ici une bibliographie relative aux grands visages du Carmel ainsi qu’à de moins connus.

Les grands auteurs du Carmel (sainte Thérèse de Jésus, saint Jean de la Croix, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et la bienheureuse Elisabeth de la Trinité) nous ont amené à distinguer leurs écrits des études dont ils ont fait l’objet. Parmi ces dernières, nous nous sommes efforcés de sélectionner au moins une biographie de qualité, une présentation générale et simple du personnage (vie, écrits, milieu, rayonnement, message, etc…), un exposé technique de sa pensée et un commentaire spirituel de ses écrits.

La bibliographie présente aussi des figures un peu moins connues mais qui ont, à leur manière, marqué l’histoire du Carmel et contribué à son enrichissement spirituel. Dans la plupart des cas, nous ne citons ici qu’un seul ouvrage, pour une première approche du personnage.

Toutes les fois que nous l’avons jugé utile, nous avons adjoint aux coordonnées des livres quelques brèves appréciations qui, nous l’espérons, permettront aux moins avertis de faire le bon choix.

_________________
La foi que j'aime le mieux, dit Dieu, c'est l'Espérance.
Charles Péguy
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Espérance

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MessageSujet: Re: Bibliographie Saints du Carmel    Sam 3 Mar - 22:02

Sainte Thérèse d'Avila

« Que rien ne te trouble
Que rien ne t’épouvante
Tout passe
Dieu ne change pas
La patience triomphe de tout
Celui qui possède Dieu
Ne manque de rien
Dieu seul suffit ! »



Sa vie, son message :

Jeune femme brillante et aimée de ses proches, elle entre à l’âge de 20 ans au monastère de l’Incarnation d’Avila. Elle y prend le nom de Thérèse de Jésus et découvre dans la prière silencieuse (oraison) le lieu de l’amitié et de l’intimité avec le Christ.
Passionnément désireuse de partager son expérience et de la mettre au service de l’Église, elle s’engage dans la fondation de carmels réformés pour suivre de plus près le Christ dans la prière, la pauvreté et la simplicité d’une vie fraternelle.
Elle nous a laissé une œuvre écrite prodigieuse pour nous aider à marcher et à travailler au service de l’évangile, bonne nouvelle de l’amour de Dieu pour tous.



selon Benoit XVI
Catéchèse du 2 février 2011

Chers frères et sœurs,


Au cours des catéchèses que j’ai voulu consacrer aux Pères de l’Eglise et aux grandes figures de théologiens et de femmes du Moyen-Age, j’ai eu l’occasion de m’arrêter également sur certains saints et saintes qui ont été proclamés docteurs de l’Eglise en raison de leur éminente doctrine. Aujourd’hui, je voudrais commencer une brève série de rencontres pour compléter la présentation des docteurs de l’Eglise. Et je commence par une sainte qui représente l’un des sommets de la spiritualité chrétienne de tous les temps : sainte Thérèse d’Avila (de Jésus).


Elle naît à Avila, en Espagne, en 1515, sous le nom de Teresa de Ahumada. Dans son autobiographie, elle mentionne elle-même certains détails de son enfance : la naissance de « parents vertueux et craignant Dieu », au sein d’une famille nombreuse, avec neuf frères et trois sœurs. Encore enfant, alors qu’elle n’avait pas 9 ans, elle a l’occasion de lire les vies de certains martyrs, qui lui inspirent le désir du martyre, si bien qu’elle improvise une brève fugue de chez elle pour mourir martyre et monter au Ciel (cf. Vie, 1, 4) : « Je veux voir Dieu » déclare la petite fille à ses parents. Quelques années plus tard, Thérèse parlera de ses lectures d’enfance, et affirmera y avoir découvert la vérité, qu’elle résume dans deux principes fondamentaux : d’un côté, « le fait que tout ce qui appartient au monde ici bas passe » et de l’autre, que seul Dieu est « pour toujours, toujours, toujours », un thème qui revient dans la très célèbre poésie


Orpheline de mère à l’âge de 12 ans, elle demande à la Très Sainte Vierge de lui servir de mère (cf. Vie, 1, 7).



Si, au cours de son adolescence, la lecture de livres profanes l’avait conduite aux distractions d’une vie dans le monde, l’expérience comme élève des moniales augustiniennes de Sainte Marie des Grâces d’Avila, ainsi que la lecture de livres spirituels, en particulier des classiques de la spiritualité franciscaine, lui enseignent le recueillement et la prière.

A l’âge de 20 ans, elle entre au monastère carmélite de l’Incarnation, toujours à Avila ; dans sa vie religieuse, elle prend le nom de Thérèse de Jésus. Trois ans plus tard, elle tombe gravement malade, au point de rester quatre jours dans le coma, apparemment morte (cf. Vie, 5, 9).

Même dans la lutte contre ses maladies, la sainte voit le combat contre les faiblesses et les résistances à l’appel de Dieu : « Je désirais vivre - écrit-elle - car je le sentais, ce n’était pas vivre que de me débattre ainsi contre une espèce de mort ; mais nul n’était là pour me donner la vie, et il n’était pas en mon pouvoir de la prendre. Celui qui pouvait seul me la donner avait raison de ne pas me secourir ; il m’avait tant de fois ramenée à lui, et je l’avais toujours abandonné » (Vie, 8, 2)



En 1543, sa famille s’éloigne : son père meurt et tous ses frères émigrent l’un après l’autre en Amérique.

Au cours du carême 1554, à l’âge de 39 ans, Thérèse atteint le sommet de sa lutte contre ses faiblesses.

La découverte fortuite de la statue d’« un Christ couvert de plaies » marque profondément sa vie (cf. Vie, 9).

La sainte, qui à cette époque trouvait un profond écho dans les Confessions de saint Augustin, décrit ainsi le jour décisif de son expérience mystique : « Le sentiment de la présence de Dieu me saisissait alors tout à coup. Il m’était absolument impossible de douter qu’il ne fût au dedans de moi, ou que je ne fusse toute abîmée en lui » (Vie, 10, 1).


Parallèlement au mûrissement de son intériorité, la sainte commence à développer concrètement l’idéal de réforme de l’ordre du carmel : en 1562 elle fonde à Avila, avec le soutien de l’évêque de la ville, don Alvaro de Mendoza, le premier carmel réformé, et peu après elle reçoit aussi l’approbation du supérieur général de l’ordre, Giovanni Battista Rossi.

Dans les années qui suivent elle continue à fonder de nouveaux carmels, dix-sept au total. La rencontre avec saint Jean de la Croix, avec lequel, en 1568, elle fonde à Duruelo, non loin d’Avila, le premier couvent de carmes déchaussés, est fondamentale.



En 1580, elle obtient de Rome l’érection en Province autonome pour ses carmels réformés, point de départ de l’ordre religieux des carmélites déchaussées.

Thérèse termine sa vie terrestre au moment où elle est engagée dans l’activité de fondation. En 1582, en effet, après avoir fondé le carmel de Burgos et tandis qu’elle est en train d’effectuer son voyage de retour à Avila, elle meurt la nuit du 15 octobre à Alba de Tormes, en répétant humblement ces deux phrases :

« A la fin, je meurs en fille de l’Eglise » et « L’heure est à présent venue, mon Epoux, que nous nous voyons ».

Une existence passée en Espagne, mais consacrée à l’Eglise tout entière.

Béatifiée par le Pape Paul V en 1614 et canonisée en 1622 par Grégoire XV, elle est proclamée « Docteur de l’Eglise » par le Serviteur de Dieu Paul VI en 1970.



Thérèse de Jésus n’avait pas de formation universitaire, mais elle a tiré profit des enseignements de théologiens, d’hommes de lettres et de maîtres spirituels.

Comme écrivain, elle s’en est toujours tenu à ce qu’elle avait personnellement vécu ou avait vu dans l’expérience des autres (cf. Prologue au Chemin de perfection), c’est-à-dire en partant de l’expérience.

Thérèse a l’occasion de nouer des liens d’amitié spirituelle avec un grand nombre de saints, en particulier avec saint Jean de la Croix.

Dans le même temps elle se nourrit de la lecture des Pères de l’Eglise, saint Jérôme, saint Grégoire le Grand, saint Augustin.

Parmi ses œuvres majeures, il faut rappeler tout d’abord son autobiographie, intitulée Livre de la vie, qu’elle appelle Livre des Miséricordes du Seigneur.

Composée au Carmel d’Avila en 1565, elle y rapporte son parcours biographique et spirituel, écrit, comme l’affirme Thérèse elle-même, pour soumettre son âme au discernement du « Maître des spirituels », saint Jean d’Avila.

Le but est de mettre en évidence la présence et l’action de Dieu miséricordieux dans sa vie : c’est pourquoi l’œuvre rappelle souvent le dialogue de prière avec le Seigneur. C’est une lecture fascinante, parce que la sainte non seulement raconte, mais montre qu’elle revit l’expérience profonde de sa relation avec Dieu.


En 1566, Thérèse écrit le Chemin de perfection, qu’elle appelle Admonestations et conseils que donne Thérèse de Jésus à ses moniales.

Les destinataires en sont les douze novices du carmel de saint Joseph d’Avila. Thérèse leur propose un intense programme de vie contemplative au service de l’Eglise, à la base duquel se trouvent les vertus évangéliques et la prière.

Parmi les passages les plus précieux, le commentaire au Notre Père, modèle de prière.



L’œuvre mystique la plus célèbre de sainte Thérèse est le Château intérieur, écrit en 1577, en pleine maturité.

Il s’agit d’une relecture de son chemin de vie spirituelle et, en même temps, d’une codification du déroulement possible de la vie chrétienne vers sa plénitude, la sainteté, sous l’action de l’Esprit Saint. Thérèse fait appel à la structure d’un château avec sept pièces, comme image de l’intériorité de l’homme, en introduisant, en même temps, le symbole du ver à soie qui renaît en papillon, pour exprimer le passage du naturel au surnaturel.

La sainte s’inspire des Saintes Ecritures, en particulier du Cantique des Cantiques, pour le symbole final des « deux Epoux », qui lui permet de décrire, dans la septième pièce, le sommet de la vie chrétienne dans ses quatre aspects :

trinitaire, christologique, anthropologique et ecclésial.

A son activité de fondatrice des carmels réformés, Thérèse consacre le Livre des fondations, écrit en 1573 et 1582, dans lequel elle parle de la vie du groupe religieux naissant.

Comme dans son autobiographie, le récit tend à mettre en évidence l’action de Dieu dans l’œuvre de fondation des nouveaux monastères.


  Teresa de Jésus


Il n’est pas facile de résumer en quelques mots la spiritualité thérésienne, profonde et articulée.

Je voudrais mentionner plusieurs points essentiels.

En premier lieu, sainte Thérèse propose les vertus évangéliques comme base de toute la vie chrétienne et humaine : en particulier, le détachement des biens ou pauvreté évangélique, et cela nous concerne tous ;

l’amour des uns pour les autres comme élément essentiel de la vie communautaire et sociale ;

l’humilité comme amour de la vérité ;

la détermination comme fruit de l’audace chrétienne ;

l’espérance théologale, qu’elle décrit comme une soif d’eau vive.

Sans oublier les vertus humaines : amabilité, véracité, modestie, courtoisie, joie, culture.

En deuxième lieu, sainte Thérèse propose une profonde harmonie avec les grands personnages bibliques et l’écoute vivante de la Parole de Dieu.

Elle se sent surtout en harmonie avec l’épouse du Cantique des Cantiques et avec l’apôtre Paul, outre qu’avec le Christ de la Passion et avec Jésus Eucharistie.



La sainte souligne ensuite à quel point la prière est essentielle :

prier, dit-elle, « signifie fréquenter avec amitié, car nous fréquentons en tête à tête Celui qui, nous le savons, nous aime » (Vie 8, 5).

L’idée de sainte Thérèse coïncide avec la définition que saint Thomas d’Aquin donne de la charité théologale, comme amicitia quaedam hominis ad Deum, un type d’amitié de l’homme avec Dieu, qui le premier a offert son amitié à l’homme ;

l’initiative vient de Dieu (cf. Summa Theologiae II - II, 21, 1).

La prière est vie et se développe graduellement en même temps que la croissance de la vie chrétienne :

elle commence par la prière vocale, elle passe par l’intériorisation à travers la méditation et le recueillement, jusqu’à parvenir à l’union d’amour avec le Christ et avec la Très Sainte Trinité.

Il ne s’agit évidemment pas d’un développement dans lequel gravir les plus hautes marches signifie abandonner le type de prière précédent, mais c’est plutôt un approfondissement graduel de la relation avec Dieu qui enveloppe toute la vie.

Plus qu’une pédagogie de la prière, celle de Thérèse est une véritable « mystagogie » : elle enseigne au lecteur de ses œuvres à prier en priant elle-même avec lui ;

en effet, elle interrompt fréquemment le récit ou l’exposé pour se lancer dans une prière.



Un autre thème cher à la sainte est le caractère central de l’humanité du Christ.

En effet, pour Thérèse, la vie chrétienne est une relation personnelle avec Jésus, qui atteint son sommet dans l’union avec Lui par grâce, par amour et par imitation.

D’où l’importance que celle-ci attribue à la méditation de la Passion et à l’Eucharistie, comme présence du Christ, dans l’Eglise, pour la vie de chaque croyant et comme cœur de la liturgie. Sainte Thérèse a un amour inconditionné pour l’Eglise :

elle manifeste un vif sensus Ecclesiae face aux épisodes de division et de conflit dans l’Eglise de son temps.

Elle réforme l’Ordre des carmélites avec l’intention de mieux servir et de mieux défendre la « Sainte Eglise catholique romaine », et elle est disposée à donner sa vie pour celle-ci (cf. Vie 33, 5).



Un dernier aspect essentiel de la doctrine thérésienne, que je voudrais souligner, est la perfection, comme aspiration de toute la vie chrétienne et objectif final de celle-ci.

La sainte a une idée très claire de la « plénitude » du Christ, revécue par le chrétien.

A la fin du parcours du Château intérieur, dans la dernière « pièce », Thérèse décrit cette plénitude, réalisée dans l’inhabitation de la Trinité, dans l’union au Christ à travers le mystère de son humanité.



Chers frères et sœurs, sainte Thérèse de Jésus est une véritable maîtresse de vie chrétienne pour les fidèles de tout temps.

Dans notre société, souvent en manque de valeurs spirituelles, sainte Thérèse nous enseigne à être des témoins inlassables de Dieu, de sa présence et de son action, elle nous enseigne à ressentir vraiment cette soif de Dieu qui existe dans la profondeur de notre cœur, ce désir de voir Dieu, de chercher Dieu, d’être en conversation avec Lui et d’être ses amis.

Telle est l’amitié qui est nécessaire pour nous tous et que nous devons rechercher, jour après jour, à nouveau.

Que l’exemple de cette sainte, profondément contemplative et efficacement active, nous pousse nous aussi à consacrer chaque jour le juste temps à la prière, à cette ouverture vers Dieu, à ce chemin pour chercher Dieu, pour le voir, pour trouver son amitié et trouver ainsi la vraie vie ;

car un grand nombre d’entre nous devraient vraiment dire : « Je ne vis pas, je ne vis pas réellement, car je ne vis pas l’essence de ma vie ».

C’est pourquoi, le temps de la prière n’est pas du temps perdu, c’est un temps pendant lequel s’ouvre la voie de la vie, s’ouvre la voie pour apprendre de Dieu un amour ardent pour Lui, pour son Eglise, c’est une charité concrète pour nos frères. Merci.




27 septembre 1970 - Basilique Saint-Pierre de Rome


HOMELIE DU PAPE PAUL VI – SAINTE THERESE D’AVILA DOCTEUR DE L’EGLISE




[size=12]Le 19 Octobre 2014, le Pape François proclame bienheureux son prédécesseur Paul VI, Jean-Baptiste Montini (1897-1978). L’Ordre du Carmel a une grande dette de reconnaissance à ce pape du Concile Vatican II : il a eu le courage de proclamer Thérèse de Jésus, Thérèse d’Avila, comme la première femme, docteur de l’Eglise. Voici l’homélie qu’il prononça en ce jour mémorable du 27 septembre 1970.[/size]

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Nous avons conféré, ou mieux : nous avons reconnu le titre de Docteur de l’Eglise à sainte Thérèse de Jésus. Le seul fait de proférer le nom de cette Sainte, singulière et si grande, en ce lieu et en cette circonstance, soulève dans nos âmes un tumulte de pensées : la première serait d’évoquer la figure de Thérèse. Nous la voyons apparaître devant nous comme femme exceptionnelle, comme religieuse qui, toute voilée d’humilité, de pénitence et de simplicité, rayonne autour d’elle la flamme de sa vitalité humaine et de sa vivacité spirituelle ; puis comme réformatrice et fondatrice d’un Ordre religieux, historique et insigne ; écrivain ô combien génial et fécond, maîtresse de vie spirituelle, contemplative incomparable et inlassablement active… Qu’elle est grande ! Qu’elle est unique ! Qu’elle est humaine ! Qu’elle est attachante cette figure ! Avant de parler d’autre chose nous serions tenté de parler d’elle, de cette Sainte si intéressante à tant d’égards. Mais n’attendez pas de nous, en ce moment, que nous vous entretenions de la personne et de l’œuvre de Thérèse de Jésus : la double biographie que contient le volume préparé avec tant de soin par notre Congrégation pour les Causes des Saints suffirait à décourager quiconque voudrait condenser en de brèves paroles l’image historique et biographique de cette Sainte, qui semble déborder les traits descriptifs dans lesquels on voudrait la contenir. Du reste, ce n’est pas sur elle que nous voulons fixer pour un instant notre attention, mais sur l’acte que nous venons d’accomplir, sur le fait que nous gravons dans histoire de l’Église et que nous confions à la piété et à la réflexion du Peuple de Dieu ; sur l’attribution, disions-nous, du titre de Docteur de l’Église à Thérèse d’Avila, à Sainte Thérèse de Jésus, la grande Carmélite.
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ECLATS DE SAGESSE DANS LA SAINTETE


Et la signification de cet acte est très claire. C’est un acte qui, intentionnellement, veut être lumineux ; qui pourrait avoir pour expression symbolique une lampe allumée devant l’humble et majestueuse figure de la Sainte : acte lumineux par le faisceau rayonnant que le titre de Docteur de l’Église projette sur elle ; lumineux aussi par un autre faisceau rayonnant qu’il projette sur nous. Sur elle, Thérèse : la lumière de ce titre met en évidence en premier lieu des valeurs indiscutables, qui lui étaient déjà amplement reconnues. La première de ces valeurs est la sainteté de la vie, officiellement proclamée le 12 mars 1622 — trente ans après sa mort — par notre Prédécesseur Grégoire XV, dans la célèbre canonisation où furent inscrits au canon des Saints, avec notre Carmélite, Ignace de Loyola, François Xavier, Isidore le laboureur — tous gloires de l’Espagne catholique —, et avec eux Philippe Néri, florentin-romain. En second lieu, le titre de Docteur met très spécialement en évidence « l’éminence de la doctrine » de la Sainte (cf. P. Lambertini, puis Benoît XIV, De Servorum Dei beatificatione, IV, 2, c. 11, n. 13). La doctrine de Sainte Thérèse d’Avila resplendit des charismes de la vérité, de la conformité à la foi catholique, de l’utilité pour l’érudition des âmes ; et nous pouvons en noter particulièrement un autre : le charisme de la sagesse, qui nous fait penser à l’aspect le plus attirant et ensemble le plus mystérieux du doctorat de Sainte Thérèse : l’influx de l’inspiration divine en ce prodigieux écrivain mystique. D’où venait à Thérèse le trésor de sa doctrine ? Sans nul doute, de son intelligence, de sa formation culturelle et spirituelle, de ses lectures, de ses conversations avec de grands maîtres de la théologie et de la spiritualité ; elle lui venait de sa sensibilité profonde, de son habituelle et intense discipline ascétique, de sa méditation contemplative, en un mot, de la correspondance à la grâce accueillie dans une âme extraordinairement riche et préparée à la pratique et à l’expérience de l’oraison. Mais était-ce là l’unique source de sa « doctrine éminente » ? Ou ne doit-on pas chercher en Sainte Thérèse des actes, des faits, des états qui ne proviennent pas d’elle, mais qui par elle sont subis, c’est-à-dire soufferts, passifs, mystiques au sens strict du mot, et qu’il faut donc attribuer à une action extraordinaire de l’Esprit-Saint ? Indubitablement, nous sommes devant une âme dans laquelle se manifeste l’initiative divine extraordinaire, une âme perçue et décrite par Thérèse en un langage littéraire qui lui est propre, simplement, fidèlement, merveilleusement.


DE TOUTES SES FORCES MONTER A DIEU


Ici les questions se multiplient. L’originalité de l’action mystique est l’un des phénomènes psychologiques les plus délicats et les plus complexes, dans lesquels beaucoup de facteurs peuvent intervenir et obliger l’observateur aux plus sévères précautions, mais où les merveilles de l’âme humaine se manifestent d’une manière surprenante. L’une de ces merveilles les plus compréhensives est l’amour : l’amour qui célèbre dans la profondeur du cœur ses expressions plus variées et plus pleines ; amour que nous devrons appeler, à la fin, mariage, parce qu’il est la rencontre de l’Amour divin inondant, qui descend à la rencontre avec l’amour humain qui tend à monter de toutes ses forces ; c’est l’union avec Dieu la plus intime et la plus forte qu’il soit donné à l’âme d’expérimenter sur cette terre ; amour qui devient lumière, qui devient sagesse : sagesse des choses divines, sagesse des choses humaines. Et c’est de ces secrets que nous parle la doctrine de Thérèse ; ce sont les secrets de l’oraison. Sa doctrine est là. Elle a eu le privilège et le mérite de connaître ces secrets par voie d’expérience : expérience vécue dans la sainteté d’une vie consacrée à la contemplation et, simultanément, engagée dans l’action ; expérience tout ensemble soufferte et goûtée dans l’effusion de charismes spirituels extraordinaires. Thérèse a eu l’art d’exposer ces secrets, au point de se classer parmi les plus grands maîtres de la vie spirituelle. Ce n’est pas en vain que la statue de Thérèse, qui la représente comme Fondatrice, dans cette Basilique, porte l’inscription : Mater Spiritualium. Elle était déjà admise par consentement unanime, peut-on dire, cette prérogative de Sainte Thérèse, d’être mère, d’être maîtresse des personnes spirituelles. Mère d’une simplicité charmante, maîtresse d’une profondeur admirable. Le suffrage de la tradition des Saints, des Théologiens, des Fidèles, des savants lui était déjà assuré ; nous venons de le confirmer, en sorte qu’ornée de ce titre magistral, elle ait à accomplir une mission plus autorisée, dans sa Famille religieuse, dans l’Église orante et dans le monde, avec son message pérenne et présent : le message de l’oraison.


LE MESSAGE DE L’ORAISON


C’est cette lumière-là, rendue aujourd’hui plus vive et plus pénétrante, que le titre de Docteur, conféré à Sainte Thérèse, reflète sur nous. Le message de l’oraison ! Il vient à nous, fils de l’Église, en une heure marquée par un grand effort de réforme et de renouveau de la prière liturgique ; il vient à nous, tentés par la grande rumeur et le grand engagement du monde extérieur de céder à l’enfièvrement de la vie moderne et de perdre les vrais trésors de notre âme à la conquête des séduisants trésors de la terre. Il vient à nous, fils de notre temps, alors que va se perdant non seulement l’habitude du colloque avec Dieu, mais le sens du besoin et du devoir de l’adorer et de l’invoquer. Il vient à nous, le message de la prière, chant et musique de l’esprit pénétré de la grâce et ouvert à la conversation de la foi, de l’espérance et de la charité, tandis que l’exploration psychanalytique décompose l’instrument fragile et compliqué que nous sommes, non plus pour en tirer les voix de l’humanité souffrante et rachetée, mais pour ausculter le murmure trouble de son subconscient animal, les cris de ses passions désordonnées et de son angoisse désespérée. Il vient à nous le message sublime et simple de l’oraison, où la sage Thérèse nous exhorte à comprendre « le grand bien que Dieu accorde à une âme quand il la dispose à s’appliquer avec détermination à l’oraison… car l’oraison mentale, ce n’est pas autre chose, à mon avis, qu’une amitié intime, un entretien fréquent, seul à seul, avec celui dont nous savons qu’il nous aime. » (Vie, chap. VIII). Tel est en bref le message pour nous de Sainte Thérèse de Jésus, Docteur de la Sainte Église : écoutons-le et faisons le nôtre. Nous devons maintenant ajouter deux observations qui nous semblent importantes. Remarquons en premier lieu que Sainte Thérèse d’Avila est la première femme à qui l’Église confère le titre de Docteur ; et ce fait ne va pas sans rappeler la parole sévère de saint Paul : Mulieres in Ecclesiis taceant (1 Co 14, 34) : ce qui veut dire, encore aujourd’hui, que la femme n’est pas destinée à avoir dans l’Église des fonctions hiérarchiques de magistère et de ministère. Le précepte apostolique aurait-il été violé ? Nous pouvons répondre clairement : non. Il ne s’agit pas, en réalité, d’un titre qui comporterait une fonction hiérarchique de magistère ; mais nous devons souligner en même temps que cela ne signifie nullement une moindre estime de la mission sublime de la femme au milieu du Peuple de Dieu. Au contraire, la femme, en entrant dans l’Église par le baptême, participe au sacerdoce commun des fidèles, qui habilite et oblige à « professer devant les hommes la foi reçue de Dieu par l’intermédiaire de l’Église » (Lumen Gentium, c. 2, n. 11). Dans cette profession de la foi beaucoup de femmes sont arrivées aux plus hauts sommets, au point que leur parole et leurs écrits ont été lumière et guide pour leurs frères : lumière alimentée chaque jour par le contact intime avec Dieu, jusque dans les formes les plus nobles de l’oraison mystique, pour laquelle saint François de Sales n’hésite pas à dire qu’elles possèdent une capacité spéciale. Lumière faite vie d’une manière sublime, pour le bien et le service des hommes.



AU DELA DE TOUT OBSTACLE : SENTIR AVEC L’EGLISE


C’est pourquoi le Concile a voulu reconnaître la haute collaboration avec la grâce divine que les femmes sont appelées à exercer pour instaurer le règne de Dieu sur la terre et, pour exalter la grandeur de leur mission, il n’hésite pas non plus à les inviter à coopérer pour « aider l’humanité à ne pas déchoir », pour « réconcilier les hommes avec la vie », pour « sauver la paix dans le monde » (Message aux femmes). En second lieu, nous ne voulons pas négliger le fait que Sainte Thérèse d’Avila était espagnole et qu’à bon droit l’Espagne la considère comme l’une de ses plus grandes gloires. Dans sa personnalité l’on apprécie les caractéristiques de sa patrie : la robustesse de l’esprit, la profondeur des sentiments, la sincérité du cœur, l’amour de l’Église. Sa figure se situe à une époque glorieuse où tant de saints et de maîtres marquèrent leur temps par le développement de la spiritualité. Elle les écoute avec l’humilité du disciple et sait en même temps les juger avec la perspicacité d’une grande maîtresse de vie spirituelle, et ceux-ci la considèrent comme telle. D’autre part, au-dedans comme au-dehors des frontières de sa patrie, s’agitait la violente tempête de la Réforme, opposant entre eux les fils de l’Église. Pour l’amour de la vérité et pour son intimité avec le Maître, Thérèse eut à supporter des amertumes et des incompréhensions de toutes sortes. Et devant la rupture de l’unité, son esprit ne pouvait trouver de repos : « ... j’éprouvai une douleur profonde. Comme si j’étais ou pouvais quelque chose, je versais des larmes auprès du Seigneur, et je le suppliais de porter remède à un si grand mal  » (Chemin de perfection, ch. 1, n. 2 ; BAC 1962, 185). Ce « sentir avec l’Église » qu’elle expérimenta dans la douleur à la vue de la dispersion des forces, la conduisit à réagir avec toute l’énergie de son esprit castillan, dans son ardent désir d’édifier le règne de Dieu. Elle décida de pénétrer, avec une vision réformatrice, dans le monde qui l’entourait, de lui imprimer un sens, une harmonie, une âme chrétienne. A distance de cinq siècles, Sainte Thérèse d’Avila continue de laisser les traces de sa mission spirituelle, de la noblesse de son cœur assoiffé de catholicité, de son amour dépouillé de toute affection terrestre pour pouvoir se donner totalement à l’Église. Sur le point de rendre son dernier soupir, elle pouvait bien dire, comme épilogue à sa vie : « Enfin, je suis fille de l’Église ». Dans cette expression, heureux présage de la gloire des Bienheureux pour Thérèse de Jésus, nous voulons voir un héritage spirituel légué à toute l’Espagne. Nous voulons y voir aussi l’invitation, adressée à nous tous, de nous faire l’écho de sa voix, d’en faire le programme de notre vie, afin de pouvoir répéter avec elle : nous sommes fils de l’Église.

Avec notre Bénédiction Apostolique.



Thérèse d’Avila, la Castillane


Thérèse enfant, la fuite vers les Maures

Vingt ans au sein de sa famille pour développer ses dons, sa personnalité. Intelligente et passionnée, Thérèse captive les cœurs et mène la bande des frères et des cousins. Son milieu social de juifs convertis et ennoblis explique son ouverture d’esprit, son univers relationnel, sa bonne formation, son goût de la lecture.


A 20 ans, elle entre au couvent de l’Incarnation d’Avila pour des motifs discutables mais aussi, plus secrètement, en fidélité à une intuition intérieure venue de sa petite enfance.


Thérèse passe vingt sept ans dans cette communauté très nombreuse, de style encore moyenâgeux. Elle en reçoit une bonne initiation à la tradition du Carmel et à la vie religieuse. L’adaptation est heureuse … et très rude. Thérèse y laisse sa santé et frôle la mort.

Les vingt premières années se passent sans événements très notables. Ce sont vingt ans de désirs et d’efforts impuissants pour donner vraiment sa vie à Dieu.


Et puis, Thérèse fait soudain la brûlante rencontre de Jésus crucifié. Il devient son maître et son ami, il lui parle, il se fait voir.

Expériences exceptionnelles qui l’obligent à un long travail de discernement, qui la font accéder à une nouvelle vie. Thérèse veut faire quelque chose pour Dieu : elle cherche à mener vraiment sa vie de carmélite , à partager son expérience avec d’autres.

Thérèse d’Avila en prière

En 1562, sous son impulsion, le petit monastère de St Joseph est fondé, création d’un type nouveau de communauté, mieux adapté à l’époque et cherchant à être intérieurement plus fidèle à la tradition du Carmel.


Pendant 20 ans Thérèse va poursuivre son chemin en entraînant les autres. Elle quittera son petit recoin de Dieu, à Avila, pour partir sur les mauvaises routes de Castille et d’Andalousie et donner naissance à 17 monastères. Elle suscite le même élan chez les carmes, dont l’un des premiers fut Jean de la Croix.


20 ans de joies et de tracas, d’affaires à mener en bousculant les oppositions de tous ordres, 20 ans pour nous laisser des écrits qui comptent parmi les chef-d’œuvres de la littérature et de la spiritualité.


Itinéraire d’une femme exceptionnelle, d’une vie dont l’extraordinaire nous invite à la lecture, en profondeur, de l’ordinaire de nos vies.


Contexte historique


En 1515 l’exploration du nouveau monde est commencée. La jeune imprimerie se met au service d’une Renaissance humaniste, comme du renouveau de l’Église. Elle permet la diffusion de la Bible et des œuvres de multiples courants spirituels qui tentent de surmonter les crises de la fin du Moyen Âge.

En 1517, Charles Quint prend possession de son Royaume de Castille, cœur intellectuel et spirituel d’un empire immense sur lequel le soleil ne se couche pas. Il ouvre ses Royaumes d’Espagne aux vents nouveaux de l’Europe des Temps modernes, à ses questions. « Dans les temps à venir, cet Ordre sera florissant. »


En 1582 les choses ont bien changé. Les crises économiques, nationales, politiques, avec les guerres qui en résultent ont marqué l’échec d’une certaine Renaissance. Philippe II ne se soucie plus que de conserver ses domaines espagnols, d’étouffer toute dissidence politique et religieuse. C’est désormais l’affrontement des nationalismes, et, avec la Réforme, la division de la chrétienté.
Face aux défis de ce temps, les réponses les plus fortes, les plus ouvertes, venues d’Espagne, demeurent l’itinéraire des saints et des mystiques.






S.S. Paul VI

Source : traduction clerus.org revue et corrigée OCD Province de Paris



 

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MessageSujet: Re: Bibliographie Saints du Carmel    Dim 4 Mar - 21:52

L’essentiel de la doctrine Thérésienne

Pour nous entraîner dans son aventure vers la demeure la plus intérieure du château, Thérèse nous partage les certitudes nées de son expérience spirituelle.

Dieu nous propose son amitié


Le premier pas pour aventurer sa vie est d’oser croire que Dieu, le premier, désire notre amitié, qu’il veut faire de notre cœur le paradis de sa joie . Relisons notre vie pour la découvrir tissée des appels de Dieu, d’un amour jamais lassé de nous chercher, de nous attendre.

Entrons dans cette relation d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec celui dont nous savons qu’il nous aime .

La prière silencieuse, l’oraison, est le rendez-vous avec l’Ami, la porte du château intérieur . Elle ouvre et creuse un long chemin à l’intérieur de nous-mêmes, un parcours basé sur une relation d’amour qui apprend peu à peu à se déployer, en vérité, dans tous les domaines de notre vie.

Le vrai guide et le chemin, c’est le bon Jésus


L’oraison est le lieu où nous le regardons, où nous lui ouvrons notre pauvreté, nous laissant mener dans la confiance par Celui qui nous appelle.

Peu à peu, nous accepterons de renoncer à ce qui blesse l’Ami, de nous ouvrir à la vie nouvelle qu’il nous propose, et il nous donnera accès à toute la vie de Dieu. Alors, dans une expérience de relation aux trois Personnes divines, nous entrons dans les secrets de Dieu, et le Christ nous partage son souci du salut du monde.

Sur la route, dynamisme et réalisme


Le dynamisme viendra de notre grand désir de parvenir à ce très intérieur de nous-même où Dieu demeure .

Sur cet horizon, aux dimensions divines, Thérèse nous invite avec réalisme à une marche quotidienne, concrète.

Elle nous incite finement, souvent malicieusement, à déjouer nos illusions, à progresser dans la connaissance de nous-même, à nous déterminer à faire ce tout petit peu où aujourd’hui, nous engageons notre liberté, tout de suite.

Par ses exigences de détachement, de pauvreté, d’humilité, de charité fraternelle surtout, elle nous pousse au risque d’un amour vrai. La manière d’oraison de Thérèse est liée à une manière de vivre qui dispose à l’action de Dieu et qui en est le fruit.

Dans l’aventure où nous nous lançons, aidons-nous les uns les autres


Les petits Carmels fondés par Thérèse sont des lieux où l’on s’entraide à se tenir en éveil pour que Dieu soit libre de nous donner son amitié quand il le voudra, comme il voudra, avec le libre consentement de notre amitié pour lui.

Secrètement, cette entraide joue au niveau de nos frères en humanité, connus ou inconnus. Thérèse a l’intuition neuve que la vie de prière est un service d’Église Dans un monde en feu, aidons le Seigneur en étant tels qu’il puisse écouter nos prières .

Thérèse ne nous propose rien d’autre que d’aller de l’avant sur le chemin étroit de l’Évangile, de prendre au sérieux les exigences incontournables d’une marche à la suite de Celui qui nous a tant aimés, le Christ Jésus.

Si nous tenons les yeux fixés sur Lui , ce qui, de loin, nous semble un dangereux sentier de haute montagne, se découvre sous nos pas comme un chemin large et royal, l’espace où Dieu suscite peu à peu notre fragile liberté, à son image et ressemblance.

Thérèse d’Avila éclairée par un ange sur les chemins de ses fondations

Il reste très significatif, au 20e siècle, comme au 16e, que ce soit une femme qui en témoigne.
Je suis femme et bonne à rien , écrit Thérèse avec humour.

L’appel de Dieu est si clair et si contagieux dans l’expérience de cette femme libre, énergique et joyeuse.

Recueillons la déposition de cette exploratrice d’un monde nouveau, trop inconnu, encore, de nous. En nous laissant entraîner par son témoignage, nous lui donnerons vie et fécondité pour répondre d’une certaine manière à des défis mondialisés en cette aube d’une autre modernité.


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MessageSujet: Re: Bibliographie Saints du Carmel    Lun 5 Mar - 17:28

Saint Jean de la Croix


Citation :
Ô nuit qui m’a guidé
Ô nuit plus belle que l’aurore
Ô nuit qui as uni l’ami avec l’aimée
l’aimée en l’ami transformée




Introduction : l’heureuse rencontre


Premiers pas avec Jean de la Croix, maître spirituel

« La croix est le bâton destiné à nous servir d’appui, à nous faciliter la marche… »
(La Montée du Carmel 2, 7, 7)

Tous ceux qui ont découvert Jean de la Croix, qui n’ont pas seulement lu quelques introductions mais ont persévéré dans l’étude, ont trouvé l’ami et le guide de leur vie.


" Au nom de son Époux, prenons l’âme altérée par la main,
et répondons à sa question en lui montrant le lieu précis où il se cache,
le lieu où elle le trouvera d’une manière certaine,
et avec autant de perfection, de suavité, qu’il se peut en cette vie. "

[CSB 1, 6]






La rencontre de Jean de la Croix

Quelques portes d’entrée dans sa pensée…


Inévitablement, le chercheur de Dieu est marqué par la tradition dans laquelle il est né, par exemple la tradition catholique. Mais il y a beaucoup de chercheurs de Dieu en d’autres traditions…
Aujourd’hui, ils perçoivent le concert ouvert entre les grandes religions. Ils se laissent enchanter par la richesse extraordinaire de ces différentes traditions, de leurs promesses de béatitude et par les valeurs culturelles de leur humanisme.



Ils peuvent aussi être tentés de prendre du champ devant leurs ombres : la résurgence des fondamentalismes, les dérives du fanatisme…. Ils n’ignorent pas le foisonnement des sectes et de leurs « maîtres », et leurs confortables sécurisations.

*

Quelqu’un nous a parlé des Écrits de Jean de la Croix. Il y a des images fausses de Jean de la Croix : c’est difficile ! Il manque de sensibilité et il la rejette ! Ses écrits sont impersonnels !…
Même si le chemin vertueux et spirituel qu’il propose est exigeant, son humanité, sa grande sensibilité transparaissent dans ses œuvres. La connaissance la plus fondée de sa vie nous le rend proche et le peu que nous savons de lui nous invite à progresser. Jean de la Croix peut devenir le guide et l’ami de toute une vie, ce fût le cas pour Thérèse de l’Enfant-Jésus.


*

L’œuvre de Jean de la Croix possède bien des portes d’entrée. À titre d’exemples :


Un certain primat de la poésie dans sa vie qui n’est pas à démontrer. Nous sommes très vite enchantés par ses poèmes, la beauté de la langue castillane du 16[size=8]e, sa sonorité. La poésie, souvent apophatique, peut être lue en humaniste. Elle se suffit à elle-même. Le symbole central de la « nuit » traduit de nombreuses expériences intérieures et il fascine.
[/size]


La radicalité métaphysique de son raisonnement. Alors que la question du sens de la vie entraîne un regard d’attentisme sur la religion et que les pesanteurs des Églises peuvent éloigner nombre de nos contemporains, Jean de la Croix pointe vers l’essentiel et porte un jugement critique sur toutes choses et tout comportement.



La critique du fait religieux. Dans le contexte de la rencontre des religions… comment juger, comment discerner ? L’apophatisme, la rigueur et l’universalisme de sa pensée montrent la parenté des expériences religieuses dans l’humain, celle de la psychologie et de la spiritualité, la valeur de l’acte moral en société.



L’art de décrire tout ensemble la personnalité du Christ, centrale en sa vie et son œuvre, et la quête nocturne de Dieu. Nous cherchons Dieu. Nous désirons mieux nous connaître, vivre dans l’authenticité. Nous aimerions trouver le maître qui nous entraîne et nous accompagne… qui nous aide à discerner surtout spirituellement. L’universalisme de son anthropologie et de son sens de Dieu nous accueille. -, ainsi que sa lecture existentielle des Écritures saintes, sa manière abondante et circonstanciée de s’y référer. Il n’élude pas le rapport aux choses et aux personnes.

*

Nous poursuivons un chemin de conversion, de vie intérieure, de prière. Nous découvrons que l’expérience mystique et le chemin qui peut y mener ont quelque chose d’universel.


À ce niveau de profondeur et d’intériorité, s’expérimente la rencontre de toutes les religions : celles des mystiques juifs, musulmans, hindous…une compréhension de l’incroyant, de l’athée, de l’agnostique…



Dessin manuscrit de Jean
pour imager l’aventure spirituelle



La pensée qui se développe dans ses Écrits est d’une grande cohérence, limpidité, et d’un très grand réalisme. Sa sobriété, et sa maîtrise de l’expérience mystique inspirent confiance.



Reste à se procurer ses œuvres, mais surtout à se faire aider, si nécessaire, pour entrer dans sa pensée. Il existe différentes introductions et présentations (cf. les Bibliographies).



Pour découvrir ou approfondir notre connaissance de Saint Jean de la Croix :


1.Ecrits






  • Œuvres complètes (un volume), traduction de Mère Marie du Saint-Sacrement. Le Cerf, 1990. Présentation de D. Poirot, o.c.d.






  • Œuvres complètes (un volume), traduction du Père Cyprien de la Nativité. Edition présentée par le P. Lucien-Marie de Saint-Joseph. Bibliothèque européenne, 1967.






  • La nuit obscure (traduction du Père Grégoire de Saint-Joseph), collection « Points-Sagesses ». Editions du Seuil, 1984.






  • Poésies, traduction de B. Lavaud. Présentation de B. Sesé. Edition bilingue. Garnier-Flammarion, 1993. Bonne introduction à la lecture des œuvres du Saint.






  • Les Mots d’ordre. Présentation de Dom Chevallier, O.S.B. Solesmes, 1961 (ouvrage réédité). Recueil de sentences spirituelles.






2.Études






  • Collectif, Dieu parle dans la nuit. Médiaspaul, 1991. Très bel album, abondamment illustré (photographies), et enrichi d’études multiples consacrées à l’histoire du Saint à travers sa vie, son milieu, son temps, son œuvre.






  • Jean de la Croix, aux sources du Carmel. Bande dessinée. Fleurus, 1990. Plaquette s’achevant sur une présentation intéressante de l’Ordre du Carmel.






  • R.P. Bruno de Jésus-Marie, o.c.d., Saint Jean de la Croix, Editions Desclée de Brouwer, collection « Les Etudes Carmélitaines », 1961. Excellente biographie.






  • P. Crisogono de Jésus, o.c.d., Saint Jean de la Croix, sa vie (traduction du Père P. Sérouet). Le Cerf, 1982. Une des meilleures biographies.






  • L. Guillet, o.c.d., Nuit de lumière et L’éveil de l’aurore (2 volumes), Ed. Mame, 1969-1971. Introduction à la lecture de saint Jean de la Croix.






  • P. Lauzeral, s.j., Quand l’amour tisse un destin. Médiaspaul, 1985.






  • P. Lucien-Marie, o.c.d., L’expérience de Dieu, actualité de saint Jean de la Croix. Collection « Cogitatio fidei », N° 36, Le Cerf, 1968.






  • Y. Pellé-Douel, Saint Jean de la Croix et la nuit mystique, collection « Maîtres spirituels », N° 22, Ed. du Seuil, 1960 (ouvrage réédité). Bonne vue d’ensemble de la vie et de la pensée du Saint.






  • D. Poirot, o.c.d., Jean de la Croix, ami et guide pour la vie, Cerf, 1990. Une bonne introduction, d’accès facile.






  • G. Stinissen, o.c.d., Découvre-moi ta présence. Rencontres avec saint Jean de la Croix. Le Cerf, 1992. Beau livre de méditation.






  • C. Tonnelier, Prier 15 jours avec Saint Jean de la Croix. Nouvelle Cité, 1990.











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MessageSujet: Re: Bibliographie Saints du Carmel    Mar 6 Mar - 18:49


Sainte Thérèse de Lisieux










« C’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour … »

Sr Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face







La petite voie thérésienne, appelée également voie d’enfance spirituelle, est un chemin, une manière de vivre notre communion avec Dieu. Elle constitue le cœur du message de Thérèse et prend sa source dans l’enseignement de Jésus lui-même :

« Alors des petits enfants lui furent présentés, pour qu’il leur imposât les mains en priant ; mais les disciples les rabrouèrent. Jésus dit alors : « Laissez les petits enfants et ne les empêchez pas de venir à moi ; car c’est à leurs pareils qu’appartient le Royaume des Cieux. » Puis il leur imposa les mains et poursuivit sa route. » (Mt.19,13)

Les cinq éléments qui la constituent fondent une véritable dynamique de vie qui se déploie selon un rythme à trois temps :

Le premier temps consiste en une reconnaissance du réel à la lumière de la foi : il existe une opposition apparemment irréductible entre notre vocation à vivre la pleine communion avec Dieu et la réalité de notre faiblesse humaine. Il nous faut pourtant oser croire à notre soif d’Amour infini  sans pour autant désespérer en face de notre impuissance.

Le deuxième temps nous engage à une attitude active au plan spirituel et intérieur d’abord, au plan concret et extérieur ensuite.


L’activité spirituelle consiste à faire confiance à nos désirs les plus audacieux et donc à Dieu qui en est la source sans nous décourager face à nos limites. L’activité concrète revient à persévérer dans des efforts à notre mesure pour mettre notre vie en cohérence avec notre désir de communion avec Dieu : nous savons que Dieu seul peut nous établir dans son amour, mais nous devons pourtant engager activement notre liberté sur ce chemin.

 Le troisième temps est un acte d’offrande de soi à la miséricorde de Dieu. Lorsque nous avons cherché loyalement à répondre à son amour et que nous avons renouvelé notre confiance en son infinie tendresse, nous lui abandonnons le résultat de nos efforts : il est avec nous sur ce chemin et nous rejoint là où nous sommes. Notre joie est d’accueillir de manière parfaitement gratuite la vie qu’il nous donne et dans laquelle il nous appelle à grandir.



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MessageSujet: Re: Bibliographie Saints du Carmel    Mar 6 Mar - 18:53

Pour découvrir et approfondir la spiritualité de Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus :

1. Écrits


  • Oeuvres complètes (un volume). Cerf - D.D.B., 1992.




  • Œuvres complètes. Nouvelle édition du Centenaire en 8 volumes. Cerf - D.D.B., 1992. Édition critique.




  • Histoire d’une âme (Manuscrits autobiographiques). Cerf - D.D.B., 1987.




  • Pensées (3 volumes), collection « Foi vivante », N° 170, 171 et 172. Le Cerf, 1980-1985. Extraits sélectionnés à partir des Œuvres complètes et présentés thématiquement.




  • Conseils et souvenirs, collection « Foi vivante », N° 149. Le Cerf, 1988. Témoignages recueillis par Céline, la sœur de la Sainte.


[size]

2. Études


[/size]

  • P. Descouvemont et H. Nils Loose, Thérèse et Lisieux. Le Cerf, 1991. Magnifique album (la plus belle étude iconographique jusqu’à présent) consacré à l’univers de la Sainte. L’art au service de l’histoire…




  • G. Gaucher, Histoire d’une vie, collection « Foi vivante », N° 218. Ed. du Cerf, 1988. Excellente biographie réalisée par l’Evêque auxiliaire (carme) de Lisieux. Fruit d’une longue recherche historique.




  • G. Gaucher, La passion de Thérèse de Lisieux. Cerf - D.D.B., 1973.




  • G. Gaucher , Sainte Thérèse de Lisieux, de Lisieux aux extrémités du monde. Éditions du Signe, 1994. Belle plaquette illustrée consacrée au rayonnement de la Sainte.




  • R. Laurentin, Thérèse de Lisieux, mythes et réalité. Beauchesne, 1972. Analyse sérieuse et documentée des grandes étapes de la vie de la Sainte.




  • C. de Meester, Dynamique de la confiance. Le Cerf, 1995. Fondements théologiques et spirituels de la « petite voie ». Ouvrage de base.




  • C. de Meester, Les mains vides, collection « Foi vivante », N° 146. Le Cerf, 1972. Synthèse de l’ouvrage précédent. L’auteur est carme.




  • M.D. Molinié, Je choisis tout, C.L.D., 1992. Un regard de théologien, fruit d’un long cheminement avec Thérèse.




  • E. Renault, o.c.d., L’épreuve de la foi, le combat de Thérèse de Lisieux (avril 1896 - 30 septembre 1897). Le Cerf, 1974. Mise en valeur de la foi héroïque de la Sainte.




  • V. Sion, o.c.d., Chemin de prière avec Thérèse de Lisieux, collection « Foi vivante », N° 204. Le Cerf, 1982.




  • V. Sion, o.c.d., Réalisme spirituel de Thérèse de Lisieux, collection « Foi vivante », N° 143. Le Cerf, 1973. Ouvrage excellent, utile pour prier


[size]
Signalons enfin la revue Vie thérésienne,supplément trimestriel à la revue mensuelle fort intéressante Thérèse de Lisieux, anciennement nommée les Annales. Chaque fascicule rassemble des études et des documents relatifs à la Sainte. Outil de travail indispensable à tous les thérésiens (Vie Thérésienne, 33 rue du Carmel, BP 95, 14102 Lisieux Cedex.) Revue fondée en 1961 et édité par le Pèlerinage de Lisieux.[/size]

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