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 Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Ven 20 Juil - 8:35

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Le Fils de l’homme est maître du sabbat »
(Mt 12, 1-8 )

En ce temps-là, un jour de sabbat, Jésus vint à passer à travers les champs de blé ; ses disciples eurent faim et ils se mirent à arracher des épis et à les manger. Voyant cela, les pharisiens lui dirent : « Voilà que tes disciples font ce qu’il n’est pas permis de faire le jour du sabbat ! » Mais il leur dit : « N’avez-vous pas lu ce que fit David, quand il eut faim, lui et ceux qui l’accompagnaient ? Il entra dans la maison de Dieu, et ils mangèrent les pains de l’offrande ; or, ni lui ni les autres n’avaient le droit d’en manger, mais seulement les prêtres. Ou bien encore, n’avez-vous pas lu dans la Loi que le jour du sabbat, les prêtres, dans le Temple, manquent au repos du sabbat sans commettre de faute ? Or, je vous le dis : il y a ici plus grand que le Temple. Si vous aviez compris ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice, vous n’auriez pas condamné ceux qui n’ont pas commis de faute. En effet, le Fils de l’homme est maître du sabbat. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

En réponse à la critique des Pharisiens, dans un premier temps Jésus semble s'abriter derrière l'exemple de David : si, poussé par la faim, le roi a distribué à ses compagnons des pains sacrés, interdits, pourquoi Jésus interdirait-t-il aux siens de froisser quelques épis ?
La deuxième réponse de Jésus va plus loin, car il revendique les pouvoirs de Dieu même. Les prêtres, dans le Temple, ne sont pas liés par la loi sur le sabbat, parce qu'ils sont au service de Dieu, le maître du sabbat. De même, explique Jésus, mes disciples sont libres des minuties de la Loi, parce que moi, Fils de l'Homme, je suis plus grand que le Temple et maître du sabbat.
Le sabbat, c'est le repos que Dieu donne aux hommes, à la fois comme une grâce et comme une obligation. Jésus est bien maître du sabbat, du nouveau sabbat, parce qu'il nous donne le repos de Dieu comme une faveur et de comme un devoir. II nous l'offre comme une chance, et nous invite à le chercher en lui-même. Car, en un sens, Jésus est à lui seul tout le repos de Dieu : c'est dans le Fils que Dieu crée, c'est dans le Fils qu'ils se repose à jamais. C'est pourquoi Jésus dit : "Venez à moi, vous qui pliez le fardeau, et vous trouverez le repos."
De plus, ce repos trouvé dès ici-bas dans l'amitié de Jésus débouchera, auprès de lui, dans le repos éternel, le sabbat du ciel, où Dieu sera tout en tous.
Mais en même temps qu'il prend position au sujet du sabbat et du repos en Dieu, Jésus rappelle le lien qui unit, à ses yeux, le culte rendu à Dieu et la vie fraternelle. Et Jésus de citer le prophète : "C'est la miséricorde que je veux, et non les sacrifices (extérieurs)". Ce que Dieu attend de nous, c'est donc un vrai regard sur le frère, plutôt que l'observance tout extérieure des rites du sacrifice.
En voyant les disciples froisser des épis, les Pharisiens ont dit : "Ils méprisent la loi !". Ils auraient dû dire : "Ces hommes ont faim !" Avant de jauger la fidélité d'un frère ou d'une sœur sur des critères de comportement extérieurs, il faut nous dire, pour rejoindre la pensée de Jésus : "Pourquoi mon frère est-il est contraint de froisser des épis ? Et ma sœur, quelle faim la tenaille ?"

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Sam 21 Juil - 6:44

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Les nations mettront en son nom leur espérance »
(Mt 12, 14-21)

En ce temps-là, une fois sortis de la synagogue, les pharisiens se réunirent en conseil contre Jésus pour voir comment le faire périr. Jésus, l’ayant appris, se retira de là ; beaucoup de gens le suivirent, et il les guérit tous. Mais il leur défendit vivement de parler de lui. Ainsi devait s’accomplir la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voici mon serviteur que j’ai choisi, mon bien-aimé en qui je trouve mon bonheur. Je ferai reposer sur lui mon Esprit, aux nations il fera connaître le jugement. Il ne cherchera pas querelle, il ne criera pas, on n’entendra pas sa voix sur les places publiques. Il n’écrasera pas le roseau froissé, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, jusqu’à ce qu’il ait fait triompher le jugement. Les nations mettront en son nom leur espérance.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Jésus, après un jour de sabbat, vient de guérir un homme à la main paralysée. Une fois sortis de la synagogue, les Pharisiens tiennent conseil contre lui, sur les moyens de le faire périr : une haine aveugle, une haine démesurée voudrait barrer la route de Jésus.
Et lui ne cherche pas à faire front, : il se retire de ce lieu, et continue d'enseigner et de guérir ceux qui osent le suivre, en leur recommandant la plus grande discrétion, pour ne pas attiser la haine.
C'est le moment que choisit saint Matthieu pour évoquer le style messianique de Jésus, dans la ligne des prophéties du livre d'Isaïe sur le mystérieux Serviteur de Yahweh.
Jésus, trait pour trait, rappelle la figure de ce Serviteur : il est l'Élu du Père, le Bien Aimé en qui le Père s'est complu, et sur lui repose l'Esprit de Dieu qui le pousse à l'action et au témoignage.
De plus, Matthieu voit annoncé par Isaïe l'extension universelle de la mission de Jésus : "il annoncera le droit aux nations", c'est-à-dire qu'il fera connaître à tous les peuples de la terre la volonté de Dieu et le chemin pour y répondre, si bien qu'en son nom", en sa personne de Sauveur, "les nations, toutes les nations, mettront leur espérance".
Enfin l'Évangéliste repère dans la prophétie d'Isaïe deux attitudes typiques, deux choix volontaires de Jésus Messie. D'une part il a opté résolument pour la non-violence : il ne discute pas pied à pied, il ne vocifère pas, il ne joue pas les tribuns sur la place publique ; d'autre part, il a décidé, dans sa miséricorde, d'espérer pour chacun/e jusqu'au-delà du possible.
Jamais il ne brisera le roseau déjà froissé et affaibli. Et pourtant ce roseau n'aura plus jamais sa solidité d'autrefois, et il ne peut plus avoir les grandes ambitions d'un roseau bien rigide ; il ne sera plus jamais solide, et en un sens on ne pourra rien en faire de durable, on n'osera même plus s'en servir ! Tout ce qu'il peut espérer, c'est tenir encore contre le vent, étayé par des roseaux intacts ; c'est déjà un bel exploit pour un roseau froissé, mais Jésus lui donnera une autre chance, jusqu'au bout : le roseau pourra servir, bien droit.
Jésus n'éteindra pas non plus la mèche qui fume encore.
Et pourtant chacun sait que si la mèche fume, c'est que la flamme est partie, bien partie, définitivement impossible à ranimer. Mais avec Jésus, non seulement la mèche fumera jusqu'au bout, non seulement elle luttera jusqu'au bout avant de s'éteindre, mais une flamme très pure et très douce repartira, à l'heure de l'Esprit.
C'est nous qui désespérons de nos frères et de nos sœurs ; c'est nous qui décrétons que ce qu'ils vivent n'est plus valable et qu'aucun sursaut spirituel n'est plus possible, que leur faiblesse est désormais sans remède et leurs efforts, sans intérêt.
Pour Jésus Messie, tant qu'il il y a de la vie, il y a de l'espoir. Il y a même de l'espoir au-delà de cette vie, car la vraie vie commence quand celle-ci s'est éteinte. Et jusqu'à ce moment, invisible aux hommes, où notre flamme se ranimera à la vie de Dieu, tout compte, tout vaut encore, tout est grand aux yeux de Jésus : les dernières forces, les derniers cris d'espérance, les plus pauvres sourires, les plus humbles conversions, le fond d'huile dans la jarre et l'ultime poignée de farine, tout sert ici-bas, jusqu'au bout, "pour la gloire de Dieu et le salut du monde".

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Dim 22 Juil - 4:59

dimanche 22 juillet



L'ÉVANGILE DU JOUR
« Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu » (Mc 6, 30-34)
En ce temps-là, après leur première mission, les Apôtres se réunirent auprès de Jésus, et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné. Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger. Alors, ils partirent en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup comprirent leur intention. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux. En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement. 



MÉDITER AVEC LES CARMES
Tout joyeux, les Douze reviennent de leur première mission. Selon les consignes de Jésus ils étaient partis deux par deux pour proclamer partout qu'il fallait se convertir, pour chasser les démons et guérir des malades. Et les voilà de retour, heureux de la confiance que Jésus leur a faite, mais harassés de fatigue après cette longue tournée. 

Une journée de repos en communauté avec Jésus, voilà bien une grâce à ne pas manquer ! Jésus le premier se réservait des moments de gratuité pour la prière, et il semble bien qu'il ait voulu en inculquer l'habitude aux disciples. 

À y bien réfléchir, ces initiatives de Jésus se reposant ou faisant reposer ses disciples cachent une sorte de mystère, qui rejoint celui de l'Incarnation. Jésus est entouré, serré, harcelé du matin au soir ; les disciples n'ont même pas le temps de manger, pour faire face à toutes les visites ; les gens, les pauvres, les malades sont là, qui se pressent et qui attendent, et Jésus s'en va, emmenant sa petite troupe avec lui ! Donc Jésus accepte les contraintes de la prudence élémentaire. Il sait par expérience qu'il faut tenir longtemps et que les forces hu­maines ont des limites ; et sagement, pour mieux assurer la mission, il fait reposer ses missionnaires.
Mais ce ne sera pas un repos banal, une simple détente où l'on oublie tout souci et toute peine. Ce sera le repos avec Lui, pour l'écouter et pour lui confier tout, le repos qu'il promet à tous les hommes qui se tournent vers lui avec confiance. 

"Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur (Mt 11,28s). 

En voyant quelle direction la barque prenait, beaucoup ont compris en quel endroit Jésus menait son équipe. Et quand il débarque avec les siens, au lieu de trouver la tranquillité, la paix, le silence reposant, il découvre sur la côte une foule de gens venus à pied de toute la région, des malades et des pauvres accourus pour être guéris ou soulagés, et aussi des hommes et des femmes arrivés rien que pour entendre Jésus parler du Royaume de Dieu. 

En voyant ces milliers d'assoiffés, Jésus éprouve pour eux une immense pitié. Et ce qui le bouleverse surtout, c'est que tous ces gens n'ont personne pour les prendre en charge, personne pour les guider, personne pour prévoir leur bonheur et pour organiser leurs efforts, personne pour penser l'avenir avec eux. Il les voit tous, là sur la berge, comme des brebis sans berger, avec, dans les yeux et dans le cœur, une immense espérance.
Puis Jésus, Berger modèle, commence sur place à leur donner la nourriture essentielle : sa parole. Longuement il leur parle du Père, de son amour et de sa volonté. Et à la fin de la journée, parce qu'il a pitié de leur fatigue et de leur faim, il les nourrit tous en multipliant cinq petits pains et deux poissons séchés. Quant aux disciples, ils reprennent du service. Cinq mille hommes à nourrir, sans compter les femmes et les enfants : cela fait plus de quatre cents personnes par Apôtre ! Quelle journée, Seigneur ! Ils se croyaient en vacances avec Jésus, et Jésus lui-même les remet au travail, comme s'il voulait leur faire comprendre ses propres soucis de Berger : "le bon Berger donne sa vie pour ses brebis".
Ainsi la retraite n'aura duré que quelques heures, juste le temps d'une traversée, juste le temps de se reprendre et de se refaire avec Jésus, auprès de Jésus, entre une mission harassante et une autre encore plus urgente.

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La foi que j'aime le mieux, dit Dieu, c'est l'Espérance.
Charles Péguy
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Lun 23 Juil - 7:54

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Maître, nous voulons voir un signe venant de toi »
(Mt 12, 38-42)

En ce temps-là, quelques-uns des scribes et des pharisiens adressèrent la parole à Jésus : « Maître, nous voulons voir un signe venant de toi. » Il leur répondit : « Cette génération mauvaise et adultère réclame un signe, mais, en fait de signe, il ne lui sera donné que le signe du prophète Jonas. En effet, comme Jonas est resté dans le ventre du monstre marin trois jours et trois nuits, le Fils de l’homme restera de même au cœur de la terre trois jours et trois nuits. Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas. Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que cette génération, et elle la condamnera ; en effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Dans sa réponse aux scribes, que nous lisons aujourd'hui en saint Matthieu, Jésus ajoute un autre signe de Jonas, valable non plus seulement pour la fin des temps, mais pour la génération du Christ et pour tout le temps de l'Église : "Le Fils de l'Homme sera dans le sein de la terre trois jours et trois nuits", seulement trois jours et trois nuits, puis il sortira de la mort, comme Jonas fut rejeté par le monstre marin. La prédiction est devenue réalité, comme nous le proclamons bien souvent dans notre Credo : "Le troisième jour, il est ressuscité des morts".
C'est bien là en effet le signe majeur pour notre foi chrétienne, un geste qui vient du cœur de Dieu et nous dévoile la puissance de son amour. C'est également le signe de Dieu auquel nous accrochons de plus en plus notre espérance, à mesure que nos forces nous quittent, que l'aiguillée chaque jour se raccourcit et qu'en nous l'homme extérieur s'en va en ruines : Jésus glorieux à la gloire du Père, c'est le signe assuré de notre victoire sur la mort et sur la tristesse ; c'est la certitude que pour nous aussi, fils et filles de Dieu, la vie et l'amour auront le dernier mot.
Mais la parole de Jonas et de la Reine de Saba gardent pour nous, chrétiens, toute son urgence. Il nous faut écouter celui qui vient de loin : c'est le message du prophétisme. Il faut venir de loin pour écouter : c'est l'exhortation de la sagesse.
Jonas venait de très loin sur la terre : Jésus nous est venu de Dieu, qui est au ciel, ses paroles sont les paroles du Père, et c'est pourquoi le Père nous redit chaque jour : "Écoutez-le !" Ce qui est visé là, c'est une écoute qui change le regard et la vie, une vraie conversion de tout l'être.
"Dans Ninive, on cria, dit le livre de Jonas, et l'on fit par décret du roi cette proclamation : "Hommes bêtes, gros et petit bétail ne goûteront rien, ne mangeront point et ne boiront pas d'eau." Tous les vivants sont concernés : les hommes chanteront des psaumes de pénitence, les bœufs mugiront, les moutons ensemble se mettront à bêler. Manière humoristique de souligner que la pénitence sera complète, alors que, dans notre cas, le troupeau de nos habitudes n'est pas toujours touché par notre conversion.
De même la Reine de Saba est venue du lointain Yémen pour entendre la sagesse de Salomon. Et nous, quelle distance sommes-nous prêts à franchir, quelles préférences sommes-nous décidés à bousculer, quel engourdissement allons-nous secouer, pour rejoindre Jésus, notre sage et notre sagesse, et nous mettre à son écoute ? Parfois nous refusons la distance culturelle entre son siècle et le nôtre, entre son langage et le nôtre. Plus profondément encore, entre les promesses de Dieu et leur réalisation, entre l'amitié de Dieu et la certitude de sa présence, entre les sacrements et les réalités divines qu'ils nous apportent, un espace, une distance demeurent, que seule la foi peut traverser, or les pas de notre foi restent timides : il faudrait chercher, scruter, désirer ; mais nous restons sur le seuil, nous restons au Yémen, et pourtant il y a parmi nous bien plus que Salomon.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mar 24 Juil - 7:56

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? »
(Mt 12, 46-50)

En ce temps-là, comme Jésus parlait encore aux foules, voici que sa mère et ses frères se tenaient au-dehors, cherchant à lui parler. Quelqu’un lui dit : « Ta mère et tes frères sont là, dehors, qui cherchent à te parler. » Jésus lui répondit : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? » Puis, étendant la main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Car celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère.




MÉDITER AVEC LES CARMES

Souvent, dans l'Évangile, Marie, mère de Jésus prend sa place, simplement, discrètement, dans le groupe de ceux et de celles qui cherchent Dieu : au Temple, avec son bébé de quarante jours, au Temple encore, avec Jésus adolescent, à la Croix où Jésus agonise, puis au Cénacle avec ceux qui attendent l'Esprit.
Dans l'Évangile d'aujourd'hui, la foule a accaparé Jésus, et Marie se présente dehors, avec un groupe de cousins qui veulent le voir : Jacques, Joseph, Simon, Jude (Mt 13,58), d'autres encore peut-être, et éventuellement ses cousines, qui habitaient toutes Nazareth (Mt 13,56). Nous savons par l'Évangile de Jean qu'au moins une partie de ses cousins ne croyaient pas en lui (Jn 7,3), et cela éclaire peut-être la démarche de Marie qui les accompagne, elle la croyante, et aussi les paroles surprenantes de Jésus.
Dans un premier temps, en effet, Jésus semble désavouer l'initiative de ses cousins, ou du moins refuser de leur accorder une position de faveur. Envoyé de Dieu pour le salut de tous, Jésus ne veut pas privilégier sa famille. En réalité, ses paroles vont beaucoup plus profond. Il ne dit pas : "Je n'ai pas de famille, je n'ai plus de famille. Je récuse les affections familiales", mais bien plutôt, en montrant de la main ses disciples : "Ma famille est immense et s'agrandit tous les jours ; quiconque me donne sa foi, quiconque fait la volonté de mon Père, qui est aux cieux, c'est lui mon frère, ma sœur, ma mère. Ma famille n'est pas privilégiée, mais tout disciple reçoit le privilège d'entrer dans ma famille, dans mon affection, dans ma tendresse.
De plus, en évoquant ainsi les réflexes des vrais disciples, Jésus fait le portrait spirituel de sa propre mère, accueillante depuis le premier jour à la volonté mystérieuse du Père.
Marie, la croyante, est encore dehors, avec les cousins incrédules ; mais déjà Jésus lui donne sa vraie place : au milieu de ceux qui croient.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mer 25 Juil - 8:54

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Ma coupe, vous la boirez »
(Mt 20, 20-28)

En ce temps-là, la mère de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean, et elle se prosterna pour lui faire une demande. Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle répondit : « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume. » Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Ils lui disent : « Nous le pouvons. » Il leur dit : « Ma coupe, vous la boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. » Les dix autres, qui avaient entendu, s’indignèrent contre les deux frères. Jésus les appela et dit : « Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave. Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Vraiment le moment était mal choisi : Jésus venait, pour la troisième fois, d'annoncer ses souffrances et sa mort, et voilà que la vieille maman arrive, demandant pour ses fils un destin exceptionnel, glorieux, à droite et à gauche de Jésus.
Que demandaient les deux frères ? Un privilège, et une préséance dans le Royaume ; bref, une maîtrise et un pouvoir. Or c'est justement cela qui est exclu dans la future communauté de Jésus : "Parmi vous, et il n'en sera pas ainsi" : pas de pouvoir à prendre, pas de supériorité à faire sentir, pas de rêves de grandeur, pas de manœuvres pour être le premier. À la suite de Jésus, l'ambition sera tout autre : se faire serviteur, accepter des tâches subalternes, donner sa vie pour la multitude.
Dans la communauté de Jésus, la seule grandeur, c'est le service. Plus on sert, plus on est grand, plus on s'efface au nom du Seigneur, plus le Seigneur nous reconnaît pour ses disciples. Que nous ayons encore toutes nos forces ou que nos pas soient déjà comptés, que nous soyons en vue ou dans l'ombre, que nous soyons en charge ou non, notre seule grandeur, c'est de servir et de donner notre vie pour le monde à sauver.
Et Jésus prend bien soin de le souligner : le monde ne juge pas de cette manière. Même dans nos communautés, nous aurions tendance à mesurer les choses autrement, à valoriser les personnes selon les critères du monde : efficacité, confiance en soi, aisance dans les échanges, facilité à se faire aimer. Mais Jésus, lui, ne regarde pas le rang des personnes, ni le brillant de leur situation, ni la considération dont on les entoure, ni la confiance qui spontanément leur est faite ; il regarde seulement comment chacun, là où il est, se met au service de ses frères ; et il pèse chaque vie au poids de la charité. Le meilleur de nous-mêmes, c'est cette volonté de servir. Elle demeure souvent à demi cachée, mais elle n'échappe pas à Dieu, qui lit en nous à livre ouvert.
Concrètement, ce nouveau style de vie, c'est à saint Paul que nous pouvons le demander. Le trésor de la mission de Jésus, qui valait bien à ses yeux tous les honneurs du monde, il avait conscience de le porter dans un vase de terre cuite : tout son tonus d'apôtre lui venait de Dieu lui-même. Il se sentait souvent à la limite de la ré­sistance : maltraité, désorienté, pourchassé, abattu ; et seule l'extraordinaire puissance de Dieu empêchait, dans chaque épreuve, qu'il réagisse comme un homme oppressé, désemparé, abandonné, anéanti.
Jésus disait : "Donner sa vie pour la multitude." Paul traduisait : imiter Jésus dans ce don total, "porter sans cesse dans notre être la mise à mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre existence mortelle".
Cela passait, pour Paul, par des voyages, des angoisses de prédicateur, des soucis de fondateur d'Églises. Cela passe pour nous par une vie de témoignage et de prière, au cœur de l'Église, en pure perte de nous-mêmes, en pauvreté et nudité d'esprit. Cela se dit par une parole venue de la foi vive : "j'ai cru, et c'est pourquoi j'ai parlé", j'ai cru, c'est pourquoi je suis entré dans le silence, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
Jusqu'où devront aller l'oubli de nous-mêmes et notre générosité de serviteurs et de servantes ? Nul d'entre nous ne le sait d'avance, car les choix de Dieu ne se révèlent qu'à ceux qui cheminent. Mais notre amour de Jésus nous dicte quand même une réponse, un projet audacieux et humble à la fois : nous voulons boire la coupe que Jésus a bue tout entière. Autrement dit, nous voulons tout partager de son destin, et c'est bien aussi le don qu'il veut nous faire.
N'ayons pas peur de dire oui d'avance, ne craignons pas que notre amour soit plus grand que nos forces, car Dieu aime ceux qui donnent avec joie, et c'est son Esprit qui nous fait accomplir ce dont nous rêvons pour sa gloire. Avec sa coupe qu'il nous tend Jésus nous offre son amitié : rejoignons son destin, "rien que pour aujour­d'hui".

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Jeu 26 Juil - 8:52

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? »
(Mt 13, 10-17)

En ce temps-là, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » Il leur répondit : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume des Cieux, mais ce n’est pas donné à ceux-là. À celui qui a, on donnera, et il sera dans l’abondance ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a. Si je leur parle en paraboles, c’est parce qu’ils regardent sans regarder, et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre. Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai. Mais vous, heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent ! Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Ce sont les disciples qui posent la question à Jésus ; et ils ne disent pas : "pourquoi parles-tu en paraboles ?", d'une manière générale, mais : "pourquoi leur parles-tu en paraboles ?", à eux, à ces gens distincts de nous ? Dans la question même sont typées ainsi deux attitudes vis-à-vis de la parole de Jésus, mais les disciples s'interrogent surtout sur la pédagogie de Jésus : pourquoi leur parles-tu ainsi, pourquoi cette différence de traitement ?
Jésus, dans l'Évangile de Matthieu, donne successivement deux réponses.
La première redouble notre embarras : "Parce qu'à vous il a été donné [par Dieu] de connaître les mystères du Royaume de Dieu ; mais à ceux-là, ce n'a pas été donné [par Dieu]". Jésus justifie sa manière de faire en se référant à l'initiative de Dieu. Est-ce de la part de Dieu une décision arbitraire ? - Non pas ; et Jésus s'explique immédiatement : "Car quiconque a, on lui donnera et il aura surabondance ; mais quiconque n'a pas, même ce qu'il a lui sera enlevé."
Si Dieu accorde aux uns et refuse aux autres la connaissance des mystères du Royaume, c'est que les premiers "ont" déjà quelque chose dont les autres sont dépourvus ; ils ont, eux, ce que les autres aussi devaient avoir et sont coupables de ne pas posséder. La décision divine n'est donc pas tyrannique, elle constitue déjà un jugement.
Mais que faut-il donc avoir au départ, qu'est-ce que Dieu attend des auditeurs de Jésus ?
La deuxième réponse du Maître va le préciser :"Voilà pourquoi je leur parle en paraboles : parce qu'ils voient sans voir et qu'ils entendent sans entendre ni comprendre". Jésus ne vise pas ici la simple incapacité de voir et d'entendre, mais le refus d'entrer avec le cœur dans ce qu'ils entendent, et c'est bien cette attitude de refus qu'il lit dans le prophète Isaïe : "Le cœur de ce peuple s'est épaissi, ils sont devenus durs d'oreille, ils ont fermé les yeux".
Le langage de Jésus peut paraître tranchant ; c'est un appel à la responsabilité, mais qui contient une offre magnifique de miséricorde : "... je les aurais guéris !", dit Dieu par la voix d'Isaïe. C'est bien pour guérir et sauver que Jésus vient au nom de Dieu. C'est pour guérir et sauver qu'il parle en paraboles, pour que chacun/e accepte de voir, laisse pénétrer en lui ce qu'il entend, pour que chacun/e "comprenne avec le cœur ". Et le signe visible de cette conversion, c'est que le disciple commence à porter du fruit, comme Jésus l'expliquera plus loin en commentant lui-même la parabole du semeur : "Celui qui été ensemencé dans la bonne terre, c'est celui qui entend la parole et comprend : alors il porte du fruit".
Jésus n'oppose donc pas deux groupes, ceux qui ont la chance de croire et ceux qui ne sont pour rien dans leur incrédulité. Il souligne simplement que chacun est responsable de son ouverture comme de son aveuglement, et qu'il ne tient qu'à nous d'être de ses disciples.
Suis-je incrédule, dur d'oreille et dur de cœur ? Suis-je au contraire disciple de Jésus, heureux de voir, heureux d'entendre, heureux de scruter l'Évangile, heureux de laisser résonner chaque parole de Jésus dans le silence du désert, dans la "solitude sonore" de la prière ?
La question m'est posée, "rien que pour aujourd'hui", elle me restera posée jusqu'au jour de la rencontre, me rappelant chaque jour l'enjeu de ma liberté, me renouvelant une offre de guérison, ensemençant chaque jour ma vie pour les fruits du royaume.
L'Esprit de Jésus est là, désormais, pour m'introduire en pauvre, en converti, dans les paraboles de Jésus, pour me les faire comprendre avec le cœur.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Ven 27 Juil - 8:38

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Celui qui entend la Parole et la comprend porte du fruit »
(Mt 13, 18-23)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Écoutez ce que veut dire la parabole du semeur. Quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans son cœur : celui-là, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin. Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c’est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n’a pas de racines en lui, il est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il trébuche aussitôt. Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole ; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Une chose est certaine : la semence jetée est excellente, fiable à cent pour cent : c'est la parole de Dieu capable de germer et de croître dans tous les cœurs d'hommes.
Le semeur n'est autre que Jésus-Messie lui-même, qui désire la récolte la plus belle possible, l'avènement universel du Règne de Dieu.
Et la parabole nous fait réfléchir sur cet avènement.
Tout comme le semeur, dans les champs de Judée, mène à bien son travail dans des conditions difficiles, le Règne de Dieu, avant la victoire, rencontrera beaucoup de difficultés ; tout comme le semeur prend ses champs comme ils sont, le Christ sème très largement dans notre cœur, et s'attend à des résistances.
Les obstacles, en effet, sont nombreux, qui pourraient nous empêcher d'entendre, d'écouter et de comprendre la parole. Jésus énumère : Le Malin, les tribulations et les persécutions, justement à cause de cette parole, les préoccupations, si présentes en ce monde, et la séduction des richesses.
Nous, les disciples, avons donc affaire à forte partie, mais nous le savons par expérience, et Jésus nous le rappelle : il faut que nous gardions conscience des zones fragiles de notre cœur.
Il y a en nous des bords de chemin trop souvent piétinés, où la parole court le danger d'être enlevée avant toute germination.
Nous trouvons aussi en nous des zones caillouteuses, où certains enthousiasmes sont encore possibles, mais vite desséchés part la tentation du facile, de l'immédiat et du superficiel. Nous ne parvenons pas à durer, parce que nous manquons de profondeur. Nous nous sentons démunis devant l'épreuve, parce que nous n'avons pas de racines.
D'autres endroits de notre cœur seraient, de soi, prometteurs et fertiles, mais des ronces épuisent le sol et étouffent la parole : ce sont les réflexes du monde ambiant et nos crispations sur l'avoir, le pouvoir et le faire-valoir.
Reste notre bonne terre, où depuis longtemps Jésus sème avec espoir parce que déjà il y a fait de belles moissons. Chaque jour il l'aère et la rend plus meuble ; la parole qui y grandit l'améliore sans cesse, et la moindre ondée de l'Esprit, le moindre geste de charité, lui redonnent sa souplesse.
Tous les sacrements de l'Église sont ordonnés à la fertilité de notre cœur. La réconciliation nous rend notre jeunesse d'âme et chaque Eucharistie, où nous recevons le Corps et le Sang du Ressuscité, réveille en nous les énergies de notre baptême et de notre confirmation dans l'Esprit.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Sam 28 Juil - 9:25

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson »
(Mt 13, 24-30)

En ce temps-là, Jésus proposa aux foules une autre parabole : « Le royaume des Cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla. Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut aussi. Les serviteurs du maître vinrent lui dire : “Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?” Il leur dit : “C’est un ennemi qui a fait cela.” Les serviteurs lui disent : “Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?” Il répond : “Non, en enlevant l’ivraie, vous risquez d’arracher le blé en même temps. Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, ramassez-le pour le rentrer dans mon grenier.”

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Ainsi il y a de l'ivraie dans le champ du Seigneur.
Ce n'est pas lui qui l'y a semée, car Jésus n'est venu semer que la Parole du Règne de Dieu. "C'est un ennemi qui a fait cela", explique Jésus. Mais comment a-t-il pu réussir ? - parce que "les gens dormaient". Peut-être avaient-ils des raisons de se reposer ; mais ils auraient dû s'arranger ensemble pour qu'une surveillance, une vigilance, soit possible.
II fallait rester vigilant, car le mal est vite fait quand il s'agit de semer. Jésus le souligne également : l'ennemi a semé de l'ivraie en plein milieu du blé, et il s'en est allé, sachant bien que désormais sa mauvaise graine allait pousser sans lui, en profitant de la bonne terre, préparée pour la bonne graine.
L'inconvénient, avec la mauvaise herbe, c'est qu'au début, et longtemps, elle ressemble au bon blé. Tant que l'herbe est verte, tant que les graines ne sont pas formées, impossible de reconnaître l'ivraie avec certitude. De même dans la terre de notre cœur, lorsque nous laissons l'ennemi semer ses graines de malheur : la désunion, l'égoïsme, ou la tristesse. C'est au bout d'un certain temps que l'on constate le désastre : "mon champ est plein d'ivraie ; mon cœur de croyante est partagé, et il porte à la fois des fruits pour la vie et des germes de mort".
Alors, quel est le remède ?
Les serviteurs, dans la parabole, viennent trouver le maître du champ, avec toute leur bonne volonté, et avec beaucoup d'illusions : "Veux-tu que nous allions ramasser cette ivraie ?" L'ivraie a déjà produit ses épis, et déjà on peut la reconnaître. Mais le maître est formel : "Non ! de peur qu'en arrachant l'ivraie vous ne déraciniez le blé avec elle".
Il est bien dommage qu'il se trouve de l'ivraie dans notre cœur, dans nos groupes chrétiens, dans nos communautés ; mais ce qu'il faut sauvegarder avant tout, c'est la moisson qui lève et qui va nourrir les hommes, c'est la croissance de l'Évangile dans notre vie, c'est l'expansion missionnaire de l'Église où tous les peuples trouveront le salut.
Si pour éliminer l'ivraie il faut arracher le bon grain, mieux vaut patienter jusqu'à la moisson ; si pour extirper le mal il faut compromettre les fruits du bien, mieux vaut laisser Dieu faire le tri à Son heure.
"Laissez l'une et l'autre croître jusqu'à la moisson", dit Jésus ; et l'on pourrait trouver sa réponse décevante, tellement le désir est puissant au fond des cœurs de vivre dans un monde pur, dans une Église unie, dans une communauté ardente et unanime. Et pourtant, c'est Jésus qui a raison.
D'abord parce que Dieu, en patientant jusqu'au jugement, patiente avec chacun de nous, sans détruire en nous les forces de vie pour arracher tout de suite le mal de notre cœur. Dieu nous donne le temps de la conversion.
Et puis Dieu se réserve le jugement, que Jésus décrit souvent dans l'Évangile comme un moment de vérité où seront révélés le fond des cœurs et le poids réel de chaque existence. Laissons à Dieu le dernier mot sur toute chose, et gardons la paix. Le mal ne gagnera pas, ni dans notre cœur ni dans le monde, si nous laissons faire la patience de Dieu : "Ayez confiance ; disait Jésus, j'ai vaincu le monde", le monde du refus.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Dim 29 Juil - 9:02

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Ils distribua les pains aux convives, autant qu’ils en voulaient »
(Jn 6, 1-15)

En ce temps-là, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade. Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades. Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples. Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche. Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? » Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire. Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. » Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! » Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient. Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. » Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture. À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. » Mais Jésus savait qu’ils allaient l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Une grande foule suivait Jésus, car les gens de Galilée connaissaient maintenant son pouvoir de guérir. C'est pourquoi Jésus gravit la montagne ; peut-être pour demander un effort à ceux qui voulaient le voir et l'entendre, mais aussi afin de pouvoir parler à la foule entière et d'être entendu de tout le monde.
À la vue de la foule qui montait et prenait place autour de lui, la première parole de Jésus est une question à Philippe : "Où achèterons-nous du pain pour qu'ils aient de quoi manger ?"
Tout comme Philippe et André, nous nous trouvons, dans notre activité de prière, de service ou de témoignage, devant une tâche démesurée, disproportionnée à nos forces. Mais Jésus le sait ; et il sait ce qu'il va faire.
À bien des niveaux, dans nos vies données au Christ, des nécessités apparaissent, sans proportion avec les lumières ou les ressources que nous pouvons avoir : "Qu'est-ce que cela pour cinq mille personnes ?" À travers des changements imprévus, des besoins nouveaux, des urgences inattendues, le Christ continue de nous poser des questions vitales pour nous-mêmes et pour ceux que nous aimons, ceux qu'il nous demande d'aimer. Mais lui-même sait ce qu'il va faire.
Jésus fait asseoir dans l'herbe haute toute la foule, comme des brebis sur un bon pâturage. Il prend les pains, il rend grâces, et les distribue, faisant ainsi pour le pain de tous les jours les gestes qu'il refera à la dernière Cène. Et voilà que la faim devient rassasiement, que la pauvreté devient surabondance, comme les prophètes l'avaient annoncé pour les temps du Messie.
Nous pourrions nous demander : où trouver assez de pain, de riz ou de mil pour nourrir les millions d'affamés d'Afrique et d'Asie ? où trouver assez de tendresse pour tous les enfants orphelins abandonnés, pour tous les jeunes blessés par la vie ? où trouver assez de lumière pour guider ceux qui marchent à tâtons et qui cherchent désespérément un chemin de bonheur ?
Il suffit d'apporter à Jésus, chaque jour, et fidèlement, nos cinq petits pains et nos deux poissons, les pains ordinaires de notre fidélité, de notre dévouement, de notre charité infatigable, les petits pains insignifiants et tout secs de nos heures de louange et d'oraison, les petits pains de notre joie courageuse, car Jésus sait bien ce qu'il va en faire, et déjà nous pouvons préparer les corbeilles pour le surplus : une corbeille par apôtre, une corbeille par sœur.
Il y aura en effet du surplus, car Dieu donne largement. Et la consigne de Jésus, précisément à propos du surplus, doit nous faire réfléchir : "Ramassez les morceaux qui restent, pour que rien ne soit perdu !"
Ce souci de Jésus, nous pouvons l'entendre à deux niveaux.
D'abord comme une invitation à ne rien laisser perdre de ce qui peut nourrir des hommes ; et de ce point de vue notre société de consommation tourne souvent le dos aux exigences élémentaires de la solidarité avec les peuples décimés par la famine. Mais il y a autre chose…
En effet, dans les corbeilles qu'emportaient les disciples après ce repas sur l'herbe, tous les morceaux provenaient des pains donnés par Jésus, multipliés par Jésus. Et c'était une raison supplémentaire de ne rien laisser perdre : on ne gaspille pas les dons de Dieu, et quand Dieu a donné, même les restes sont bons.
Dieu aime que nous utilisions pour lui tous nos restes : restes de santé, restes de forces, restes d'espérance. Ce qu'il nous a donné pour son service, c'est du bon pain qui reste nourrissant.
Ne disons pas : "J'ai vieilli ; j'ai fait mon temps. Ce que j'ai à donner est maintenant dérisoire !", car un cœur qui donne a part à la jeunesse de Dieu.
Ne disons pas : "Personne ne veut de ce que j'ai à offrir !", car Jésus, lui, en fait un bon usage.
Ne disons pas : "Je suis malade, donc je n'ai plus rien à donner !", car les restes de santé sont des restes pour la sainteté.
Ne disons pas : "Moi, je ne distribue que les pains entiers : les restes, cela ne vaut pas la peine !", car il y a un temps pour tout, un temps pour les pains entiers, et un temps pour les restes, et c'est Jésus qui rythme la mission, qui mesure nos forces, et qui nous donne chaque jour ce qu'il nous faut donner.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Lun 30 Juil - 8:55

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Il ne leur disait rien sans parabole, accomplissant ainsi la parole du prophète »
(Mt 13, 31-35)

En ce temps-là, Jésus proposa aux foules une autre parabole : « Le royaume des Cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et qu’il a semée dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent et font leurs nids dans ses branches. » Il leur dit une autre parabole : « Le royaume des Cieux est comparable au levain qu’une femme a pris et qu’elle a enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. » Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans parabole, accomplissant ainsi la parole du prophète : J’ouvrirai la bouche pour des paraboles, je publierai ce qui fut caché depuis la fondation du monde.


MÉDITER AVEC LES CARMES :

Le Règne de Dieu parmi les hommes commence toujours dans la modestie, comme si Dieu avait décidé de nous faire travailler jusqu'à la fin du monde avec des moyens disproportionnés, et de choisir "ce qui n'est pas pour confondre ce qui est".
Le grain de sénevé ne paie pas de mine : on en met des centaines dans un dé à coudre, et pourtant cette semence si petite qu'elle rentre sous un ongle, dès qu'elle est confiée à la terre devient vite un arbuste.
Ainsi en va-t-il de l'Église de Jésus partout où l'Esprit Saint l'a semée. Elle commence dans un, deux ou trois cœurs qui ont dit oui à l'œuvre de Dieu. Il suffit d'une poignée de témoins, d'une poignée d'hommes et de femmes, des chrétiens ni plus riches ni plus forts ni plus savants que les autres, mais qui acceptent de s'enfouir en terre profonde, là où ils sont nés, ou encore là où le grand vent de la Pentecôte les a dispersés.
Là où ils sont, là où ils tombent, là où ils vivent et meurent, la parole de Jésus germe, la communauté de Jésus grandit, se forme et se structure. Et tout cela, c'est l'œuvre de Dieu, annoncée par Ézéchiel pour les temps du Messie : "Et moi, dit Dieu, à la cime du grand cèdre je cueillerai un rameau, et je le planterai moi-même sur une montagne très élevée... il deviendra un cèdre magnifique. Toutes sortes d'oiseaux habiteront sous lui. Et tous les arbres des champs sauront que c'est moi, Yhwh , qui humilie l'arbre élevé et qui élève l'arbre humilié,  qui fait sécher l'arbre vert et reverdir l'arbre sec. Moi, Yhwh j'ai dit, je fais."
Et c'est ainsi que depuis deux mille ans, l'un après l'autre tous les peuples du monde viennent s'abriter dans les ramures de l'Église du Christ ; il y a un nid pour chaque peuple, et un seul concert dans le grand arbre.
La force de cette croissance vient de Dieu, de lui seul ; de même que le rythme de cette croissance, et aucun œil humain n'a jamais vu la plante en train de grandir, tout comme aucun œil ne voit lever la pâte quand elle est travaillée par le ferment.
Nous sommes parfois lents à nous accorder aux lenteurs de Dieu, à comprendre que Dieu travaille avec le temps, même et surtout quand le temps presse ; et pourtant tous les retards de Dieu sont plus efficaces que nos impatiences. Si Dieu patiente, c'est qu'il est sûr de réussir, de réussir l'homme et le monde ; s'il ne bouscule rien, c'est qu'il a confiance dans le levain, déposé une fois pour toutes dans la race des hommes, sa parole qui crée et recrée, qui nourrit la foi et redonne l'espérance.
Aujourd'hui encore l'Évangile, en silence, travaille la pâte humaine, le monde, l'Église, notre communauté, notre propre cœur. Même si l'Église, un peu partout dans le monde, devient ou redevient minoritaire, même si notre labeur missionnaire rencontre de nouvelles résistances, même si les forces qui dominent le monde semblent étouffer la voix de Jésus.
Dieu, dans le Christ est déjà vainqueur, et tout notre ministère se déploie sur le fond de cette victoire.
"Que votre cœur ne se trouble pas disait Jésus ; vous croyez en Dieu ; croyez aussi en moi".

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mar 31 Juil - 8:34

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »
(Mt 13, 36-43)

En ce temps-là, laissant les foules, Jésus vint à la maison. Ses disciples s’approchèrent et lui dirent : « Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ. » Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ; le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais. L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges. De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde. Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal ; ils les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

La parabole de l'ivraie est à deux faces, ou du moins le commentaire allégorique que Jésus lui-même en donne souligne très fort un aspect qui restait plus discret dans la parabole.
Celle-ci nous parlait surtout de la patience de Dieu, qui, sans se fâcher, regarde croître côte à côte l'ivraie et le bon grain, le scandale et la fidélité, les forces du refus et la foi en la parole.
Mais aujourd'hui, Jésus retient uniquement le moment précis de la moisson. Alors il n'est plus question de grandir, de durer, de patienter : c'est le moment de vérité où chaque épi est fauché avec les grains qu'il porte, pas un de plus, pas un de moins.
C'est également l'heure du tri, qui manifeste à la fois les merveilles de Dieu et le sérieux de ses exigences d'amour.
Et Jésus, pour se faire comprendre, reprend les images traditionnelles du livre de Daniel, un livre dont il était imprégné : pour les hommes du refus, la fournaise de feu, les pleurs, les grincements de dents ; pour les justes fidèles jusqu'au bout au Fils de l'Homme, le soleil du Royaume qui les transforme eux-mêmes en lumière.
"Entende qui a des oreilles", ajoute Jésus. Or notre monde, et même parfois les chrétiens dans ce monde, ont de moins en moins d'oreilles pour entendre cet appel à l'authenticité. Tous, pour notre part, nous sommes concernés.
Ou bien nous vivons à la petite semaine, au niveau du rendement, du confort et de la jouissance, sans perspective d'avenir et sans horizon spirituel.
Ou bien nous méconnaissons les affirmations de l'Évangile, en estimant que l'idée d'un Dieu juge est incompatible avec les promesses du Dieu d'amour. Mais pourquoi ne pas laisser à Dieu ce mystère-là aussi, puisque nous savons qu'en lui tout est amour, qu'avec lui tout va vers l'amour ? Jésus, qui seul nous dévoile le mystère de Dieu, présente toujours son amour comme une miséricorde tonifiante, qui nous rend libres, conscients et responsables, et qui met l'avenir et la fidélité entre nos mains. Dieu est amour ; il veut la vie, et l'on ne connaît pas son amour si l'on ne perçoit pas, avec bonheur, ses exigences de vie, son appel à une vie authentique.
D'autres encore s'aventurent loin de la foi de l'Église, en contestant l'idée même d'une venue en gloire du Seigneur, d'une Parousie, lointaine ou proche, en cessant d'attendre la grande, la définitive manifestation du Christ, ce jour où notre corps, avec le monde régénéré, vibrera à l'unisson de la gloire de Jésus.
Mais on ne peut récrire l'Évangile, et l'on ne peut faire taire la voix de Jésus, calme, insistante, qui reprend de loin en loin, avec douceur et gravité, les images familières, et qui souligne l'importance des enjeux pour mieux rappeler les promesses inouïes de Dieu : "La moisson, c'est la fin du monde"… "Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père".
Et loin de projeter sur notre vie une ombre triste, la perspective de la grande rencontre au-delà de la mort nous rend plus libres et plus légers pour la mission de Dieu. La certitude de la fin des temps nous apprend à bien vivre, généreux et fraternels, et nous rend l'allégresse des pèlerins.
Tous ceux qui se savent attendus dans le Royaume se hâtent de monter par le chemin du désert. Là ils se simplifient, là ils se désencombrent, et refont chaque jour le tri à l'intime d'eux-mêmes entre l'ivraie des passions et l'amour qui demeure.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mer 1 Aoû - 4:27

Mercredi 1er août



L'ÉVANGILE DU JOUR
« Il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ » (Mt 13, 44-46)
En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Le royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ. Ou encore : Le royaume des Cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle. » 



MÉDITER AVEC LES CARMES
            Le paysan, visiblement, ne cherchait rien, et il a trouvé le trésor par hasard, dans le champ d'autrui. Le marchand, lui, passait sa vie à chercher, quand il a trouvé, enfin, une perle de grand prix.
            Mais la réaction des deux hommes est la même : le paysan risque tout avec joie, et achète le champ pour acquérir légalement le trésor ; le marchand, lui aussi, vend tout ce qu'il a et achète la perle.
            Jésus arrête là ses deux paraboles : il ne nous dit pas ce qu'est devenu le trésor, ni si le marchand a revendu la perle. Pour Jésus, la leçon est déjà surabondante : le Royaume des cieux, le règne de Dieu dans les cœurs, l'amitié avec Dieu, l'accueil de Dieu dans sa vie, cela vaut plus que tout au monde, et quand le moment est venu, cela vaut tous les sacrifices, tous les risques, tous les dépouillements. Le tout est de pas manquer le moment de l'audace ; mais l'audace est payante, et les folies que l'on fait pour le Royaume s'avèrent finalement la plus solide des sagesses.
            Tous, de bien des manières, nous avons fait le pas ; tous, un jour ou l'autre, nous avons "regardé comme balayures" les quelques atouts que nous avions, "au prix de la connaissance suréminente de Jésus Seigneur ", et nous avons tout largué, tout vendu, pour la perle unique de son amour, pour la "richesse de sa gloire" (E 1,18).
            Or, les années passant, les épreuves survenant, la solitude s'épaississant, et une fois perdu un lot raisonnable d'illusions sur nous-mêmes, il arrive que nous perdions aussi, pour un instant ou pour une longue période douloureuse, le sens de l'aventure spirituelle, le goût de l'audace, la hâte d'aimer, de louer et de servir. Le trésor est bien là, encore là, mais inexploité ; nous tenons la perle, mais la joie est partie.
            Ni le trésor ni la perle ne sont en cause, car l'amour du Seigneur ne trompe pas et ne se dévalue jamais. Notre premier don non plus n'était pas un leurre, et le Seigneur nous le fait bien savoir.
            Alors où est la faille ? Probablement dans notre manière de serrer le trésor et de tenir la perle. Le trésor du Royaume est fait pour brûler les doigts, et l'on ne peut le garder qu'en le partageant tous les jours ; la perle de l'amour du Christ n'est pas faite pour vieillir en écrin : il lui faut la lumière d'une vie donnée, et elle ne reste belle que sertie dans la joie ; une perle triste, c'est une perle morte.
            Puisque Jésus nous a fait don du trésor, faisons-lui l'honneur de ne pas vivre avec un cœur frustré et déçu, attendant toujours d'autres temps, d'autres gens, et un autre repos. "Trop est avare à qui Dieu ne suffit".
            Puisque le Sauveur nous a confié la perle, que son Esprit nous garde l'enthousiasme du premier jour. Car c'est tous les jours qu'il faut oser, tous les jours qu'il faut tout vendre. Là est le secret de la légèreté spirituelle : continuer à être heureux du Christ, heureux dans le Christ, heureux pour le Christ, et repartir chaque matin avec, pour tout trésor, pour tout avenir, pour toute sécurité, une perle vivante au creux de la main.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Jeu 2 Aoû - 6:20

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« On ramasse ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien »
(Mt 13, 47-53)

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Le royaume des Cieux est encore comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes et les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. » « Avez-vous compris tout cela ? » Ils lui répondent : « Oui ». Jésus ajouta : « C’est pourquoi tout scribe devenu disciple du royaume des Cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. » Lorsque Jésus eut terminé ces paraboles, il s’éloigna de là.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Pour les Galiléens, le retour des barques de pêcheurs au petit matin était un spectacle familier, et Jésus s'en est inspiré pour la parabole d'aujourd'hui.
C'est sur le rivage que l'on peut apprécier la pêche, c'est sur le rivage que l'on a de bonnes surprises ou que l'on perd ses illusions.
De même il y aura un tri à la fin des temps, et personne ne saurait y échapper. On trouvera, pêle-mêle, dans le grand filet de l'histoire, du "beau" et du "moins beau", des justes et des mauvais. Et ce ne sera plus le temps des demi-mesures : quand le filet est tiré sur la grève, on n'a plus le temps de se demander si le demi-avarié est encore à moitié comestible : il n'y a de paniers que pour le poisson mangeable, le reste n'est pas intéressant ; on le rejette à l'eau sans se poser de questions.
Quant à nous, nous nous en posons une, et Jésus désire que nous nous la posions : irai-je dans le panier ? ou serai-je rejeté à la mer ? irai-je du côté des pleurs, ou du côté de la joie ? Question redoutable, si importante et si radicale qu'elle pourrait parfois induire de véritables malaises dans la vie spirituelle.
Et ici, il y a deux écueils à éviter :
Le premier serait d'éluder la question, en se disant : "Elle ne me concerne pas. Un bon chrétien ira forcément dans le panier, dans le panier des justes".
L'autre écueil serait de céder à la peur, la peur de soi et la peur de Dieu.
D'un côté la suffisance de l'insouciance, de l'autre toutes les formes du désespoir. Or l'Évangile ne veut ni l'un ni l'autre. L'attitude que Jésus attend de nous et qu'il veut nous inculquer par sa parabole, c'est une sorte de réalisme de la foi, à base d'humilité et de confiance.
Humilité, car la force pour être fidèle ne viendra pas de nous ; confiance, parce que rien ni personne ne nous arrachera jamais de la main du Père ni de la main de Jésus, et parce que Dieu veut notre bonheur plus encore que nous ne le voulons nous-mêmes.
Humilité, car les consacrés eux aussi doivent manger chaque jour à la table des pécheurs ; confiance, parce que Jésus nous a aimés et s'est livré pour nous : "Il n'y a plus de condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus " (Rm 8,1)
Humilité, car l'argile vivante que nous sommes peut toujours trahir la main du Potier, confiance, car le Potier peut toujours repétrir en objet d'art l'argile qui l'a déçu. Elles sont si fortes, elles sont si douces, les mains de Dieu, si habiles et si précises ! Ce sont des mains d'artiste, ce sont des mains de Père, qui à la fois redressent et libèrent, à la fois remodèlent et guérissent. Saint Irénée les a nommées : les mains du Père sont pour nous le Verbe et l'Esprit.
De la parabole de Jésus nous pouvons tirer une autre leçon, qui va, elle aussi, dans le sens du réalisme de la foi : si nous voulons aborder sereinement le grand tri de la fin des temps, le moment de vérité à la fin de notre vie, le plus sûr et le plus apaisant est d'anticiper nous-mêmes le triage, d'opérer nous-mêmes, chaque jour, le discernement de ce que nous voulons vivre ou privilégier. C'est la grâce que Salomon demandait à Dieu dans sa prière : recevoir de lui un "cœur écoutant", capable d'entendre Dieu et de discerner sa volonté.
Dans le filet de notre cœur, nous ramassons tant de choses, et parfois n'importe quoi ; du dévouement, de la simplicité, de la tendresse, mais aussi des désirs qui nous encombrent, des amertumes qui nous rongent, des agressivités qui s'entassent dans notre mémoire et nous rendent malheureux ou désagréables.
C'est chaque jour, en pleine mer, en pleine vie, qu'il nous faut faire le choix, sous le regard de Dieu, avec le nouveau regard que Jésus nous donne, afin de ramener au port uniquement ce qui nous fera vivre, nous et ceux que Dieu nous donne à aimer.
Choisir la vie, c'est cela qui rend heureux.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Ven 3 Aoû - 7:50

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Un prophète n’est méprisé que dans son pays »
(Mt 13, 54-58)

En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et il enseignait les gens dans leur synagogue, de telle manière qu’ils étaient frappés d’étonnement et disaient : « D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ? N’est-il pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie, et ses frères : Jacques, Joseph, Simon et Jude ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ? Alors, d’où lui vient tout cela ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur dit : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays et dans sa propre maison. » Et il ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là, à cause de leur manque de foi.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Jésus a quitté les bords du lac où il a prononcé les huit paraboles du Royaume. En deux jours de marche il revient chez lui, à Nazareth, et commence à prêcher, pour la première fois dans la synagogue de sa jeunesse.
Toutes les conditions semblent réunies pour un grand succès : Lui, l'homme du pays, est déjà célèbre pour ses guérisons dans toute la Galilée ; de plus il parle une langue directe, imagée, et la moindre de ses paraboles devient tout un programme de réflexion. On l'écouterait pendant des heures !
Or, contrairement à toute attente, les gens de Nazareth ne dépassent pas le stade de l'étonnement. Du point de vue de la foi, c'est l'échec, que Matthieu résume en deux phrases laconiques : "Il était pour eux une pierre d'achoppement … Là, il ne fit pas beaucoup de miracles, parce qu'ils ne croyaient pas."
Tout de suite l'incompréhension et le refus ont stoppé l'initiative de Jésus, et Matthieu nous aide à mesurer l'ampleur de cette opposition en rapportant les réflexions des gens du pays, puis la conclusion de Jésus lui-même
"D'où lui viennent cette sagesse et ces miracles ?"
On le connaît comme le fils du charpentier et le fils de Marie, des gens qui n'ont jamais fait parler d'eux, ni comme guérisseurs, ni comme intellectuels. Et dans sa parenté, on ne connaît personne d'extraordinaire, sinon on se le serait dit, parce que tous ses cousins et toutes ses cousines habitent le bourg ou ses environs.
"D'où lui vient donc tout cela ?"
Bonne question ! C'est la vraie question à se poser ; mais ils ne vont pas jusqu'à la réponse. Les faits sont là, pourtant ; mais les gens n'osent pas penser qu'ils viennent de Dieu, et ils oseraient encore moins le dire.
C'est une vieille misère du cœur de l'homme : l'homme est prêt à reconnaître que Dieu agit au loin, ailleurs, qu'il a agi autrefois, qu'il agira un jour, mais des merveilles de Dieu au milieu des choses familières, de la vie quotidienne de personnes connues, des merveilles dans notre communauté, un retournement des cœurs, ce n'est pas pensable, ce n'est pas croyable ! Un Dieu ami à ce point, un Dieu si proche, familier de notre monde ? Impossible !
Et c'est bien ainsi que Jésus analyse leur refus, tout en leur donnant une première clé de son mystère : "Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison".
Un prophète : voilà la réponse de Jésus. D'où viennent à un prophète la sagesse et les miracles ? Directement de Dieu. On l'admet encore lorsque le prophète vient de loin, et qu'il est aussi inconnu que le Dieu qu'il sert. Mais quelle foi il aurait fallu à un juif de Nazareth pour se dire, en revenant de la synagogue : "Mon voisin Jésus est un prophète."
C'est pourtant cela, et beaucoup plus que cela, qui nous est demandé, car de ce même Jésus de Nazareth, nous redisons, avec le Credo de l'Église : "Il est Dieu, né de Dieu ; lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu." Or ce Jésus Fils de Dieu se donne à nous dans l'ordinaire ; il nous visite dans notre histoire, il nous parle avec nos paroles, et il prend pour son Eucharistie notre pain de tous les jours.
Quand il vient à nous, il vient chez lui, dans sa patrie, dans sa maison, dans sa communauté vivante, et c'est là qu'il aimerait livrer sa sagesse, multiplier les miracles. Mais nous le connaissons trop, nous avons trop l'illusion de le connaître, ou l'habitude d'être de sa famille, pour attendre de lui de nouvelles merveilles.
Cependant notre timidité n'arrête pas le Seigneur ; ses merveilles, il les fait quand même, librement, gratuitement, divinement, et à son heure, pour que nous ayons la joie de dire merci à défaut d'avoir su espérer.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Sam 4 Aoû - 9:26

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Hérode envoya décapiter Jean dans la prison. »
(Mt 14, 1-12)

En ce temps-là, Hérode, qui était au pouvoir en Galilée, apprit la renommée de Jésus et dit à ses serviteurs : « Celui-là, c’est Jean le Baptiste, il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. » Car Hérode avait fait arrêter Jean, l’avait fait enchaîner et mettre en prison. C’était à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe. En effet, Jean lui avait dit : « Tu n’as pas le droit de l’avoir pour femme. » Hérode cherchait à le faire mourir, mais il eut peur de la foule qui le tenait pour un prophète. Lorsque arriva l’anniversaire d’Hérode, la fille d’Hérodiade dansa au milieu des convives, et elle plut à Hérode. Alors il s’engagea par serment à lui donner ce qu’elle demanderait. Poussée par sa mère, elle dit : « Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut contrarié ; mais à cause de son serment et des convives, il commanda de la lui donner. Il envoya décapiter Jean dans la prison. La tête de celui-ci fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui l’apporta à sa mère. Les disciples de Jean arrivèrent pour prendre son corps, qu’ils ensevelirent ; puis ils allèrent l’annoncer à Jésus.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Quel mélange de beauté, de richesse, de pouvoir, et de sentiments sordides !
La jeune danseuse ne vit que pour plaire. Elle n'existe que dans le miroir et le désir des autres. Mais elle n'a rien dans la tête, s'en tient aux idées de sa mère et ne sait même pas quoi répondre quand Hérode lui offre un cadeau royal.
Hérodiade, au contraire, est une femme de tête, ambitieuse, tyrannique, et elle met son intelligence au service de sa haine ; Elle ne supporte pas les critiques du Baptiste et veut sa mort, tout de suite, au risque de voir la foule se soulever pour défendre le prophète.
Quant à Hérode Antipas, en dépit de son habileté politique, c'est un faible, et finalement un personnage sans envergure. Il réagit d'abord sans aucune retenue au charme de la danseuse ; puis il se laisse aller à un serment inutile ; enfin, par fierté, il va jusqu'au bout du crime. En lui les puissances du mal se liguent pour abattre le prophète, sans défense au fond de son cachot : la passion, le pouvoir, la vie luxueuse, ces trois forces que dénonce saint Jean dans sa première épître parce qu'elles détournent l'homme de Dieu : "Car tout ce qui est dans le monde – la convoitise de la chair, la convoitise des yeux (le pouvoir sans frein) et l'orgueil de la richesse – vient non pas du Père, mais du monde". Et saint Jean ajoute : "Or le monde passe, avec ses convoitises, mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement".
Apparemment le mal a triomphé, mais le souvenir du Baptiste va hanter le roi, comme le montre le début de notre Évangile d'aujourd'hui : "Hérode apprit la renommée de Jésus et dit à ses serviteurs : Cet homme, c'est Jean-Baptiste. Il est ressuscité d'entre les morts, et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles".
Ce qu'Hérode ne sait pas, c'est que le rayonnement de Jésus va dépasser encore celui du Baptiste. Prévenu aussitôt, Jésus de Nazareth va continuer de plus belle l'annonce du Royaume, sans se laisser intimider par celui qu'il appelle le "renard".
Jésus aura, lui aussi, désormais dans la mémoire la mort héroïque et cachée du Précurseur quand il annoncera sa propre passion. Toutefois il sait, et il dit, qu'il ne mourra pas de la main d'Hérode Antipas, ni même sur ses terres de Galilée et de Pérée, mais bien dans la ville sainte, à Jérusalem. On ne choisit pas sa mort.
Le Baptiste, vénéré par tout un peuple, a été assassiné en quelques minutes au fond d'un cachot pour le caprice d'un roi, pour la haine d'une femme.
Mais il avait choisi sa vie. Il voulait être seulement l'ami de l'Époux, efficace et discret ; il voulait n'être qu'une voix, au service d'un message de vie. Il avait été la lumière, le flambeau que l'on suit dans la nuit avec joie.
Maintenant il s'efface tout à fait, jusqu'à la mort ; et cela aussi était son projet spirituel : "Il faut que lui grandisse, et que moi je décroisse". Mais il avait connu la plus grande joie que l'on puisse vivre sur terre : il avait reçu le témoignage de Jésus : "Jean est un prophète, et plus qu'un prophète. Parmi les enfants des hommes, nul n'est plus grand que Jean le Baptiste !"

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Dim 5 Aoû - 10:33

Dimanche 5 août








L'ÉVANGILE DU JOUR



« Celui qui croit en moi n’aura jamais soif » (Jn 6, 24-35)



En ce temps-là, quand la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples, les gens montèrent dans les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus. L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés. Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. » Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » Ils lui dirent alors : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ? Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. » Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. » 







MÉDITER AVEC LES CARMES








           "Que nous faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu ?", pour réaliser les œuvres que Dieu attend de nous ? 


           D'abord Jésus ramène tout à l'unité : non pas des œuvres, mais une seule œuvre ; et de plus cette œuvre unique consiste à croire ; croire en Dieu, bien sûr, croire en la fidélité du Dieu de l'Alliance, mais surtout croire en lui, Jésus, comme en l'Envoyé du Père, que le Père a marqué de son sceau, signant d'avance tout ce qu'il dira et fera chez les hommes.

           

Une seule œuvre, dit Jésus. Et pourtant il a laissé lui-même bien des consignes à ses disciples : douceur, humilité, pardon mutuel, amour de la paix, miséricorde ... Mais finalement tout se résume en un seul mot, en une seule démarche : croire en Jésus, qui est à lui seul le chemin et la vérité ; venir à lui pour avoir la vie. De fait, dans le concret de notre existence, croire en Jésus transforme tout, emporte tout, illumine tout.

           

Croire en Jésus, Fils de Dieu, cela décide de notre avenir. D'où que nous venions, et quelle que soit notre histoire spirituelle, plus paisible ou plus orageuse, dès lors que nous avons "appris le Christ", comme le disait saint Paul (E 4,20), il est des routes que nous ne prendrons plus, et surtout des chemins que nous choisirons parce que Jésus les a choisis avant nous. Nous n'aurons plus envie d'arrêter à mi-pente, et nous saisirons la chance de notre vie. Tout en faisant sans tricher notre œuvre d'hommes, tout en vivant à fond notre destin de femmes, tout en semant la bonté et la joie, "nous nous hâterons comme des voyageurs en ce monde" (1 P 2,11), appuyés sur le Ressuscité qui chaque jour nous prépare à la gloire. 



           Croire en Jésus, cela ressaisit et restaure même notre passé. Dans notre vie d'adultes chrétiens, parce que nous venons à Jésus comme à Celui qui recrée et qui sauve, nous pouvons nous retourner vers notre passé, qu'il soit source de joie, de remords ou d'angoisse;  nous pouvons le regarder dans sa lumière, la lumière du salut; et nous pouvons dire au Christ de notre appel: "Oui, Seigneur, j'ai été cela, je suis cela; j'en suis là et je n'en suis que là; mais puisque je viens à toi, je sais que la route m'est ouverte". Le passé pécheur, nous pouvons le lâcher, comme on jette un vieux pull. "Il faut, disait saint Paul, nous dévêtir du vieil homme qui va se corrompant au fil des convoitises (toujours) décevantes" (E 4,22). Le passé de souffrance ou de misère, nous pouvons le reprendre, le repétrir, le ré-assumer dans un nouveau projet de vie et de fidélité au Christ. 



           Croire en Jésus, cela transfigure le quotidien, le réel de notre vie, de notre amour, de notre service. Le Christ Sauveur nous aime en habits de tous les jours, et pour lui répondre dans la foi il n'est pas nécessaire de vivre "autre chose" : il suffit de vivre les mêmes choses autrement. Que nous soyons mariés, célibataires, ou engagés dans la vie religieuse, nous vivons désormais au compte du Christ, en référence au Christ, dans la présence du Christ, et, à partir de notre rencontre personnelle du Ressuscité, à la clarté de son visage que la gloire de Dieu illumine dans notre cœur (2 Co 4,6), c'est toute notre manière d'œuvrer, de servir et d'aimer qui se trouve réorientée et remodelée. 



           Ainsi, dans la démarche de la foi au Christ, dans l'amitié avec Jésus l'Envoyé, c'est toute la personne qui est reprise, tout son temps, toutes ses forces, tous ses désirs. 


           Une seule œuvre suffit, celle qui dit à Dieu toute notre réponse. Et pour nourrir cette foi mise en œuvre, un seul pain est offert aux hommes, "le pain de Dieu, qui descend du ciel et qui donne la vie au monde" (Jn 6,33). C'est Jésus, pain de la foi et pain de vie, qui vient à nous à chaque messe, d'abord à cette table de la parole, puis à la table de l'Eucharistie. C'est sa force et son amitié que nous demandons fidèlement, au-delà de la nourriture qui périt : "Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour". "Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là !"

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Lun 6 Aoû - 8:44

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Celui-ci est mon Fils bien-aimé »
(Mc 9, 2-10)

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ».

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Si Jésus n'avait pas pris volontairement la condition de Serviteur, la Transfiguration aurait été son lot quotidien. La gloire qui l'habitait aurait transparu chaque jour dans son humanité sainte. Mais cela, c'est de l'imagination, c'est une hypothèse, ce n'est pas de la théologie, car l'authentique théologie est un langage sur ce que Dieu est et ce que Dieu a fait "pour nous les hommes et pour notre salut".
Or ce que Dieu a choisi, réellement, c'est l'incarnation de son Fils, dans l'humilité, dans la modestie, dans la pauvreté de Nazareth ; et la lumière éclatante de la Transfiguration, qui nous parle de gloire, d'union indicible avec le Père, nous révèle, par contraste, l'humilité du quotidien de Jésus. L'intensité de sa gloire est telle que même les vêtements de Jésus deviennent éblouissants. C'étaient pourtant des vêtements de charpentier.
C'est bien pourquoi la fête du Transfiguré est si chère à tous les cœurs contemplatifs : au-delà des prises de notre intelligence, elle déploie pour notre cœur le paradoxe inouï de la personne de Jésus, vrai Dieu et vrai homme, vrai charpentier métamorphosé un instant par la gloire.
Désormais Pierre, Jacques et Jean sauront que le salut n'est qu'en Jésus, et que les temps de Moïse et d'Élie sont passés. C'est tout le sens de la méprise de Pierre :"Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes !" Trois tentes, Pierre ? mais il y en aurait deux de trop ! Faire trois tentes, ce serait aligner Jésus sur Moïse ou Élie : Jésus serait l'un des prophètes, sans plus ! C'est pourquoi Dieu le Père écarte l'initiative brouillonne de Pierre. Tout comme Dieu a bâti pour David une maison-dynastie, sans que David ait à bâtir sa maison au Seigneur, Dieu couvre les disciples de la nuée sans qu'ils aient pu bâtir leurs tentes de mains d'hommes.
Et la voix venue du ciel commente le geste de Dieu : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé". "Celui-ci", dit la voix ; et les disciples ne voient plus que Jésus seul, comme au jour du Baptême où le vol de la colombe avait désigné Jésus seul, Jésus, le Bien-Aimé. C'est bien ce que nous avons à vivre chaque jour dans la foi. Sortant en quelque sorte de la nuée théophanique, quand nous quittons l'oraison ou l'Eucharistie, nous ne voyons plus, dans l'ordinaire, que Jésus, "seul avec nous", en habits de charpentier. Mais chaque fois qu'il plaît à Dieu de "révéler son Fils en nous", nous percevons, à l'intime de nous-mêmes, transmise et amplifiée par l'Esprit Paraclet, la voix révélante du Père : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le !" Et nous nous sentons moins seuls et plus forts en descendant de la montagne.
Écouter Jésus, le Bien-Aimé, c'est adhérer à Dieu tel qu'il nous le révèle ; c'est aussi regarder le monde comme il le regarde, et nous ouvrir au salut, à la vie nouvelle, que Jésus nous offre.
Écouter Jésus, c'est garder Dieu et son amour à l'horizon de notre vie, et entrer dans son dessein, jour après jour, parmi ceux qu'il nous donne à aimer et à servir.
Écouter Jésus, c'est nous tourner résolument vers l'avenir et rester aux avant-postes de l'espérance, "puisque, en Jésus Christ, Dieu nous donne de croire en l'homme et nous rend capables de transformer le monde selon son désir" (rapport Dagens, 1033a).
C'est la même espérance qui, au-delà de nos tâches terrestres, nous fait vivre dès aujourd'hui "plus haut que ce qui meurt" (Elisabeth).
Car si la gloire de Dieu, c'est l'homme vivant, la vie de l'homme, c'est la vision de Dieu.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mar 7 Aoû - 10:56

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Seigneur, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux »
(Mt 14, 22-36)

Jésus avait nourri la foule dans le désert. Aussitôt il obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! » Après la traversée, ils abordèrent à Génésareth. Les gens de cet endroit reconnurent Jésus ; ils firent avertir toute la région, et on lui amena tous les malades. Ils le suppliaient de leur laisser seulement toucher la frange de son manteau, et tous ceux qui le faisaient furent sauvés.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Ce jour-là le débat s'est très fort animé.
Les Pharisiens et des scribes, venus exprès de Jérusalem, accusent Jésus de transgresser la tradition des anciens ; "Tes disciples ne se lavent pas les mains au moment de prendre leur repas". Et Jésus leur répond en trois temps.
D'abord, leur dit-il, au nom de votre tradition, transmise oralement de maître à maître, vous annulez la parole de Dieu. Vous admettez, par exemple, que l'on dise à son père ou à sa mère : Les biens dont j'aurais pu t'assister, qorban : je les consacre à Dieu !" De telles théories dénaturent le plan de Dieu, et disqualifient leurs inventeurs. Ce sont des guides aveugles, des plantes que le Père n'a pas plantées lui-même et qu'il ne veut pas voir fructifier.
Puis - et c'est là sa deuxième réponse - Jésus cite le prophète Isaïe : " Ce peuple m'honore des lèvres ; mais leur cœur est loin de moi. Vain est le culte qu'ils me rendent : les doctrines qu'ils enseignent ne sont que des préceptes humains" (Is 29,1).
Après quoi Jésus saisit l'occasion pour délivrer un enseignement solennel et définitif. Il appelle la foule auprès de lui, et il déclare : "Écoutez et comprenez. Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l'homme (ou qui rend l'homme impur), mais ce qui sort de sa bouche, voilà ce qui souille l'homme".
Et Jésus d'expliquer : Ce qui rentre dans la bouche vient de l'extérieur. Ce sont des aliments que le corps va assimiler ou rejeter. D'instinct, d'ailleurs, on prend soin de ne pas manger de choses sales ou nuisibles. Ce qui vient de l'extérieur, ou bien le corps en profite, ou il n'en fera rien.
Tout ce qui sort de la bouche, au contraire, vient du profond de l'être, que les hommes de la Bible appellent le cœur (lēb). Le cœur, dans la Bible, c'est une notion centrale, parce que le cœur, pour les hommes de l'Ancien Orient, servait d'abord à comprendre, puis ensuite à aimer et à vouloir. Les "hommes de cœur" étaient des gens intelligents, les "sages de cœur" passaient pour des hommes avisés et de bon conseil. Le cœur était bien le siège des émotions, mais surtout l'instance de la réflexion, de la décision et de l'engagement. Le cœur, c'était le tout de l'homme intérieur, la source de la liberté, pour le meilleur et pour le pire.
Et Jésus donne quelques exemples du pire : "Du cœur procèdent mauvais desseins, meurtres, adultères, débauches, vols, faux témoignages, diffamations" ; et il ajoute : "Voilà les choses qui souillent l'homme".
Ce n'est pas le monde créé qui est comme traversé par la frontière du pur et de l'impur, comme le pensaient les Pharisiens, c'est le cœur de l'homme, c'est-à-dire sa conscience, son vouloir, sa liberté, qui va donner sa valeur à tout ce dont il rêve, à tout ce qu'il dit, à tout ce qu'il fait.
Le mal n'est pas dans les choses, mais dans la manière de les posséder, de les utiliser ou de s'en rendre esclave. Le mal n'est pas dans le vin, mais dans l'abus d'alcool. Le mal n'est pas dans l'amour, mais dans la manière dont on l'avilit. Le mal n'est pas dans Internet, ni dans les biens de la culture, mais dans l'usage qu'on peut en faire pour pervertir les intelligences et asservir les cœurs.
"Écoutez et comprenez", dit Jésus. Laissez vivre votre cœur pour le meilleur de vous-mêmes. Apprenez la liberté des vrais enfants de Dieu.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mer 8 Aoû - 8:50

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Femme, grande est ta foi ! »
(Mt 15, 21-28)

En ce temps-là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. » Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! » Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! » Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.


MÉDITER AVEC LES CARMES :

Jésus n'avait pas souvent la chance d'admirer, mais par deux fois au moins l'occasion lui a été fournie par des étrangers, le centurion de Capharnaüm et cette femme du Liban. "Femme, grande est ta foi," lui dit Jésus.
Comment donc s'y est prise cette libanaise pour frapper à ce point Jésus ?
Tout d'abord elle est décidée à ne pas manquer son heure, à ne pas manquer le passage du Messie dans son pays et dans sa vie. Avant même d'avoir pu s'approcher, elle crie ; "elle nous poursuit de ses cris", disent même les disciples. "Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David". Elle ne connaît pas Jésus, mais elle sait au moins ce qu'on dit de lui dans son pays, et, arrivée aux pieds de Jésus, elle continue à prier sans se lasser : "Seigneur, viens à mon secours !"
Or, dans un premier temps, Jésus semble écarter sa demande, comme pour Marie à Cana. Il s'en explique à ses disciples : "Je n'ai été envoyé que pour les brebis perdues de la maison d'Israël" ; et pour la femme il trouve une autre explication très imagée, tirée de la vie de tous les jours : "Il ne sied pas de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens". Notons bien que Jésus ne dit pas : "pour le donner aux chiens", mais "aux petits chiens, et la nuance est grande.
La femme saisit l'image au bond, et grâce aux petits chiens, elle va révéler toute l'audace de sa foi. Elle va insister, discuter, faire pression respectueusement sur le cœur du Messie d'Israël : "Certes, moi, l'étrangère, je ne fais pas partie de la famille ; mais pour les petits chiens il y a au moins les miettes !" Et d'ailleurs, le propre des petits chiens, c'est de ne pas se laisser oublier lorsque les maîtres sont à table. Ils circulent, ils s'arrêtent, ils quémandent en remuant les oreilles, et il y a toujours l'un des convives à se laisser attendrir.
Jésus semble opposer les enfants et les petits chiens. Pas du tout, rétorque la femme, les enfants sont de connivence avec leurs compagnons de jeu, et si les enfants sont à table, les petits chiens sont à table aussi ... enfin sous la table, mais ils n'y perdent rien. Oui, le Messie est venu d'abord pour Israël, mais Israël doit partager son Messie avec les nations.
"Femme, grande est ta foi, dit Jésus, qu'il t'advienne selon ton désir". Tout est donc dans la force du désir, de notre désir. Ce n'est pas l'amour du Seigneur qui a des limites, c'est notre désir qui se limite et qui se lasse, c'est notre prière qui s'arrête trop tôt, comme si nous n'avions pas droit à la miséricorde. Et effectivement nous n'y avons pas droit, effectivement nos misères auraient de quoi nous rendre étrangers à la famille de Dieu. Ce que Jésus attend de nous, c'est l'audace de cette étrangère, qui nous fera dire : "Seigneur, je sais que je n'ai droit à rien, mais tu me feras bien l'aumône de quelques miettes, et cela suffira à mon bonheur !
Repartir heureux avec les miettes du Seigneur, ces miettes qui guérissent et qui nourrissent, ces miettes qui suffisent pour transformer toute une vie, voilà ce qui est en notre pouvoir.
D'ailleurs jamais Jésus n'a donné de miettes ; il a même rassasié des foules, et il restait des corbeilles lorsqu'il donnait le pain ; il est venu pour que nous ayons la vie en abondance. À partir du moment où le Messie est mort et ressuscité pour le monde entier, il n'a plus ni juif ni grec, il n'y a plus de petits chiens sous la table. À partir du moment où le Fils de Dieu est venu s'asseoir à notre table, il n'y a plus qu'un seul peuple, il n'y a plus d'étrangers. Autour de sa table, il n'y a plus que des enfants de Dieu, rassasiés à part entière, à la mesure de leur désir.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Jeu 9 Aoû - 9:20

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre »
(Mt 25, 1-13)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, il y eut un cri : ‘Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.’ Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe. Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : ‘Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.’ Les prévoyantes leur répondirent : ‘Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.’ Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : ‘Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !’ Il leur répondit : ‘Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.’ Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

MÉDITER AVEC LES CARMES

"Pour vous, qui suis-je ?", demande Jésus à Simon Pierre.
Et Pierre de répondre, au nom de tous les autres : "Tu es le Messie, le fils du Dieu vivant !" Alors Jésus, heureux de cette première affirmation de la foi des disciples, répond à son tour à Pierre par une béatitude : "Heureux es-tu, car c'est mon Père qui t'a révélé cela".
De cette béatitude nous entendons un écho dans le discours après la Cène lorsque Jésus déclare : "Nul ne vient à moi si mon Père qui m'a envoyé ne le tire". Saint Paul dira, plus tard, dans l'allégresse de cette béatitude "Il a plu à Dieu de révéler son fils en moi ". C'est la Béatitude de ceux et de celles qui se veulent enseignables par Dieu, qui se laissent attirer par le Père vers le Fils, puis conduire par le Fils jusqu'à l'amour du Père ; c'est le bonheur en Dieu de ceux que l'Esprit vient habiter pour faire vivre en eux la parole de Jésus.
Cette joie est pour nous si nous laissons Dieu moduler en nous comme il veut la lumière et la vérité ; mais elle nous échappe dès que nous nous appuyons sur les évidences "de la chair et du sang", sur une vision trop humaine des voies du Père, et sur des prospectives qui ne respectent plus ni les lenteurs ni les silences de Dieu.
C'est Dieu qui commence, c'est Dieu qui aime et qui sauve, et c'est toujours lui qui reste le maître des chemins et des appels. Il a demandé à l'homme de nommer tous les animaux, mais il s'est réservé de donner à chaque homme son nom de grâce et de mission. "Moi, dit Jésus, je te le déclare, tu es Pierre". Tout le monde l'appelait Shim'on fils de Yônas ; Jésus lui donne un nom programme : "Tu es Pierre", pierre à bâtir. L'édifice spirituel que Jésus envisage aura pour fondation cet homme capable de toutes les fidélités et de tous les reniements, capable d'aveuglement comme de la plus belle conversion. Voilà bien une fondation paradoxale, qui n'a pas de solidité en elle-même et qui doit sa fermeté uniquement à Celui qui la pose. Et c'est l'un des mystères de l'Église tout au long du temps : la pierre de base ne cesse pas d'être fragile, mais Jésus ne cesse pas de bâtir sur elle. II a dit "je bâtirai", non pas une fois pour toutes, mais tous les jours, jusqu'à la fin du monde, et c'est pourquoi la maison fragile ne sera jamais renversée.

Pourquoi, dès lors, aurions-nous peur de nos propres fragilités ? Pourquoi craindre une victoire des forces de la mort, si notre bâtisseur est le Seigneur de la vie, et si c'est lui qui donne chaque jour à notre communauté son nom, son visage et sa mission ? De même que nous n'appuyons pas notre confiance sur Pierre, mais sur le Seigneur qui fortifie Pierre, et sur la foi de Pierre en son Seigneur, de même n'avons-nous pas à attendre une communauté assurée d'elle-même, de sa route, de ses forces et de son avenir : il nous suffit de faire fond ensemble sur Celui qui bâtit la maison, qui rassemble sa communauté, et qui la nourrit chaque matin de sa parole et du Pain de sa vie.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Ven 10 Aoû - 8:53

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera »
(Jn 12, 24-26)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. »


MÉDITER AVEC LES CARMES :

Des étrangers abordent Philippe, probablement parce qu'il a un nom grec ; puis Philippe et André signalent à Jésus l'arrivée des Grecs.
La réponse de Jésus est étrange au premier abord : "Elle est venue, l'heure où le Fils de l'Homme doit être glorifié". Tout le mystère et toute la lumière de cette réponse tiennent dans un seul mot : I'Heure. L'heure de Jésus, pour saint Jean, ce n'est pas seulement un moment clé, c'est la phase décisive du salut de l'humanité, le passage que fait Jésus de ce monde au Père, en notre nom à tous ; c'est le moment où le Fils de l'Homme doit être glorifié, mais glorifié en passant par la mort. Si bien qu'aux yeux de l'évangéliste l'heure de Jésus englobe à la fois l'entrée dans les souffrances, toute la passion, la résurrection, la glorification auprès du Père, et même le don de l'Esprit Saint aux disciples.
Nous comprenons dès lors comment la phrase de Jésus est une réponse aux Grecs : 'Vous me cherchez ? Bien. Mais sachez que pour vous les Grecs, comme pour les Juifs, je serai un Messie crucifié". "Scandale pour les Juifs, folie pour les païens", dira saint Paul.
Et Jésus, selon son habitude, enchaîne avec une parabole. Si le grain de blé ne meurt pas en terre, il reste seul ; c'est‑à‑dire qu'il reste ce qu'il est : un simple grain, bien sec, intact, mais stérile. Si au contraire il se vide de sa substance, il devient germe, puis moisson.
Et cette parabole a deux faces. L'une a trait au Christ lui‑même, car sa mort sera féconde et lui permettra d'accueillir les Grecs avec les Juifs dans un seul bercail, une seule communauté, une seule Église. Mais l'autre face nous concerne, nous les croyants ; et Jésus lui‑même commente : celui qui aime sa vie, qui s'accroche à sa vie, en réalité est en train de se détruire ; celui qui cesse de s'y attacher (c'est le sens de l'expression juive quand haïr est opposé à aimer) permettra à son existence de déboucher sur la vie éternelle.
Il n'est donc pas question de haïr sa vie ni de haïr la vie. Il ne s'agit ni de masochisme ni de tristesse, mais simplement d'aimer la vie de Dieu et de vivre ici‑bas selon Dieu pour vivre éternellement avec lui. Le chrétien, témoin de Jésus, ne cesse pas de vivre et de construire, avec tous ses frères en humanité ; mais il ne vit plus à son compte : un Autre vit en lui, qui est désormais propriétaire de toutes ses joies, de toutes ses forces, et même de tous ses désirs, et cet Autre est Celui qui est mort en terre le premier, comme le grain de blé, celui qui nous a aimés et s'est livré pour nous.
"Haïr sa vie", cesser de s'attacher à sa vie, ce n'est pas se détruire, ce n'est pas tuer en soi les richesses de l'intelligence ou du cœur, c'est commencer à vivre au compte de Jésus et au compte de Dieu, c'est livrer dès maintenant sa vie à Jésus pour qu'elle devienne germe et moisson, c'est, enfin, s'ouvrir à une existence de service : "Si quelqu'un veut me suivre, poursuit Jésus, qu'il se mette à ma suite, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur". Tout débouche donc sur une communauté de destin avec Jésus, qui amplifie, unifie et vivifie toutes les communions humaines : avec Jésus nous entrons dans le dessein de Dieu, avec Jésus nous devenons serviteurs et servantes du Père, avec Jésus nous connaîtrons l'heure de passer du monde au Père. Mais nous savons que si notre vie sur terre a été service, même notre mort en terre ne sera pas stérile.
Si dès aujourd'hui nous nous mettons à suivre Jésus, comme des passionnés qui s'accrochent à la chance de leur vie, comme des assoiffés qui ont trouvé la source, si nous servons, dans la paix, de toutes nos forces et de toute notre joie, Jésus et son message là où il nous a placés, quand "l'heure" sera venue, il nous placera là où il est, et nous saurons ce qu'est le sourire de Dieu : "Si quelqu'un m'aime, dit Jésus, mon Père l'honorera".

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Sam 11 Aoû - 7:19

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Si vous avez la foi, rien ne vous sera impossible »
(Mt 17, 14-20)

En ce temps-là, un homme s'approcha de Jésus, et tombant à ses genoux, il dit : « Seigneur, prends pitié de mon fils. Il est épileptique et il souffre beaucoup. Souvent il tombe dans le feu et, souvent aussi, dans l’eau. Je l’ai amené à tes disciples, mais ils n’ont pas pu le guérir. » Prenant la parole, Jésus dit : « Génération incroyante et dévoyée, combien de temps devrai-je rester avec vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le-moi. » Jésus menaça le démon, et il sortit de lui. À l’heure même, l’enfant fut guéri. Alors les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent en particulier : « Pour quelle raison est-ce que nous, nous n’avons pas réussi à l’expulser ? » Jésus leur répond : « En raison de votre peu de foi. Amen, je vous le dis : si vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : “Transporte-toi d’ici jusque là-bas”, et elle se transportera ; rien ne vous sera impossible. »

MÉDITER AVEC LES CARMES

Voir et entendre Dieu : toute l'aventure spirituelle tient dans ces deux mots tout simples.
Voir ses gestes de salut et entendre sa parole : déjà, sous l'Ancienne Alliance, c'était la route du salut ; c'était aussi l'attitude à laquelle on reconnaissait les véritables fils d'Israël. Contrairement aux impies, tancés par Isaïe, qui laissaient leur cœur s'épaissir jusqu'à ne plus voir et ne plus entendre, les prophètes et les justes vivaient du désir de voir et d'entendre ce que Dieu annonçait pour les jours du Messie.
Du vivant de Jésus sur terre, les gens de Galilée, puis de Judée, ont vu à l'œuvre le propre Fils de Dieu, car Dieu était en Jésus se réconciliant le monde. "Celui qui était dès le commencement", ils l'ont vu de leurs yeux, ils l'ont contemplé, "leurs mains ont touché le Verbe de vie" (1 Jn 1,1) ; et ils ont entendu le Christ "raconter" le Père, de sa voix humaine de Fils de Dieu.
"Bienheureux êtes-vous, leur disait Jésus, de voir ce que vous voyez et d'entendre ce que vous entendez".
Depuis l'entrée de Jésus dans la gloire, la foi seule permet de voir et d'entendre. De voir les promesses de Dieu réalisées en Jésus Sauveur, et la puissance du Christ à l'œuvre dans l'histoire des hommes ; d'entendre les paroles de Jésus Révélateur résonner dans l'Église, et de percevoir ce que l'Esprit dit aux Églises.
Nous voyons et nous entendons, mais c'est "de nuit", dit Jean de la Croix, car il nous faut miser non sur nos évidences, mais sur la seule parole du Christ.
"Bienheureux êtes-vous, nous dit encore Jésus, comme il le disait à Thomas ; bienheureux ceux qui croiront sans avoir vu les traits du Messie de Nazareth".
Ces traits-là, ces traits humains, nul ne les a contemplés plus longuement que Marie, mère de Jésus. C'étaient des traits de chair qu'Elle-même lui avait donnés par la puissance de l'Esprit. Mais sa vraie béatitude était ailleurs, dans son écoute :
"Bienheureuse, Celle qui a cru qu'il y aurait un accomplissement pour ce qui lui avait été dit au nom du Seigneur. Bienheureux ceux qui écoutent la parole et qui la gardent".
Voir et entendre : lorsque nous rejoindrons le Christ dans la gloire, comme Marie l'a déjà rejoint, c'est encore cela qui résumera notre bonheur, éternellement : "Nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu'il est, et face à face". Ce que nous entendrons alors, aucun mot de la terre ne peut le dire.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Dim 12 Aoû - 9:55

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Je suis le pain vivant descendu du ciel »
(Jn 6, 41-51)

En ce temps-là, les Juifs récriminaient contre Jésus parce qu’il avait déclaré : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. » Ils disaient : « Celui-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire maintenant : ‘Je suis descendu du ciel’ ? » Jésus reprit la parole : « Ne récriminez pas entre vous. Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit. Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Il n'est pas facile de croire. Or notre foi chrétienne réclame de notre intelligence trois soumissions :
- admettre que Dieu existe et qu'il a parlé aux hommes ;
- admettre que Jésus de Nazareth est le propre Fils de Dieu, venu dans notre monde nous "raconter" Dieu (1,18) ;
- admettre que la parole de Jésus retentit encore dans son Église, et que cette Église, malgré ses misères qui sont nos misères, est porteuse, encore aujourd'hui, du message de la victoire de Jésus.
Non, il n'est pas facile de croire, de faire à Dieu une confiance absolue, à la vie et à la mort. Déjà le peuple choisi en a fait l'expérience lors de l'Exode. Les fils d'Israël avaient quitté l'Égypte dans la joie de la libération ; mais, comme la marche dans le désert n'en finissait pas, comme ils commençaient à manquer de tout et à trouver insipide la manne de Dieu, ils ont commencé à murmurer.
De même Élie le prophète, dans le désert lui aussi, lassé de la route, lassé de l'hostilité que suscitait sa mission, lassé de sa solitude, a fini par s'en prendre à Dieu : "Maintenant, Seigneur, c'en est trop ! Reprends ma vie : je ne vaux pas mieux que mes pères !" C'est bien cela, le murmure : laisser grandir en soi le sentiment que Dieu nous en demande trop.
Cette difficulté de croire, même les contemporains de Jésus l'ont éprouvée, même ceux qui voyaient chaque jour ses miracles. Qu'est-ce qui les gênait ? - Ils le connaissaient trop ; du moins ils croyaient le connaître. À Nazareth, on connaissait sa mère, une femme toute simple, discrète, toujours souriante. On croyait connaître son père, car tout le monde prenait Jésus pour le fils de Joseph, le charpentier. Comment un homme qui a grandi dans une famille de la terre peut-il prétendre qu'il descend du ciel ?
C'est le premier murmure des gens de Galilée, qui correspond à la première partie du discours sur le Pain de vie, où le Pain de vie désigne la révélation apportée par Jésus. L'Évangile de Jean nous rapportera, plus loin, un second murmure, dans la partie proprement eucharistique du discours, où l'expression "Pain de vie" renverra à la chair de Jésus Christ, offerte pour la vie du monde : "Comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger ?"
Pour l'heure, Jésus fait face à la première vague de murmures, celle qui conteste son origine céleste ; et, d'un mot, il remet les choses au point : "Cessez de murmurer entre vous". Les discussions humaines n'ont jamais conduit à la foi. La foi en Dieu et en Jésus son Fils n'est pas au bout de recherches interminables ni de longues démonstrations ; c'est avant tout la réponse à une attirance de Dieu : "Nul ne peut venir à moi [c'est-à-dire croire] si le Père qui m'a envoyé ne le tire [vers moi]"
C'est donc Dieu le Père qui, invisiblement, par son Esprit, nous rapproche de Jésus, nous conduit à Jésus, fait grandir notre désir d'amitié avec Jésus. Nous sommes l'objet d'un échange entre le Père et son Fils :
"C'est la volonté de mon Père que je ne perde rien de ce qu'il m'a donné", dit Jésus (6,39).
Nous tous qui croyons, nous sommes donc donnés à Jésus par Dieu son Père ; nous sommes le cadeau de Dieu le Père à son Fils. Et à son tour Jésus ne désire qu'une chose : nous donner à son Père. C'est pourquoi il ajoute, au sujet de tout homme qui vient à lui : "Je le ressusciterai au dernier jour". Il nous ressuscitera pour que nous vivions avec lui, près du Père, dans le Père, pour toujours.
Mais bien avant la résurrection, dès cette vie, au cœur de cette vie de tous les jours, Jésus nous établit déjà dans l'amitié du Père, déjà dans la vie éternelle. Comment cela ? - En nous mettant en contact avec l'enseignement du Père, selon la parole du prophète Isaïe : "Tous seront enseignés par Dieu."
Cet enseignement du Père, les paroles qui recréent et qui transforment, les paroles qui font vivre, le pain de la parole, c'est Jésus lui-même qui nous le transmet ; mieux : il est l'enseignement du Père, car seul il a vu le Père, seul il vient du pays de Dieu, puisqu'il est sorti de Dieu pour venir dans le monde, seul il peut parler de Dieu comme un voyageur qui raconte (Jn 1,18).
Toutes les nourritures terrestres ne sont rien en regard de cette nourriture de la foi, qui nous ouvre aux choses de Dieu, aux projets de Dieu, à la vie de Dieu ! Il nous fait désirer, pour nous et pour tous les hommes, la nourriture qui ne se gâte jamais, le pain de sa parole, nourriture de la foi, qui fait grandir en nous la vie qui ne finira pas : "En vérité, en vérité je vous le dis : Celui qui croit a la vie éternelle." "Moi, je suis le pain de la vie [la parole que Dieu vous donne pour vivre] ; ce pain est celui qui descend du ciel pour qu'on le mange et ne meure pas."
C'est à cet instant précis de son discours que Jésus, passant à un autre plan, annonce la merveille de son Eucharistie : "Le pain que moi, je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde."

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Lun 13 Aoû - 8:52

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera. »
(Mt 17, 22-27)

En ce temps-là, comme Jésus et les disciples étaient réunis en Galilée, il leur dit : « Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera. » Et ils furent profondément attristés. Comme ils arrivaient à Capharnaüm, ceux qui perçoivent la redevance des deux drachmes pour le Temple vinrent trouver Pierre et lui dirent : « Votre maître paye bien les deux drachmes, n’est-ce pas ? » Il répondit : « Oui. » Quand Pierre entra dans la maison, Jésus prit la parole le premier : « Simon, quel est ton avis ? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils les taxes ou l’impôt ? De leurs fils, ou des autres personnes ? » Pierre lui répondit : « Des autres. » Et Jésus reprit : « Donc, les fils sont libres. Mais, pour ne pas scandaliser les gens, va donc jusqu’à la mer, jette l’hameçon, et saisis le premier poisson qui mordra ; ouvre-lui la bouche, et tu y trouveras une pièce de quatre drachmes. Prends-la, tu la donneras pour moi et pour toi.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Les fils du roi sont exempts de l'impôt et des taxes, parce qu'ils partagent la vie, les honneurs et les charges de leur père.
De même Jésus, Fils de Dieu, n'est pas astreint à l'impôt sur le Temple, parce que le Temple est à lui comme il est à son Père. Tout ce qui est au Père est à Lui ; toute gloire rendue au Père célèbre sa gloire à Lui, tout don fait à Dieu honore et rejoint le Fils de Dieu.
Si les collecteurs de la double drachme pour l'entretien du Temple avaient pu comprendre cela, ils n'auraient pas réclamé au Fils l'impôt acquitté par les étrangers. Mais ils ne parviennent pas à pénétrer à cette profondeur dans le mystère de la personne du Christ. C'est pourquoi Jésus payait régulièrement la didrachme et l'a donnée une fois de plus ce jour-là.
Mais Jésus saisit l'occasion pour révéler à Pierre des aspects cachés de sa délicatesse et de sa grandeur d'âme. On lui réclame une malheureuse pièce, alors qu'il vient d'annoncer pour la deuxième fois sa passion, c'est-à-dire tout ce qu'il va donner pour le salut des hommes. Mais Jésus donne la pièce de l'impôt aussi simplement qu'il donnera sa vie, parce que ceux qui le poursuivent ne savent pas son mystère et qu'il ne veut pas les scandaliser. Bien plus : on lui réclame de participer à l'entretien du Temple, mais il va être livré à la mort, lui qui est le Temple vivant Dieu sur la terre. Vraiment les hommes ne savent pas ce qu'ils font !
La réponse de Jésus va se traduire dans un acte symbolique : des hommes veulent le mettre en difficulté, c'est la création qui lui viendra en aide ! On réclame une pièce à Jésus, c'est un poisson qui va la fournir ! En fait Jésus confie à Pierre, son ami, le soin de payer pour lui. Pierre, pour un instant, reprend du service et jette l'hameçon dans la mer : le premier poisson suffira, pour Jésus et pour lui, pour Jésus qui est libre et Pierre qui est astreint. Là est la délicatesse de Jésus, celle-là même qu'il révèle chaque jour.
Nous travaillons pour lui, mais lui paie toute notre dette. Quand nous jetons la ligne sur son ordre et que nous ramenons une joie à la prière, un mot de douceur, un réflexe de paix, nous disons, tout heureux : "C'est pour toi, Seigneur !" Mais Jésus nous dit chaque fois : " Pour moi et pour toi !"
Notre pêche pour Lui nous enrichit toujours, notre obéissance nous libère ; tout moment de confiance nous vaut un signe de son amitié.
L'amour du Sauveur veut tout partager : Chaque pièce dans nos mains est une pièce pour deux.

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Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes
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