Communion de prière AGAPE

Site créé le 15 Août 2005 jour de l'Assomption
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes

Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7
AuteurMessage
Serviteur44
Modérateurs
avatar

Nombre de messages : 1639
Age : 40
Localisation : Sur le chemin, tentant de repérer les signes du GR du sentier le moins fréquenté ...
Date d'inscription : 16/06/2012

MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Sam 8 Sep - 8:46

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« L’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint »
(Mt 1, 18-23)

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Dieu a fait en elle "de grandes choses", les choses les plus merveilleuses qui puissent enrichir une créature humaine : enfanter le Fils de Dieu, donner ses traits à Celui qui est au-delà de tout visage, et pourtant cette grâce immense a tous les dehors d'un drame. Marie ne peut faire comprendre ce que Dieu seul a fait ; elle ne peut, à elle seule, introduire Joseph dans le plan de Dieu, et elle se réfugie dans le silence, un silence qui la condamne parce Dieu seul pourrait le lever.
Or Dieu répond à la détresse de Marie en envoyant son Messager à Joseph : "Ne crains pas ! Tout ce que tu constates et qui te paraît un non-sens est l'œuvre mystérieuse de ton Dieu. Accepte ce bébé et nomme-le Jésus, car par lui Dieu sauvera son peuple de ses péchés et le délivrera en une fois de ce poids qu'il traîne au long des siècles comme une chape de malheur."
Ainsi les voies de Dieu déroutent l'homme, mais pour le mettre sur le chemin de la joie, du don parfait et de la totale obéissance. Les espérances terrestres perdent de leur éclat, parce que Dieu réserve à l'homme un trésor dans le ciel, qui sera manifesté quand le Ressuscité se manifestera, mais qui surpassera toutes les attentes de ce monde. Ce qui n'était pas monté au cœur de l'homme et ne pouvait pas y monter, Dieu le réalisera au jour de la gloire par des chemins connus de lui seul, mais qui sont autant d'inventions de son amour de Père.
Dieu se plaît à surprendre, et toute son œuvre porte la marque du paradoxe : du plus petit des clans de Juda doit sortir celui qui gouvernera Israël ; Celui qui paraîtra parmi les hommes remonte à l'aube des siècles, une Vierge va enfanter, son Enfant sera à lui seul la paix, et sa puissance s'étendra jusqu'au bout de la terre.
La même disproportion se fait jour dans la vie de toutes celles que le Seigneur appelle : d'une humble femme aux pieds meurtris par les cahots du chemin, Dieu fait une reine et lui fait épouser son dessein, qui est de réconcilier avec lui tous les hommes ; d'une baptisée qui chaque jour doit se convertir il fait une ouvrière de son plan de salut ; d'une pauvre enfouie dans le silence d'un Carmel il tire des trésors de bonté, de pardon et de joie.
Tel est le parti pris de Dieu, tel est son style qui nous dépayse et nous prend en porte-à-faux, nous qui avons l'habitude de tout calculer selon ce qui se voit. La seule chose qu'une jubilaire ait envie de célébrer, c'est la fidélité de son Dieu qui l'a guidée si longtemps par des sentiers inconnus et imprévisibles, mais qui se sont tous révélés des chemins de son amour. Dieu a le secret de faire de chaque vie une œuvre irremplaçable et de tout peser au seul poids de la charité. Face à ces choix divins, nos réussites humaines pâlissent, et le plus sûr, le plus apaisant et le plus décisif, est de laisser à Dieu tout bilan de notre vie.
C'est la grâce mariale du grand âge, que la Mère de Dieu ne refuse jamais à celles qui lui font confiance. Nous n'avons pas d'autre chose à chanter que le regard de Dieu qui s'est posé sur nous. Nous n'avons pas d'autre joie, au fond du cœur, que celle de lui appartenir pour toujours parce qu'il a daigné se souvenir de notre humilité. Aucune autre ambition ne nous habite que de rejoindre le Fils de Dieu pour le grand repos qu'il nous prépare, pour le jubilé du ciel qui durera l'éternité, avec tous ceux que notre amour aura rapprochés de lui.
La Vierge Marie nous y attend, elle que nous n'aurons cessé ici-bas de regarder, de chanter et de servir.

_________________
"ta mesure sera Ma mesure !"
(Cf Mc 4, 21-25 / Mt 7,2)
De l'instant dépend l'éternité ...



Chaîne Chrétienne Youtube Serviteur44 : https://www.youtube.com/channel/UCgUngzK2J2kXx1SIGkIoA1g
Revenir en haut Aller en bas
http://www.notredamedesperance.com/fr/page01.html
Serviteur44
Modérateurs
avatar

Nombre de messages : 1639
Age : 40
Localisation : Sur le chemin, tentant de repérer les signes du GR du sentier le moins fréquenté ...
Date d'inscription : 16/06/2012

MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Dim 9 Sep - 10:21

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Il fait entendre les sourds et parler les muets »
(Mc 7, 31-37)

En ce temps-là, Jésus quitta le territoire de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole. Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler, et supplient Jésus de poser la main sur lui. Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, avec sa salive, lui toucha la langue. Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! » Ses oreilles s’ouvrirent ; sa langue se délia, et il parlait correctement. Alors Jésus leur ordonna de n’en rien dire à personne ; mais plus il leur donnait cet ordre, plus ceux-ci le proclamaient. Extrêmement frappés, ils disaient : « Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Un style de reporter : des phrases courtes, des détails vivants, des paroles percutantes : tout cela est bien dans la manière de l'évangéliste saint Marc, qui travaille à partir des souvenirs de Pierre.
Vingt siècles après, nous risquerions d'achopper sur les détails, justement : Jésus qui met deux doigts dans les oreilles du sourd et qui lui touche la langue avec un doigt humecté de salive. Mais ces gestes un peu étranges étaient assez courants dans la médecine populaire au temps de Jésus, non seulement en Israël, mais dans tout le monde gréco-romain.
D'ailleurs l'essentiel n'est pas là, mais dans ce qui suit : Jésus regarde longuement le ciel, pour bien signifier à ce pauvre homme d'où va venir la guérison : c'est la puissance de Dieu qui va se manifester.
Jésus soupire ; non pas qu'il soit déjà fatigué d'opérer des miracles en réponse à la foi des petites gens, mais pour reprendre à son compte le gémissement de l'humanité souffrante, la longue plainte des malades chroniques et des handicapés, accomplissant ainsi la prophétie d'Isaïe sur le Serviteur de Dieu : "C'était nos maladies qu'il portait".
Puis vient la parole, une seule parole, qui accomplit la guérison, une parole si mystérieuse que Marc l'a conservée telle quelle dans l'araméen populaire que parlait Jésus : "Effata !" Ouvre-toi… c'est un ordre et un programme de vie. Car cette unique parole de Jésus agit à un double niveau : elle guérit le corps, ouvre les oreilles et délie la langue ; mais surtout elle interpelle l'homme ; c'est lui qui doit lire sur les lèvres de Jésus cette consigne qui va bouleverser sa vie (et la nôtre) : "ouvre-toi !"
Ouvre-toi, toi qui t'enfermes dans ta solitude et qui portes toute souffrance comme une rancœur.
Ouvre-toi, toi qui es clos sur ton passé et qui traînes à longueur de vie le fardeau de tes souvenirs.
Ouvre-toi, toi qui attends toujours d'être aimé pour te mettre en route vers l'autre.
Ouvre-toi à cet homme, à cette femme, à cet ami(e), qui est encore plus seul(e) que toi, plus muet(te), et qui ne veut plus rien entendre parce que tu l'as trop souvent déçu(e).
Ouvre-toi à la nouveauté que Jésus te propose.
Ouvre-toi surtout à la parole de ton Dieu, qui vient te donner la force et la liberté, et qui agrandit chaque jour, si tu le veux, l'espace de ton espérance.
"Effata", dit Jésus à l'homme handicapé. Aussitôt ses oreilles s'ouvrirent, sa langue se délia, et il parlait correctement.
Jésus guérit donc à la fois la surdité de l'homme et sa langue embarrassée. Les deux maux sont liés, en effet : souvent les muets sont muets parce qu'ils sont sourds ; ils ne peuvent rien dire parce qu'ils n'ont jamais rien entendu, parce qu'ils ont grandi et vieilli dans un monde sans paroles ni sons.
Ainsi en va-t-il de nous-mêmes devant Dieu dans la prière ; souvent c'est notre surdité qui nous rend muets et timides. Faute d'entendre la parole de Dieu, nous ne trouvons plus de mots pour lui parler ou pour parler de lui.
Que l'Évangile aujourd'hui soit notre guérison. Qu'un seul ordre de Jésus nous rende perméables à sa parole et ardents pour la louange et le témoignage.

_________________
"ta mesure sera Ma mesure !"
(Cf Mc 4, 21-25 / Mt 7,2)
De l'instant dépend l'éternité ...



Chaîne Chrétienne Youtube Serviteur44 : https://www.youtube.com/channel/UCgUngzK2J2kXx1SIGkIoA1g
Revenir en haut Aller en bas
http://www.notredamedesperance.com/fr/page01.html
Serviteur44
Modérateurs
avatar

Nombre de messages : 1639
Age : 40
Localisation : Sur le chemin, tentant de repérer les signes du GR du sentier le moins fréquenté ...
Date d'inscription : 16/06/2012

MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Lun 10 Sep - 12:16

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ?»
(Lc 6, 6-11)

Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la synagogue et enseignait. Il y avait là un homme dont la main droite était desséchée. Les scribes et les pharisiens observaient Jésus pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat ; ils auraient ainsi un motif pour l’accuser. Mais lui connaissait leurs raisonnements, et il dit à l’homme qui avait la main desséchée : « Lève-toi, et tiens-toi debout, là au milieu. » L’homme se dressa et se tint debout. Jésus leur dit : « Je vous le demande : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de la perdre ? » Alors, promenant son regard sur eux tous, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il le fit, et sa main redevint normale. Quant à eux, ils furent remplis de fureur et ils discutaient entre eux sur ce qu’ils feraient à Jésus.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Dans les trois évangiles synoptiques ce récit de miracle est stylisé au maximum : deux personnages (Jésus et l'handicapé) et, en toile de fond, l'assemblée, hostile ou indifférente. C'est le jour du sabbat, en pleine synagogue, devant toute la communauté du village ; et de plus les Pharisiens et les spécialistes de la Torah se sont donné le mot pour essayer de prendre Jésus en faute ; donc le moindre geste peut être pour lui compro­mettant.
L'homme à la main paralysée ne dit rien, d'un bout à l'autre du récit. Sa main inerte parle pour lui : il est là comme témoin de l'humanité souffrante et impuissante. Il n'a rien demandé, ni à Jésus ni aux autres. Il est là, surpris que son infirmité tout d'un coup intéresse tant de monde. Jésus le fait lever devant tous les autres assis pour l'homélie. Pour une fois on fait attention à l'handicapé ; pour une fois il a l'impression qu'on a besoin de lui.
Mais les Pharisiens ne se soucient pas de cet homme. Pour eux il n'est qu'un prétexte, un moyen de faire échec à Jésus. Peu leur importe la guérison d'un infirme ; ce qu'ils veulent, c'est sauver la Loi, un précepte de la Loi, entendu selon leur tradition. L'homme à la main "sèche" n'est qu'une pièce à conviction dans le procès qu'on intentera à Jésus.
Jésus, lui, sent bien venir le coup ; et Luc souligne de trois manières son autorité de Messie.
Tout d'abord Jésus sait leurs raisonnements et leurs intentions ; et pour bien le leur montrer il énonce tout haut ce qu'ils pensent tout bas ; il pose lui-même la question qu'on voulait lui poser.
Ce faisant, Jésus prend l'initiative, pour révéler le fond des cœurs. Avant même de guérir, il demande : "Est-ce permis ?". Mieux encore : par sa question Jésus dévoile le péché de ces hommes : "Qu'est-ce qu'il vaut mieux faire, un jour de sabbat : guérir un homme, comme j'en ai le pouvoir, ou attenter à la liberté des hommes, comme vous en avez l'habitude ?"
Ainsi l'accusé se fait accusateur. Jésus, qu'on voulait prendre au piège, prend l'attitude du juge.
De plus, après sa question, il attend ; il les regarde tous, l'un après l'autre, les Pharisiens et les intellectuels, qui guettent son faux pas, puis les hommes du pays, dont certains sans doute n'ont pour lui que de l'admiration. Mais personne ne parle, personne ne prend position. Les braves gens se taisent parce qu'ils ont peur des représailles ; les Pharisiens se taisent parce qu'ils sont démasqués.
Il y a des moments où le silence est coupable, surtout quand c'est Jésus qui pose les questions.
Alors, tout comme Jésus a été seul à parler, il sera seul à agir. "Étends ta main !", dit-il à l'homme. La main se dénoue : elle est guérie ! L'homme a été guéri en faisant un geste tout simple sur l'ordre de Jésus. Il a cru suffisamment en Jésus pour commencer ce geste impossible. Il n'avait rien demandé, mais il a suivi sans réticence l'initiative du prophète de Nazareth. Tout seul devant la foule, il a fait confiance à Jésus, qui était encore plus seul que lui.
Saurons-nous, à notre tour, sur la parole de Jésus, déplier notre main ?
Saurons-nous faire, de toutes nos paralysies, un bel acte de foi ?

_________________
"ta mesure sera Ma mesure !"
(Cf Mc 4, 21-25 / Mt 7,2)
De l'instant dépend l'éternité ...



Chaîne Chrétienne Youtube Serviteur44 : https://www.youtube.com/channel/UCgUngzK2J2kXx1SIGkIoA1g
Revenir en haut Aller en bas
http://www.notredamedesperance.com/fr/page01.html
Serviteur44
Modérateurs
avatar

Nombre de messages : 1639
Age : 40
Localisation : Sur le chemin, tentant de repérer les signes du GR du sentier le moins fréquenté ...
Date d'inscription : 16/06/2012

MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mar 11 Sep - 8:00

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Il passa toute la nuit à prier Dieu »
(Lc 6, 12-19)

En ces jours-là, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres : Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, qui devint un traître. Jésus descendit de la montagne avec eux et s’arrêta sur un terrain plat. Il y avait là un grand nombre de ses disciples et une grande multitude de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon. Ils étaient venus l’entendre et se faire guérir de leurs maladies ; ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs retrouvaient la santé. Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Jésus aimait la montagne. Après la cohue de ses journées de prédication et de guérisons, il aimait monter pour trouver la solitude, c'est-à-dire pour fêter dans le silence de son cœur d'homme la présence du Père qui ne le laissait jamais seul. Cette fois-là, Jésus passa toute la nuit "à prier Dieu ".
Ce qu'il nous appelle à vivre, Jésus l'a vécu ; et la prière de Jésus, la prière telle que Jésus la vivait, a toujours fasciné les chrétiens. En un sens elle est le modèle de notre propre prière ; mais elle est beaucoup plus encore : par l'Esprit Saint, la prière de Jésus devient le lieu de notre prière, et cela, non parce que nous y entrons, mais parce que Jésus lui-même, par son Esprit, nous y introduit.
Nous aimerions connaître sa prière de cette nuit-là, sur la montagne. En réalité nous avons encore mieux : sa prière éternelle, qui devient pour nous prière de chaque jour, parce qu'il nous y fait entrer, "tout éveillés dans notre foi".
Si nous n'avions que notre prière pour prier, notre louange demeurerait toujours décevante et balbutiante, marquée qu'elle est de "notre faiblesse", comme dit saint Paul ; ce serait toujours la prière de ceux qui ne savent pas prier "comme il faut", comme il faudrait (Rm 8,26). Mais l'Esprit de Jésus vient en aide à notre faiblesse, et il gémit à l'intime de nous-mêmes par des gémissements au-delà de toute parole, des gémissements qui sont en nous l'écho de la prière filiale de Jésus : "Abba, Père !"
Nous sommes chaque jour sur la montagne, puisque, dans l'Esprit, Jésus redit en nous sa prière. Jésus est toujours là où nous sommes, quand, par l'amour, nous le rejoignons là où il est, tout éveillés dans notre foi.

_________________
"ta mesure sera Ma mesure !"
(Cf Mc 4, 21-25 / Mt 7,2)
De l'instant dépend l'éternité ...



Chaîne Chrétienne Youtube Serviteur44 : https://www.youtube.com/channel/UCgUngzK2J2kXx1SIGkIoA1g
Revenir en haut Aller en bas
http://www.notredamedesperance.com/fr/page01.html
Serviteur44
Modérateurs
avatar

Nombre de messages : 1639
Age : 40
Localisation : Sur le chemin, tentant de repérer les signes du GR du sentier le moins fréquenté ...
Date d'inscription : 16/06/2012

MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mer 12 Sep - 8:41

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Le royaume de Dieu est à vous »
(Lc 6, 20-26)

En ce temps-là, Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara : « Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous. Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme. Ce jour-là, réjouissez-vous, tressaillez de joie, car alors votre récompense est grande dans le ciel ; c’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. Mais quel malheur pour vous, les riches, car vous avez votre consolation ! Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim ! Quel malheur pour vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez ! Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous ! C’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. »  

MÉDITER AVEC LES CARMES

Des Béatitudes de Jésus, saint Luc a retenu surtout les éléments les plus propres à raffermir une communauté de pauvres, éprouvés et menacés. Il est le seul, parmi les évangélistes, à renforcer les Béatitudes par leur pendant négatif : à quatre reprises, Jésus dit : "Bienheureux êtes-vous !", puis, quatre fois également : "Malheureux êtes-vous !" On peut ainsi aborder le message de Jésus par deux côtés : - le côté des reproches, par où l'homme sentira le manque qui le ramènera à l'essentiel, - et le côté de la promesse, où chaque appel à l'héroïsme devient une offre de bonheur.
Nous sommes donc invités, pour saisir les nuances de la pensée de Jésus, à regarder ces quatre Béatitudes successivement par leur envers et leur endroit.
"Malheureux, vous les riches", dit Jésus. Malheureux pourquoi ? Pas simplement par le fait qu'ils sont riches, car Jésus avait des amis parmi les gens fortunés : Matthieu et Zachée étaient riches, Marthe et Marie avaient des ressources, et Jeanne, qui suivait la troupe des disciples, était l'épouse de Kouza, l'intendant d'Hérode. Malheureux pourquoi, alors ? - "Parce que, dit Jésus, vous tenez déjà votre récompense". Est riche, pour Jésus, celui qui n'attend plus rien de Dieu parce qu'il a refermé les mains sur son avoir et qu'il a mis "toute sa consolation" dans une sécurité matérielle. Être riche, selon Jésus, c'est n'avoir plus en soi cet espace de désir que seul Dieu peut combler, cette blessure d'espérance que Dieu seul peut guérir en la ravivant sans cesse.
"Heureux, au contraire, vous les pauvres", dit Jésus, "parce que le Règne de Dieu est à vous", parce que votre richesse est ce règne de l'amour qui s'accomplit en vous.
Jésus ne dit pas : "heureuse la misère", car la misère est un mal qu'il nous demande d'éliminer ; mais bien plutôt : "heureuse la pauvreté" qui ouvre le cœur aux dons de Dieu. Celle-là, et celle-là seule, est source de vraie joie.
"Malheureux, vous qui êtes repus maintenant, parce que vous aurez faim". Malheureux effectivement, et il le dit lui-même, celui qui se repaît avec tant d'avidité de ce que la vie peut offrir qu'il n'a plus faim de Dieu. Parce qu'il se contente de l'immédiat et qu'il se laisse remplir des choses qu'il fait, qu'il possède ou qu'il convoite, il ouvre en lui-même comme un puits sans fond ; une faim le tenaille à tout moment où il rentre en lui-même, la faim d'une vie authentique, ouverte, généreuse.
"Heureux, au contraire, vous qui avez faim maintenant" de ce que Dieu donne, car lui-même vous rassasiera.
Malheureux sommes-nous, et nous le sentons bien, lorsque nous nous installons dans la facilité ou l'égoïsme, sans rien de profond qui nous passionne et nous motive, car nous nous retrouverons seuls, sans horizon ni amitié, quand l'épreuve nous visitera.

_________________
"ta mesure sera Ma mesure !"
(Cf Mc 4, 21-25 / Mt 7,2)
De l'instant dépend l'éternité ...



Chaîne Chrétienne Youtube Serviteur44 : https://www.youtube.com/channel/UCgUngzK2J2kXx1SIGkIoA1g
Revenir en haut Aller en bas
http://www.notredamedesperance.com/fr/page01.html
Serviteur44
Modérateurs
avatar

Nombre de messages : 1639
Age : 40
Localisation : Sur le chemin, tentant de repérer les signes du GR du sentier le moins fréquenté ...
Date d'inscription : 16/06/2012

MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Jeu 13 Sep - 8:31

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent »
(Lc 6, 27-38)

En ce temps-là, Jésus déclarait à ses disciples : « Je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. À celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre joue. À celui qui te prend ton manteau, ne refuse pas ta tunique. Donne à quiconque te demande, et à qui prend ton bien, ne le réclame pas. Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs en font autant. Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu’on leur rende l’équivalent. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants. Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Dans son Discours sur la Montagne, aussitôt après les Béatitudes Jésus nous livre tout un enseignement sur l'amour-charité, et spécialement sur l'amour des ennemis : ennemis personnels ou ennemis du groupe auquel on appartient. Et il précise ce qu'il entend par aimer ses ennemis. Cela va très loin, et pourtant cela tient en trois mots : Faire du bien à ceux qui nous haïssent, souhaiter du bien à ceux qui nous maudissent, prier pour ceux qui nous maltraitent, c'est-à-dire parler d'eux avec Dieu qui les aime eux aussi, qui a pour eux des trésors de patience et toujours un petit bout de soleil.
Puis Jésus, après ces consignes sur l'amour sans frontières, en vient à parler de la non-violence, de la joue qu'il faut tendre, du manteau qu'il faut laisser prendre et des deux mille pas qu'il faut faire, c'est-à-dire du quart d'heure qu'il faut accepter de perdre avec un homme dans la joie ou la peine, avec ses frères en communauté, sous le regard de Jésus.
Là les difficultés redoublent. Volontiers nous dirions : "Ce n'est pas réaliste !", et nous sommes tentés de repasser après Jésus pour préciser, mettre en place ou relativiser son message paradoxal. Instinctivement nous nuançons : "Cela dépend des circonstances... Il faut voir dans chaque cas !". Et c'est vrai en un sens ; mais Jésus ne vend pas son Évangile au détail ni au rabais : c'est un nouveau style de vie qu'il veut inculquer, un nouveau regard sur la vie, les événements, les personnes et sur Dieu même.
Il s'agit en effet d'inverser nos réflexes ordinaires : réflexe du talion, qui nous fait rendre le mal pour le mal, la violence pour un oubli, l'agressivité pour un manque d'égards ; réflexe de l'égalitarisme, du donnant-donnant, du "rien pour rien", qui nous fait guetter en tout la récompense immédiate et mesurable.
Face au précepte que nous a laissé le Seigneur, nous prenons conscience du peu de place que tient dans notre cœur la gratuité, la vraie, celle qui ne sera connue de personne hormis Dieu.
L'amour vrai consiste à faire vivre. C'est toujours une initiative, un amour qui commence le premier. Et c'est bien ainsi d'ailleurs que procède l'amour de Dieu, comme le souligne Jésus : "Aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants".
Jésus ose parler de récompense. Mais où est, alors, la gratuité ? La gratuité demeure entière, car la récompense dont parle Jésus n'est pas un nouvel avoir, mais un supplément d'être. Nous ne pouvons pas ne pas la vouloir de toutes nos forces, car elle consiste à "êtres fils du Très-Haut". Plus nous aimons Dieu pour lui-même, et plus nous sommes confortés dans notre autonomie de fils. Plus nous aimons nos frères pour eux-mêmes, plus grandit en nous la ressemblance à notre Père. Cette ressemblance n'est pas une récompense à laquelle nous pourrions renoncer, mais le sens et le but de notre vie sur terre. C'est même l'amorce en nous de la vie éternelle.

_________________
"ta mesure sera Ma mesure !"
(Cf Mc 4, 21-25 / Mt 7,2)
De l'instant dépend l'éternité ...



Chaîne Chrétienne Youtube Serviteur44 : https://www.youtube.com/channel/UCgUngzK2J2kXx1SIGkIoA1g
Revenir en haut Aller en bas
http://www.notredamedesperance.com/fr/page01.html
Serviteur44
Modérateurs
avatar

Nombre de messages : 1639
Age : 40
Localisation : Sur le chemin, tentant de repérer les signes du GR du sentier le moins fréquenté ...
Date d'inscription : 16/06/2012

MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Ven 14 Sep - 8:41

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Dieu a envoyé son Fils dans le monde »
(Jn 3, 13-17)

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Celui qui est monté au ciel, c'est aussi le seul qui en soit descendu, c'est le Fils unique que Dieu a donné, dans son amour fou pour le monde à sauver. Nous fêtons aujourd'hui le triomphe de la Croix, et nous avons l'audace de fêter le triple abaissement du Fils de Dieu :
Le premier fut de prendre sur lui notre condition de servitude en se faisant homme parmi les hommes, en se perdant pendant trente ans dans l'anonymat de l'humanité, lui qui venait révéler le nom du Père !
Son second abaissement fut d'obéir jusqu'à accepter la mort, en pleine force de l'âge, lui qui aimait tant la vie, et qui la faisait si belle autour de lui ;
Sa suprême humiliation fut de mourir condamné, renié, bafoué, lui qui ne venait pas condamner le monde, mais le sauver.
Après cet abaissement, le Fils de Dieu a connu une double élévation.
La première fut encore notre œuvre, notre crime : nous avons élevé Jésus en croix ! Ce fut le refus suprême de l'homme, mais le commencement d'une surenchère de l'amour de Dieu. Puisque nous élevions le Christ, entre terre et ciel, le Père lui-même a terminé notre geste, "il a élevé son fils plus haut que tout et lui a donné le nom qui surpasse tous les noms" (Ph 2,9), ce nom de Seigneur qui n'appartient qu'à Dieu ; il a élevé son Fils afin que tout homme le voie, signe d'espérance levé sur le désert du monde, afin que tout vivant tombe à genoux et que tout homme qui croit ait en lui la vie, pour toujours.
Mais celui qui veut vivre de cette vie du Fils doit entrer dans son destin et reproduire l'image du Premier-né, image souffrante, image glorieuse (Rm 8,29) ; et chacun de nous, pour rejoindre la gloire, est convié aux abaissements du Fils de l'homme.
Devenir semblable aux hommes, nous l'acceptons encore, et nous souffrons parfois d'avoir perdu le contact avec eux ou que notre témoignage ne les rejoigne plus. Mais le vrai partage de la condition des hommes nous conduit tout droit à mourir à nous-mêmes et à mourir pour eux, un peu tous les jours. Alors nous prenons peur, nous perdons courage, et nous "récriminons contre Dieu et contre son Christ" (Ps 2,2) : "pourquoi nous avoir appelés à cette marche dans le désert de la vie, dans le désert de la foi, où il n'y a ni pain ni eau ? Pourquoi tous les jours cette nourriture méprisable, cette manne de l'existence quotidienne, toujours la même, qui a tous les goûts et n'en a aucun ?
Alors viennent les "morsures brûlantes", bien connues de ceux et de celles qui traversent le désert : morsures du doute, morsures de la lassitude ou de l'impatience, morsures du manque de confiance en soi-même, dans les autres et en Dieu, morsures de l'imagination, qui se met à rêver et lâche le présent.
C'est alors aussi que le Père, qui ne se lasse jamais, nous fait signe, en nous montrant, entre ciel et terre, Jésus crucifié entrant dans la gloire : "Regarde-le ! Tu vivras.

_________________
"ta mesure sera Ma mesure !"
(Cf Mc 4, 21-25 / Mt 7,2)
De l'instant dépend l'éternité ...



Chaîne Chrétienne Youtube Serviteur44 : https://www.youtube.com/channel/UCgUngzK2J2kXx1SIGkIoA1g
Revenir en haut Aller en bas
http://www.notredamedesperance.com/fr/page01.html
Serviteur44
Modérateurs
avatar

Nombre de messages : 1639
Age : 40
Localisation : Sur le chemin, tentant de repérer les signes du GR du sentier le moins fréquenté ...
Date d'inscription : 16/06/2012

MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Sam 15 Sep - 9:21

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Femme, voici ton fils »
(Stabat Mater. Jn 19, 25-27)

Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

D'après l'Évangile de Jean, Jésus sur la croix a parlé à trois reprises.
La première fois, pour nous donner à sa mère et nous donner sa mère : "Voici ton fils ... voici ta mère". Au disciple qu'il aimait, Jésus a donné celle qu'il aimait le plus au monde. Il avait promis le soir du Jeudi Saint : "Je ne vous laisserai pas orphelins" ; et de fait il nous a laissé une mère, pour qu'avec elle, dans la foi et l'espérance, nous entrions dans le mystère de son heure, c'est-à-dire de sa passion glorifiante.
Ainsi, au moment même où son Fils mourait pour le péché des hommes et par le péché des hommes, Marie inaugurait sa maternité universelle envers tous les disciples de son Fils jusqu'à la fin des temps.
Et Marie nous montre comment vivre le drame de la passion et de la mort de Jésus. Son chagrin est immense, et elle ne peut comprendre ce déchaînement de la haine contre son Fils, qu'elle a connu doux et humble de cœur, mais avec Jésus elle dit oui au dessein du Père, elle dit oui au salut du monde, offrant sa peine avec Jésus qui offre sa vie.
Viennent alors la deuxième et la troisième paroles de Jésus en croix.
Sachant que tout était achevé désormais, sachant que le don de sa mère était le couronnement de son œuvre sur terre et que sa mort sur la croix allait refermer le livre de sa vie parmi nous, Jésus voulut refermer solennellement sur lui-même le livre des Écritures et s'y draper pour toujours. Pour que toute l'Écriture soit accomplie, et avant tout la destinée du Serviteur, Jésus dit : "J'ai soif". Un soldat porta à ses lèvres une éponge. Ainsi s'accomplissait la plainte du Psalmiste : "Dans ma soif, ils m'ont abreuvé de vinaigre".
Puis Jésus dit : "C'est accompli". Elle était accomplie en effet, l'œuvre que le Père lui avait donné à faire, le dessein qui faisait chaque jour sa nourriture, le projet du salut du monde par le don total de son amour au Père. Alors Jésus inclina la tête et "remit l'Esprit".
Il "remit l'Esprit", dit l'Évangile ; et ces simples mots ouvrent notre cœur à deux aspects du mystère de Jésus, Fils de Dieu. À ce moment où il rend le dernier souffle, Jésus prélude à l'effusion du souffle de vie sur le monde. Après avoir remis son souffle, il va transmettre l'Esprit Saint. Et c'est pourquoi, de son côté ouvert par la lance, va jaillir l'eau, symbole de l'Esprit de vie.
Dans la passion et la mort de Jésus, seul l'amour est splendide, seul l'amour donne un sens à l'injustice et à la souffrance. Et notre réponse à ce mystère ne peut être qu'une réponse d'amour. Amour pour celui qui nous aime et s'est livré pour nous, amour pour ceux et celles qu'il nous demande d'aimer. Car "la charité, c'est tout sur la terre" (Petite Thérèse) : on peut mourir les mains vides, sans œuvres, sans souvenirs, sans réputation ; mais on n'aura pas vécu si l'on n'a pas aimé.
Notre vie pèse et pèsera son poids de charité ; et plus nous nous sentons aimés et appelés par Dieu, plus il faut nous préparer à aimer "jusqu'à la fin". C'est cela, pour nous "le langage de la croix" (1 Cor 1,18).

_________________
"ta mesure sera Ma mesure !"
(Cf Mc 4, 21-25 / Mt 7,2)
De l'instant dépend l'éternité ...



Chaîne Chrétienne Youtube Serviteur44 : https://www.youtube.com/channel/UCgUngzK2J2kXx1SIGkIoA1g
Revenir en haut Aller en bas
http://www.notredamedesperance.com/fr/page01.html
Serviteur44
Modérateurs
avatar

Nombre de messages : 1639
Age : 40
Localisation : Sur le chemin, tentant de repérer les signes du GR du sentier le moins fréquenté ...
Date d'inscription : 16/06/2012

MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Dim 16 Sep - 10:36

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Pour vous, qui suis-je ? »
(Mc 8, 27-35)

En ce temps-là, Jésus s’en alla, ainsi que ses disciples, vers les villages situés aux environs de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il interrogeait ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? » Ils lui répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes. » Et lui les interrogeait : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre, prenant la parole, lui dit : « Tu es le Christ. » Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne. Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Les gens de Galilée et de Judée voyaient en Jésus un prophète puissant en actes, comme Élie, puissant par la parole, comme Jean le Baptiste.
Pierre et les autres disciples avaient un pas de plus : ils reconnaissaient en Jésus le Messie de Dieu. Et pourtant Jésus leur demande aussitôt, et avec force, de ne pas parler de lui en termes de Messie.
Pourquoi ? Parce que les gens risquaient de faire erreur sur sa mission.
En Israël, tous les croyants attendaient le Messie, pour la rénovation des cœurs, certes, mais surtout pour une restauration nationale. Or Jésus ne voulait pas qu'on se servît de lui ni pour une prospérité matérielle, ni pour un dessein politique, ni même pour le prestige de la nation.
Ces trois tentations, Jésus les avait repoussées pour lui-même dans le désert, et il ne voulait pas qu'elles pussent s'installer dans le cœur des disciples.
"Alors il commença à leur enseigner" ce qu'allait être son destin : la souffrance, le rejet, la mort, puis la résurrection le troisième jour.
Pierre s'étonne et se révolte. Il se croit même le devoir de faire des reproches à Jésus : Messie, oui ! mais pas comme cela ! Messie, oui ! mais pas à travers cette souffrance et cette mort !
Jésus à son tour se montre sévère pour son ami, car l'enjeu est trop grave : "Tu es pour moi un adversaire, un satana, si tu te mets en travers de ma route. Laisse-moi avancer, et passe derrière moi, pour me suivre, en vrai disciple, par le chemin où je vais, ce chemin où les hommes me préparent la souffrance.
Quant à nous, frères et sœurs, nous ne pouvons pas et nous ne voulons pas nous mettre en travers de la route de Jésus, et nous savons qu'il est passé, par amour pour nous, par la souffrance et la mort. Mais nous pouvons faire erreur sur notre propre destin, sur le chemin à prendre pour rejoindre Jésus.
Nous voudrions que notre amour du Christ ou notre vie consacrée aillent toujours dans le sens de notre prestige, de notre réussite personnelle, familiale ou communautaire. Nous aimerions que l'amitié de Jésus nous dispense d'une conversion courageuse, ou de l'effort quotidien pour prendre en mains, comme des adultes, notre vie de louange, de service et d'obéissance. Mais Jésus nous redit de loin en loin, et par amour :"Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes".
Oui, notre Messie est un Messie qui a été crucifié. Nous le suivrons jusqu'à la gloire, et c'est là notre espérance, qui nous donne de vivre chaque jour "plus haut que ce qui meurt"(Elisabeth) ; mais la route de notre gloire passe par notre croix.
Porter notre croix, c'est Jésus lui-même qui en parle, et en ces termes. Cela ne signifie nullement se précipiter tête baissée vers la souffrance, car cela, Jésus ne l'a pas fait, ni ordonné ; mais assumer au quotidien, dans la foi, les conséquences de notre fidélité.
Et c'est pourquoi, unis à Jésus Messie, nous voulons faire bon visage à la souffrance ou à l'épreuve, obéir jusqu'à la mort, et accepter toutes les petites morts de l'obéissance ; mais surtout faire œuvre de vie, par les mille petits héroïsmes de la charité.
Sur cette route-là, la route montante des Béatitudes, la joie de Jésus nous attend, que personne jamais ne pourra nous ravir.

_________________
"ta mesure sera Ma mesure !"
(Cf Mc 4, 21-25 / Mt 7,2)
De l'instant dépend l'éternité ...



Chaîne Chrétienne Youtube Serviteur44 : https://www.youtube.com/channel/UCgUngzK2J2kXx1SIGkIoA1g
Revenir en haut Aller en bas
http://www.notredamedesperance.com/fr/page01.html
Serviteur44
Modérateurs
avatar

Nombre de messages : 1639
Age : 40
Localisation : Sur le chemin, tentant de repérer les signes du GR du sentier le moins fréquenté ...
Date d'inscription : 16/06/2012

MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Lun 17 Sep - 8:36

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Même en Israël, je n’ai pas trouvé une telle foi ! »
(Lc 7, 1-10)

En ce temps-là, lorsque Jésus eut achevé de faire entendre au peuple toutes ses paroles, il entra dans Capharnaüm. Il y avait un centurion dont un esclave était malade et sur le point de mourir ; or le centurion tenait beaucoup à lui. Ayant entendu parler de Jésus, il lui envoya des notables juifs pour lui demander de venir sauver son esclave. Arrivés près de Jésus, ceux-ci le suppliaient instamment : « Il mérite que tu lui accordes cela. Il aime notre nation : c’est lui qui nous a construit la synagogue. » Jésus était en route avec eux, et déjà il n’était plus loin de la maison, quand le centurion envoya des amis lui dire : « Seigneur, ne prends pas cette peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. C’est pourquoi je ne me suis pas autorisé, moi-même, à venir te trouver. Mais dis une parole, et que mon serviteur soit guéri ! Moi, je suis quelqu’un de subordonné à une autorité, mais j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient ; et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. » Entendant cela, Jésus fut en admiration devant lui. Il se retourna et dit à la foule qui le suivait : « Je vous le déclare, même en Israël, je n’ai pas trouvé une telle foi ! » Revenus à la maison, les envoyés trouvèrent l’esclave en bonne santé.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

C'était vraiment un Romain pas ordinaire : un occupant qui se souciait de bâtir une synagogue, un officier malheureux de voir souffrir un esclave ! Et comme c'est le cas souvent pour les hommes au cœur droit, c'est sa charité qui l'a mis sur le chemin de la foi.
Sa première idée a été d'amener Jésus jusqu'au malade. L'Évangile le dit clairement : "Il lui envoya quelques notables juifs pour le prier de venir afin de sauver l'esclave". Puis, dans un deuxième temps, alors que Jésus déjà s'approche de la maison, le centurion s'effraie de l'honneur que Jésus va lui faire, et il envoie des amis, cette fois, pour dire à Jésus : "Ne prends pas cette peine !". Ce qui revient à dire : "Sauve-le sans venir ; sauve-le de là-bas où tu es !"
Quelle lutte magnifique dans le cœur de cet homme : il veut voir Jésus et il a besoin de lui, mais il se sent indigne, et par loyauté il se dérobe. Il fait venir Jésus, et il prend de la distance, comme s'il ne pouvait rencontrer le Sauveur que par notables ou amis interposés.
Mais cette distance que crée son humilité n'arrêtera pas le pouvoir de Jésus ni son amour. Le centurion le sait, il le croit de toutes ses forces, et il le fait dire à Jésus par ses amis : "Tu n'as qu'à parler, et la maladie va t'obéir ! Dis seulement un mot, et ce sera un ordre de guérison : seulement un mot, et ce sera fait !"
La réponse de Jésus est une merveille de délicatesse.
D'abord il ne fait pas un pas de plus. Il n'ira pas chez ce Romain dont pourtant il admire la foi, justement pour laisser à la foi toute sa grandeur et pour respecter l'humilité du centurion. Et non seulement Jésus n'avance pas vers la maison, mais il ne prononce même pas la parole attendue ; il ne dit même pas : "La foi de cet homme a sauvé le garçon", parce que le centurion n'est pas là pour entendre lui-même la parole qui sauve.
Jésus n'avance plus ; il se retourne même vers la foule, pour lui dire, à elle, ce qu'il aurait aimé dire à cet homme : "Même en Israël je n'ai pas trouvé une telle foi !"
Même au Carmel Jésus ne trouve pas toujours cette audace dans la foi. Il rencontre souvent en nous des réflexes d'humilité, la certitude que nous ne valons pas son dérangement, mais pas toujours la certitude heureuse, joyeuse, qu'il peut tout faire en nous sans même se déranger, et que pour lui "il n'y a pas de distance" (Élisabeth de la Trinité). De là où il est, de la gloire qu'il habite, il peut nous guérir et veut nous sauver. Il lui suffit d'un mot, mais ce mot, que nous n'entendons pas, nous avons à croire qu'il le dit.
Le centurion était certain que Jésus le dirait. Les envoyés ne l'ont pas entendu, mais Jésus, à l'insu de tous, a bien donné son ordre puisque, "de retour à la maison, les envoyés ont trouvé l'esclave en bonne santé".
Il suffit au Seigneur d'une parole, d'une parole créatrice, pour sauver chacun de ceux que nous portons dans le cœur. Mais le malade, c'est nous aussi ; et l'Église, toujours réaliste dans sa liturgie, retourne pour une fois la parole de Jésus et nous fait dire pour nous-mêmes, à chaque Eucharistie, comme un acte de foi plein de douceur : "Dis seulement une parole et je serai guéri !"

_________________
"ta mesure sera Ma mesure !"
(Cf Mc 4, 21-25 / Mt 7,2)
De l'instant dépend l'éternité ...



Chaîne Chrétienne Youtube Serviteur44 : https://www.youtube.com/channel/UCgUngzK2J2kXx1SIGkIoA1g
Revenir en haut Aller en bas
http://www.notredamedesperance.com/fr/page01.html
Serviteur44
Modérateurs
avatar

Nombre de messages : 1639
Age : 40
Localisation : Sur le chemin, tentant de repérer les signes du GR du sentier le moins fréquenté ...
Date d'inscription : 16/06/2012

MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mar 18 Sep - 8:29

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi »
(Lc 7, 11-17)

En ce temps-là, Jésus se rendit dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule. Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on emportait un mort pour l’enterrer ; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule importante de la ville accompagnait cette femme. Voyant celle-ci, le Seigneur fut saisi de compassion pour elle et lui dit : « Ne pleure pas. » Il s’approcha et toucha le cercueil ; les porteurs s’arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. » Alors le mort se redressa et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère. La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu en disant : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. » Et cette parole sur Jésus se répandit dans la Judée entière et dans toute la région.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Très souvent, dans les Évangiles, les miracles opérés par Jésus sont entourés de tout un contexte pédagogique, et Jésus prend soin d'éveiller lui-même la foi chez ceux qu'il va guérir.
Ici rien de tel : aucun dialogue préalable, ni avec le mort, bien sûr, ni avec sa mère ; aucune explication sur la portée de son geste, et ce que le récit met en relief, c'est l'initiative inconditionnelle prise par Jésus.
La femme de Naïn ne demandait rien. Près de la mort, on n'a rien à demander. Elle touchait le fond du malheur, elle prenait la mesure de sa solitude en suivant la civière ; et au milieu de tous ces gens qui l'accompagnaient avec sympathie elle se sentait, paradoxalement, plus seule que jamais. Pourquoi Jésus a-t-il ramené de la mort le jeune homme ? L'Évangile nous le dit clairement : parce qu'il a eu pitié de sa mère, parce qu'il ne voulait plus la voir pleurer, parce qu'il a voulu lui rendre son fils. "Ne pleure plus !" : toute la tendresse de Jésus pour les hommes passe dans ces trois mots.
Puis tout se déroule très simplement, comme s'il s'agissait de gestes ordinaires. Jésus arrête la civière et relève le jeune homme. Alors le garçon parle ; et c'est le signe qu'il vit vraiment, qu'il a repris place dans le réseau d'affection et d'amitié où il s'épanouissait avant la mort.
Ce qu'il y a de plus saisissant dans un miracle comme celui-là, c'est justement que la puissance de Dieu fait irruption dans l'ordinaire de la vie, que la merveille s'accomplit sans faire appel au merveilleux. Vivre et faire vivre, c'est toujours l'ordinaire pour Dieu ; et lorsque Jésus, à Naïn, efface provisoirement la mort pour empêcher une mère de pleurer, il ne fait qu'anticiper le geste eschatologique par lequel il effacera à jamais toute mort, toute douleur, toute larme. Et ce moment-là sera si grand, si digne de Dieu, si cohérent avec sa puissance et son amour, que tout sera simple, évident, ordinaire.
A Naïn la puissance de Dieu a fait irruption en plein monde des hommes, à un détour de l'existence quotidienne, sans crier gare, sans s'annoncer, et sans demander permission, simplement parce que Jésus a eu pitié, simplement parce que Dieu lui-même est libre, divinement libre.
La puissance du Christ peut aussi nous atteindre, nous transformer, nous relever de la mort sans que nous y soyons pour quoi que ce soit, pas plus que ce jeune homme, qui n'a eu qu'à s'asseoir et se mettre à parler.
La puissance du Christ, enfin, bien souvent nous interpelle, nous pose question et exige réponse, comme ce fut le cas, ce jour-là, pour les braves gens de Naïn. Combien voyons-nous, dans nos communautés ou autour d'elles, de progrès, de guérisons, de résurrections spirituelles, qui ne doivent rien à notre savoir-faire, sans que grandisse pour autant notre foi ou notre certitude d'être aimés, sans que nous reconnaissions une manifestation du Seigneur ni une merveille de sa pitié ?
Les gens de Naïn, eux, ont été "frappés de crainte" ; c'est-à-dire qu'ils ont perçu, avec saisissement, la présence efficace de Dieu et tout le sérieux de son amour.
Ainsi le miracle de Naïn, en devançant leur foi, les a mis en route vers la foi. De même, bien souvent, la pitié divinement libre de notre Sauveur, en devançant notre attente, nous met en route vers un nouveau seuil d'espérance.
À nous de savoir Le reconnaître quand il passe près de la porte de la ville, de notre communauté, de notre cœur, et qu'il s'arrête pour nous prendre en pitié.

_________________
"ta mesure sera Ma mesure !"
(Cf Mc 4, 21-25 / Mt 7,2)
De l'instant dépend l'éternité ...



Chaîne Chrétienne Youtube Serviteur44 : https://www.youtube.com/channel/UCgUngzK2J2kXx1SIGkIoA1g
Revenir en haut Aller en bas
http://www.notredamedesperance.com/fr/page01.html
Serviteur44
Modérateurs
avatar

Nombre de messages : 1639
Age : 40
Localisation : Sur le chemin, tentant de repérer les signes du GR du sentier le moins fréquenté ...
Date d'inscription : 16/06/2012

MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Hier à 8:35

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« À qui donc vais-je comparer les gens de cette génération ?»
(Lc 7, 31-35)

En ce temps-là, Jésus disait à la foule : « À qui donc vais-je comparer les gens de cette génération ? À qui ressemblent-ils ? Ils ressemblent à des gamins assis sur la place, qui s’interpellent en disant : “Nous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous n’avez pas pleuré.” Jean le Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas de pain, il ne boit pas de vin, et vous dites : “C’est un possédé !” Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et vous dites : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.” Mais, par tous ses enfants, la sagesse de Dieu a été reconnue juste. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Des gamins qui s'ennuient sur une place et qui se renvoient la responsabilité de leur ennui commun : voilà le portrait que Jésus trace de sa génération, peut-être aussi de la nôtre.
Et les gamins n'ont pas d'excuse à bouder ainsi : on ne leur demande pas de faire le jeu, ni d'être le jouet des autres, mais simplement d'entrer dans le jeu, de jouer à la noce pendant que les garçons soufflent dans leur flûte, de jouer à l'enterrement pendant que les filles entonnent la lamentation. On ne leur demande que de jouer, or justement ils ne veulent pas faire leur part, et ils aiment mieux rester là, assis, durant des heures, en dénigrant toutes les initiatives. Rien ne les intéresse de ce qui vient des autres, et ils préfèrent manquer le jeu que d'aider les autres à s'amuser.
Ainsi ont réagi les Pharisiens : ils ont refusé le baptême de Jean, et maintenant ils se raidissent devant l'appel de Jésus ; et pour garder leur autonomie, pour se rassurer sur leur bon droit, ils dévalorisent les deux messagers : "On nous donne le choix entre un demi fou et un buveur !"
Les braves gens, eux, ont choisi, et bien choisi. Ils ont reconnu dans les paroles de Jésus l'appel de la Sagesse de Dieu : "Venez, mes fils, écoutez-moi... Venez, mangez de mon pain... Venez, même sans argent, et rassasiez-vous !" (Pr 9,5).
Quant à nous, comment se fait-il qu'après tant d'années nous nous retrouvions assis sur la place, boudant la joie de Dieu et plus ou moins insensibles aux signes qu'il nous fait, à toute la musique qu'il invente pour nous ? Comment se fait-il que notre réponse journalière à Dieu soit encore donnée du bout des lèvres, comme si nous traînions avec nous une perpétuelle déception de ce que Dieu nous propose ?
Certains diront peut-être : "Je ne sais plus où j'en suis, et les changements de style me désorientent : faut-il choisir entre l'ascèse ou la liberté ?"
Fausse question sans doute ; faux dilemme. Ce qui est à choisir et à préférer, c'est le Christ ; et la lumière du Christ, comme une lanterne qui avance avec nous (Ps 119,105), éclairera chaque jour les nouveaux pas à faire. Il y a plus de véritable ascèse que partout ailleurs dans la liberté que le Christ nous offre, et nulle part nous ne serons plus libres que dans l'effort auquel il nous convie.
En un sens, c'est Dieu qui a choisi, et nous avons à entrer librement dans son choix. Dieu a choisi en nous donnant son Fils, et le christianisme est avant tout un chant de noces, avant tout un banquet où l'on mange ensemble, où l'on "mange avec", comme Jésus avec ses amis les pécheurs.
Mais ces noces fêtent un étrange époux, présent pour la foi et absent pour les yeux, et le banquet rassemble ceux qui gardent faim et soif, selon la parole de Jésus à propos de ses disciples, une de ces paroles sans fond qui restent pour nous la charte du voyage : "les gens de la noce ne vont pas jeûner alors que l'Époux est avec eux ; mais un jour viendra où l'Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront".

_________________
"ta mesure sera Ma mesure !"
(Cf Mc 4, 21-25 / Mt 7,2)
De l'instant dépend l'éternité ...



Chaîne Chrétienne Youtube Serviteur44 : https://www.youtube.com/channel/UCgUngzK2J2kXx1SIGkIoA1g
Revenir en haut Aller en bas
http://www.notredamedesperance.com/fr/page01.html
Serviteur44
Modérateurs
avatar

Nombre de messages : 1639
Age : 40
Localisation : Sur le chemin, tentant de repérer les signes du GR du sentier le moins fréquenté ...
Date d'inscription : 16/06/2012

MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Aujourd'hui à 10:16

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »
(Lc 7, 36-50)

En ce temps-là, un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table. Survint une femme de la ville, une pécheresse. Ayant appris que Jésus était attablé dans la maison du pharisien, elle avait apporté un flacon d’albâtre contenant un parfum. Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, près de ses pieds, et elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux le parfum. En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. » Jésus, prenant la parole, lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. – Parle, Maître. » Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante. Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait les lui rembourser, il en fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’aimera davantage ? » Simon répondit : « Je suppose que c’est celui à qui on a fait grâce de la plus grande dette. – Tu as raison », lui dit Jésus. Il se tourna vers la femme et dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé de l’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis qu’elle est entrée, n’a pas cessé d’embrasser mes pieds. Tu n’as pas fait d’onction sur ma tête ; elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds. Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. » Il dit alors à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. » Les convives se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est cet homme, qui va jusqu’à pardonner les péchés ? » Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Curieuse invitation que celle du Pharisien : il a convié Jésus à son repas, mais il a évité soigneusement de trop se compromettre ; et Jésus a bien senti la nuance : pas d'eau sur les pieds, pas de parfum de joyeux avènement ; l'accueil est correct, sans plus.
La femme, elle, va se montrer incorrecte, surtout si l'on se réfère aux usages du temps. Or Jésus va louer son audace. Il en fallait beaucoup pour braver le mépris du Pharisien, mais ce jour-là la Galiléenne était prête à tous les risques.
En entrant, elle ne voit plus que Jésus, celui qui guérit, celui qui pardonne; elle va droit à lui, et son amour de convertie lui donne la force d'agir comme si elle était seule et de livrer au Christ, en une seule fois, non seulement ses cheveux et son parfum, c'est-à-dire tout ce qu'elle avait pour se faire belle et plaire au monde, mais ses larmes, c'est-à-dire sa détresse, sa lassitude de l'esclavage, son immense solitude dans le plaisir, son espérance d'être enfin comprise et accueillie pour le meilleur d'elle-même.
Elle qui a perdu l'honneur selon le monde et qui n'existe plus pour personne comme une personne, a pressenti qu'elle pouvait encore donner quelque chose à Jésus. Elle le donne maladroitement, avec fougue et réserve à la fois ; mais elle n'a que faire des nuances, qu'elle a désapprises depuis longtemps.
Venir pleurer sur les pieds de Jésus, les couvrir de parfum et de baisers, personne n'en aurait l'idée ; mais elle, la pécheresse, l'ancienne pécheresse, par ce langage du corps, va réussir à dire au Christ en même temps son amour et son respect.
La réponse de Jésus à Simon apparemment est limpide : "Ses péchés, ses nombreux péchés, ont été pardonnés parce qu'elle a montré beaucoup d'amour". Mais qu'est-ce qui est le premier dans le temps : le pardon, ou l'amour ? le pardon de Jésus ou l'amour de cette femme ?
Ici on pourrait comprendre de deux manières la pensée de Jésus. Ou bien Jésus veut dire : "Puisqu'elle a montré tant d'amour, je lui pardonne ses péchés" ; et dans ce cas le pardon vient après, pour sceller la rencontre. Ou bien Jésus renverse la perspective : "Si elle parvient à montrer tant d'amour, c'est qu'elle a fait d'abord l'expérience de mon pardon" ; et dans ce cas le pardon est au point de départ d'une nouvelle qualité de l'amour.
C'est dans ce dernier sens que va la petite parabole proposée par Jésus à Simon : une plus grande dette a été remise ; un plus grand amour est né. Dans le même sens aussi l'autre parole de Jésus : "Celui à qui on pardonne peu, montre peu d'amour".
En réalité les deux approches coexistent dans cette page d'évangile ; et ce qui ressort avec certitude, c'est le lien direct entre l'amour et le pardon.
Toute démarche d'amour pauvre et humble de notre part appelle une parole libératrice de Jésus : "Tes péchés te sont remis !" ; et toute expérience du pardon de Jésus rend notre amour pour lui plus intense, plus direct et plus audacieux : "confiant jusqu'à l'audace" (Thérèse de l'Enfant Jésus).
Et c'est bien ce que nous expérimentons dans toutes nos démarches de conversion, et spécialement dans le sacrement où nous fêtons le pardon du Christ : jamais nous ne sommes plus vrais dans notre amour que lorsque nous nous approchons du Seigneur en lui disant, à vingt-cinq ans, à cinquante ou à soixante-dix : "Jésus, j'ai besoin d'être sauvé !"

_________________
"ta mesure sera Ma mesure !"
(Cf Mc 4, 21-25 / Mt 7,2)
De l'instant dépend l'éternité ...



Chaîne Chrétienne Youtube Serviteur44 : https://www.youtube.com/channel/UCgUngzK2J2kXx1SIGkIoA1g
Revenir en haut Aller en bas
http://www.notredamedesperance.com/fr/page01.html
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   

Revenir en haut Aller en bas
 
Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes
Revenir en haut 
Page 7 sur 7Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7
 Sujets similaires
-
» COMMENTAIRE DU 1er VERSET DE L'ÉVANGILE DE S. JEAN (PAR S. JEAN CHRYSOSTÔME)
» 'Saint Hilaire commentaire sur l'Évangile Matthieu,14,12.'
» Méditation sur l' évangile d' aujourd'hui
» commentaire de Saint Jérôme sur l'Evangile d'aujourd'hui
» l'EVANGILE AU QUOTIDIEN

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Communion de prière AGAPE  :: Echanges autour de la prière :: Rosaires, neuvaines, textes de prières, audios, vidéos...-
Sauter vers: