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 Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Sam 8 Sep - 8:46

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« L’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint »
(Mt 1, 18-23)

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Dieu a fait en elle "de grandes choses", les choses les plus merveilleuses qui puissent enrichir une créature humaine : enfanter le Fils de Dieu, donner ses traits à Celui qui est au-delà de tout visage, et pourtant cette grâce immense a tous les dehors d'un drame. Marie ne peut faire comprendre ce que Dieu seul a fait ; elle ne peut, à elle seule, introduire Joseph dans le plan de Dieu, et elle se réfugie dans le silence, un silence qui la condamne parce Dieu seul pourrait le lever.
Or Dieu répond à la détresse de Marie en envoyant son Messager à Joseph : "Ne crains pas ! Tout ce que tu constates et qui te paraît un non-sens est l'œuvre mystérieuse de ton Dieu. Accepte ce bébé et nomme-le Jésus, car par lui Dieu sauvera son peuple de ses péchés et le délivrera en une fois de ce poids qu'il traîne au long des siècles comme une chape de malheur."
Ainsi les voies de Dieu déroutent l'homme, mais pour le mettre sur le chemin de la joie, du don parfait et de la totale obéissance. Les espérances terrestres perdent de leur éclat, parce que Dieu réserve à l'homme un trésor dans le ciel, qui sera manifesté quand le Ressuscité se manifestera, mais qui surpassera toutes les attentes de ce monde. Ce qui n'était pas monté au cœur de l'homme et ne pouvait pas y monter, Dieu le réalisera au jour de la gloire par des chemins connus de lui seul, mais qui sont autant d'inventions de son amour de Père.
Dieu se plaît à surprendre, et toute son œuvre porte la marque du paradoxe : du plus petit des clans de Juda doit sortir celui qui gouvernera Israël ; Celui qui paraîtra parmi les hommes remonte à l'aube des siècles, une Vierge va enfanter, son Enfant sera à lui seul la paix, et sa puissance s'étendra jusqu'au bout de la terre.
La même disproportion se fait jour dans la vie de toutes celles que le Seigneur appelle : d'une humble femme aux pieds meurtris par les cahots du chemin, Dieu fait une reine et lui fait épouser son dessein, qui est de réconcilier avec lui tous les hommes ; d'une baptisée qui chaque jour doit se convertir il fait une ouvrière de son plan de salut ; d'une pauvre enfouie dans le silence d'un Carmel il tire des trésors de bonté, de pardon et de joie.
Tel est le parti pris de Dieu, tel est son style qui nous dépayse et nous prend en porte-à-faux, nous qui avons l'habitude de tout calculer selon ce qui se voit. La seule chose qu'une jubilaire ait envie de célébrer, c'est la fidélité de son Dieu qui l'a guidée si longtemps par des sentiers inconnus et imprévisibles, mais qui se sont tous révélés des chemins de son amour. Dieu a le secret de faire de chaque vie une œuvre irremplaçable et de tout peser au seul poids de la charité. Face à ces choix divins, nos réussites humaines pâlissent, et le plus sûr, le plus apaisant et le plus décisif, est de laisser à Dieu tout bilan de notre vie.
C'est la grâce mariale du grand âge, que la Mère de Dieu ne refuse jamais à celles qui lui font confiance. Nous n'avons pas d'autre chose à chanter que le regard de Dieu qui s'est posé sur nous. Nous n'avons pas d'autre joie, au fond du cœur, que celle de lui appartenir pour toujours parce qu'il a daigné se souvenir de notre humilité. Aucune autre ambition ne nous habite que de rejoindre le Fils de Dieu pour le grand repos qu'il nous prépare, pour le jubilé du ciel qui durera l'éternité, avec tous ceux que notre amour aura rapprochés de lui.
La Vierge Marie nous y attend, elle que nous n'aurons cessé ici-bas de regarder, de chanter et de servir.

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(Cf Mc 4, 21-25 / Mt 7,2)
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Dim 9 Sep - 10:21

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Il fait entendre les sourds et parler les muets »
(Mc 7, 31-37)

En ce temps-là, Jésus quitta le territoire de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole. Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler, et supplient Jésus de poser la main sur lui. Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, avec sa salive, lui toucha la langue. Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! » Ses oreilles s’ouvrirent ; sa langue se délia, et il parlait correctement. Alors Jésus leur ordonna de n’en rien dire à personne ; mais plus il leur donnait cet ordre, plus ceux-ci le proclamaient. Extrêmement frappés, ils disaient : « Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Un style de reporter : des phrases courtes, des détails vivants, des paroles percutantes : tout cela est bien dans la manière de l'évangéliste saint Marc, qui travaille à partir des souvenirs de Pierre.
Vingt siècles après, nous risquerions d'achopper sur les détails, justement : Jésus qui met deux doigts dans les oreilles du sourd et qui lui touche la langue avec un doigt humecté de salive. Mais ces gestes un peu étranges étaient assez courants dans la médecine populaire au temps de Jésus, non seulement en Israël, mais dans tout le monde gréco-romain.
D'ailleurs l'essentiel n'est pas là, mais dans ce qui suit : Jésus regarde longuement le ciel, pour bien signifier à ce pauvre homme d'où va venir la guérison : c'est la puissance de Dieu qui va se manifester.
Jésus soupire ; non pas qu'il soit déjà fatigué d'opérer des miracles en réponse à la foi des petites gens, mais pour reprendre à son compte le gémissement de l'humanité souffrante, la longue plainte des malades chroniques et des handicapés, accomplissant ainsi la prophétie d'Isaïe sur le Serviteur de Dieu : "C'était nos maladies qu'il portait".
Puis vient la parole, une seule parole, qui accomplit la guérison, une parole si mystérieuse que Marc l'a conservée telle quelle dans l'araméen populaire que parlait Jésus : "Effata !" Ouvre-toi… c'est un ordre et un programme de vie. Car cette unique parole de Jésus agit à un double niveau : elle guérit le corps, ouvre les oreilles et délie la langue ; mais surtout elle interpelle l'homme ; c'est lui qui doit lire sur les lèvres de Jésus cette consigne qui va bouleverser sa vie (et la nôtre) : "ouvre-toi !"
Ouvre-toi, toi qui t'enfermes dans ta solitude et qui portes toute souffrance comme une rancœur.
Ouvre-toi, toi qui es clos sur ton passé et qui traînes à longueur de vie le fardeau de tes souvenirs.
Ouvre-toi, toi qui attends toujours d'être aimé pour te mettre en route vers l'autre.
Ouvre-toi à cet homme, à cette femme, à cet ami(e), qui est encore plus seul(e) que toi, plus muet(te), et qui ne veut plus rien entendre parce que tu l'as trop souvent déçu(e).
Ouvre-toi à la nouveauté que Jésus te propose.
Ouvre-toi surtout à la parole de ton Dieu, qui vient te donner la force et la liberté, et qui agrandit chaque jour, si tu le veux, l'espace de ton espérance.
"Effata", dit Jésus à l'homme handicapé. Aussitôt ses oreilles s'ouvrirent, sa langue se délia, et il parlait correctement.
Jésus guérit donc à la fois la surdité de l'homme et sa langue embarrassée. Les deux maux sont liés, en effet : souvent les muets sont muets parce qu'ils sont sourds ; ils ne peuvent rien dire parce qu'ils n'ont jamais rien entendu, parce qu'ils ont grandi et vieilli dans un monde sans paroles ni sons.
Ainsi en va-t-il de nous-mêmes devant Dieu dans la prière ; souvent c'est notre surdité qui nous rend muets et timides. Faute d'entendre la parole de Dieu, nous ne trouvons plus de mots pour lui parler ou pour parler de lui.
Que l'Évangile aujourd'hui soit notre guérison. Qu'un seul ordre de Jésus nous rende perméables à sa parole et ardents pour la louange et le témoignage.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Lun 10 Sep - 12:16

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ?»
(Lc 6, 6-11)

Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la synagogue et enseignait. Il y avait là un homme dont la main droite était desséchée. Les scribes et les pharisiens observaient Jésus pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat ; ils auraient ainsi un motif pour l’accuser. Mais lui connaissait leurs raisonnements, et il dit à l’homme qui avait la main desséchée : « Lève-toi, et tiens-toi debout, là au milieu. » L’homme se dressa et se tint debout. Jésus leur dit : « Je vous le demande : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de la perdre ? » Alors, promenant son regard sur eux tous, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il le fit, et sa main redevint normale. Quant à eux, ils furent remplis de fureur et ils discutaient entre eux sur ce qu’ils feraient à Jésus.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Dans les trois évangiles synoptiques ce récit de miracle est stylisé au maximum : deux personnages (Jésus et l'handicapé) et, en toile de fond, l'assemblée, hostile ou indifférente. C'est le jour du sabbat, en pleine synagogue, devant toute la communauté du village ; et de plus les Pharisiens et les spécialistes de la Torah se sont donné le mot pour essayer de prendre Jésus en faute ; donc le moindre geste peut être pour lui compro­mettant.
L'homme à la main paralysée ne dit rien, d'un bout à l'autre du récit. Sa main inerte parle pour lui : il est là comme témoin de l'humanité souffrante et impuissante. Il n'a rien demandé, ni à Jésus ni aux autres. Il est là, surpris que son infirmité tout d'un coup intéresse tant de monde. Jésus le fait lever devant tous les autres assis pour l'homélie. Pour une fois on fait attention à l'handicapé ; pour une fois il a l'impression qu'on a besoin de lui.
Mais les Pharisiens ne se soucient pas de cet homme. Pour eux il n'est qu'un prétexte, un moyen de faire échec à Jésus. Peu leur importe la guérison d'un infirme ; ce qu'ils veulent, c'est sauver la Loi, un précepte de la Loi, entendu selon leur tradition. L'homme à la main "sèche" n'est qu'une pièce à conviction dans le procès qu'on intentera à Jésus.
Jésus, lui, sent bien venir le coup ; et Luc souligne de trois manières son autorité de Messie.
Tout d'abord Jésus sait leurs raisonnements et leurs intentions ; et pour bien le leur montrer il énonce tout haut ce qu'ils pensent tout bas ; il pose lui-même la question qu'on voulait lui poser.
Ce faisant, Jésus prend l'initiative, pour révéler le fond des cœurs. Avant même de guérir, il demande : "Est-ce permis ?". Mieux encore : par sa question Jésus dévoile le péché de ces hommes : "Qu'est-ce qu'il vaut mieux faire, un jour de sabbat : guérir un homme, comme j'en ai le pouvoir, ou attenter à la liberté des hommes, comme vous en avez l'habitude ?"
Ainsi l'accusé se fait accusateur. Jésus, qu'on voulait prendre au piège, prend l'attitude du juge.
De plus, après sa question, il attend ; il les regarde tous, l'un après l'autre, les Pharisiens et les intellectuels, qui guettent son faux pas, puis les hommes du pays, dont certains sans doute n'ont pour lui que de l'admiration. Mais personne ne parle, personne ne prend position. Les braves gens se taisent parce qu'ils ont peur des représailles ; les Pharisiens se taisent parce qu'ils sont démasqués.
Il y a des moments où le silence est coupable, surtout quand c'est Jésus qui pose les questions.
Alors, tout comme Jésus a été seul à parler, il sera seul à agir. "Étends ta main !", dit-il à l'homme. La main se dénoue : elle est guérie ! L'homme a été guéri en faisant un geste tout simple sur l'ordre de Jésus. Il a cru suffisamment en Jésus pour commencer ce geste impossible. Il n'avait rien demandé, mais il a suivi sans réticence l'initiative du prophète de Nazareth. Tout seul devant la foule, il a fait confiance à Jésus, qui était encore plus seul que lui.
Saurons-nous, à notre tour, sur la parole de Jésus, déplier notre main ?
Saurons-nous faire, de toutes nos paralysies, un bel acte de foi ?

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mar 11 Sep - 8:00

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Il passa toute la nuit à prier Dieu »
(Lc 6, 12-19)

En ces jours-là, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres : Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, qui devint un traître. Jésus descendit de la montagne avec eux et s’arrêta sur un terrain plat. Il y avait là un grand nombre de ses disciples et une grande multitude de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon. Ils étaient venus l’entendre et se faire guérir de leurs maladies ; ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs retrouvaient la santé. Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Jésus aimait la montagne. Après la cohue de ses journées de prédication et de guérisons, il aimait monter pour trouver la solitude, c'est-à-dire pour fêter dans le silence de son cœur d'homme la présence du Père qui ne le laissait jamais seul. Cette fois-là, Jésus passa toute la nuit "à prier Dieu ".
Ce qu'il nous appelle à vivre, Jésus l'a vécu ; et la prière de Jésus, la prière telle que Jésus la vivait, a toujours fasciné les chrétiens. En un sens elle est le modèle de notre propre prière ; mais elle est beaucoup plus encore : par l'Esprit Saint, la prière de Jésus devient le lieu de notre prière, et cela, non parce que nous y entrons, mais parce que Jésus lui-même, par son Esprit, nous y introduit.
Nous aimerions connaître sa prière de cette nuit-là, sur la montagne. En réalité nous avons encore mieux : sa prière éternelle, qui devient pour nous prière de chaque jour, parce qu'il nous y fait entrer, "tout éveillés dans notre foi".
Si nous n'avions que notre prière pour prier, notre louange demeurerait toujours décevante et balbutiante, marquée qu'elle est de "notre faiblesse", comme dit saint Paul ; ce serait toujours la prière de ceux qui ne savent pas prier "comme il faut", comme il faudrait (Rm 8,26). Mais l'Esprit de Jésus vient en aide à notre faiblesse, et il gémit à l'intime de nous-mêmes par des gémissements au-delà de toute parole, des gémissements qui sont en nous l'écho de la prière filiale de Jésus : "Abba, Père !"
Nous sommes chaque jour sur la montagne, puisque, dans l'Esprit, Jésus redit en nous sa prière. Jésus est toujours là où nous sommes, quand, par l'amour, nous le rejoignons là où il est, tout éveillés dans notre foi.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mer 12 Sep - 8:41

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Le royaume de Dieu est à vous »
(Lc 6, 20-26)

En ce temps-là, Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara : « Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous. Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme. Ce jour-là, réjouissez-vous, tressaillez de joie, car alors votre récompense est grande dans le ciel ; c’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. Mais quel malheur pour vous, les riches, car vous avez votre consolation ! Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim ! Quel malheur pour vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez ! Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous ! C’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. »  

MÉDITER AVEC LES CARMES

Des Béatitudes de Jésus, saint Luc a retenu surtout les éléments les plus propres à raffermir une communauté de pauvres, éprouvés et menacés. Il est le seul, parmi les évangélistes, à renforcer les Béatitudes par leur pendant négatif : à quatre reprises, Jésus dit : "Bienheureux êtes-vous !", puis, quatre fois également : "Malheureux êtes-vous !" On peut ainsi aborder le message de Jésus par deux côtés : - le côté des reproches, par où l'homme sentira le manque qui le ramènera à l'essentiel, - et le côté de la promesse, où chaque appel à l'héroïsme devient une offre de bonheur.
Nous sommes donc invités, pour saisir les nuances de la pensée de Jésus, à regarder ces quatre Béatitudes successivement par leur envers et leur endroit.
"Malheureux, vous les riches", dit Jésus. Malheureux pourquoi ? Pas simplement par le fait qu'ils sont riches, car Jésus avait des amis parmi les gens fortunés : Matthieu et Zachée étaient riches, Marthe et Marie avaient des ressources, et Jeanne, qui suivait la troupe des disciples, était l'épouse de Kouza, l'intendant d'Hérode. Malheureux pourquoi, alors ? - "Parce que, dit Jésus, vous tenez déjà votre récompense". Est riche, pour Jésus, celui qui n'attend plus rien de Dieu parce qu'il a refermé les mains sur son avoir et qu'il a mis "toute sa consolation" dans une sécurité matérielle. Être riche, selon Jésus, c'est n'avoir plus en soi cet espace de désir que seul Dieu peut combler, cette blessure d'espérance que Dieu seul peut guérir en la ravivant sans cesse.
"Heureux, au contraire, vous les pauvres", dit Jésus, "parce que le Règne de Dieu est à vous", parce que votre richesse est ce règne de l'amour qui s'accomplit en vous.
Jésus ne dit pas : "heureuse la misère", car la misère est un mal qu'il nous demande d'éliminer ; mais bien plutôt : "heureuse la pauvreté" qui ouvre le cœur aux dons de Dieu. Celle-là, et celle-là seule, est source de vraie joie.
"Malheureux, vous qui êtes repus maintenant, parce que vous aurez faim". Malheureux effectivement, et il le dit lui-même, celui qui se repaît avec tant d'avidité de ce que la vie peut offrir qu'il n'a plus faim de Dieu. Parce qu'il se contente de l'immédiat et qu'il se laisse remplir des choses qu'il fait, qu'il possède ou qu'il convoite, il ouvre en lui-même comme un puits sans fond ; une faim le tenaille à tout moment où il rentre en lui-même, la faim d'une vie authentique, ouverte, généreuse.
"Heureux, au contraire, vous qui avez faim maintenant" de ce que Dieu donne, car lui-même vous rassasiera.
Malheureux sommes-nous, et nous le sentons bien, lorsque nous nous installons dans la facilité ou l'égoïsme, sans rien de profond qui nous passionne et nous motive, car nous nous retrouverons seuls, sans horizon ni amitié, quand l'épreuve nous visitera.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Jeu 13 Sep - 8:31

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent »
(Lc 6, 27-38)

En ce temps-là, Jésus déclarait à ses disciples : « Je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. À celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre joue. À celui qui te prend ton manteau, ne refuse pas ta tunique. Donne à quiconque te demande, et à qui prend ton bien, ne le réclame pas. Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs en font autant. Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu’on leur rende l’équivalent. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants. Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Dans son Discours sur la Montagne, aussitôt après les Béatitudes Jésus nous livre tout un enseignement sur l'amour-charité, et spécialement sur l'amour des ennemis : ennemis personnels ou ennemis du groupe auquel on appartient. Et il précise ce qu'il entend par aimer ses ennemis. Cela va très loin, et pourtant cela tient en trois mots : Faire du bien à ceux qui nous haïssent, souhaiter du bien à ceux qui nous maudissent, prier pour ceux qui nous maltraitent, c'est-à-dire parler d'eux avec Dieu qui les aime eux aussi, qui a pour eux des trésors de patience et toujours un petit bout de soleil.
Puis Jésus, après ces consignes sur l'amour sans frontières, en vient à parler de la non-violence, de la joue qu'il faut tendre, du manteau qu'il faut laisser prendre et des deux mille pas qu'il faut faire, c'est-à-dire du quart d'heure qu'il faut accepter de perdre avec un homme dans la joie ou la peine, avec ses frères en communauté, sous le regard de Jésus.
Là les difficultés redoublent. Volontiers nous dirions : "Ce n'est pas réaliste !", et nous sommes tentés de repasser après Jésus pour préciser, mettre en place ou relativiser son message paradoxal. Instinctivement nous nuançons : "Cela dépend des circonstances... Il faut voir dans chaque cas !". Et c'est vrai en un sens ; mais Jésus ne vend pas son Évangile au détail ni au rabais : c'est un nouveau style de vie qu'il veut inculquer, un nouveau regard sur la vie, les événements, les personnes et sur Dieu même.
Il s'agit en effet d'inverser nos réflexes ordinaires : réflexe du talion, qui nous fait rendre le mal pour le mal, la violence pour un oubli, l'agressivité pour un manque d'égards ; réflexe de l'égalitarisme, du donnant-donnant, du "rien pour rien", qui nous fait guetter en tout la récompense immédiate et mesurable.
Face au précepte que nous a laissé le Seigneur, nous prenons conscience du peu de place que tient dans notre cœur la gratuité, la vraie, celle qui ne sera connue de personne hormis Dieu.
L'amour vrai consiste à faire vivre. C'est toujours une initiative, un amour qui commence le premier. Et c'est bien ainsi d'ailleurs que procède l'amour de Dieu, comme le souligne Jésus : "Aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants".
Jésus ose parler de récompense. Mais où est, alors, la gratuité ? La gratuité demeure entière, car la récompense dont parle Jésus n'est pas un nouvel avoir, mais un supplément d'être. Nous ne pouvons pas ne pas la vouloir de toutes nos forces, car elle consiste à "êtres fils du Très-Haut". Plus nous aimons Dieu pour lui-même, et plus nous sommes confortés dans notre autonomie de fils. Plus nous aimons nos frères pour eux-mêmes, plus grandit en nous la ressemblance à notre Père. Cette ressemblance n'est pas une récompense à laquelle nous pourrions renoncer, mais le sens et le but de notre vie sur terre. C'est même l'amorce en nous de la vie éternelle.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Ven 14 Sep - 8:41

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Dieu a envoyé son Fils dans le monde »
(Jn 3, 13-17)

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Celui qui est monté au ciel, c'est aussi le seul qui en soit descendu, c'est le Fils unique que Dieu a donné, dans son amour fou pour le monde à sauver. Nous fêtons aujourd'hui le triomphe de la Croix, et nous avons l'audace de fêter le triple abaissement du Fils de Dieu :
Le premier fut de prendre sur lui notre condition de servitude en se faisant homme parmi les hommes, en se perdant pendant trente ans dans l'anonymat de l'humanité, lui qui venait révéler le nom du Père !
Son second abaissement fut d'obéir jusqu'à accepter la mort, en pleine force de l'âge, lui qui aimait tant la vie, et qui la faisait si belle autour de lui ;
Sa suprême humiliation fut de mourir condamné, renié, bafoué, lui qui ne venait pas condamner le monde, mais le sauver.
Après cet abaissement, le Fils de Dieu a connu une double élévation.
La première fut encore notre œuvre, notre crime : nous avons élevé Jésus en croix ! Ce fut le refus suprême de l'homme, mais le commencement d'une surenchère de l'amour de Dieu. Puisque nous élevions le Christ, entre terre et ciel, le Père lui-même a terminé notre geste, "il a élevé son fils plus haut que tout et lui a donné le nom qui surpasse tous les noms" (Ph 2,9), ce nom de Seigneur qui n'appartient qu'à Dieu ; il a élevé son Fils afin que tout homme le voie, signe d'espérance levé sur le désert du monde, afin que tout vivant tombe à genoux et que tout homme qui croit ait en lui la vie, pour toujours.
Mais celui qui veut vivre de cette vie du Fils doit entrer dans son destin et reproduire l'image du Premier-né, image souffrante, image glorieuse (Rm 8,29) ; et chacun de nous, pour rejoindre la gloire, est convié aux abaissements du Fils de l'homme.
Devenir semblable aux hommes, nous l'acceptons encore, et nous souffrons parfois d'avoir perdu le contact avec eux ou que notre témoignage ne les rejoigne plus. Mais le vrai partage de la condition des hommes nous conduit tout droit à mourir à nous-mêmes et à mourir pour eux, un peu tous les jours. Alors nous prenons peur, nous perdons courage, et nous "récriminons contre Dieu et contre son Christ" (Ps 2,2) : "pourquoi nous avoir appelés à cette marche dans le désert de la vie, dans le désert de la foi, où il n'y a ni pain ni eau ? Pourquoi tous les jours cette nourriture méprisable, cette manne de l'existence quotidienne, toujours la même, qui a tous les goûts et n'en a aucun ?
Alors viennent les "morsures brûlantes", bien connues de ceux et de celles qui traversent le désert : morsures du doute, morsures de la lassitude ou de l'impatience, morsures du manque de confiance en soi-même, dans les autres et en Dieu, morsures de l'imagination, qui se met à rêver et lâche le présent.
C'est alors aussi que le Père, qui ne se lasse jamais, nous fait signe, en nous montrant, entre ciel et terre, Jésus crucifié entrant dans la gloire : "Regarde-le ! Tu vivras.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Sam 15 Sep - 9:21

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Femme, voici ton fils »
(Stabat Mater. Jn 19, 25-27)

Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

D'après l'Évangile de Jean, Jésus sur la croix a parlé à trois reprises.
La première fois, pour nous donner à sa mère et nous donner sa mère : "Voici ton fils ... voici ta mère". Au disciple qu'il aimait, Jésus a donné celle qu'il aimait le plus au monde. Il avait promis le soir du Jeudi Saint : "Je ne vous laisserai pas orphelins" ; et de fait il nous a laissé une mère, pour qu'avec elle, dans la foi et l'espérance, nous entrions dans le mystère de son heure, c'est-à-dire de sa passion glorifiante.
Ainsi, au moment même où son Fils mourait pour le péché des hommes et par le péché des hommes, Marie inaugurait sa maternité universelle envers tous les disciples de son Fils jusqu'à la fin des temps.
Et Marie nous montre comment vivre le drame de la passion et de la mort de Jésus. Son chagrin est immense, et elle ne peut comprendre ce déchaînement de la haine contre son Fils, qu'elle a connu doux et humble de cœur, mais avec Jésus elle dit oui au dessein du Père, elle dit oui au salut du monde, offrant sa peine avec Jésus qui offre sa vie.
Viennent alors la deuxième et la troisième paroles de Jésus en croix.
Sachant que tout était achevé désormais, sachant que le don de sa mère était le couronnement de son œuvre sur terre et que sa mort sur la croix allait refermer le livre de sa vie parmi nous, Jésus voulut refermer solennellement sur lui-même le livre des Écritures et s'y draper pour toujours. Pour que toute l'Écriture soit accomplie, et avant tout la destinée du Serviteur, Jésus dit : "J'ai soif". Un soldat porta à ses lèvres une éponge. Ainsi s'accomplissait la plainte du Psalmiste : "Dans ma soif, ils m'ont abreuvé de vinaigre".
Puis Jésus dit : "C'est accompli". Elle était accomplie en effet, l'œuvre que le Père lui avait donné à faire, le dessein qui faisait chaque jour sa nourriture, le projet du salut du monde par le don total de son amour au Père. Alors Jésus inclina la tête et "remit l'Esprit".
Il "remit l'Esprit", dit l'Évangile ; et ces simples mots ouvrent notre cœur à deux aspects du mystère de Jésus, Fils de Dieu. À ce moment où il rend le dernier souffle, Jésus prélude à l'effusion du souffle de vie sur le monde. Après avoir remis son souffle, il va transmettre l'Esprit Saint. Et c'est pourquoi, de son côté ouvert par la lance, va jaillir l'eau, symbole de l'Esprit de vie.
Dans la passion et la mort de Jésus, seul l'amour est splendide, seul l'amour donne un sens à l'injustice et à la souffrance. Et notre réponse à ce mystère ne peut être qu'une réponse d'amour. Amour pour celui qui nous aime et s'est livré pour nous, amour pour ceux et celles qu'il nous demande d'aimer. Car "la charité, c'est tout sur la terre" (Petite Thérèse) : on peut mourir les mains vides, sans œuvres, sans souvenirs, sans réputation ; mais on n'aura pas vécu si l'on n'a pas aimé.
Notre vie pèse et pèsera son poids de charité ; et plus nous nous sentons aimés et appelés par Dieu, plus il faut nous préparer à aimer "jusqu'à la fin". C'est cela, pour nous "le langage de la croix" (1 Cor 1,18).

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Dim 16 Sep - 10:36

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Pour vous, qui suis-je ? »
(Mc 8, 27-35)

En ce temps-là, Jésus s’en alla, ainsi que ses disciples, vers les villages situés aux environs de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il interrogeait ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? » Ils lui répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes. » Et lui les interrogeait : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre, prenant la parole, lui dit : « Tu es le Christ. » Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne. Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Les gens de Galilée et de Judée voyaient en Jésus un prophète puissant en actes, comme Élie, puissant par la parole, comme Jean le Baptiste.
Pierre et les autres disciples avaient un pas de plus : ils reconnaissaient en Jésus le Messie de Dieu. Et pourtant Jésus leur demande aussitôt, et avec force, de ne pas parler de lui en termes de Messie.
Pourquoi ? Parce que les gens risquaient de faire erreur sur sa mission.
En Israël, tous les croyants attendaient le Messie, pour la rénovation des cœurs, certes, mais surtout pour une restauration nationale. Or Jésus ne voulait pas qu'on se servît de lui ni pour une prospérité matérielle, ni pour un dessein politique, ni même pour le prestige de la nation.
Ces trois tentations, Jésus les avait repoussées pour lui-même dans le désert, et il ne voulait pas qu'elles pussent s'installer dans le cœur des disciples.
"Alors il commença à leur enseigner" ce qu'allait être son destin : la souffrance, le rejet, la mort, puis la résurrection le troisième jour.
Pierre s'étonne et se révolte. Il se croit même le devoir de faire des reproches à Jésus : Messie, oui ! mais pas comme cela ! Messie, oui ! mais pas à travers cette souffrance et cette mort !
Jésus à son tour se montre sévère pour son ami, car l'enjeu est trop grave : "Tu es pour moi un adversaire, un satana, si tu te mets en travers de ma route. Laisse-moi avancer, et passe derrière moi, pour me suivre, en vrai disciple, par le chemin où je vais, ce chemin où les hommes me préparent la souffrance.
Quant à nous, frères et sœurs, nous ne pouvons pas et nous ne voulons pas nous mettre en travers de la route de Jésus, et nous savons qu'il est passé, par amour pour nous, par la souffrance et la mort. Mais nous pouvons faire erreur sur notre propre destin, sur le chemin à prendre pour rejoindre Jésus.
Nous voudrions que notre amour du Christ ou notre vie consacrée aillent toujours dans le sens de notre prestige, de notre réussite personnelle, familiale ou communautaire. Nous aimerions que l'amitié de Jésus nous dispense d'une conversion courageuse, ou de l'effort quotidien pour prendre en mains, comme des adultes, notre vie de louange, de service et d'obéissance. Mais Jésus nous redit de loin en loin, et par amour :"Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes".
Oui, notre Messie est un Messie qui a été crucifié. Nous le suivrons jusqu'à la gloire, et c'est là notre espérance, qui nous donne de vivre chaque jour "plus haut que ce qui meurt"(Elisabeth) ; mais la route de notre gloire passe par notre croix.
Porter notre croix, c'est Jésus lui-même qui en parle, et en ces termes. Cela ne signifie nullement se précipiter tête baissée vers la souffrance, car cela, Jésus ne l'a pas fait, ni ordonné ; mais assumer au quotidien, dans la foi, les conséquences de notre fidélité.
Et c'est pourquoi, unis à Jésus Messie, nous voulons faire bon visage à la souffrance ou à l'épreuve, obéir jusqu'à la mort, et accepter toutes les petites morts de l'obéissance ; mais surtout faire œuvre de vie, par les mille petits héroïsmes de la charité.
Sur cette route-là, la route montante des Béatitudes, la joie de Jésus nous attend, que personne jamais ne pourra nous ravir.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Lun 17 Sep - 8:36

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Même en Israël, je n’ai pas trouvé une telle foi ! »
(Lc 7, 1-10)

En ce temps-là, lorsque Jésus eut achevé de faire entendre au peuple toutes ses paroles, il entra dans Capharnaüm. Il y avait un centurion dont un esclave était malade et sur le point de mourir ; or le centurion tenait beaucoup à lui. Ayant entendu parler de Jésus, il lui envoya des notables juifs pour lui demander de venir sauver son esclave. Arrivés près de Jésus, ceux-ci le suppliaient instamment : « Il mérite que tu lui accordes cela. Il aime notre nation : c’est lui qui nous a construit la synagogue. » Jésus était en route avec eux, et déjà il n’était plus loin de la maison, quand le centurion envoya des amis lui dire : « Seigneur, ne prends pas cette peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. C’est pourquoi je ne me suis pas autorisé, moi-même, à venir te trouver. Mais dis une parole, et que mon serviteur soit guéri ! Moi, je suis quelqu’un de subordonné à une autorité, mais j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient ; et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. » Entendant cela, Jésus fut en admiration devant lui. Il se retourna et dit à la foule qui le suivait : « Je vous le déclare, même en Israël, je n’ai pas trouvé une telle foi ! » Revenus à la maison, les envoyés trouvèrent l’esclave en bonne santé.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

C'était vraiment un Romain pas ordinaire : un occupant qui se souciait de bâtir une synagogue, un officier malheureux de voir souffrir un esclave ! Et comme c'est le cas souvent pour les hommes au cœur droit, c'est sa charité qui l'a mis sur le chemin de la foi.
Sa première idée a été d'amener Jésus jusqu'au malade. L'Évangile le dit clairement : "Il lui envoya quelques notables juifs pour le prier de venir afin de sauver l'esclave". Puis, dans un deuxième temps, alors que Jésus déjà s'approche de la maison, le centurion s'effraie de l'honneur que Jésus va lui faire, et il envoie des amis, cette fois, pour dire à Jésus : "Ne prends pas cette peine !". Ce qui revient à dire : "Sauve-le sans venir ; sauve-le de là-bas où tu es !"
Quelle lutte magnifique dans le cœur de cet homme : il veut voir Jésus et il a besoin de lui, mais il se sent indigne, et par loyauté il se dérobe. Il fait venir Jésus, et il prend de la distance, comme s'il ne pouvait rencontrer le Sauveur que par notables ou amis interposés.
Mais cette distance que crée son humilité n'arrêtera pas le pouvoir de Jésus ni son amour. Le centurion le sait, il le croit de toutes ses forces, et il le fait dire à Jésus par ses amis : "Tu n'as qu'à parler, et la maladie va t'obéir ! Dis seulement un mot, et ce sera un ordre de guérison : seulement un mot, et ce sera fait !"
La réponse de Jésus est une merveille de délicatesse.
D'abord il ne fait pas un pas de plus. Il n'ira pas chez ce Romain dont pourtant il admire la foi, justement pour laisser à la foi toute sa grandeur et pour respecter l'humilité du centurion. Et non seulement Jésus n'avance pas vers la maison, mais il ne prononce même pas la parole attendue ; il ne dit même pas : "La foi de cet homme a sauvé le garçon", parce que le centurion n'est pas là pour entendre lui-même la parole qui sauve.
Jésus n'avance plus ; il se retourne même vers la foule, pour lui dire, à elle, ce qu'il aurait aimé dire à cet homme : "Même en Israël je n'ai pas trouvé une telle foi !"
Même au Carmel Jésus ne trouve pas toujours cette audace dans la foi. Il rencontre souvent en nous des réflexes d'humilité, la certitude que nous ne valons pas son dérangement, mais pas toujours la certitude heureuse, joyeuse, qu'il peut tout faire en nous sans même se déranger, et que pour lui "il n'y a pas de distance" (Élisabeth de la Trinité). De là où il est, de la gloire qu'il habite, il peut nous guérir et veut nous sauver. Il lui suffit d'un mot, mais ce mot, que nous n'entendons pas, nous avons à croire qu'il le dit.
Le centurion était certain que Jésus le dirait. Les envoyés ne l'ont pas entendu, mais Jésus, à l'insu de tous, a bien donné son ordre puisque, "de retour à la maison, les envoyés ont trouvé l'esclave en bonne santé".
Il suffit au Seigneur d'une parole, d'une parole créatrice, pour sauver chacun de ceux que nous portons dans le cœur. Mais le malade, c'est nous aussi ; et l'Église, toujours réaliste dans sa liturgie, retourne pour une fois la parole de Jésus et nous fait dire pour nous-mêmes, à chaque Eucharistie, comme un acte de foi plein de douceur : "Dis seulement une parole et je serai guéri !"

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mar 18 Sep - 8:29

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi »
(Lc 7, 11-17)

En ce temps-là, Jésus se rendit dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule. Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on emportait un mort pour l’enterrer ; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule importante de la ville accompagnait cette femme. Voyant celle-ci, le Seigneur fut saisi de compassion pour elle et lui dit : « Ne pleure pas. » Il s’approcha et toucha le cercueil ; les porteurs s’arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. » Alors le mort se redressa et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère. La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu en disant : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. » Et cette parole sur Jésus se répandit dans la Judée entière et dans toute la région.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Très souvent, dans les Évangiles, les miracles opérés par Jésus sont entourés de tout un contexte pédagogique, et Jésus prend soin d'éveiller lui-même la foi chez ceux qu'il va guérir.
Ici rien de tel : aucun dialogue préalable, ni avec le mort, bien sûr, ni avec sa mère ; aucune explication sur la portée de son geste, et ce que le récit met en relief, c'est l'initiative inconditionnelle prise par Jésus.
La femme de Naïn ne demandait rien. Près de la mort, on n'a rien à demander. Elle touchait le fond du malheur, elle prenait la mesure de sa solitude en suivant la civière ; et au milieu de tous ces gens qui l'accompagnaient avec sympathie elle se sentait, paradoxalement, plus seule que jamais. Pourquoi Jésus a-t-il ramené de la mort le jeune homme ? L'Évangile nous le dit clairement : parce qu'il a eu pitié de sa mère, parce qu'il ne voulait plus la voir pleurer, parce qu'il a voulu lui rendre son fils. "Ne pleure plus !" : toute la tendresse de Jésus pour les hommes passe dans ces trois mots.
Puis tout se déroule très simplement, comme s'il s'agissait de gestes ordinaires. Jésus arrête la civière et relève le jeune homme. Alors le garçon parle ; et c'est le signe qu'il vit vraiment, qu'il a repris place dans le réseau d'affection et d'amitié où il s'épanouissait avant la mort.
Ce qu'il y a de plus saisissant dans un miracle comme celui-là, c'est justement que la puissance de Dieu fait irruption dans l'ordinaire de la vie, que la merveille s'accomplit sans faire appel au merveilleux. Vivre et faire vivre, c'est toujours l'ordinaire pour Dieu ; et lorsque Jésus, à Naïn, efface provisoirement la mort pour empêcher une mère de pleurer, il ne fait qu'anticiper le geste eschatologique par lequel il effacera à jamais toute mort, toute douleur, toute larme. Et ce moment-là sera si grand, si digne de Dieu, si cohérent avec sa puissance et son amour, que tout sera simple, évident, ordinaire.
A Naïn la puissance de Dieu a fait irruption en plein monde des hommes, à un détour de l'existence quotidienne, sans crier gare, sans s'annoncer, et sans demander permission, simplement parce que Jésus a eu pitié, simplement parce que Dieu lui-même est libre, divinement libre.
La puissance du Christ peut aussi nous atteindre, nous transformer, nous relever de la mort sans que nous y soyons pour quoi que ce soit, pas plus que ce jeune homme, qui n'a eu qu'à s'asseoir et se mettre à parler.
La puissance du Christ, enfin, bien souvent nous interpelle, nous pose question et exige réponse, comme ce fut le cas, ce jour-là, pour les braves gens de Naïn. Combien voyons-nous, dans nos communautés ou autour d'elles, de progrès, de guérisons, de résurrections spirituelles, qui ne doivent rien à notre savoir-faire, sans que grandisse pour autant notre foi ou notre certitude d'être aimés, sans que nous reconnaissions une manifestation du Seigneur ni une merveille de sa pitié ?
Les gens de Naïn, eux, ont été "frappés de crainte" ; c'est-à-dire qu'ils ont perçu, avec saisissement, la présence efficace de Dieu et tout le sérieux de son amour.
Ainsi le miracle de Naïn, en devançant leur foi, les a mis en route vers la foi. De même, bien souvent, la pitié divinement libre de notre Sauveur, en devançant notre attente, nous met en route vers un nouveau seuil d'espérance.
À nous de savoir Le reconnaître quand il passe près de la porte de la ville, de notre communauté, de notre cœur, et qu'il s'arrête pour nous prendre en pitié.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mer 19 Sep - 8:35

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« À qui donc vais-je comparer les gens de cette génération ?»
(Lc 7, 31-35)

En ce temps-là, Jésus disait à la foule : « À qui donc vais-je comparer les gens de cette génération ? À qui ressemblent-ils ? Ils ressemblent à des gamins assis sur la place, qui s’interpellent en disant : “Nous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous n’avez pas pleuré.” Jean le Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas de pain, il ne boit pas de vin, et vous dites : “C’est un possédé !” Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et vous dites : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.” Mais, par tous ses enfants, la sagesse de Dieu a été reconnue juste. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Des gamins qui s'ennuient sur une place et qui se renvoient la responsabilité de leur ennui commun : voilà le portrait que Jésus trace de sa génération, peut-être aussi de la nôtre.
Et les gamins n'ont pas d'excuse à bouder ainsi : on ne leur demande pas de faire le jeu, ni d'être le jouet des autres, mais simplement d'entrer dans le jeu, de jouer à la noce pendant que les garçons soufflent dans leur flûte, de jouer à l'enterrement pendant que les filles entonnent la lamentation. On ne leur demande que de jouer, or justement ils ne veulent pas faire leur part, et ils aiment mieux rester là, assis, durant des heures, en dénigrant toutes les initiatives. Rien ne les intéresse de ce qui vient des autres, et ils préfèrent manquer le jeu que d'aider les autres à s'amuser.
Ainsi ont réagi les Pharisiens : ils ont refusé le baptême de Jean, et maintenant ils se raidissent devant l'appel de Jésus ; et pour garder leur autonomie, pour se rassurer sur leur bon droit, ils dévalorisent les deux messagers : "On nous donne le choix entre un demi fou et un buveur !"
Les braves gens, eux, ont choisi, et bien choisi. Ils ont reconnu dans les paroles de Jésus l'appel de la Sagesse de Dieu : "Venez, mes fils, écoutez-moi... Venez, mangez de mon pain... Venez, même sans argent, et rassasiez-vous !" (Pr 9,5).
Quant à nous, comment se fait-il qu'après tant d'années nous nous retrouvions assis sur la place, boudant la joie de Dieu et plus ou moins insensibles aux signes qu'il nous fait, à toute la musique qu'il invente pour nous ? Comment se fait-il que notre réponse journalière à Dieu soit encore donnée du bout des lèvres, comme si nous traînions avec nous une perpétuelle déception de ce que Dieu nous propose ?
Certains diront peut-être : "Je ne sais plus où j'en suis, et les changements de style me désorientent : faut-il choisir entre l'ascèse ou la liberté ?"
Fausse question sans doute ; faux dilemme. Ce qui est à choisir et à préférer, c'est le Christ ; et la lumière du Christ, comme une lanterne qui avance avec nous (Ps 119,105), éclairera chaque jour les nouveaux pas à faire. Il y a plus de véritable ascèse que partout ailleurs dans la liberté que le Christ nous offre, et nulle part nous ne serons plus libres que dans l'effort auquel il nous convie.
En un sens, c'est Dieu qui a choisi, et nous avons à entrer librement dans son choix. Dieu a choisi en nous donnant son Fils, et le christianisme est avant tout un chant de noces, avant tout un banquet où l'on mange ensemble, où l'on "mange avec", comme Jésus avec ses amis les pécheurs.
Mais ces noces fêtent un étrange époux, présent pour la foi et absent pour les yeux, et le banquet rassemble ceux qui gardent faim et soif, selon la parole de Jésus à propos de ses disciples, une de ces paroles sans fond qui restent pour nous la charte du voyage : "les gens de la noce ne vont pas jeûner alors que l'Époux est avec eux ; mais un jour viendra où l'Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront".

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Jeu 20 Sep - 10:16

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »
(Lc 7, 36-50)

En ce temps-là, un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table. Survint une femme de la ville, une pécheresse. Ayant appris que Jésus était attablé dans la maison du pharisien, elle avait apporté un flacon d’albâtre contenant un parfum. Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, près de ses pieds, et elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux le parfum. En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. » Jésus, prenant la parole, lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. – Parle, Maître. » Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante. Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait les lui rembourser, il en fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’aimera davantage ? » Simon répondit : « Je suppose que c’est celui à qui on a fait grâce de la plus grande dette. – Tu as raison », lui dit Jésus. Il se tourna vers la femme et dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé de l’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis qu’elle est entrée, n’a pas cessé d’embrasser mes pieds. Tu n’as pas fait d’onction sur ma tête ; elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds. Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. » Il dit alors à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. » Les convives se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est cet homme, qui va jusqu’à pardonner les péchés ? » Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Curieuse invitation que celle du Pharisien : il a convié Jésus à son repas, mais il a évité soigneusement de trop se compromettre ; et Jésus a bien senti la nuance : pas d'eau sur les pieds, pas de parfum de joyeux avènement ; l'accueil est correct, sans plus.
La femme, elle, va se montrer incorrecte, surtout si l'on se réfère aux usages du temps. Or Jésus va louer son audace. Il en fallait beaucoup pour braver le mépris du Pharisien, mais ce jour-là la Galiléenne était prête à tous les risques.
En entrant, elle ne voit plus que Jésus, celui qui guérit, celui qui pardonne; elle va droit à lui, et son amour de convertie lui donne la force d'agir comme si elle était seule et de livrer au Christ, en une seule fois, non seulement ses cheveux et son parfum, c'est-à-dire tout ce qu'elle avait pour se faire belle et plaire au monde, mais ses larmes, c'est-à-dire sa détresse, sa lassitude de l'esclavage, son immense solitude dans le plaisir, son espérance d'être enfin comprise et accueillie pour le meilleur d'elle-même.
Elle qui a perdu l'honneur selon le monde et qui n'existe plus pour personne comme une personne, a pressenti qu'elle pouvait encore donner quelque chose à Jésus. Elle le donne maladroitement, avec fougue et réserve à la fois ; mais elle n'a que faire des nuances, qu'elle a désapprises depuis longtemps.
Venir pleurer sur les pieds de Jésus, les couvrir de parfum et de baisers, personne n'en aurait l'idée ; mais elle, la pécheresse, l'ancienne pécheresse, par ce langage du corps, va réussir à dire au Christ en même temps son amour et son respect.
La réponse de Jésus à Simon apparemment est limpide : "Ses péchés, ses nombreux péchés, ont été pardonnés parce qu'elle a montré beaucoup d'amour". Mais qu'est-ce qui est le premier dans le temps : le pardon, ou l'amour ? le pardon de Jésus ou l'amour de cette femme ?
Ici on pourrait comprendre de deux manières la pensée de Jésus. Ou bien Jésus veut dire : "Puisqu'elle a montré tant d'amour, je lui pardonne ses péchés" ; et dans ce cas le pardon vient après, pour sceller la rencontre. Ou bien Jésus renverse la perspective : "Si elle parvient à montrer tant d'amour, c'est qu'elle a fait d'abord l'expérience de mon pardon" ; et dans ce cas le pardon est au point de départ d'une nouvelle qualité de l'amour.
C'est dans ce dernier sens que va la petite parabole proposée par Jésus à Simon : une plus grande dette a été remise ; un plus grand amour est né. Dans le même sens aussi l'autre parole de Jésus : "Celui à qui on pardonne peu, montre peu d'amour".
En réalité les deux approches coexistent dans cette page d'évangile ; et ce qui ressort avec certitude, c'est le lien direct entre l'amour et le pardon.
Toute démarche d'amour pauvre et humble de notre part appelle une parole libératrice de Jésus : "Tes péchés te sont remis !" ; et toute expérience du pardon de Jésus rend notre amour pour lui plus intense, plus direct et plus audacieux : "confiant jusqu'à l'audace" (Thérèse de l'Enfant Jésus).
Et c'est bien ce que nous expérimentons dans toutes nos démarches de conversion, et spécialement dans le sacrement où nous fêtons le pardon du Christ : jamais nous ne sommes plus vrais dans notre amour que lorsque nous nous approchons du Seigneur en lui disant, à vingt-cinq ans, à cinquante ou à soixante-dix : "Jésus, j'ai besoin d'être sauvé !"

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Ven 21 Sep - 8:33

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Je veux la miséricorde, non le sacrifice »
(Mt 9, 9-13)

En ce temps-là, Jésus sortit de Capharnaüm et vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de collecteur d’impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient à ses disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

"C'est l'amour que je veux, et non les holocaustes".
Jésus reprend là, à l'adresse des Pharisiens, une parole prononcée au nom de Dieu par le prophète Osée. À l'époque du prophète (VIIIème siècle) comme à celle de Jésus, offrir un sacrifice, c'était se procurer un animal et se rendre au Temple pour le faire présenter au Seigneur. Et la tentation était d'en rester à la prestation matérielle, sans faire du sacrifice un acte de conversion à Dieu, et à la volonté du Dieu de l'Alliance.
C'est à un dépassement du même ordre que Jésus nous invite. Il est bon de lui faire hommage des biens qu'il nous donne en gérance ; il est bon de lui sacrifier un peu de temps, de venir le prier dans son Temple, mais le moteur de tous ces efforts, ce doit être l'amour, et l'accueil de tous ceux que Dieu aime. Le mot de l'Évangile veut dire surtout "amour-miséricorde" ; celui qu'employait le prophète était encore plus large : "C'est le hésed que je veux", disait Dieu ; et le hésed recouvrait toutes les relations de l'homme à son prochain, c'est-à-dire à la fois la loyauté, la courtoisie, le fair play, la bienveillance, l'amitié, l'amour, la miséricorde, l'amour miséricordieux. C'est cela avant tout que nous avons à offrir, ces réflexes quotidiens qui nous font ressembler à Dieu, cette générosité volontaire dont le cœur du Christ est pour nous le modèle.
Jésus appelle Matthieu le percepteur, qui collaborait avec l'occupant ; Jésus s'attable avec les publicains et les pécheurs. Son appel efface toutes les barrières, surtout celles du jugement des hommes. Son sacrifice à lui, celui que nous célébrons à chaque messe, a été la preuve suprême de son amour, pour Dieu et pour les hommes ; son sang a été versé pour la multitude.
Ce qu'il veut nous donner, en venant à nous, c'est un cœur universel ; non pas un cœur qui rêve à l'universel, mais un cœur prêt, chaque jour, à toutes les indulgences, à toutes les patiences, à tous les pardons.
"C'est l'amour que je veux, et non les holocaustes".

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Sam 22 Sep - 10:14

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Ils regardent sans regarder, ils entendent sans comprendre »
(Lc 8, 4-15)

En ce temps-là, comme une grande foule se rassemblait, et que de chaque ville on venait vers Jésus, il dit dans une parabole : « Le semeur sortit pour semer la semence, et comme il semait, il en tomba au bord du chemin. Les passants la piétinèrent, et les oiseaux du ciel mangèrent tout. Il en tomba aussi dans les pierres, elle poussa et elle sécha parce qu’elle n’avait pas d’humidité. Il en tomba aussi au milieu des ronces, et les ronces, en poussant avec elle, l’étouffèrent. Il en tomba enfin dans la bonne terre, elle poussa et elle donna du fruit au centuple. » Disant cela, il éleva la voix : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » Ses disciples lui demandaient ce que signifiait cette parabole. Il leur déclara : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume de Dieu, mais les autres n’ont que les paraboles. Ainsi, comme il est écrit : Ils regardent sans regarder, ils entendent sans comprendre. Voici ce que signifie la parabole. La semence, c’est la parole de Dieu. Il y a ceux qui sont au bord du chemin : ceux-là ont entendu ; puis le diable survient et il enlève de leur cœur la Parole, pour les empêcher de croire et d’être sauvés. Il y a ceux qui sont dans les pierres : lorsqu’ils entendent, ils accueillent la Parole avec joie ; mais ils n’ont pas de racines, ils croient pour un moment et, au moment de l’épreuve, ils abandonnent. Ce qui est tombé dans les ronces, ce sont les gens qui ont entendu, mais qui sont étouffés, chemin faisant, par les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie, et ne parviennent pas à maturité. Et ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont les gens qui ont entendu la Parole dans un cœur bon et généreux, qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance.


MÉDITER AVEC LES CARMES :

La semence, c'est la parole de Dieu : toujours saine, toujours adaptée au cœur de l'homme, toujours riche de promesses. Il n'y en a pas de meilleure : Dieu lui-même l'a sélectionnée.
Si donc les fruits ne viennent pas, ce ne sera pas la faute de la semence, mais la faute du terrain. On pourrait objecter : "Pour le terrain, on a de la chance ou on n'en a pas ! Que voulez-vous, moi je suis de la rocaille, je n'y peux rien !"
Or nous y pouvons quelque chose, et c'est justement cela que Jésus veut nous faire saisir dans sa parabole. Personne n'est victime d'un fatalisme : les terrains ne sont pas distribués à la loterie, car ce ne sont pas des terrains que nous avons, mais des terrains que nous sommes, ou que nous devenons.
Quel terrain sommes-nous ? Regardons ce que produit en nous la parole de Dieu.
Parfois nous l'accueillons dans la région la moins apaisée de notre être. Elle n'est alors qu'une information parmi d'autres, une curiosité parmi beaucoup d'autres encore plus attirantes. Elle tombe en nous à l'endroit où passent et repassent les impressions, les réactions superficielles, les rêves et les velléités. Négligée, piétinée, écrasée, la parole ne germera jamais, ou bien l'Ennemi, grain par grain, insensiblement, viendra nous l'ôter. Elle semblera banale, puis lassante, puis superflue, ... puis plus rien : plus un grain de parole dans le cœur, plus un réflexe évangélique dans la vie, plus un moment de véritable écoute en équipe, en foyer ou en communauté.
Parfois la parole germe bien et vite. C'est le premier émerveillement devant les Psaumes, les Paraboles, le Sermon sur la montagne, c'est la découverte de saint Luc, le coup de foudre pour l'épître aux Colossiens. Mais très vite l'enthousiasme retombe, parce que sous la première couche, trompeuse, qui accueille le grain, le terrain est dur : l'intelligence regimbe, ergote, demande à voir, compare les suggestions discrètes de l'Écriture aux évidences plus faciles des autres connaissances. Ou bien c'est le cœur qui est dur, qui se raidit quand viennent l'effort ou le sacrifice, qui refuse la fidélité, la constance, l'enracinement. Après la joie du début, c'est la frustration, puis l'aigreur, l'agressivité parfois, contre cette parole qui ordonne en même temps qu'elle promet.
D'autres fois notre accueil est bon et sincère, et la parole de Dieu trouve une certaine résonance au profond de nous-mêmes ; mais elle n'est pas seule à grandir en nous, et d'autres voix sont admises qui couvrent celle de Jésus. On a semé du bon blé ; on a commencé loyalement à écouter le Maître, et l'on tend l'oreille aux voix du refus. La parole devait nous rendre libres, mais elle est étouffée par les ronces qui foisonnent.
Et Jésus d'énumérer nos herbes folles : Les plaisirs de la vie, qui occupent parfois tout le champ du désir ; les richesses : c'est une herbe qui repousse toujours et qui peut devenir le véritable chiendent du cœur, car on veut toujours refermer les mains sur quelque chose ou sur quelqu'un ; les soucis : c'est une graminée qui vient aussi bien dans le monde que dans les cloîtres, et qui pousse en toute saison. Souci des choses à faire, des choses qu'on rêve, de l'avenir qu'on ignore ou qu'on redoute. Souci du passé qu'il faut intégrer courageusement dans l'aujourd'hui de la mission.
Si la parole de Jésus ne lève pas en nous, ne s'épanouit pas, peut-être nous résignons-nous trop vite à la laisser s'asphyxier.
Il y a, heureusement, en nous de la bonne terre, retournée, convertie depuis longtemps, le bon terreau épais qui a recueilli toutes nos feuilles mortes.
C'est la région de notre cœur et de notre vie qui reste sans cesse en attente de la parole, de la volonté aimante de Dieu. Et Jésus la décrit en trois mots : Droiture dans l'écoute, accueil actif de ce qui vient de Dieu, constance dans l'effort de conversion.
Trois qualités d'une vie généreuse… trois secrets du bonheur.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Dim 23 Sep - 10:23

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« De quoi discutiez-vous en chemin ? »
(Mc 9, 30-37)

En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache, car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Jésus fait route à travers la Galilée. Il peut se faire le plus discret possible, car il a entrepris d'instruire plus personnellement ses disciples proches des projets de Dieu sur lui. Et après cette deuxième annonce de la passion, ses disciples craignent de l'interroger, comme si cette révélation de la passion prochaine était pour eux un secret impossible à porter, comme si les souffrances à venir projetaient déjà leur ombre, l'ombre de l'échec, sur leur vie quotidienne avec Jésus.
Mais une fois arrivés à la maison de Capharnaüm, Jésus, lui, ne va pas craindre de leur demander : "De quoi discutiez-vous en chemin ?" ; qu'est-ce qui occupait votre esprit ? Quel est le souci que vous portiez ensemble ? Et les disciples se taisent, gênés, car, ensemble, ils avaient tourné le dos à la passion du Maître. Comme pour oublier le chemin des souffrances, ils avaient fait des projets de grandeur, et avaient commencé à se comparer entre eux.
Jésus répond d'abord en rectifiant l'image qu'ils se font d'eux-mêmes : la vraie grandeur, selon l'Évangile, est de se faire le dernier de tous. Non pas d'être au-dessous de tout, mais de se placer au-dessous de tous ; non pas pour se faire remarquer par une humilité trop voyante, mais simplement en se mettant en position de servir tous ses frères. Alors, lorsque dans la famille ou la communauté, Jésus nous met ou nous laisse à la place du service, du dévouement, de la gratuité, à la dernière place, nous ne disons plus : "On me prend ma vie", mais : "C'est bien ainsi ; c'est la place qui me revient".
Seul ce réflexe de l'humilité et du service, du service humble et de l'humilité active, nous permettra à longueur de vie d'accueillir chaque homme comme un frère de Jésus. Et le geste prophétique de Jésus amenant un enfant au milieu des disciples et l'entourant de ses bras, veut souligner justement ce lien entre l'humilité et la capacité d'accueil.
Quand on ne se soucie plus d'être le plus grand, on s'ouvre à l'accueil, même du plus petit. Accueillir un frère au nom de Jésus, c'est lui faire place dans notre vie, en nous référant à la personne de Jésus et son œuvre, à ce que Jésus est pour ce frère et fait pour lui.
Et dans la pensée de Jésus, l'enfant est une parabole vivante : on l'accueille sans regarder s'il le mérite, avant même qu'il puisse le mériter, simplement parce qu'il a besoin d'être accueilli. Tel est bien l'accueil que Jésus nous demande pour le plus petit, pour le plus insignifiant, le moins valable apparemment, des frères qu'il nous envoie.
Et finalement, c'est cette idée de l'envoi qui illumine la parole de Jésus sur l'accueil. Dieu envoie Jésus, et Jésus m'envoie le frère. C'est la cascade de l'envoi, de la mission. Et c'est l'accueil qui me fera remonter la cascade jusqu'à la source, à travers le frère je remonte à Jésus, avec Jésus je remonte au Père : "Quiconque m'accueille, dit Jésus, ce n'est pas moi qu'il accueille, mais Celui qui m'a envoyé".

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Lun 24 Sep - 9:44

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Faites attention à la manière dont vous écoutez »
(Lc 8, 16-18)

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d’un vase ou ne la met sous le lit ; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière. Car rien n’est caché qui ne doive paraître au grand jour ; rien n’est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour. Faites attention à la manière dont vous écoutez. Car à celui qui a, on donnera ; et à celui qui n’a pas, même ce qu’il croit avoir sera enlevé. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Il n'y a rien de si triste qu'une lumière qui ne brille pour personne, rien de plus insensé que de contraindre ou de masquer la lumière. Personne n'aurait la folie d'allumer une lampe pour la cacher aussitôt ; à plus forte raison le Père du ciel ne veut-il pas cacher la lumière qu'il a lui-même allumée en nous à la flamme de la parole de Jésus et qui nous donne accès aux secrets du Royaume.
Il nous a placés là où nous sommes, humbles lampes de tous les jours, pour qu'en nous consumant nous fassions pauvrement reculer les ténèbres de ce monde. Là où Dieu nous a placés, notre pauvreté est irremplaçable. Et notre pauvreté devient richesse dès qu'un frère ou une sœur approche de l'entrée ; car alors notre lumière révèle son visage.
Celui qui revient en pleine nuit cherche péniblement la maison et tâtonne ensuite longuement dans l'entrée, parce que personne ne l'attend. Et bien souvent, c'est l'expérience douloureuse que nous faisons dans la vie fraternelle : nous ne trouvons pas l'accès de la maison du frère, et l'entrée de son cœur n'est pas éclairée, parce qu'il ne nous attend pas ...ou n'attend plus personne.
Cette difficulté de rejoindre l'autre, cette déception sans cesse renaissante dans le dialogue, doivent nous convertir nous-mêmes à l'accueil : à quelque heure qu'il se présente, le frère doit trouver en nous une lumière pour lui.
D'ailleurs cette lumière ne vient pas de nous et ne nous appartient pas : elle ne marque pas l'entrée de notre maison, mais le vestibule de la maison de Dieu, car c'est Dieu qui attend mon frère ; c'est Dieu qui l'invite.
Bien souvent le frère entrera sans même remarquer la lumière. Il trouvera naturel que Dieu l'ait allumée ; et ce sera bien ainsi, puisqu'il entre pour rencontrer Dieu.
Et quand le frère aura trouvé Dieu, notre pauvre lumière continuera de veiller, au service d'un nouveau visage qui sortira de l'ombre à l'heure de Dieu, à l'appel de Dieu. Car il n'est rien de caché qui ne devienne un jour manifeste, en venant à la lumière de Dieu ; il n'est rien de fermé qui ne puisse s'ouvrir quand s'ouvrent les mains de Dieu ; il n'est rien de secret, ni misère ni richesse, qui doive redouter le plein jour du Verbe de Dieu.
Et notre lampe, pourtant dérisoire, est un relais de cette clarté qui brille sur la Face du Christ.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mar 25 Sep - 6:59

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu… »
(Lc 8, 19-21)

En ce temps-là, la mère et les frères de Jésus vinrent le trouver, mais ils ne pouvaient pas arriver jusqu’à lui à cause de la foule. On le lui fit savoir : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui veulent te voir. » Il leur répondit : « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Depuis le jour où Jésus avait rangé ses outils pour inaugurer sa vie de prophète itinérant dans toute la Galilée, les gens de sa parenté suivaient avec attention les événements, se demandant ce que signifiait un changement si brusque et sur quoi tout cela allait déboucher.
Il n'y a donc rien d'étonnant à voir les cousins de Jésus venir aux nouvelles. Mais pourquoi Marie, mère de Jésus, s'est-elle jointe à eux ?
Tout simplement parce que Jésus la laissait vivre dans la foi et l'espérance. Elle savait bien que Jésus était totalement voué aux affaires de son Père et que l'œuvre du Messie dépassait les frontières de Nazareth. Mais une mère est une mère : elle aussi voulait le voir, l'entendre parler du Père avec des mots tout simples. Et puis, à Nazareth elle veillait à tout ; maintenant qu'elle n'était plus là auprès de lui, ne manquait-il de rien ?
Marie est donc venue, elle aussi, pour voir Jésus. Mais impossible de l'atteindre, tellement la foule est dense autour de lui. On fait donc passer la nouvelle de rang en rang jusqu'à Jésus : "Ta mère et tes frères sont là dehors ; ils veulent te voir".
Étranges limites imposées à l'amour d'une mère : la foule lui a pris son fils, la foule la sépare de son fils.
Nous connaissons, nous aussi, cette souffrance de la séparation ; mais ce n'est plus la foule compacte qui nous interdit d'approcher de Jésus, c'est son retour au Père dans la gloire qui a mis entre nous et lui une distance que seule la foi peut franchir. Nous voudrions voir Jésus, et le Ressuscité nous répond en quelque sorte : "Pour l'instant il vous suffit de m'entendre". La vision est pour plus tard ; elle est réservée pour le moment de l'heureuse rencontre. Mais dès aujourd'hui nous avons la parole du Maître, et l'Esprit Paraclet nous est donné pour nous faire réentendre cette parole, pour nous en faire ressouvenir et pour nous y faire entrer avec toute la force de notre espérance.
Il n'a donc pas de différence entre la vie théologale de Marie et la nôtre : elle aussi a dû rejoindre son Fils par la foi et la confiance ; elle aussi, même avant la Résurrection, a dû accepter de longues séparations et vivre de la parole de Jésus sans plus voir son visage. Et la réponse de Jésus souligne bien cette nécessité d'une foi vivante : "Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique". Ce qui revient à dire : "Tous ceux qui écoutent ma parole et en vivent font partie de ma famille".
Jésus a toujours refusé de privilégier sa famille selon la chair, car il venait pour le salut du monde entier.
À première vue la réponse de Jésus semble sévère pour ses cousins et surtout pour Marie. En réalité, quand il évoque l'attitude des vrais croyants, Jésus pense à sa propre mère, comme nous le lirons bientôt dans ce même Évangile de Luc : "Un jour que Jésus prêchait, une femme éleva la voix du milieu de la foule et lui dit : Heureuse celle qui t'a porté et allaité !" ; en d'autres termes : "Comme elle a de la chance d'avoir un fils tel que toi !" Et Jésus de répondre : "Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent !" (Lc 11,28).
Bien sûr, Marie a de la chance ; bien sûr, c'est pour elle un privilège inouï que d'être la Mère de Dieu ; mais Jésus veut souligner son mérite, le mérite de sa foi.
Heureuse Marie, "qui a cru en l'accomplissement des paroles de Dieu" (1,45).
Heureuse Marie, "qui retenait tous les événements de la vie de Jésus et les méditait dans son cœur " (2,19).
Par son privilège de Mère du Messie, Marie échappe à la condition commune. Par sa foi et son espérance, au contraire, Marie est non seulement admirable, mais imitable.
C'est bien là aussi que Jésus la situe. Par un nouveau paradoxe, par une nouvelle délicatesse de son amour filial, au moment même où Marie attend dehors, hors du cercle de ses auditeurs, Jésus fait d'elle un éloge qui traversera tous les siècles : "Voici ma Mère, le modèle de votre foi".

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mer 26 Sep - 6:57

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Il les envoya proclamer le règne de Dieu et guérir les malades »
(Lc 9, 1-6)

En ce temps-là, Jésus rassembla les Douze ; il leur donna pouvoir et autorité sur tous les démons, et de même pour faire des guérisons ; il les envoya proclamer le règne de Dieu et guérir les malades. Il leur dit : « Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n’ayez pas chacun une tunique de rechange. Quand vous serez reçus dans une maison, restez-y ; c’est de là que vous repartirez. Et si les gens ne vous accueillent pas, sortez de la ville et secouez la poussière de vos pieds : ce sera un témoignage contre eux. » Ils partirent et ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.


MÉDITER AVEC LES CARMES :

Jésus a tenu à ce que ses disciples fassent, de son vivant, leurs premières expériences missionnaires ; et l'Évangile rapporte qu'il a envoyé, dans un premier temps, les Douze, sa meilleure équipe, puis dans un second temps soixante-douze autres, deux par deux (Lc 10,1-2).
Aujourd'hui nous assistons au départ des Douze. Jésus leur confie deux tâches essentielles : proclamer le Règne de Dieu et guérir ; et les deux sont liées, car les guérisons opérées par les Apôtres, tout comme celles accomplies par le Christ, seront le signe que le Règne de Dieu est arrivé et que les forces du mal reculent dans le monde, avec leur cortège de mort et de souffrances.
Voilà donc les Douze cheminant de village en village et expérimentant la puissance de Jésus à travers leurs paroles et leurs gestes. Parce qu'ils travaillent pour Jésus, avec sa force et son autorité, ils n'ont à prévoir aucun arsenal, aucune provision, aucune sécurité onéreuse. Et Jésus leur a recommandé de rester le plus légers possible : "ni bâton, ni besace, ni pain ni argent ; surtout pas deux tuniques l'une sur l'autre", ce qui serait un signe de luxe et d'oisiveté. Cette légèreté des missionnaires sera à la fois un signe de pauvreté et un témoignage de confiance dans la fidélité du Seigneur qui les envoie.
Il s'agit manifestement d'une mission courte, à l'intérieur même du pays d'Israël. Plus tard les missions de Paul en Méditerranée nécessiteront des équipes plus étoffées et le soutien financier de la communauté d'Antioche ou des jeunes églises.
Dans l'immédiat, c'est surtout un style missionnaire que Jésus veut inculquer aux Apôtres. Pour cette première tentative, les Douze iront de maison en maison, modestement, patiemment, prenant le temps d'un contact prolongé, annonçant la bonne nouvelle, l'unique nouvelle que le monde attende pour sa joie, et guérissant partout les malades physiques ou mentaux qu'on leur présentera.
Mais bien que ce soit une mission préparatoire, une sorte de répétition de la mission universelle, Jésus engage pleinement son autorité dans le travail de ses amis. Non seulement il leur donne de son pouvoir sur les démons et les maladies pour libérer tous ceux qui accueilleront le message avec foi, mais il leur demande de prononcer le cas échéant des avertissements solennels :
Quant à ceux qui ne vous accueilleront pas, sortez de leur ville et secouez la poussière de vos pieds, en témoignage contre eux".
Il se peut en effet qu'en réponse à son offre de paix et de liberté le témoin de Jésus essuie un refus, refus de sa présence ou refus de sa parole. Il restera alors messager de paix et se laissera chasser de la ville, sans une plainte et sans rien emporter d'elle, ni amertume ni agressivité, pas même la poussière attachée à ses pieds.
Il s'en ira, libre, dans la paix de Dieu, mais sans rien brader des appels de Jésus.
Jésus reviendra sur cette consigne lors de l'envoi des soixante-douze : "Dans toute ville où vous serez entrés et où l'on ne vous accueillera pas, sortez sur la place publique et dites : 'Même la poussière de votre ville qui s'est collée à nos pieds, nous l'essuyons pour vous la laisser. Pourtant, sachez-le bien : le Règne de Dieu est tout proche !" (10,11)
Bonne nouvelle pour les uns, occasion de raidissement pour les autres : la parole des disciples sera signe de contradiction comme celle du Maître ; et aussi longtemps que l'Évangile sera prêché au nom de Jésus, chaque homme devra signifier librement s'il accepte ou repousse son offre de miséricorde, s'il veut ou non être guéri, s'il prend ou non le chemin de l'amour.
De la part de Dieu, en tout cas, l'offre est généreuse. Dieu veut sauver, Dieu veut guérir, Dieu n'a pour nous que des pensées de paix et une bonne nouvelle. Mais c'est à nous de saisir le bonheur quand Jésus nous l'apporte.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Jeu 27 Sep - 6:54

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Qui est cet homme dont j’entends dire de telles choses ? »
(Lc 9, 7-9)

En ce temps-là, Hérode, qui était au pouvoir en Galilée, entendit parler de tout ce qui se passait et il ne savait que penser. En effet, certains disaient que Jean le Baptiste était ressuscité d’entre les morts. D’autres disaient : « C’est le prophète Élie qui est apparu. » D’autres encore : « C’est un prophète d’autrefois qui est ressuscité. » Quant à Hérode, il disait : « Jean, je l’ai fait décapiter. Mais qui est cet homme dont j’entends dire de telles choses ? » Et il cherchait à le voir.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Visiblement Hérode était intrigué par Jésus et par sa popularité grandissante, et il avait du mal à le situer, d'autant plus qu'autour de lui tout le monde voyait dans le Nazaréen un personnage du passé venu réveiller Israël, soit Élie, soit l'un des autres prophètes, soit même Jean-Baptiste qui venait d'être décapité.
Mais Hérode, lui, se posait la vraie question : "Quel est-il, celui dont j'entends dire de pareilles choses ?" Et il cherchait à le voir. Pourquoi ?
Saint Luc nous donne la réponse, non pas dans ce contexte, mais au cœur du récit de la Passion (23,8-12). Pilate, pour se débarrasser de l'affaire gênante du galiléen Jésus, croit avoir trouvé un moyen élégant : puisque Jésus est de la juridiction d'Hérode et qu'Hérode se trouve à Jérusalem, Jésus sera conduit chez le prince pour être jugé.
"À la vue de Jésus, écrit saint Luc, Hérode fut tout joyeux. Depuis longtemps, en effet, il désirait le voir, pour ce qu'il entendait dire de lui ; et il espérait lui voir faire un miracle".
Ainsi le désir de voir Jésus, inspiré d'abord par une question authentique sur sa personne et son œuvre, était vite retombé au niveau d'une banale curiosité. Sur ce point Hérode allait être frustré, car Jésus ne lui répondit rien, si bien qu'Hérode, après l'avoir, avec ses gardes, traité avec mépris et bafoué, le revêtit d'un manteau magnifique et le renvoya à Pilate.
C'est un peu l'histoire, toutes proportions gardées, de nos propres ambiguïtés dans la recherche de Jésus et de la retombée de nos désirs.
Jésus nous a fascinés, appelés, conquis, et pendant des années nous avons cherché à cerner son visage, à saisir le sens de son message et de son sacrifice. Puis un jour une occasion inouïe nous est donnée de rencontrer Jésus, mais c'est Jésus contesté, méconnu, pourchassé, et déjà condamné par les hommes, le Jésus douloureux dont la rencontre a changé la vie de Thérèse d'Avila, au carême de 1554. Ce pourrait être un sommet de notre amitié avec lui, dans le vrai silence adorant ; ce pourrait être une découverte émerveillée de son évangile et de son amour. Au lieu de cela nous quêtons, comme Hérode, des miracles, de l'immédiat ; non pas du sensationnel, certes, mais des bienfaits à notre mesure et à notre service.
Comme Hérode, "nous cherchons à le voir", mais nous avons du mal à l'écouter. Nous ne l'accueillons pas au niveau de sa passion et de son sacrifice, de son passage pascal et de sa volonté universelle de salut ; nous n'engageons pas toutes nos forces à ses côtés dans le procès que lui intente le monde du refus ; et au moment même où Jésus vient nous offrir de le rejoindre dans son mystère de mort pour la vie, nous lui faisons attendre notre conversion personnelle et fraternelle.
Alors, parce que nous parlons trop, comme Hérode, Jésus ne répond rien ; car toute sa réponse est déjà dans sa patience et sa passion, dans ses souffrances assumées pour le salut du monde. Son message ultime, son testament spirituel, c'est le don de lui-même dont l'Église fait mémoire à chaque Eucharistie : "Ceci est mon corps livré pour vous."
"Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang versé pour vous" (22,20).

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Ven 28 Sep - 6:53

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Tu es le Christ, le Messie de Dieu »
(Lc 9, 18-22)

En ce jour-là, Jésus était en prière à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Au dire des foules, qui suis-je ? » Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; mais pour d’autres, Élie ; et pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Pierre prit la parole et dit : « Le Christ, le Messie de Dieu. » Mais Jésus, avec autorité, leur défendit vivement de le dire à personne, et déclara : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »  

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Ce jour-là Jésus a perçu, dans sa prière, que le moment était venu de poser aux disciples la question décisive : "Pour vous, qui suis-je ?". Question capitale pour nous également ; et puisque Jésus nous parle réellement quand sa parole est proclamée dans la liturgie, nous avons à entendre, personnellement et communautairement, son interrogation. C'est un moment de lucidité et de courage, mais qui peut être très pacifiant et source de joie.
"Toi, que dis-tu ? Pour toi, qui suis-je ?"
Aujourd'hui, en ce début de journée ; aujourd'hui, en ce tournant de tes trente ans, de tes quarante, de tes quatre-vingts ans, pour toi, qui suis-je ? Que je sois dans ta vie, que je sois venu t'appeler, qu'est-ce que cela change à ton regard sur les événements et les personnes ? Qu'est-ce que cela crée dans ton cœur ? Quel cheminement cela ouvre-t-il ? Quel élan cela suscite-t-il ?
De fait, happés que nous sommes par le quotidien, nous en venons parfois à oublier au nom de qui nous l'assumons, pour l'amour de qui nous avons à l'offrir. La fascination du Seigneur Jésus a été assez puissante pour nous ramener à lui après des moments d'infidélité : faut-il croire que notre amour s'est refroidi ou banalisé pour que nous éprouvions tant de difficulté à chasser la tristesse, à trouver le bonheur dans l'oubli de nous-mêmes, à valoriser notre vie toute simple par une référence constante aux Béatitudes ?
Quand nous quittons Jésus du regard, l'aventure spirituelle n'offre plus que son versant aride, et nous sommes tentés de perdre cœur, alors que nous avons, tout près, à portée de prière, à portée de confiance, le Seigneur de notre appel qui n'a rien renié de son amour.
"Pour vous, qui suis-je ?", dit Jésus. Et à sa question il attend aussi une réponse communautaire. Il nous faut saisir et redire bien souvent ce que Jésus est pour nous, tous ensemble : le Sauveur qui nous a réunis ; sinon la force des soucis et le poids de la vie commune nous amèneront à vivre comme un échec la fraternité que Jésus vient chaque jour nourrir et fortifier.
La foi seule, il est vrai, nous dit que là où le Christ est vivant, rien n'est plus quelconque dans la vie partagée par les sœurs.
La foi nous convainc qu'ensemble les sœurs expriment le Corps du Christ et donnent un visage à l'Église.
La foi nous affirme qu'une communauté vit, dans le Christ, un mystère qui dépasse les réalités visibles et mesurables, et que ce mystère est en route, même si, à cause des pesanteurs de l'existence, les sœurs perdent l'élan chacune à son tour.
Comment pourraient-elles laisser s'évaporer de la maison fraternelle le parfum de la joie, celles qui se savent aimées par le même Seigneur, appelées d'une même parole, en route vers la même gloire auprès de Dieu ? Rien ne les séparera de l'amour du Christ, de l'amour du Père manifesté dans le Christ, ni les épreuves de santé, ni les incertitudes, ni la gêne des différences de tempérament, ni même les chutes et les blessures de la route, car en dépit de toutes les fatigues et de toutes les maladresses, toutes appartiennent pour la vie au grand Vivant.
Le point d'arrimage de leur espérance, le seul qui résiste aux bourrasques communautaires, le seul auquel chacune peut s'ancrer, c'est le Christ lui-même qui édifie son Corps, et qui est pour toujours la Tête et le guide.
C'est lui qui bâtit le Temple spirituel avec d'humbles pierres ; et à toutes il donne de rester vivantes.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Sam 29 Sep - 10:07

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu »
(Jn 1, 47-51)

En ce temps-là, lorsque Jésus vit Nathanaël venir à lui, il déclara à son sujet : « Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui. » Nathanaël lui demande : « D’où me connais-tu ? » Jésus lui répond : « Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. » Nathanaël lui dit : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! » Jésus reprend : « Je te dis que je t’ai vu sous le figuier, et c’est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses plus grandes encore. » Et il ajoute : « Amen, amen, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

André a entendu le Baptiste lui dire : "Voici l'Agneau de Dieu." Il a suivi Jésus et lui a demandé : "Où demeures-tu ?" Simon a été amené par son frère. Jésus l'a regardé, et lui a dit : "Tu t'appelleras Kèphas". Philippe a entendu simplement : "Suis-moi !" ; Jacques et Jean ont lâché leurs filets ; Matthieu s'est levé sans terminer son addition.
Mais tous ceux-là ont vu Jésus ; c'est pourquoi leur réponse a pu être immédiate, décisive. Nathanaël n'entend d'abord que le témoignage des premiers appelés : "Celui dont parlent la Loi et les Prophètes, nous l'avons trouvé : c'est Jésus, fils de Joseph, de Nazareth !" Et Nathanaël ne s'en laisse pas compter.
"Viens et vois", lui répond Philippe. C'est le type même de la parole de témoignage, qui ne contraint pas, mais propose. Philippe a reconnu en Jésus le Messie d'Israël, mais il ne force pas la main de Nathanaël ; il ne l'oblige pas, par pression morale, à entrer dans sa propre certitude et dans sa propre joie. Il lui suggère simplement de poser à son tour un acte de liberté, de faire à son tour le pas et la découverte : "Viens et vois !" De fait, même le plus vibrant des témoignages ne suffira jamais pour susciter la foi. Personne ne peut croire par procuration ; il faut faire soi-même la démarche, se risquer à la rencontre et au dialogue avec l'Envoyé de Dieu.
"Viens et vois !" À partir de cette invitation de Philippe, tout l'épisode va se centrer sur le regard.
Nathanaël va donc voir Jésus ; mais surtout il va prendre conscience que déjà il a été vu : "Quand tu étais sous le figuier, lui dit Jésus, je t'ai vu !" Jésus a vu, dans le secret, Nathanaël sous le figuier méditant les Écritures.
En un éclair, Nathanaël se découvre précédé par le regard de Jésus. Et parce qu'il se sait reconnu, il reconnaît à son tour Jésus pour ce qu'il est : le Messie envoyé de Dieu et le roi attendu par Israël. Jésus l'a vu espérer, et parce que Jésus, dans son amour, a pris l'initiative, Nathanaël peut croire en le voyant : "Rabbi, c'est toi, le Fils de Dieu ! c'est toi, le roi d'Israël !"
Mais Jésus lui répond : "tu verras des choses bien plus grandes !"... Oui, s'il garde les yeux ouverts en même temps qu'il ouvre son cœur, Nathanaël verra en Jésus mieux encore que cette lucidité qui le surprend, mieux encore qu'un lieutenant de Dieu sur la terre. Il verra se déployer tout le mystère du Fils de Dieu fait homme. Il comprendra qu'avec Jésus la pleine communion avec Dieu est offerte aux croyants, et que le Messie est, à lui seul, toute l'ouverture du cœur de Dieu.
À ce moment, pour la révélation solennelle qu'il veut faire, Jésus, au-delà de Nathanaël, s'adresse à tous ceux qui vont être les témoins de sa vie et de sa Pâque : "En vérité, en vérité je vous le dis : vous verrez, vous verrez le ciel ouvert !"
La foi leur fera rejoindre, à travers la déchirure du ciel, le Dieu inaccessible. Mieux encore, ils assisteront à un dialogue inimaginable, celui de Dieu, au ciel, avec le Fils de l'Homme sur terre : "Vous verrez les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'Homme". Le mouvement des anges, messagers de Dieu, tel que Jésus le décrit, traduit pour le regard ce que ce dialogue a de paradoxal pour l'intelligence et le cœur de l'homme. On s'attendrait que les messagers descendent d'auprès de Dieu, puis remontent vers lui ; en réalité ils montent de Jésus vers le Père : le message part donc de Jésus, le Fils pleinement libre et tout obéissant, le Fils totalement spontané qui passe tout entier dans sa réponse, le Fils responsable et totalement autonome dans sa propre soumission ; et les messagers redescendent d'auprès de Dieu sur Jésus à tout moment de sa mission. Ils sont porteurs d'une parole silencieuse, et pour nous inaudible : le oui de Dieu au monde qu'il aime, l'acquiescement du Père à son Bien-Aimé.
Frères et sœurs, nous qui passons des heures, heureuses ou arides, sous le figuier de la prière et de la Parole, cette même Parole nous appelle à nous lever chaque jour pour chercher du regard le regard du Christ.
Déjà lui nous a vus, et il nous donne d'entrevoir, des yeux de la foi, au-delà de son humanité sainte, son échan­ge d'amour avec le Père, qui est un autre nom de la gloire.
"Viens et vois, Nathanaël !"

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Dim 30 Sep - 10:00

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Celui qui n’est pas contre nous est pour nous »
(Mc 9, 38-43.45.47-48)

En ce temps-là, Jean, l’un des Douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il n’est pas de ceux qui nous suivent. » Jésus répondit : « Ne l’en empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ; celui qui n’est pas contre nous est pour nous. Et celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense. Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer. Et si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le feu ne s’éteint pas. Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds. Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux, là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Arrêtons-nous quelques instants sur la question posée par Jean, le fougueux, l'exclusif, l'homme d'un seul maître, et sur la réponse de Jésus.
"En ton nom" signifie, d'après le sens de l'hébreu : "En se référant à toi". À l'époque, les exorcistes conjuraient les démons "au nom" de Yahweh, de Salomon, le modèle des guérisseurs et des exorcistes, au nom des démons eux-mêmes ou des exorcistes célèbres. Dès lors, pourquoi pas au nom de Jésus ? Tous le savent déjà : dans le nom de Jésus toute la puissance (divine) est présente ; le nom de Jésus est porteur de puissance, de force libératrice.
Mais ces exorcistes n'appartiennent pas au cercle des disciples qui ont reçu "force et puissance sur les démons". Les Apôtres, et Jean en particulier, réagissent avec l'étroitesse des privilégiés, comme des propriétaires de l'appel de Jésus, et comme pour canaliser la puissance de Dieu, pour circonscrire d'avance le champ de sa miséricorde : "Il ne nous suit pas !". Luc dit même :"Il ne suit pas avec nous !".
La réponse de Jésus essaie d'inculquer aux disciples la tolérance.
Elle se situe à trois niveaux : moi – nous – vous.
Jésus fait d'abord une constatation d'expérience : faire un miracle en mon nom, ce n'est pas mal parler de moi.
Puis le Maître énonce une maxime générale, qui regarde cette fois la communauté chrétienne, dont Jésus est solidaire. Et il dit : "nous". "Celui qui n'est pas contre nous est pour nous". C'est particulièrement vrai en temps de persécution.
Jésus propose un exemple concret, qui confirme la maxime générale. Il s'agit de "vous", cette fois. Et la parole de Jésus est assortie d'une promesse solennelle : "Amen !", qui réaffirme la fidélité de Dieu envers ceux qui le servent.
Le verre d'eau, c'est l'ABC de l'hospitalité en pays chaud, mais le donner à un chrétien parce que chrétien, ou bien que chrétien, surtout en période de persécutions, c'est mériter l'amitié de Jésus. Le verre d'eau n'est pas grand-chose. Mais le motif pour lequel on le donne est important : peu de chose est nécessaire pour avoir droit à la reconnaissance du Christ !
À l'intolérance des Apôtres s'oppose donc l'accueil universel de Jésus. Les disciples voulaient s'en prendre à ceux qui ne suivaient que de loin, et de l'extérieur. Jésus au contraire prend pour lui le moindre verre d'eau donné à un chrétien, même par un homme très extérieur à la communauté, même si le donateur ne se réfère que de très loin à Celui que les chrétiens révèrent.
La parole de Jésus nous rejoint aisément, à notre époque où tant d'allergies, intellectuelles, sociales, politiques, opposent les hommes, et même les chrétiens. Ce n'est pas rien, pour un homme, que de se référer au Christ, même si sa motivation reste tant soit peu intéressée, même si son approche du Christ demeure ambiguë, même s'il est encore à mi-chemin de la foi explicite.
Et rien ne permet de le prendre pour un ennemi du Règne de Dieu.
Bien des hommes et des femmes, tout en rejetant notre témoignage ou même notre amitié, gardent au fond du cœur une admiration sans bornes pour Jésus et une secrète espérance en lui.
Bien des hommes de bonne volonté font reculer la haine ou le malheur dans le monde, pour un idéal qu'ils ne savent pas encore nommer.
Nombre de jeunes, encore éloignés de l'Église, redécouvrent en Jésus une raison de vivre.
Sommes-nous prompts à relever l'imprécision de leur recherche, à dénoncer des dangers d'amalgame, ou au contraire à deviner l'étincelle de foi, ou l'Esprit Saint qui œuvre de manière invisible ?
C'est un test que Jésus aujourd'hui nous propose, le test de la largeur de notre cœur et de notre esprit œcuménique. Sommes-nous des disciples sans frontières, sans barrières, sans œillères ?
Sommes-nous des chrétiens tous azimuts ?
Sommes-nous, en famille ou en communauté, patients envers ceux qui cherchent ?
Savons-nous voir le cœur au-delà des mots maladroits ?
Savons-nous deviner l'amour profond au-delà des attitudes raides ou désinvoltes ?
Il est des hommes qui suivent le Christ, même si ce n'est pas avec nous, même si ce n'est plus avec nous et pas tout à fait comme nous. Dieu connaît les siens, et l'Esprit, lui, s'y retrouve.
C'est sans doute ce que Jésus, ce jour-là, a voulu dire.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Lun 1 Oct - 9:39

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand »
(Lc 9, 46-50)

En ce temps-là, une discussion survint entre les disciples pour savoir qui, parmi eux, était le plus grand. Mais Jésus, sachant quelle discussion occupait leur cœur, prit un enfant, le plaça à côté de lui et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. En effet, le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand. » Jean, l’un des Douze, dit à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il ne marche pas à ta suite avec nous. » Jésus lui répondit : « Ne l’en empêchez pas : qui n’est pas contre vous est pour vous. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

De ces deux consignes jumelées dans l'Évangile de Luc, et qui toutes deux ont trait à la vie de la communauté, l'une vise la volonté de puissance, l'autre l'étroitesse de cœur, qui peut fausser même le service de Dieu.
La première commence par un acte symbolique, ce qui est tout à fait dans la manière des prophètes.
Les disciples se demandent qui d'entre eux est le plus grand, et Jésus répond à "la question de leur cœur" en plaçant un petit enfant près de lui. Il faut bien photographier ce geste si l'on veut comprendre le commentaire de Jésus. Dans ce passage précis, Luc ne dit pas que Jésus embrasse l'enfant ni qu'il lui impose les mains, mais seulement : "Jésus le plaça auprès de lui".
Près du petit se tient Jésus, le protégeant, le valorisant, lui conférant sa vraie grandeur. De même près de Jésus se tient, invisible, le Père, qui le protège, le valorise, et lui confère sa vraie grandeur. C'est pourquoi Jésus peut dire : "Quiconque m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé".
La vraie grandeur pour Jésus est de se vouloir tout soumis au Père.
La vraie grandeur pour l'enfant est d'être là, tout près de Jésus, tout soumis à Jésus qui le choisit.
La vraie grandeur pour le disciple est de se situer comme l'enfant ce jour-là, tout au bout de la chaîne de l'envoi, et valorisé uniquement par l'appel de Jésus.
Au fond, la question qui agitait les Apôtres n'avait pas de sens aux yeux de Jésus. "Qui est le plus grand ?", se demandaient-ils ; mais ils ne comparaient que de fausses grandeurs. Dieu seul grandit l'homme, répond Jésus, et la vérité de l'homme, c'est d'être petit devant Dieu. C'est pourquoi l'enfant demeure, pour le croyant adulte, un modèle inapprochable. Non pas tellement parce qu'il serait innocent, mais parce qu'il trouve tout naturel d'être aimé. Thérèse de l'Enfant Jésus avait saisi cela de manière géniale.
La deuxième consigne de Jésus veut répondre également à un faux problème, ou du moins à un problème mal posé. Elle veut aussi couper court à une tentation de l'apôtre Jean, tentation qui guette toujours ceux et celles qui se veulent fidèles à l'Évangile, et qui consiste à annexer pour soi-même ou pour un groupe la présence du Christ, son amitié, ou la puissance de son Esprit.
"Maître, nous avons vu quelqu'un expulser les démons en ton nom, et nous avons voulu l'en empêcher, parce qu'il ne te suit pas avec nous !". Jean perd de vue le bien réel qui se fait : les démons effectivement sont expulsés. Il perd de vue la loyauté de ces exorcistes, qui entendent travailler au nom de Jésus. Jean retient uniquement un point qui l'agace : "ces gens-là ne sont pas avec nous", ils ne sont pas de notre groupe !
C'est la tentation des nantis spirituels, qui ont besoin, pour vivre et servir, de se sentir privilégiés. Ce fut la tentation de certains membres du peuple choisi, l'aîné de tous dans la foi, au moment où il fallut admettre que les Gentils, sans la Loi, avaient reçu, eux aussi, l'Esprit Saint.
C'est un danger qui nous menace, à notre tour, que d'exclure un peu trop vite ceux ou celles qui apportent à l'harmonie communautaire une note de personnalité irréductible, qui ont besoin d'un plus long temps pour comprendre toutes les exigences du contrat fraternel lié à leurs vœux, qui servent le Seigneur d'une manière inhabituelle ou paradoxale, ou simplement n'entrent pas dans notre vue personnelle des choses.
Au moment où nous apportons ensemble notre offrande à l'autel, laissons le Christ agrandir notre cœur, pour accueillir ces frères et ces sœurs qui ne sont pas contre nous, même s'ils marchent à leur pas, et qui sont pour nous, puisqu'ils cherchent le même Seigneur.
Laissons-nous habiter, laissons-nous blesser jusqu'à l'intime de nous-mêmes par la générosité de Dieu.
Son cœur est si large que pour lui il n'y a jamais de marginaux.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mar 2 Oct - 9:45

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

« Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits »
(Mt 18, 1-5.10)

À ce moment là, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le royaume des Cieux ? » Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d’eux, et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux. Et celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom, il m’accueille, moi. » Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Les enfants, les petits : Jésus vise là deux groupes bien distincts.
Les enfants sont pour lui le modèle de tous ceux qui veulent entrer dans le règne de Dieu. Pourquoi ? Parce que les enfants sont innocents ? Non sans doute, parce qu'en réalité les enfants ont de la malice à revendre, et s'ils ne font que de petites bêtises, c'est souvent parce qu'ils n'en connaissent pas de plus grandes. Mais l'enfant à ceci d'extraordinaire, c'est qu'il trouve tout naturel d'être aimé. Et c'est en cela qu'il nous montre la voie : si nous ne retournons pas à l'état des enfants, si nous n'acceptons pas d'être aimés gratuitement par le Dieu de la vie, nous n'entrerons pas dans son règne, son règne n'entrera pas en nous. Aux yeux de Dieu, le plus grand est celui qui se fait petit et qui ne trouve pas étrange d'être aimé sans mérite préalable, simplement parce que Dieu est amour et qu'il aime nous aimer.
Les petits dont Jésus parle plus loin ne sont plus les enfants, mais les petites gens de la communauté, "ces petits qui croient en moi", dit Jésus. Ils ne sont plus petits par l'âge ou la taille, mais par le peu de cas que l'on fait d'eux dans la société. Petits moyens, petite envergure, petit crédit aux yeux des hommes : voilà le portrait des petits dont Jésus prend la défense. Même dans le groupe des croyants ils sont méprisés, et l'on va jusqu'à placer des embûches pour les faire tomber. Jésus, lui, ne veut pas qu'un seul de ces petits se perde ; il a la même tendresse que son Père et met toute sa joie à les ramener quand ils s'égarent.
Tels sont les choix de Dieu, tel est le parti pris de Jésus : ce qui ne compte pas pour le monde a du prix à ses yeux. Il aime les enfants qui se laissent aimer ; il aime les petits, les humbles, qui se laissent sauver. Mais il nous aime et nous sauve, nous aussi, qui avons renié notre enfance et pris des réflexes de grandeur.
Que cette eucharistie soit pour chacun de nous l'occasion de se laisser rejoindre par le Pasteur. Qu'elle restaure en nous un cœur d'enfant, tout en accueil de la joie du royaume. Qu'elle fasse grandir les petits que nous sommes, petits dans la foi, petits en espérance, "jusqu'à la taille du Christ en sa plénitude".

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