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 Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes

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Espérance

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Jeu 3 Mai - 10:33

3 mai

L'ÉVANGILE DU JOUR

« Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas ! » (Jn 14, 6-14)


En ce temps-là, Jésus dit à Thomas : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. »
Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »
Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ?
Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres.
Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.
Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père,
et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils.
Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai. »


MÉDITER AVEC LES CARMES


À cet endroit de l'Évangile de Jean, le discours après la Cène devient dialogue, puisque, après avoir conversé avec Pierre (13,38), Jésus s'adresse ici à Thomas, puis à Philippe.


"Seigneur, disait Thomas, nous ne savons même pas où tu vas, comment pourrions-nous en savoir le chemin ?" Et Jésus de répondre par une phrase insondable, où l'on ne peut entrer que le cœur grand ouvert : "Moi, je suis le chemin et la vérité et la vie".


Il est le chemin parce qu'il est la vérité.

Il est à lui seul toute la vérité que Dieu révèle aux hommes, toute la vérité sur Dieu qui se révèle. Tout ce qu'on peut dire du Père est déjà dit par le Fils ; tout ce qu'on peut connaître du Père est pleinement manifesté dans le Fils : Jésus est chemin de connaissance, chemin de vérité.


Il est aussi le chemin parce qu'il est la vie.

Toute la vie que le Père offre aux hommes est déjà donnée dans son Fils : "Telle est en effet la volonté de mon Père, dit Jésus, que quiconque voit le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle" (6,40). Tout homme en marche vers le Père est en route vers la vie, et il la trouve déjà en rencontrant le Christ. Jésus est chemin de vie : il est déjà la vie, lui qui mène à la vie.


Jésus est à la fois la vérité et la vie, parce que, à la fois, il manifeste le Père et introduit les hommes dans sa communion ; mais tant que nous sommes pèlerins vers la gloire, Jésus est pour nous la vérité et la vie sur le mode du chemin, du chemin à suivre, sur le mode du passage, du passage obligé.


"Personne ne va au Père que par moi", dit Jésus. Si donc nous avons l'impression d'être perdus dans notre quête de Dieu, si nous revenons, de loin en loin, devant les mêmes impasses, si nous sommes tentés de perdre courage parce que toute route s'efface, il suffit, pour retrouver le chemin, de s'ouvrir de nouveau à la vérité de Jésus et de recevoir comme un pauvre la vie qu'il nous offre.


Il suffit même de voir Jésus pour voir le Père, de connaître Jésus pour connaître le Père, si l'on regarde résolument avec les yeux de la foi. Et c'est ce que Jésus révèle à Philippe. À sa demande : "Seigneur, montre-nous le Père !", il répond : "Je suis avec vous depuis si longtemps, et cependant, Philippe, tu ne m'as pas connu ?" Il y avait donc, tout au long de la vie de Jésus, quelque chose à connaître, quelqu'un à reconnaître, au travers et au-delà de ses paroles et de ses actes. Il y a, encore aujourd'hui, à reconnaître dans le Jésus des Évangiles, non seulement l'envoyé de Dieu, mais la manifestation parfaite du Père. Il faut reconnaître en Jésus, que l'on voit agir, que l'on entend parler, le Fils éternel venu "raconter" Dieu (1,18), le Bien-Aimé qui peut dire : "Je suis dans le Père et le Père est en moi. Les paroles que je dis, je ne les dis pas de moi-même : le Père, demeurant en moi, accomplit ses propres œuvres".


C'est à cause de cette communion indicible que Jésus est vérité de Dieu ; c'est à cause de cette intimité que Jésus est vie de Dieu pour les hommes. De son vivant sur terre, déjà Jésus était habité par la gloire de Dieu ; cheminant parmi nous il était déjà chemin vers le Père, lien immédiat avec le Père. À plus forte raison nous mène-t-il jusqu'au Père, maintenant qu'il est assis pour toujours à sa droite et qu'il attire à lui tous les hommes.


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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Jeu 3 Mai - 15:10

3 mai

























L'ÉVANGILE DU JOUR




« Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas ! » (Jn 14, 6-14)





En ce temps-là, Jésus dit à Thomas : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » 
Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » 
Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? 
Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. 
Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. 
Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père,
et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. 
Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai. »




MÉDITER AVEC LES CARMES


À cet endroit de l'Évangile de Jean, le discours après la Cène devient dialogue, puisque, après avoir conversé avec Pierre (13,38), Jésus s'adresse ici à Thomas, puis à Philippe.

"Seigneur, disait Thomas, nous ne savons même pas où tu vas, comment pourrions-nous en savoir le chemin ?" Et Jésus de répondre par une phrase insondable, où l'on ne peut entrer que le cœur grand ouvert : "Moi, je suis le chemin et la vérité et la vie".

 Il est le chemin parce qu'il est la vérité.

 Il est à lui seul toute la vérité que Dieu révèle aux hommes, toute la vérité sur Dieu qui se révèle. Tout ce qu'on peut dire du Père est déjà dit par le Fils ; tout ce qu'on peut connaître du Père est pleinement manifesté dans le Fils : Jésus est chemin de connaissance, chemin de vérité.

Il est aussi le chemin parce qu'il est la vie.

Toute la vie que le Père offre aux hommes est déjà donnée dans son Fils : "Telle est en effet la volonté de mon Père, dit Jésus, que quiconque voit le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle" (6,40). Tout homme en marche vers le Père est en route vers la vie, et il la trouve déjà en rencontrant le Christ. Jésus est chemin de vie : il est déjà la vie, lui qui mène à la vie.

Jésus est à la fois la vérité et la vie, parce que, à la fois, il manifeste le Père et introduit les hommes dans sa communion ; mais tant que nous sommes pèlerins vers la gloire, Jésus est pour nous la vérité et la vie sur le mode du chemin, du chemin à suivre, sur le mode du passage, du passage obligé.

"Personne ne va au Père que par moi", dit Jésus. Si donc nous avons l'impression d'être perdus dans notre quête de Dieu, si nous revenons, de loin en loin, devant les mêmes impasses, si nous sommes tentés de perdre courage parce que toute route s'efface, il suffit, pour retrouver le chemin, de s'ouvrir de nouveau à la vérité de Jésus et de recevoir comme un pauvre la vie qu'il nous offre.

Il suffit même de voir Jésus pour voir le Père, de connaître Jésus pour connaître le Père, si l'on regarde résolument avec les yeux de la foi. Et c'est ce que Jésus révèle à Philippe. À sa demande : "Seigneur, montre-nous le Père !", il répond : "Je suis avec vous depuis si longtemps, et cependant, Philippe, tu ne m'as pas connu ?" Il y avait donc, tout au long de la vie de Jésus, quelque chose à connaître, quelqu'un à reconnaître, au travers et au-delà de ses paroles et de ses actes. Il y a, encore aujourd'hui, à reconnaître dans le Jésus des Évangiles, non seulement l'envoyé de Dieu, mais la manifestation parfaite du Père. Il faut reconnaître en Jésus, que l'on voit agir, que l'on entend parler, le Fils éternel venu "raconter" Dieu (1,18), le Bien-Aimé qui peut dire : "Je suis dans le Père et le Père est en moi. Les paroles que je dis, je ne les dis pas de moi-même : le Père, demeurant en moi, accomplit ses propres œuvres".

C'est à cause de cette communion indicible que Jésus est vérité de Dieu ; c'est à cause de cette intimité que Jésus est vie de Dieu pour les hommes. De son vivant sur terre, déjà Jésus était habité par la gloire de Dieu ; cheminant parmi nous il était déjà chemin vers le Père, lien immédiat avec le Père. À plus forte raison nous mène-t-il jusqu'au Père, maintenant qu'il est assis pour toujours à sa droite et qu'il attire à lui tous les hommes. 


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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Ven 4 Mai - 9:55

4 mai

L'ÉVANGILE DU JOUR




« Aimez-vous les uns les autres » (Jn 15, 12-17)


En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.
Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître.
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.
Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »


MÉDITER AVEC LES CARMES

Qu’est-ce qui fait agir l’homme ? Qu’est-ce qui le pousse à travailler, à se fatiguer, à chercher, à prévoir ? Quelle force le meut de jour en jour, d’année en année, tout au long d’une vie qui passe si vite ?

Balzac disait : c’est l’intérêt. Les affiches crient : c’est le plaisir ; et les journaux répètent : c’est la soif du pouvoir. Jésus, lui, parlait au futur, et il disait : ce sera l’amour. Et c’est d’amour qu’il a parlé à ses disciples, longuement, dans son discours d’adieux, lors de son dernier repas, alors que s’agitaient contre lui, dans Jérusalem nocturne, Judas et ceux qui le payaient, justement : les forces de l’intérêt et du pouvoir. Et dans la bouche de Jésus, le verbe aimer, ce mot usé, faussé, sali, redevient grand, et porteur d’espérance.

"Demeurez dans mon amour", dit Jésus aux disciples. Entendons ; demeurez dans l’amour que j’ai pour vous. Et effectivement, pour cette poignée d’hommes qui ont tout quitté et qui l’ont suivi, c’est la seule chose qui puisse donner sens à leur vie : demeurer dans l’amitié de Jésus de Nazareth, le seul qui ait les paroles et les réalités de la vie éternelle.
Et ils savent ce que cela veut dire, comme nous le savons nous-mêmes : l’amour que Jésus a pour nous est toujours à la fois une initiative et un appel. Une initiative, car Jésus n’attend pas, pour nous aimer, que nous puissions être fiers de nous ; un appel, puisque son amour prend tout l’homme et tout dans l’homme : l’intelligence, l’affectivité, le goût d’agir et la soif de beauté. Tout cela, l’amour de Jésus veut le mettre à son service. C’est pourquoi Jésus ajoute : "Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour".

C’est dire que cette amitié entre Jésus, Fils de Dieu, et nous, fils et filles de Dieu, ne se mesure pas au baromètre du sentiment, mais à celui de la fidélité. Rien de plus ordinaire, en un sens, que l’amour de Jésus et notre réponse à cet amour, car ils se vivent dans le quotidien et en habits de tous les jours. Jésus lui-même n’a pas vécu autrement l’amour inouï qui le liait à son Père : "Moi de même j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour".

Mais quelles sont les consignes de Jésus, qui doivent dessiner ainsi l’horizon de notre liberté et nous permettre de demeurer dans son amour ?

Jésus n’en a laissé qu’une : "Aimez-vous". Et de fait, tout est là, car aimer, c’est faire vivre. Aimer, c’est vivre pour que l’autre vive, pour qu’il puisse se chercher, se trouver, se dire ; pour qu’il se sente le droit d’exister et le devoir de s’épanouir. Aimer, c’est faire exister l’autre, les autres, à perte de vue, à perte de vie, malgré nos limites et les handicaps de l’autre, malgré les frontières sociales et culturelles, malgré tous les tassements de l’existence, malgré les ombres de l’égoïsme ou de l’agressivité qui passent jusque dans les foyers les plus unis et les communautés les plus fraternelles. Aimer, c’est repartir sans cesse, à deux, à dix, en communauté, en Église, parce que l’amour du Christ ne nous laisse pas en repos, et parce que, après tout, d’après Jésus lui-même, il n’y a pas de plus grand amour, il n’y a pas d’autre limite à l’amour que de donner sa vie, en une fois ou à la journée.

Déjà le Psalmiste disait à Dieu dans sa prière, comme pour résumer sa découverte de l’amour du Seigneur : "Toi, tu ouvres la main, et tu rassasies tout vivant". Dieu est celui qui ouvre la main et qui est sans cesse en train de l’ouvrir ; le disciple de Jésus est celui qui garde la main ouverte, sans jamais la refermer ni sur rien ni sur personne.
Et nous voilà perplexes et démunis devant un pareil renversement des valeurs. Nous sentons bien, pourtant, et nous savons d’expérience, que par-là, sur ce "chemin de la charité", comme disait saint Paul, notre vie retrouve toujours un peu de sa légèreté, et notre coeur un peu de son espace. C’est bien ce que Jésus ajoute, sur le ton de la confidence : "Je vous ai dit cela afin que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite".

Quand cette joie du Christ trouve un écho en nous, notre vie, comblée ou douloureuse, commence à laisser un sillage. Parfois, il est vrai, la route de l’abnégation paraît longue et nos efforts bien mal payés, par nos frères ou nos sœurs, par les enfants, ou par Dieu. Il est bon, à ces heures-là, d’écouter le Christ nous redire, comme aujourd’hui, pour remettre les choses au point et notre vie dans sa lumière : "Ce n’est pas toi qui m’as choisi, (ce n’est pas toi qui m’as fait un cadeau en acceptant la foi et mon appel), c’est moi qui t’ai choisi ; et je t’ai placé/e, là où tu es, là où tu sers, là où tu souffres et là où tu espères, pour que tu ailles de l’avant, que tu portes du fruit, et que ton fruit demeure".

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Sam 5 Mai - 10:13

Bonjour,

5 Mai :



L'ÉVANGILE DU JOUR :

« Vous n’appartenez pas au monde » (Jn 15, 18-21)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi.
Si vous apparteniez au monde, le monde aimerait ce qui est à lui. Mais vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous.
Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : un serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a gardé ma parole, on gardera aussi la vôtre.
Les gens vous traiteront ainsi à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas Celui qui m’a envoyé. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

 "Ce que je vous commande, disait Jésus en commentant l’apologue de la vigne, c’est de vous aimer les uns les autres". Curieusement le texte se poursuit par dix versets sur la haine, la haine du monde pour Jésus et pour ses disciples.
Pour comprendre la pensée de Jésus, il faut ici nous familiariser avec le langage du quatrième Évangile. Quand Jésus, dans saint Jean, parle de monde, il s’agit, selon les textes, de trois choses différentes.

Ou bien "le monde" désigne la terre et les hommes qui l’habitent: "Je suis venu dans le monde" (18,37), "Le Père a envoyé le Fils dans le monde" (10,36); ou bien "le monde" vise uniquement l’ensemble de l’humanité, que Dieu veut sauver: "Dieu a tant aimé le monde" (3,16), "Je suis la lumière du monde", c’est-à-dire la lumière pour tous les hommes (8,16); ou bien encore - et c’est le cas dans ce passage d’évangile - "le monde" désigne ceux qui s’opposent au message de Jésus, et donc à l’initiative du Père: c’est le monde du refus.

  "Si le monde vous hait, dit Jésus, sachez qu’il m’a haï avant vous".

Il ne s’agit pas d’une haine secrète, qui reste tapie au fond des cœurs : c’est une haine active et efficace, qui va jusqu’à la persécution : "S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront, vous aussi" ; et l’histoire contemporaine ne cesse de vérifier cette prophétie du Seigneur : de la calomnie au goulag et au massacre tribal, tous les moyens sont bons pour faire taire les disciples de Jésus.
Ce que le monde, le monde du refus, ne supporte pas, c’est la différence. Ce que l’on reproche aux chrétiens, c’est d’aborder les réalités de l’homme, de son présent et de son avenir, avec d’autres critères, d’autres certitudes, et dans d’autres perspectives. Le chrétien, qui vit dans le monde, n’est pas de ce monde, car l’Esprit Paraclet lui apprend d’où il vient et où il va. Le chrétien échappe au monde du refus et à son entreprise d’autonomie par rapport à Dieu ; et cette liberté filiale dans l’obéissance à Dieu, le monde ne la pardonne pas aux disciples de Jésus : "Moi, je vous ai choisis en vous tirant du monde, voilà pourquoi le monde vous hait".

En fait cette haine du monde ne fait pas échec à Dieu ni à son dessein de salut, car l’œuvre de haine, la persécution, loin de séparer le croyant de son Sauveur, intensifie sa relation au Fils et au Père. Mieux encore, la persécution nous fait entrer dans la réponse filiale de Jésus à son Père.
Parce qu’ils ne connaissaient pas et n’acceptaient pas Dieu qui envoie, des hommes du refus ont persécuté Jésus l’Envoyé, obéissant jusqu’à la mort ; et en refusant Jésus, d’autres hommes du refus haïssent au long de l’histoire tous ceux que Jésus envoie. Le procès intenté à Jésus et qui l'a mené à la croix se perpétue en procès contre son Église sainte. Le chrétien serviteur "n’est pas plus grand que son maître", comme le disait déjà Jésus au moment du lavement des pieds. De même l’Église servante épouse tout le destin de son Seigneur : destin de service, destin d’obéissance inconditionnelle.

Ne voyons là aucun masochisme, aucun goût de l’échec, car l’Église ne se précipite pas vers l’incompré­hension, pas plus qu’elle ne défie les persécuteurs. Simplement, Jésus a voulu pour nous ce réalisme : tant que le refus traînera dans le cœur des hommes, il en coûtera toujours d’aimer et de servir le Christ. Et cette certitude de reproduire le mystère du Christ à travers les persécutions prévient en nous tout étonnement et tout scandale : "Ne vous étonnez pas, disait saint Jean, si le monde vous hait" (1 Jn 3,13).

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(Cf Mc 4, 21-25)
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Lun 7 Mai - 13:39

Bonjour,

7 Mai :



L'ÉVANGILE DU JOUR :

« L’Esprit de vérité rendra témoignage en ma faveur » (Jn 15, 26 – 16, 4a)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement.
Je vous parle ainsi, pour que vous ne soyez pas scandalisés.
On vous exclura des assemblées. Bien plus, l’heure vient où tous ceux qui vous tueront s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu. Ils feront cela, parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi.
Eh bien, voici pourquoi je vous dis cela : quand l’heure sera venue, vous vous souviendrez que je vous l’avais dit. »



MÉDITER AVEC LES CARMES :

Souvent, en communauté, nous nous interrogeons sur notre témoignage, sur le visage que nous donnons à l'Ordre du Carmel, là où le Seigneur nous a placés pour que nous allions en portant du fruit.
Plus profondément encore, nous nous demandons : quel visage du Christ reflètent notre prière et notre vie fraternelle ? comment sommes‑nous témoins du Ressuscité ?
Face à ces questions, nous oscillons parfois entre la culpabilité et l'impuissance, comme si tout allait venir de nous et partir de nous. En vérité nous sommes devancés, pour le témoignage, par Celui qui scrute les profondeurs de Dieu et les profondeurs de l'homme, Celui dont parle Jésus dans son discours d'adieu : "Lorsque viendra le Paraclet que je vous enverrai d'auprès du Père, il rendra lui‑même témoignage de moi".
Ainsi l'Esprit Paraclet ne laisse pas retomber la Parole dans le monde ; il ne laisse pas mourir le feu allumé par Jésus, et il poursuit l'œuvre révélatrice et sanctifiante du Messie, non seulement par son action intime et insaisissable au fond des cœurs, mais en suscitant le témoignage de la communauté de Jésus. C'est pourquoi Jésus dit : "Il rendra lui‑même témoignage de moi, et vous aussi, vous me rendrez témoignage".
Il s'agit donc pour nous, personnellement et communautairement d'entrer dans le témoignage de l'Esprit, ou mieux : de laisser l'Esprit Paraclet témoigner du Christ à travers nous, à travers notre parole comme à travers notre silence, à travers nos réussites visibles comme à travers notre enfouissement, au gré de Dieu. Nous n'a­vons pas besoin de connaître d'avance les chemins du témoignage. Notre unique souci est que tout "nous advienne selon sa Parole" ; et dès lors nous engageons notre liberté à choisir selon Dieu et à vouloir ensuite de toutes nos forces ce qu'avec lui nous avons préféré.
Nous décelons donc, à la source, un seul et unique témoignage, celui du Paraclet ; et pourtant ce témoignage se trouve diversifié à l'infini, car les dons de l'Esprit sont divers, diverses aussi nos réponses à ses appels.
Aucun disciple n'est exclu, aucun n'est disqualifié pour cette œuvre du témoignage, pour cette entrée dans le témoignage du Paraclet. La seule condition est d'avoir rencontré le Christ et d'avoir, si peu que ce soit, cheminé avec lui : "Vous aussi vous témoignerez, dit Jésus, parce que vous êtes avec moi depuis le commencement".
Pour les disciples, c'était le commencement du ministère de Jésus. Pour nous, où est le commencement ? Rappelons‑nous le premier désert, le premier regard, la première promesse, et ce moment où nous avons tout donné, l'arbre avec les fruits, la souche avec les fleurs. Depuis, quelles dérives secrètes, quelles pesanteurs inattendues sur cette route avec le Sauveur ! Pourtant nous sommes restés avec lui, depuis le commencement et cela aussi est l'œuvre de son Esprit.
De toute façon, ce n'est pas de notre fidélité que nous avons à témoigner, mais de la victoire de Jésus, qui est seule porteuse d'espérance pour les hommes.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mar 8 Mai - 6:57

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

« Si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous »
(Jn 16, 5-11)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?”
Mais, parce que je vous dis cela, la tristesse remplit votre cœur.
Pourtant, je vous dis la vérité : il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai.
Quand il viendra, il établira la culpabilité du monde en matière de péché, de justice et de jugement.
En matière de péché, puisqu’on ne croit pas en moi.
En matière de justice, puisque je m’en vais auprès du Père, et que vous ne me verrez plus.
En matière de jugement, puisque déjà le prince de ce monde est jugé. »



MÉDITER AVEC LES CARMES :

On ne pourrait rien comprendre aux entretiens après la Cène si l’on y cherchait tout de suite des consignes morales. Et pourtant les paroles de Jésus concernent bien notre vie concrète ; mais ce qui passe en premier, dans ces chapitres inépuisables de l'Évangile de Jean, c’est le regard sur Jésus, en cette heure où il est entré, l’heure de la passion glorifiante, où va se jouer notre salut.
Et Jésus, à ce moment de la Cène, commence par exprimer un regret : "Aucun de vous ne me demande : Où vas-tu ?". Demander à Jésus : "Où vas-tu ?", ce serait lui demander le sens de sa mort, et donc le sens de toute sa vie. Et Jésus répond, à cette question que personne ne lui a posée : "Maintenant je vais à celui qui m’a envoyé".
Or cette révélation, qui aurait dû illuminer le cœur des disciples, ne leur apporte que du chagrin, comme à nos communautés, qui se croient orphelines parce que Jésus un instant les laisse au pied de la croix. D’où la remarque de Jésus, où perce un deuxième regret : "Parce que je vous ai dit cela, la tristesse remplit votre cœur". Voilà les disciples en deuil de Jésus, alors qu’il ne cesse de leur parler de sa venue, de sa présence, de sa manifestation.
(...) la tristesse des disciples, c’est un moment d’appréhension qui précède l’éclosion de la vie. Mais dès maintenant, comme antidote au chagrin du départ, et pour inverser le deuil en espérance, Jésus, de nouveau, promet l’Esprit Paraclet. C’est un des passages les plus denses de tout le quatrième évangile, et il ne livre son sens qu’à partir des grands axes de la théologie johannique.
Quand viendra le Paraclet, "il confondra le monde", le monde du refus ; c’est-à-dire qu’il mettra au cœur des disciples la certitude que le monde du refus est dans son tort, "en matière de péché, de justice et de jugement".
En matière de péché, puisque justement le péché par excellence est de refuser la lumière.
En matière de justice, ajoute Jésus. Mais qu’est-ce que la justice, au sens de l’Ancien Testament, repris ici par Jésus ? Pour nous, modernes, la justice consiste à rendre à chacun selon ses mérites, ses droits ou ses besoins. Cette justice sociale se trouve bien dans la Bible, notamment chez les prophètes, mais ici le sens est tout autre. Est juste, dans l’Ancien Testament, la personne ou la chose qui correspond bien à ce qu’on est en droit d’attendre d’elle. Ainsi les "balances de justice" d’Amos correspondent à ce qu’on attend d’une balance, à savoir qu’elle indique des poids exacts. C’est également en ce sens d'une "attente" que Dieu se montre "juste". Il est juste non pas parce qu’il se plie à des normes de justice qui lui seraient imposées de l’extérieur, mais parce qu’il correspond bien à ce que son peuple est en droit d’attendre de lui, étant donné son parti pris d’Alliance : Dieu se montre cohérent avec son propos de salut. De la même manière le croyant se montre "juste" envers Dieu dans la mesure où il s’a-juste à son plan d’amour, et toute la morale de l’Ancien Testament peut se résumer dans l’harmonie des deux justices : la justice prévenante de Dieu envers l’homme, et la réponse "ajustée" de l’homme à son Dieu. On comprend dès lors comment la première communauté chrétienne a pu voir en Jésus le Juste par excellence, le Fils de Dieu pleinement ajusté au dessein de son Père (Act 3,14; 7,52; 22,14). C’est très précisément de cette justice de Jésus qu’il est question à cet endroit du discours d’adieux : le Père va la manifester en ressuscitant son Fils et en le prenant avec lui dans la gloire. "Je vais au Père, dit Jésus, et vous ne me verrez plus". Personne ne pourra contester la "justice" du Ressuscité ; le Paraclet lui-même l’attestera dans le coeur de chacun des disciples.
Le Paraclet, enfin, mettra le monde dans son tort en matière de jugement. Apparemment c’est Jésus qui va être condamné ; en réalité le triomphe, tout proche, de Jésus marquera la défaite définitive du Chef du refus : "C’est maintenant le jugement de ce monde ; maintenant le Prince de ce monde va être jeté bas ; et moi, une fois élevé de terre, je les attirerai tous à moi" (Jn 12,31s).
Ainsi tout se tient : péché des hommes, justice de Jésus, jugement de l’ennemi.
Le péché des hommes consiste avant tout à ne pas croire en Jésus ressuscité, en Jésus le Juste. Pourtant c’est cette justice de Jésus, sa victoire de Pâques, qui détrône le faux prince de ce monde
Voilà les certitudes qui nous fortifient, parce que nous sommes habités par l’Esprit Paraclet.
Voilà les grandes lueurs qui éclairent pour nous toute l’histoire des hommes, et qui nous permettent d’avancer, dans le monde du refus ou de l’indifférence, porteurs d’une espérance pour tous et pour chacun. Une espérance qui tient en deux mots : Jésus ressuscité.

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(Cf Mc 4, 21-25)
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mer 9 Mai - 7:55

Bonjour,



L'ÉVANGILE DU JOUR :

« L’Esprit de vérité vous conduira » (Jn 16, 12-15)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Il y a tant de choses que Jésus depuis longtemps aurait voulu nous dire, et que nous sommes, aujourd'hui encore, incapables de porter !
Ce sont des flashes de lumière sur Dieu et la vie de Dieu, sur les chemins de Dieu en nous et nos chemins vers Dieu, sur la personne et le rôle de Jésus lui-même dans le dessein de Dieu pour le monde et pour nous : bref, tout ce que Jésus appelle la vérité.
D'où vient que nous utilisons si pauvrement notre potentiel de vérité ?
D'où vient que nous déchiffrons si mal le nom de grâce écrit sur notre caillou blanc ?
Probablement du fait que nous nous en tenons trop à nos propres ressources, que notre cœur se disperse et se fixe là où sont ses trésors. Il reste si peu de place en nous, non pas pour le "Dieu inconnu", mais pour l'inconnu de Dieu !
Mais surtout, ce qui nous manque, c'est que nous ne savons pas, que nous n'osons pas, "nous laisser à l'Esprit", comme on disait au grand siècle (Mr Olier). C'est lui, le Paraclet, qui doit et qui veut nous mener jusqu'à la "vérité tout entière" ; c'est lui qui dès aujourd'hui nous guide dans le pays de la vérité où Jésus nous a introduits.
Et comment nous enseigne-t-il toutes choses ? En nous remémorant ce que Jésus, déjà, nous a dit.
L'Esprit Paraclet est toujours lui-même en écho de ce qui se dit en Dieu et de ce que Dieu dit ; et il se fait en nous l'écho vivant de ce que Jésus a révélé. Il rend vivant en nous l'écho de sa parole. Cette parole de vérité qui est commune à Jésus et au Père et qui dit pour nous le passé de l'Alliance, le présent de l'amour et tout ce qui doit venir, le Paraclet l'entend en Dieu, la reçoit du Christ en gloire, et nous la communique pour nous acheminer nous aussi vers le Père. Et par cette anamnèse, l'Esprit Paraclet glorifie le Fils de Dieu : "Il me glorifiera, annonce Jésus, car il recevra de ce qui est à moi et il vous l'annoncera."
Qu'est-ce, en effet, que la gloire pour Jésus, sinon le secret indicible de son intimité avec le Père, le mystère de l'amour partagé ? Pour l'Esprit Paraclet, glorifier Jésus, c'est ouvrir aux hommes cette intimité, leur donner part aux échanges du Père et du Fils. Et cela, il le fait de manière privilégiée lorsqu'il intériorise en nous la parole de Jésus. Partout dans l'Église et le monde où cette parole est annoncée, partagée, méditée, le Paraclet glorifie Jésus.
C'est le mystère qui s'accomplit en chaque liturgie de la parole ; c'est la recréation intérieure que nous vivons aux heures bénies de l'oraison, quand l'Esprit vient "illuminer les yeux de notre cœur" (E 1,18). Cela passe par nous, cela se passe en nous, quand "Dieu, le Créateur de la lumière, brille dans nos cœurs pour y faire resplendir la connaissance de sa gloire, qui est sur la Face du Christ" (2 Co 4,6).
Lorsque nous laissons la parole de Jésus résonner au plus profond, au plus vrai, au plus libre de nous-mêmes, nous laissons l'Esprit Paraclet glorifier le Fils de Dieu.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Jeu 10 Mai - 10:20

Jeudi 10 mai - Ascension du Seigneur -

L'ÉVANGILE DU JOUR






« Jésus fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu » (Mc 16, 15-20)


En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création.

Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné.

Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ;

ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »

Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu.

Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.



MÉDITER AVEC LES CARMES

Il s'est assis : c'est une image, mais combien riche d'enseignement pour nous !

Il s'est assis, comme celui qui a pleins pouvoirs.

Il s'est assis à la droite de Dieu, parlant au Père d'égal à égal, et intercédant pour nous dans ce dialogue d'amour.

Il s'est assis définitivement, et rien ne le fera se lever jusqu'au dernier jour, ni les guerres ni les bruits de guerre, ni les scandales ni les contestations, ni les périls ni les victoires de son Église.

Il s'est assis dans la paix, ayant achevé chez nous l'œuvre du Père, et goûtant déjà, lui, notre Premier-né, le repos de Dieu.

Ainsi la dernière image que Saint Marc nous a laissée de Jésus est celle du Seigneur céleste partageant le trône de Dieu, et en ce temps d'épreuves et d'incertitudes que nous traversons elle est pour nous porteuse d'un message de sérénité et d'espérance.

Sérénité, parce que nous ne sommes pas seuls et que nous ne serons jamais seuls, tant que notre souci restera d'accomplir le dessein du Père.

Ce que Dieu a fait garantit ce qu'Il fera ; s'il a livré son Fils pour nous, ce n'est pas pour nous ôter maintenant sa faveur ou cesser de nous regarder avec tendresse ! Dieu a scellé avec nous une Alliance, éternelle et chaque jour nouvelle, et si Lui est avec nous, qui pourrait imaginer venir à bout de notre fidélité ? si Dieu a décidé de faire de nous ses amis et ses messagers, qui pourrait se mettre en travers de notre route ?

Le Christ auprès de Dieu nous parle d'espérance.

D'abord parce qu'il nous promet une victoire aussi complète, étrange, paradoxale que la sienne. Le monde du refus aura beau nous bousculer, nous angoisser, nous persécuter, nous raconter que tout est perdu d'avance, "en tout cela nous n'avons aucune peine à triompher" (Rm Cool, parce que Celui qui nous a aimés nous aime encore à la droite de Dieu.

Pour nous, comme les Apôtres, nous sommes témoins de cette victoire, "nous nous en allons prêcher en tout lieu", c'est-à-dire en un seul lieu à la fois, là où Dieu nous a placés et nous placera pour que nous y portions du fruit ; et le Seigneur ressuscité, le Seigneur "assis", agit avec nous ; il confirme la parole de notre témoignage.

L'espérance, promesse du Père, que Dieu suscite en notre cœur ne nous décevra jamais, car l'Esprit vit en nous pour l'entretenir chaque jour.

Puisque "nous sommes revêtus de la force d'en haut", puisque nous tenons, dans l'Esprit, le commencement de la vie éternelle, rien ne pourra nous séparer du Père et du Fils, si paisibles dans leur gloire,
Ni les inquiétudes, ni les critiques,

Ni les séquelles du passé, personnel, familial ou communautaire,

Ni les écroulements du présent, ni les menaces sur l'avenir,

Ni les statistiques, ni les sondages d'opinion,

Ni les étroitesses des hommes,

Ni même nos chutes et nos propres misères ;

Rien ne pourra nous séparer de l'amour que Dieu nous a manifesté en nous donnant le Christ à aimer et à servir.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Ven 11 Mai - 11:18

Bonjour,



L'ÉVANGILE DU JOUR :

« Votre joie, personne ne vous l’enlèvera » (Jn 16, 20-23a)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira ; vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie.
La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde.
Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera.
En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. »
1ère lecture et psaume du jour | Le saint du jour


MÉDITER AVEC LES CARMES :

"Lorsque la femme enfante, elle est triste, parce que son heure est venue."

Voilà bien une parole inépuisable du Seigneur, une parole venue du tréfonds de l'expérience humaine, et qui renvoie le cœur humain inlassablement à lui-même et à Dieu.
L'image de la femme qui enfante dans la souffrance était déjà connue de l'Ancien Testament. Dans le livre d'Isaïe, en particulier, elle décrit la cité sainte, saisie par les douleurs et donnant le jour à un peuple nouveau, au temps du Messie.
Ici, la femme qui enfante, c'est la communauté des disciples directs de Jésus : leur souffrance, lors de la mort du Christ, ne sera qu'une épreuve provisoire, transitoire. Bientôt ils se réjouiront que Jésus, nouvel Adam, soit passé au monde définitif.
La femme dans les douleurs, c'est également l'Église, en butte tout au long du temps à la persécution du "monde", au sens johannique, c'est-à-dire le monde du refus : "Dans le monde, disait Jésus, vous aurez de la souffrance ; mais courage, j'ai vaincu le monde" (Jn 16,33). Ces souffrances de l'Église sont toujours fécondes, puisque, en rendant ainsi témoignage à son Seigneur, elle réalise son avènement parmi les hommes. Et de même que la Passion de Jésus se poursuit dans la passion de l'Église, la joie des premiers disciples lors de la résurrection se continue dans la joie permanente des chrétiens que Jésus vient "revoir" jour après jour.

Jésus, qui, à Gethsémani, a été "triste à en mourir", ne nous promet pas de nous éviter toute tristesse, mais, à ses yeux, il ne peut y avoir de tristesse définitive : "elle se changera en joie", c'est promis ! Il n'y a pas non plus de tristesse stérile, puisque toute souffrance assumée pour le Christ enfante en nous l'homme nouveau. Et surtout, toute tristesse doit s'effacer devant le regard du Ressuscité : "Je vous reverrai, et votre cœur se réjouira." Jésus ne dit pas ici : "vous me verrez", mais "je vous reverrai", car son regard précède le nôtre, tout comme son amour nous devance.
Quand l'heure vient pour une communauté d'enfanter dans la douleur et l'incertitude une nouvelle manière d'être d'Église et d'être au monde, son premier réflexe est souvent d'abattement et de crainte. La vie qu'elle porte en elle va prendre un visage qu'elle ne pouvait pas deviner. Quelque chose d'elle-même va la quitter qui va devenir autonome, et qu'elle ne pourra ni renier ni contraindre. Et surtout la souffrance est là, dont on ne sait ni quand elle vient ni jusqu'où elle ira.

Mais une communauté qui vit vraiment du Seigneur peut faire confiance aux lois de la vie et de la nouvelle naissance. La souffrance, Dieu lui-même la fera oublier, dans la joie de découvrir ce qui sera venu au monde.
Quand l'heure vient pour chacun et chacune de passer un peu plus, un peu mieux, un peu plus vite de ce monde au Père, la tentation se glisse parfois en nous de contourner la souffrance ou l'ascèse, de fuir la lumière qui s'approche, ou de reculer indéfiniment les échéances de la vérité.
Des choix s'imposent : on les évite.

Des clarifications seraient nécessaires : on se réfugie dans l'à peu près.
Des arrachements seraient libérateurs : on préfère garder de vieilles servitudes.
Et on retarde d'autant la joie de l'enfantement : comme l'enfant insensé dont parle Osée le prophète, on s'empêche soi-même de naître. Et c'est cela qui perpétue la tristesse.

Viens, Seigneur ; viens me revoir, en traversant mes peurs et mes tristesses.
Apporte-moi ta joie que personne ne pourra me ravir.
Donne-moi, par ton Esprit Paraclet, de te connaître et de comprendre ta route.
Alors je ne t'interrogerai plus sur rien, parce que d'avance tu m'as répondu.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Sam 12 Mai - 5:41

12 mai




L'ÉVANGILE DU JOUR
« Le Père lui-même vous aime... » (Jn 16, 23b-28)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. 
Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite. 
En disant cela, je vous ai parlé en images. L’heure vient où je vous parlerai sans images, et vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père. 
Ce jour-là, vous demanderez en mon nom ; or, je ne vous dis pas que moi, je prierai le Père pour vous, 
car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti. 
Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. »




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"Lorsque la femme enfante, elle est triste, parce que son heure est venue."

Voilà bien une parole inépuisable du Seigneur, une parole venue du tréfonds de l'expérience humaine, et qui renvoie le cœur humain inlassablement à lui-même et à Dieu.

L'image de la femme qui enfante dans la souffrance était déjà connue de l'Ancien Testament. Dans le livre d'Isaïe, en particulier, elle décrit la cité sainte, saisie par les douleurs et donnant le jour à un peuple nouveau, au temps du Messie.

Ici, la femme qui enfante, c'est la communauté des disciples directs de Jésus : leur souffrance, lors de la mort du Christ, ne sera qu'une épreuve provisoire, transitoire. Bientôt ils se réjouiront que Jésus, nouvel Adam, soit passé au monde définitif.

La femme dans les douleurs, c'est également l'Église, en butte tout au long du temps à la persécution du "monde", au sens johannique, c'est-à-dire le monde du refus : "Dans le monde, disait Jésus, vous aurez de la souffrance ; mais courage, j'ai vaincu le monde" (Jn 16,33). Ces souffrances de l'Église sont toujours fécondes, puisque, en rendant ainsi témoignage à son Seigneur, elle réalise son avènement parmi les hommes. Et de même que la Passion de Jésus se poursuit dans la passion de l'Église, la joie des premiers disciples lors de la résurrection se continue dans la joie permanente des chrétiens que Jésus vient "revoir" jour après jour.

Jésus, qui, à Gethsémani, a été "triste à en mourir", ne nous promet pas de nous éviter toute tristesse, mais, à ses yeux, il ne peut y avoir de tristesse définitive : "elle se changera en joie", c'est promis ! Il n'y a pas non plus de tristesse stérile, puisque toute souffrance assumée pour le Christ enfante en nous l'homme nouveau. Et surtout, toute tristesse doit s'effacer devant le regard du Ressuscité : "Je vous reverrai, et votre cœur se réjouira." Jésus ne dit pas ici : "vous me verrez", mais "je vous reverrai", car son regard précède le nôtre, tout comme son amour nous devance.

Quand l'heure vient pour une communauté d'enfanter dans la douleur et l'incertitude une nouvelle manière d'être d'Église et d'être au monde, son premier réflexe est souvent d'abattement et de crainte. La vie qu'elle porte en elle va prendre un visage qu'elle ne pouvait pas deviner. Quelque chose d'elle-même va la quitter qui va devenir autonome, et qu'elle ne pourra ni renier ni contraindre. Et surtout la souffrance est là, dont on ne sait ni quand elle vient ni jusqu'où elle ira.

Mais une communauté qui vit vraiment du Seigneur peut faire confiance aux lois de la vie et de la nouvelle naissance. La souffrance, Dieu lui-même la fera oublier, dans la joie de découvrir ce qui sera venu au monde.

Quand l'heure vient pour chacun et chacune de passer un peu plus, un peu mieux, un peu plus vite de ce monde au Père, la tentation se glisse parfois en nous de contourner la souffrance ou l'ascèse, de fuir la lumière qui s'approche, ou de reculer indéfiniment les échéances de la vérité.

Des choix s'imposent : on les évite.

Des clarifications seraient nécessaires : on se réfugie dans l'à peu près.

Des arrachements seraient libérateurs : on préfère garder de vieilles servitudes.

Et on retarde d'autant la joie de l'enfantement : comme l'enfant insensé dont parle Osée le prophète, on s'empêche soi-même de naître. Et c'est cela qui perpétue la tristesse.

Viens, Seigneur ; viens me revoir, en traversant mes peurs et mes tristesses.

Apporte-moi ta joie que personne ne pourra me ravir.

Donne-moi, par ton Esprit Paraclet, de te connaître et de comprendre ta route.

Alors je ne t'interrogerai plus sur rien, parce que d'avance tu m'as répondu.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Dim 13 Mai - 5:40

13 mai



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L'ÉVANGILE DU JOUR
« Qu’ils soient un, comme nous-mêmes » (Jn 17, 11b-19)
En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.
Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. 
Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. 
Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. 
Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. 
Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde. 
Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. 
De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. 
Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »


MÉDITER AVEC LES CARMES


On entend souvent dire : "Notre monde est dur ; notre monde est fou" ; et il est bien vrai que les problèmes liés au pouvoir de la science sur la vie, à la survie de l'homme dans son environnement naturel, aux mutations de la société et aux crises économiques, ont pris depuis les dernières décennies une dimension planétaire, et que les hommes, même lorsqu'ils acceptent de travailler ensemble, parviennent de plus en plus difficilement à maîtriser l'accélération de tous ces phénomènes.
C'est pourtant dans ce monde-là que le Christ nous veut, comme témoins de son message, ce monde où l'homme fait des merveilles et prend la mesure de sa pauvreté : "Je ne te demande pas de les retirer du monde, dit Jésus à son Père, mais de les garder du Mauvais ; (..) sanctifie-les".
Au cœur de ce monde que Dieu aime mais qui est travaillé par les forces du refus, de la révolte et de l'athéis­me, le Père va donc nous garder et nous sanctifier, en réponse à la prière de Jésus.
Il nous garde, non pas en nous rendant étrangers à notre monde, non pas en nous isolant comme dans une bulle où nous respirerions seulement l'air de la foi et de l'espérance, mais en nous fortifiant intérieurement, par son Esprit, contre les mensonges de l'esprit du mal, contre les contagions de l'intelligence et du cœur, contre nos propres tristesses et nos découragements.
Il nous garde, Dieu notre Père, et il nous sanctifie ; il nous "consacre", c'est-à-dire qu'il nous met à part pour lui-même et nous fait entrer dès maintenant dans sa vie, dans son projet, dans sa lumière, que l'on ne voit jamais des yeux du corps mais qui est en nous certitude pour l'intelligence et joie pour le cœur.
Pour nous sanctifier ainsi, pour nous rapprocher chaque jour de son intimité, Dieu, en vrai Père, nous offre un chemin privilégié : sa parole transmise par Jésus, l'Envoyé, et sa vérité contenue tout entière en Jésus, qui est son message et sa bouche.
C'est ainsi que Jésus peut demander pour nous à son Père : "Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité" ; comme s'il disait : "Fais-les passer en toi, par ta vérité que je leur apporte. Que ma parole, reçue dans la foi, les établisse en communion avec toi !" La seule vérité qui soit digne d'être servie plus que tout, c'est le dessein de Dieu sur l'homme et sur le monde, tel qu'il nous est révélé en Jésus Christ ; la vérité dont le monde a soif, c'est que Dieu veut tout réconcilier dans son Fils et que cette promesse de paix et d'unité passe par la Pâque de Jésus.
C'est de cette certitude, en effet, que nous vivons vraiment, c'est là que nous puisons la lumière et la joie, nous qui assumons tant de tâches pour servir Dieu en nos frères. Cette amitié de Dieu, cette vie du Père dans laquelle Jésus nous introduit, est finalement plus vraie, plus intense et plus nécessaire que tous nos projets, toutes nos quêtes et toutes nos soifs. Plus nous faisons confiance au Père, et plus nous parvenons à faire de sa volonté notre nourriture ; et l'Esprit que nous appelons vient nous le redire avec force et douceur : Dieu, qui nous garde et nous sanctifie en ce monde, est la grande affaire de notre cœur, la grande urgence de la vie, pour nous-mêmes et ceux que nous aimons. (...)
Et le premier signe que nous donnons à Dieu de cette harmonie profonde avec son dessein, c'est notre union fraternelle. Toute ambition communautaire, tout désir d'influence, et même tout projet de témoignage doivent céder le pas devant l'objectif fixé par Jésus lui-même et qui gardera toujours la priorité : parvenir à l'unité parfaite. Consacrés par une même vérité, voués ensemble à Jésus-Vérité, les disciples vont être un comme sont un le Père et le Fils.
Alors notre vie, même dans le silence, deviendra une parole pour le monde. "Ainsi, dit Jésus, le monde croira que tu m'as envoyé". Oui, le monde, à ses heures d'angoisse ou de désespoir, pourra croire que le salut est venu et qu'il demeure offert à jamais. Il commencera à deviner que Dieu nous a aimés d'un amour inimaginable, et qu'il nous aime encore comme il a aimé son propre Fils.
Chacune de nos journées deviendra un cantique nouveau au Dieu qui consacre et qui envoie. Notre long cheminement, personnel et communautaire, dans l'enthousiasme comme à travers la monotonie, l'insécurité ou la souffrance, sera illuminé par une certitude, celle-là même que Jésus est venu apporter au monde : Dieu veut nous prendre dans sa gloire.
La route montera toujours : nous le savions quand nous l'avons choisie ; mais déjà, sur la montagne, Jésus nous fait signe.


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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Lun 14 Mai - 4:52

14 mai




L'ÉVANGILE DU JOUR
« C’est moi qui vous ai choisis » (Jn 15, 9-17)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. 
Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. 
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »
Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. 
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. 
Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. 
Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. 
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. 
Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »



MÉDITER AVEC LES CARMES
Comment rester unis à la vigne ? Comment porter du fruit, et ainsi glorifier le Père ? Jésus nous l’indique en une seule phrase : "Demeurez dans mon amour", dans l’amour que j’ai pour vous et que je vous ai prouvé en acceptant la croix.
Et Jésus de préciser ce qu’il entend par "demeurer dans son amour".
Il ne s’agit pas simplement ni avant tout de se sentir à l’aise avec lui, de s’installer dans le sentiment d’être aimé de lui, mais, très concrètement, d’entrer chaque jour dans son projet, d’adopter son style et ses choix, de réagir en tout selon les réflexes qu’il nous a inculqués, bref : de garder ses commandements, qui se résument en un précepte central : "Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés".
Ainsi - et c’est un nouveau paradoxe de notre foi - pour demeurer dans l’amour de Jésus, l’essentiel n’est pas de le retenir, mais de l’imiter ; le plus urgent n’est pas de le goûter, mais de s’inscrire dans son mouvement.
Certes, l’amour de Jésus rédempteur est bien destiné à combler notre intelligence et notre cœur ; mais nous n’avons pas prise à volonté sur notre senti spirituel, et ce serait un leurre que de vouloir mesurer l’amour de Jésus pour nous ou jauger l’amour que nous avons pour lui. Personne d’entre nous ne sait s’il aime le Christ plus ou moins que d’autres, plus ou moins qu’aux heures bénies où le Christ laisse dans le coeur comme le parfum de son passage. "Seigneur, tu sais tout ; tu sais bien que je t’aime" ; Pierre avait raison : le Christ est seul à savoir.
Mais nous ne sommes pas laissés sans aucun repère, sans aucun critère, sans aucune certitude. Nous ne savons pas combien nous aimons, mais nous sommes sûrs de demeurer dans le projet du Dieu d’amour si nous voulons aimer comme Jésus nous a aimés, si nous savons aimer là où il nous a placés afin que nous allions, jour après jour, et que nous portions du fruit pour la vie éternelle.
La joie chrétienne est à ce prix ; mais si nous y mettons ce prix, elle ne nous manquera jamais. Jésus lui-même l’a promise à ceux qui demeureraient unis à la vigne : "Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite".
Cette joie parfaite, totale, celle qui prend tout l’homme et que personne ne pourra nous reprendre, c’est la joie pascale, pascale pour toujours, celle qui accompagne la présence constante du Ressuscité. Elle peut nous habiter même aux heures de souffrance, de désarroi, de solitude ; car ce n’est pas une joie que nous nous donnons à nous-mêmes, ce n’est pas une conquête ni un défi : c’est le don quotidien de Celui qui nous aime :
"Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous".

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mar 15 Mai - 13:43

15 mai




L'ÉVANGILE DU JOUR
« Père, glorifie ton Fils » (Jn 17, 1-11a)
En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. 
Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. 
Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. 
Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire. 
Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. 
J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. 
Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, 
car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. 
Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. 
Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. 
Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi.»



MÉDITER AVEC LES CARMES


"L'heure est venue", dit Jésus ; et son discours d'adieu se transforme en prière.
L'heure de la passion glorifiante va commencer. Désormais Jésus ne sera plus dans le monde, et dès lors prendra fin le mode habituel de sa présence. Tout ce que les disciples "ont vu, entendu, touché du verbe de vie" (1 Jn 1,2), tout cela, éclairé par l'Esprit Paraclet, continuera de nourrir leur foi et leur espérance ; mais ils ne connaîtront plus le Christ "selon la chair", selon leurs approches limitées et coutumières, et devront le rejoindre sous les signes de l'absence.
Avant de quitter ce monde pour aller au Père, Jésus embrasse du regard toute sa vie, et la résume en quatre phrases :
Père, je t'ai glorifié sur la terre,
J'ai achevé l'œuvre que tu m'as donné à faire,       
J'ai manifesté ton nom aux hommes que tu m'as donnés,
Je leur ai donné les paroles que tu m'as données.
Tout, dans la vie de Jésus, a glorifié le Père, les trente ans de Nazareth comme les quelques années intenses du ministère public. Un seul projet l'habitait : achever l'œuvre du Père, manifester son nom, c'est-à-dire dévoiler l'être de Dieu à partir de son action. Si bien que l'œuvre de Jésus sur terre a culminé dans sa mission de révélateur : il a donné aux hommes la parole reçue du Père. C'est la fidélité à cette mission qui a concentré sur lui toute la haine du monde et qui l'a amené jusqu'au procès et jusqu'à la croix.
À l'imitation du Christ sauveur, notre pèlerinage sur terre n'a qu'un but : glorifier le Père en portant du fruit, le fruit caché du silence de notre Nazareth, le fruit tangible de notre témoignage, le fruit plus douloureux de nos épreuves dans la prière ou dans la disponibilité à l'Église.
Deux visées sont inséparables, dans notre vie comme dans le projet de Jésus : la gloire du Père et le salut du monde. Notre mère sainte Thérèse a eu de cela une conscience de plus en plus vive, et elle n'a cessé de rappeler à la fois l'urgence d'une vraie gratuité contemplative et l'impact apostolique de toute vie de prière.
L'œuvre que Dieu nous confie et qu'il nous faut achever est faite, au Carmel, à la fois de silence et de parole. Notre retrait du monde et notre souci du monde manifestent tous deux le nom du Père ; ils grandissent tous deux en même temps que notre identification au Christ et à la mesure de notre amour pour lui.
Mais seul l'Esprit Saint peut unifier notre cœur dans la réponse à ce double appel, lui qui est maître des temps, des désirs et des rythmes.
C'est lui que nous appelons comme la force de cohésion et d'élan de l'Église. C'est lui qui veut mener chacun à la vérité tout entière et qui veut nous prendre tous sous son ombre.
Pour glorifier le Père, pour entrer dans l'œuvre du Fils, un seul réflexe peut suffire, que les hommes du grand siècle avaient si bien saisi : "se laisser à l'Esprit".


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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mer 16 Mai - 11:56

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Qu’ils soient un comme nous-mêmes » (Jn 17, 11b-19)

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.

Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie.

Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés.
Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde.

Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais.
Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde.
Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité.

De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.
Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »
1ère lecture et psaume du jour | Le saint du jour


MÉDITER AVEC LES CARMES :

"L'heure est venue", dit Jésus ; et son discours d'adieu se transforme en prière.

L'heure de la passion glorifiante va commencer. Désormais Jésus ne sera plus dans le monde, et dès lors prendra fin le mode habituel de sa présence. Tout ce que les disciples "ont vu, entendu, touché du verbe de vie" (1 Jn 1,2), tout cela, éclairé par l'Esprit Paraclet, continuera de nourrir leur foi et leur espérance ; mais ils ne connaîtront plus le Christ "selon la chair", selon leurs approches limitées et coutumières, et devront le rejoindre sous les signes de l'absence.

Avant de quitter ce monde pour aller au Père, Jésus embrasse du regard toute sa vie, et la résume en quatre phrases :
Père, je t'ai glorifié sur la terre,
J'ai achevé l'œuvre que tu m'as donné à faire,
J'ai manifesté ton nom aux hommes que tu m'as donnés,
Je leur ai donné les paroles que tu m'as données.

Tout, dans la vie de Jésus, a glorifié le Père, les trente ans de Nazareth comme les quelques années intenses du ministère public. Un seul projet l'habitait : achever l'œuvre du Père, manifester son nom, c'est-à-dire dévoiler l'être de Dieu à partir de son action. Si bien que l'œuvre de Jésus sur terre a culminé dans sa mission de révélateur : il a donné aux hommes la parole reçue du Père. C'est la fidélité à cette mission qui a concentré sur lui toute la haine du monde et qui l'a amené jusqu'au procès et jusqu'à la croix.

À l'imitation du Christ sauveur, notre pèlerinage sur terre n'a qu'un but : glorifier le Père en portant du fruit, le fruit caché du silence de notre Nazareth, le fruit tangible de notre témoignage, le fruit plus douloureux de nos épreuves dans la prière ou dans la disponibilité à l'Église.
Deux visées sont inséparables, dans notre vie comme dans le projet de Jésus : la gloire du Père et le salut du monde. Notre mère sainte Thérèse a eu de cela une conscience de plus en plus vive, et elle n'a cessé de rappeler à la fois l'urgence d'une vraie gratuité contemplative et l'impact apostolique de toute vie de prière.

L'œuvre que Dieu nous confie et qu'il nous faut achever est faite, au Carmel, à la fois de silence et de parole. Notre retrait du monde et notre souci du monde manifestent tous deux le nom du Père ; ils grandissent tous deux en même temps que notre identification au Christ et à la mesure de notre amour pour lui.

Mais seul l'Esprit Saint peut unifier notre cœur dans la réponse à ce double appel, lui qui est maître des temps, des désirs et des rythmes.
C'est lui que nous appelons comme la force de cohésion et d'élan de l'Église. C'est lui qui veut mener chacun à la vérité tout entière et qui veut nous prendre tous sous son ombre.

Pour glorifier le Père, pour entrer dans l'œuvre du Fils, un seul réflexe peut suffire, que les hommes du grand siècle avaient si bien saisi : "se laisser à l'Esprit".

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Jeu 17 Mai - 8:15

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Qu’ils deviennent parfaitement un »
(Jn 17, 20-26)

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi.
Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.
Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN :
moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.

Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde.
Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé.
Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »


MÉDITER AVEC LES CARMES :

Quand nous pensons à l'unité, nous le faisons un peu comme des coupables, parce que nous avons en mémoire les grandes déchirures de l'Église au cours de l'histoire, les guerres de religion, la concurrence dans les pays de mission, et, plus près de nous, les difficultés qui subsistent entre catholiques de sensibilités différentes. L'unité nous semble lointaine, difficile, improbable à court terme.

Quand Jésus, lui, nous parle de l'unité, elle redevient une espérance, une promesse, une certitude. Car l'unité vers laquelle nous sommes en marche existe déjà en Dieu. Jésus l'a souvent dit : "Je suis dans le Père, et le Père est en moi. Le Père et moi, nous sommes un". Et le lien vivant de cette union du Père et du Fils, c'est le Saint-Esprit, depuis toujours et pour toujours.

Cette intimité, cette réciprocité d'amour du Père et du Fils, voilà ce que Jésus nous offre comme modèle pour notre unité fraternelle. Dans sa prière, quelques heures avant de mourir, il demande à son Père : "Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi".
Mais l'unité de Jésus avec son Père est mieux encore qu'un modèle. C'est comme un espace où Dieu nous accueille pour y vivre notre unité de chrétiens : "Qu'ils soient un en nous", dit Jésus.

Quand nous cherchons l'unité, en paroisse, en groupe de mission, en communauté, en famille ou en couple, nous venons en quelque sorte habiter ensemble dans l'amour de Dieu ; nous réchauffons notre amour à l'amour même de Dieu.

Mais, direz-vous, même pour nous qui avons la foi, Dieu n'est pas évident ! Il faut le vouloir pour le rejoindre ; il faut un effort pour tourner vers lui notre regard ; il faut à chaque fois un supplément de courage pour réentendre son invitation !

Rassurons-nous : tout cela, Dieu le sait. Et pour nous conforter sur le chemin de la foi, il nous réserve une aide merveilleuse, une trouvaille de son cœur : il vient vivre en nous son unité. C'est bien en effet ce que dit Jésus : "Que tous ils soient un comme nous sommes un, moi en eux et toi en moi".

Moi en eux... au cœur de la communauté et au cœur de chacun se trouve Jésus, le Vivant.
Toi en moi... à l'intime de Jésus se trouve le Père, source de toute vie, origine de toute mission.
Voilà le mystère, voilà le cadeau inouï de Dieu : le Père et le Fils, unis par l'Esprit Saint, viennent vivre leur amour dans ce profond nous-mêmes que nous n'atteignons jamais et que nous appelons notre âme, notre cœur, notre liberté.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Ven 18 Mai - 8:24

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Sois le berger de mes agneaux »
(Jn 21, 15-19)

Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade. Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »

Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »

Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.

Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »

Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »


MÉDITER AVEC LES CARMES :

Jésus voulait que Pierre se sache pardonné.

Il aurait pu amorcer le dialogue une ou deux heures auparavant, quand il était seul sur la grève et que le brave Pierre l'a rejoint, tout trempé, pour s'être jeté à l'eau. Mais il a voulu d'abord revivre avec Pierre les humbles moments d'autrefois, les repas fraternels au bord du lac.
"Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon Pierre : "Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ?"  Quoi répondre ? Personne ne peut dire qu'il aime Jésus plus qu'un autre ; personne ne sait comment un autre aime Jésus. Qui pourrait dire, même, s'il aime Jésus peu ou beaucoup ?
Et Pierre, d'instinct, trouve la seule réponse possible : "Seigneur, c'est toi qui sais ! Moi, je t'aime et je ne sais rien d'autre."
La deuxième question va plus loin, plus profond : "Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ?" M'aimes-tu, tout court ? Quoi qu'il en soit des autres, toi, m'aimes-tu ?

La troisième question surtout bouleverse Pierre. Elle résonne dans son cœur comme le chant du coq, au petit matin du fameux vendredi. Mais l'insistance de Jésus, qui lui fait si mal, en même temps le délivre ; et Pierre comprend que Jésus veut lui faire revivre en souvenir sa trahison, tout en lui faisant redire sa foi et son amour, pour qu'il sente à quel point il est pardonné.

"Seigneur, toi, tu sais tout, tu sais bien que je t'aime !"  Voilà ; tout est dit. Et Jésus n'insistera plus. Rien n'est plus discret que le pardon de Jésus.
Pierre, conscient et peiné de sa faute, a su trouver les mots de l'amitié, et Jésus les lui a soufflés, dans sa hâte de retrouver son Pierre d'autrefois. Souvent la conversion commence au moment où l'on se laisse faire par la délicatesse de Dieu.

D'ailleurs, non content de liquider le passé, Jésus, par trois fois, confie une mission à Pierre : "Pais mes agneaux, pais mes brebis", comme pour lui prouver que jamais il ne lui a retiré sa confiance.

Ce que Jésus qui offre, c'est de participer à sa propre tâche de pasteur, et d'y participer jusqu'au bout. Le vrai pasteur, disait Jésus, donne sa vie pour ses brebis ; et Pierre est prévenu que son imitation du Maître ira jusque là : "Quand tu auras vieilli, tu étendras les mains"...
Étendre les mains, voilà le sacrifice de l'âge mûr, ou de la maturité spirituelle. Étendre les mains et les laisser impuissantes, étendre les mains en les ouvrant pour l'offrande et en abandonnant au Christ toute initiative, n'est-ce pas la réponse ultime à la confiance du Seigneur ? n'est-ce pas l'entrée décisive dans son mystère d'obéissance filiale ?

Quand vient l'heure pour chacun de nous, l'heure de laisser faire Dieu jusqu'au bout, quel plus beau geste pourrions-nous trouver que d'étendre nos mains lasses, comme pour dire au Seigneur, sans aucun mot :

"Seigneur, tu sais tout, tu vois bien que je t'aime !"

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Sam 19 Mai - 4:15

19 Mai 2018












L'ÉVANGILE DU JOUR





« Son témoignage est vrai » (Jn 21, 20-25)




En ce temps-là, Jésus venait de dire à Pierre : « Suis-moi. »

S’étant retourné, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait.

C’est lui qui, pendant le repas, s’était penché sur la poitrine de Jésus pour lui dire : « Seigneur, quel est celui qui va te livrer ? » Pierre, voyant donc ce disciple, dit à Jésus : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? » Jésus lui répond : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi. »

Le bruit courut donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. Or, Jésus n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait pas, mais : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? » C’est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est vrai.

Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ; et s’il fallait écrire chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait. 







MÉDITER AVEC LES CARMES















Ce que l’Eglise nous fait lire dans la finale de l'Évangile de Jean, c’est une sorte d’évangile de l’amitié :

- amitié des apôtres galiléens qui partent pour la pêche,


- amitié de Jésus, le Ressuscité, qui partage avec eux un repas de pain et de poisson,


- amitié de Pierre pour Jésus, réaffirmée trois fois après le triple reniement,


- amitié de Jésus pour Pierre, qui le suivra jusqu’à la mort violente,


- amitié, enfin, de Pierre et de Jean, nouée depuis longtemps à la pêcherie, au bord du lac, et que Jésus a mainte fois mise à profit en vue du Royaume.


Pierre aurait pu se contenter de la consigne que Jésus lui laissait : « Toi, Pierre, suis-moi ! », consigne qui était à la fois un programme de vie et une prédiction sur sa mort ; mais Pierre, qui se soucie de Jean, son ami, s’enhardit à demander à Jésus : « Et lui, Seigneur ? »


La réponse de Jésus reste volontairement vague pour l’avenir : "Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ! Toi, suis-moi !". Apparemment ces paroles de Jésus ne concernent que les deux disciples ; en fait elles contiennent pour nous tous, disciples du Seigneur, une grande leçon de liberté spirituelle.


Pierre et Jean sont tous deux les amis du Seigneur, et même tous deux des amis privilégiés ; or leurs destins seront très différents : Pierre, berger du troupeau, n’aura pas le temps de sentir la fatigue d’une vie de prédication, il mourra sous Néron ;


Jean sera le témoin de Jésus dans la durée, il aura à transmettre la flamme de la révélation aux deux générations suivantes.

Ainsi, à ses amis, à ses témoins, Jésus ne demande ni la même vie, ni la même mort ; et la conséquence pour nous est immédiate :

nous n’aurons à copier la mort de personne sur terre, et nous n’avons aucune vie à imiter.

Nous n’avons pas à regarder autour de nous, à droite ou à gauche, pour apprendre comment moduler notre réponse à Dieu, et il serait illusoire de chercher des repères pour nous-mêmes dans le cheminement des autres. "Que t’importe ce que j’attends de l’autre, nous dit Jésus. Toi, suis-moi !". À quoi fera écho la consigne de Paul : "Que chacun donne comme il a résolu dans son cœur".


Nous ne pouvons ni prévoir ni mesurer ce que Dieu donne aux autres et ce que Dieu demande à d’autres, parfois proches de nous et très chers. Jésus adresse à chacun/e un appel précis, personnel, singulier, et personne ne peut jauger la fidélité d’autrui. L’important, pour tout disciple, est de ne pas mettre de limites à sa propre réponse : "Toi, suis-moi !" (...)

Le sérieux ou la misère de notre réponse à Jésus est finalement affaire personnelle ; c’est le test de notre amour pour lui, et nous ne pouvons ni nous en remettre paresseusement à la fidélité des autres, ni tirer un alibi de leurs faiblesses.

Nous sommes toujours tentés de lire notre vie dans le miroir de l’opinion des autres ou de lire leur vie au miroir de notre propre senti. Jésus nous ôte doucement le miroir des mains : "Que t’importe ! Toi, suis-moi".













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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Lun 21 Mai - 6:53

Bonjour,

21 MAI

L'ÉVANGILE DU JOUR :

« Viens au secours de mon manque de foi ! »
(Mc 9, 14-29)



En ce temps-là, Jésus, ainsi que Pierre, Jacques et Jean, descendirent de la montagne ; en rejoignant les autres disciples, ils virent une grande foule qui les entourait, et des scribes qui discutaient avec eux. Aussitôt qu’elle vit Jésus, toute la foule fut stupéfaite, et les gens accouraient pour le saluer. Il leur demanda : « De quoi discutez-vous avec eux ? » Quelqu’un dans la foule lui répondit : « Maître, je t’ai amené mon fils, il est possédé par un esprit qui le rend muet ; cet esprit s’empare de lui n’importe où, il le jette par terre, l’enfant écume, grince des dents et devient tout raide. J’ai demandé à tes disciples d’expulser cet esprit, mais ils n’en ont pas été capables. » Prenant la parole, Jésus leur dit : « Génération incroyante, combien de temps resterai-je auprès de vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le-moi. » On le lui amena. Dès qu’il vit Jésus, l’esprit fit entrer l’enfant en convulsions ; l’enfant tomba et se roulait par terre en écumant. Jésus interrogea le père : « Depuis combien de temps cela lui arrive-t-il ? » Il répondit : « Depuis sa petite enfance. Et souvent il l’a même jeté dans le feu ou dans l’eau pour le faire périr. Mais si tu peux quelque chose, viens à notre secours, par compassion envers nous ! » Jésus lui déclara : « Pourquoi dire : “Si tu peux”… ? Tout est possible pour celui qui croit. » Aussitôt le père de l’enfant s’écria : « Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! » Jésus vit que la foule s’attroupait ; il menaça l’esprit impur, en lui disant : « Esprit qui rends muet et sourd, je te l’ordonne, sors de cet enfant et n’y rentre plus jamais ! » Ayant poussé des cris et provoqué des convulsions, l’esprit sortit. L’enfant devint comme un cadavre, de sorte que tout le monde disait : « Il est mort. » Mais Jésus, lui saisissant la main, le releva, et il se mit debout. Quand Jésus fut rentré à la maison, ses disciples l’interrogèrent en particulier : « Pourquoi est-ce que nous, nous n’avons pas réussi à l’expulser ? » Jésus leur répondit : « Cette espèce-là, rien ne peut la faire sortir, sauf la prière. »


MÉDITER AVEC LES CARMES :

Qu'elle est poignante, qu'elle est vraie, cette prière du père de l'enfant épileptique : "Je crois ! Viens en aide à mon manque de foi !"
Elle dit en même temps son désir et son impuissance, sa volonté de s'en remettre à Jésus et les limites de sa confiance. Que manquait-t-il à la foi de cet homme ? – C'est qu'il disait encore : "Si tu peux quelque chose" : une foi totale aurait dit : "Puisque tu le peux, fais-le pour moi" ; et c'est une foi de ce type que Jésus a admirée chez le centurion (Mt 8,5 ; Lc 7,1-10), qui disait : "Dis seulement un mot, et mon serviteur sera guéri".
Si le dialogue de Jésus avec le pauvre père désemparé nous touche si fort, c'est qu'à travers sa réponse, Jésus dénonce et conteste la timidité de notre propre foi. Nous avons prié des heures durant en pensant à la bonté et la puissance de Jésus qui nous sauve, et pourtant il reste des "si" qui traînent dans notre cœur ; et nous disons, nous pensons : "Si le Seigneur a pitié de moi, je vais sortir de ma tristesse ; si le Seigneur regarde notre communauté, nous allons traverser l'épreuve". Mais il n'y a pas de si : de fait le Seigneur est en acte de miséricorde ; de fait notre communauté est dans sa main ; déjà son regard nous suit ; déjà son amour est à l'œuvre ; et même s'il nous fait attendre le moment où nous prendrons conscience de son secours, déjà Jésus nous a écoutés, déjà notre avenir est pris en charge par celui qui nous aime et s'est livré pour nous.

Nous connaissons, dans toutes nos relations humaines, des moments de solitude parfois douloureux ; mais devant Dieu, avec Dieu, il n'y a pas de solitude, tant que la foi demeure vivante ; et ce père malheureux de l'Évangile nous montre le chemin qu'il nous faut suivre dans toutes nos détresses : parler à Jésus de l'enfant malade, de l'homme, de la femme malade que nous sommes, des crises qui secouent notre espérance, et des paralysies de notre charité, et ajouter aussitôt : "Seigneur, je crois, je veux croire, je veux garder ma confiance, mais malgré moi je te ressens comme absent, lointain. Viens en aide à mon manque de foi".

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(Cf Mc 4, 21-25)
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Hier à 7:48

Bonjour,

22 MAI :

L'ÉVANGILE DU JOUR :

« Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous »
(Mc 9, 30-37)



En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache, car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il m’accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »


MÉDITER AVEC LES CARMES :

Jésus fait route à travers la Galilée. Il peut se faire le plus discret possible, car il a entrepris d'instruire plus personnellement ses disciples proches des projets de Dieu sur lui. Et après cette deuxième annonce de la passion, ses disciples craignent de l'interroger, comme si cette révélation de la passion prochaine était pour eux un secret impossible à porter, comme si les souffrances à venir projetaient déjà leur ombre, l'ombre de l'échec, sur leur vie quotidienne avec Jésus.

Mais une fois arrivés à la maison de Capharnaüm, Jésus, lui, ne va pas craindre de leur demander : "De quoi discutiez-vous en chemin ?" ; qu'est-ce qui occupait votre esprit ? Quel est le souci que vous portiez ensemble ? Et les disciples se taisent, gênés, car, ensemble, ils avaient tourné le dos à la passion du Maître. Comme pour oublier le chemin des souffrances, ils avaient fait des projets de grandeur, et avaient commencé à se comparer entre eux.

Jésus répond d'abord en rectifiant l'image qu'ils se font d'eux-mêmes : la vraie grandeur, selon l'Évangile, est de se faire le dernier de tous. Non pas d'être au-dessous de tout, mais de se placer au-dessous de tous ; non pas pour se faire remarquer par une humilité trop voyante, mais simplement en se mettant en position de servir tous ses frères. Alors, lorsque    dans la famille ou la communauté, Jésus nous met ou nous laisse à la place du service, du dévouement, de la gratuité, à la dernière place, nous ne disons plus : "On me prend ma vie", mais : "C'est bien ainsi ; c'est la place qui me revient".

Seul ce réflexe de l'humilité et du service, du service humble et de l'humilité active, nous permettra à longueur de vie d'accueillir chaque homme comme un frère de Jésus. Et le geste prophétique de Jésus amenant un enfant au milieu des disciples et l'entourant de ses bras, veut souligner justement ce lien entre l'humilité et la capacité d'accueil.

Quand on ne se soucie plus d'être le plus grand, on s'ouvre à l'accueil, même du plus petit. Accueillir un frère au nom de Jésus, c'est lui faire place dans notre vie, en nous référant à la personne de Jésus et son œuvre, à ce que Jésus est pour ce frère et fait pour lui.
Et dans la pensée de Jésus, l'enfant est une parabole vivante : on l'accueille sans regarder s'il le mérite, avant même qu'il puisse le mériter, simplement parce qu'il a besoin d'être accueilli. Tel est bien l'accueil que Jésus nous demande pour le plus petit, pour le plus insignifiant, le moins valable apparemment, des frères qu'il nous envoie.

Et finalement, c'est cette idée de l'envoi qui illumine la parole de Jésus sur l'accueil. Dieu envoie Jésus, et Jésus m'envoie le frère. C'est la cascade de l'envoi, de la mission. Et c'est l'accueil qui me fera remonter la cascade jusqu'à la source, à travers le frère je remonte à Jésus, avec Jésus je remonte au Père :

"Quiconque m'accueille, dit Jésus, ce n'est pas moi qu'il accueille, mais Celui qui m'a envoyé".

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Aujourd'hui à 4:21









L'ÉVANGILE DU JOUR



« Celui qui n’est pas contre nous est pour nous » (Mc 9, 38-40)



En ce temps-là, Jean, l’un des Douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il n’est pas de ceux qui nous suivent. » Jésus répondit : « Ne l’en empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ; celui qui n’est pas contre nous est pour nous. »



MÉDITER AVEC LES CARMES





Arrêtons-nous quelques instants sur la question posée par Jean, le fougueux, l'exclusif, l'homme d'un seul maître, et sur la réponse de Jésus.

"En ton nom" signifie, d'après le sens de l'hébreu :"En se référant à toi". À l'époque, les exorcistes conjuraient les démons "au nom" de Yahweh, de Salomon, le modèle des guérisseurs et des exorcistes, au nom des démons eux-mêmes ou des exorcistes célèbres. Dès lors, pourquoi pas au nom de Jésus ? Tous le savent déjà : dans le nom de Jésus toute la puissance (divine) est présente ; le nom de Jésus est porteur de puissance, de force libératrice.       


Mais ces exorcistes n'appartiennent pas au cercle des disciples qui ont reçu "force et puissance sur les démons".


Les Apôtres, et Jean en particulier, réagissent avec l'étroitesse des privilégiés, comme des propriétaires de l'appel de Jésus, et comme pour canaliser la puissance de Dieu, pour circonscrire d'avance le champ de sa miséricorde :"Il ne nous suit pas !". Luc dit même :"Il ne suit pas avec nous !".

La réponse de Jésus essaie d'inculquer aux disciples la tolérance.
Elle situe à trois niveaux : moi – nous – vous.


1)     Jésus fait d'abord une constatation d'expérience : faire un miracle en mon nom, ce n'est pas mal parler de moi.


2)     Puis le Maître énonce une maxime générale, qui regarde cette fois la communauté chrétienne, dont Jésus est solidaire. Et il dit :"nous". "Celui qui n'est pas contre nous est pour nous". C'est particulièrement vrai en temps de persécution.


3)     Jésus propose un exemple concret, qui confirme la maxime générale. Il s'agit de "vous", cette fois. Et la parole de Jésus est assortie d'une promesse solennelle : "Amen !", qui réaffirme la fidélité de Dieu envers ceux qui le servent.


Le verre d'eau, c'est l'ABC de l'hospitalité en pays chaud, mais le donner à un chrétien parce que chrétien, ou bien que chrétien, surtout en période de persécutions, c'est mériter l'amitié de Jésus.


Le verre d'eau n'est pas grand-chose. Mais le motif pour lequel on le donne est important : peu de chose est nécessaire pour avoir droit à la reconnaissance du Christ !


À l'intolérance des Apôtres s'oppose donc l'accueil universel de Jésus. Les disciples voulaient s'en prendre à ceux qui ne suivaient que de loin, et de l'extérieur. Jésus au contraire prend pour lui le moindre verre d'eau donné à un chrétien, même par un homme très extérieur à la communauté, même si le donateur ne se réfère que de très loin à Celui que les chrétiens révèrent.


La parole de Jésus nous rejoint aisément, à notre époque où tant d'allergies, intellectuelles, sociales, politiques, opposent les hommes, et même les chrétiens.


Ce n'est pas rien, pour un homme, que de se référer au Christ, même si sa motivation reste tant soit peu intéressée,


même si son approche du Christ demeure ambiguë, même s'il est encore à mi-chemin de la foi explicite.


Et rien ne permet de le prendre pour un ennemi du Règne de Dieu.
Bien des hommes et des femmes, tout en rejetant notre témoignage ou même notre amitié, gardent au fond du cœur une admiration sans bornes pour Jésus et une secrète espérance en lui.


Bien des hommes de bonne volonté font reculer la haine ou le malheur dans le monde, pour un idéal qu'ils ne savent pas encore nommer.
Nombre de jeunes, encore éloignés de l'Église, redécouvrent en Jésus une raison de vivre.


Sommes-nous prompts à relever l'imprécision de leur recherche, à dénoncer des dangers d'amalgame, ou au contraire à deviner l'étincelle de foi, ou l'Esprit Saint qui œuvre de manière invisible ?


C'est un test que Jésus aujourd'hui nous propose, le test de la largeur de notre cœur et de notre esprit œcuménique. Sommes-nous des disciples sans frontières, sans barrières, sans œillères ?


Sommes-nous des chrétiens tous azimuts ?


Sommes-nous, en famille ou en communauté, patients envers ceux qui cherchent ?


Savons-nous voir le cœur au-delà des mots maladroits ?
Savons-nous deviner l'amour profond au-delà des attitudes raides ou désinvoltes ?


Il est des hommes qui suivent le Christ, même si ce n'est pas avec nous, même si ce n'est plus avec nous et pas tout à fait comme nous. Dieu connaît les siens, et l'Esprit, lui, s'y retrouve.


C'est sans doute ce que Jésus, ce jour-là, a voulu dire.




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La foi que j'aime le mieux, dit Dieu, c'est l'Espérance.
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   

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Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes
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