Communion de prière AGAPE

Site créé le 15 Août 2005 jour de l'Assomption
 
AccueilAccueil  RechercherRechercher  Dernières imagesDernières images  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
Le Deal du moment : -59%
TEFAL Marmite 28 cm inox – Tous feux dont ...
Voir le deal
21.99 €

 

 L'Ivresse du Vin Nouveau / Cana

Aller en bas 
2 participants
AuteurMessage
cébé

cébé


Nombre de messages : 3758
Date d'inscription : 15/09/2007

L'Ivresse du Vin Nouveau / Cana Empty
MessageSujet: L'Ivresse du Vin Nouveau / Cana   L'Ivresse du Vin Nouveau / Cana EmptySam 7 Nov - 20:23

Les Noces de Cana dessinent pour moi une des plus belles pages des Evangiles. Loin d'en avoir humé tout le bouquet du Vin que Jésus nous donne, je crois que nous avons encore mille découvertes à faire sur ce passage. Pour aujourd'hui, cette question :

Par comparaison avec la saoulerie du vin servi en premier à Cana, qu'est-ce que l'Ivresse du vin Nouveau ?
Revenir en haut Aller en bas
Jean
Modérateurs
Jean


Nombre de messages : 575
Localisation : Londres
Date d'inscription : 27/02/2006

L'Ivresse du Vin Nouveau / Cana Empty
MessageSujet: Re: L'Ivresse du Vin Nouveau / Cana   L'Ivresse du Vin Nouveau / Cana EmptySam 7 Nov - 20:36

cébé a écrit:
Les Noces de Cana dessinent pour moi une des plus belles pages des Evangiles. Loin d'en avoir humé tout le bouquet du Vin que Jésus nous donne, je crois que nous avons encore mille découvertes à faire sur ce passage. Pour aujourd'hui, cette question :

Par comparaison avec la saoulerie du vin servi en premier à Cana, qu'est-ce que l'Ivresse du vin Nouveau ?

Merci Cébé pour ta question.

Je crois que pour répondre à une question si avancée, il est bon d'en aborder les fondements. D'une part, le "Vin Nouveau", qui est la vie divine en nous goûtée a des degrés, en lien avec notre degré de transformation. Et d'autre part ce Vin a en nous trois "goûts": l'esprit goûte, l'âme goût et enfin le corps goûte aussi, chacun selon ses capacités et bien sûr, comme j'ai dit plus haut, selon le degré de transformation de l'être humain. Si tu intègre les étapes de transformation avec les 3 niveaux, tu auras l'énumération globale de catégories de goûts possibles.

Pris globalement, le "goût" est le contact direct entre Dieu et l'esprit ainsi que les échos possibles (non nécessaires) de ce contact dans l'âme et/ou dans le corps. L'esprit a contact direct, et nous ne ressentons point ce qu'il ressent, car ce qui ressent en nous c'est l'âme et le corps.
Cela dit, l'esprit doit se transformer et renaître! Donc il y a différents degrés d'intensité de "contacts directs".

Le contact direct plénier sur terre ("Union au Christ", "Mariage spirituel", "renaître", "ressusciter avec le Christ" sur terre) permet bien sûr à l'esprit de Voir l'Epoux avec une certaine plénitude et sans obstacles (cf. Thérèse d'Avila, 7ièmes Demeures). L'Union au Christ est pour l'esprit une "Vision Béatifique" réduite, qui commence.

L'ivresse ressentie est l'effet dans notre âme et dans notre corps du contact divin transformant qui a lieu dans l'esprit. Or ce qui ressent en nous c'est l'âme et/ou le corps. L'esprit, comme je le disais en haut a le privilège d'avoir un contact direct avec Dieu, c'est dans ce sens que chaque acte de pureté de notre coeur envers Dieu nous donne Dieu. Chaque acte pur a aussi pour effet de nous faire avancer, nous fait nous transformer et nous purifie encore plus. L'Evangile dit bien que "les coeurs purs verront Dieu" et qu'ils seront par conséquent "heureux"! Pour utiliser ton expression, nous pouvons dire: "ils seront ivres" (au lieu de "Heureux"). L'ivresse a des degrés. Mais là n'est pas la question. Dès cette vie donc nous voyons Dieu, par et dans l'esprit, mais "voir" n'est pas l'ivresse, celle-ci tombe dans l'âme et/ou dans le corps! Elle est le résultat de la vision.

En relisant un peu tout cela, et en faisant un petit dessin ou un tableau avec esprit, âme et corps, et en montrant les trois différentes composantes d'une même grâce incréée dans l'esprit principalement, puis les effets possibles (et non obligatoires attention, et créés), cela aidera je crois.

Tout contact direct avec Dieu, de notre esprit avec Dieu, peut avoir des répercussions dans l'âme et dans le corps, à des degrés d'intensité différents qui donne une sorte de Paix, de Joie, de Goût différents de tout ce que la vie peut nous donner. Sainte Thérèse d'Avila, décrit le début de l'action surnaturelle en nous et du goût que l'on en ressent et elle établie une distinction entre les plaisirs et les goûts, les uns seront de bas en haut et terrestres dans leur origine, et les autres de haut en bas, et seront les échos dans le corps et/ou l'âme de ce qui est reçu dans l'esprit. Nous trouvons cela dans les chapitres 1 et 2 des Quatrièmes demeures.

Je pense donc que la lecture de ces passages de sainte Thérèse d'Avila est une des meilleures réponses à ta question, même si, de mémoire, elle n'utilise point les termes: "vin servi au départ" et "Vin nouveau".

Je ne dis rien de l'ivresse due à l'union simple, à l'extase, au rapt, au ravissement qui seraient plus avancés et décrits aussi par sainte Thérèse dans différents endroits.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.amorvincit.com
Jean
Modérateurs
Jean


Nombre de messages : 575
Localisation : Londres
Date d'inscription : 27/02/2006

L'Ivresse du Vin Nouveau / Cana Empty
MessageSujet: Re: L'Ivresse du Vin Nouveau / Cana   L'Ivresse du Vin Nouveau / Cana EmptySam 7 Nov - 20:48

Un avant goût:
ci-dessous un extrait du chapitre 1 des Quatrièmes demeures de sainte Thérèse d'Avila:

"4 Mais je vous ai dit que je parlerais ici de la différence entre les contentements qu'on trouve dans l'oraison, ou les plaisirs. Je crois qu'on peut appeler contentement ce que nous obtenons nous-même par la méditation et nos prières à Notre-Seigneur, cela procède de notre nature, avec, tout de même, l'aide de Dieu, car dans tout ce que je dis il faut comprendre que nous ne pouvons rien sans Lui ; mais le contentement procède de l'acte vertueux même que nous accomplissons, il nous semble l'avoir gagné par notre travail, et nous sommes contents, à juste titre, de nous être appliqués à ces choses. Mais tout bien considéré, bien des choses qui peuvent advenir sur terre peuvent nous causer le même contentement. Ainsi, une grande fortune qui nous échoit soudain, voir soudain une personne que nous aimons beaucoup, réussir une affaire importante, une grande chose, que tout le monde approuve ; la femme, aussi, à qui on a annoncé la mort de son mari, de son frère, ou de son fils, et qui le voit arriver, vivant. J'ai vu de grands contentements faire verser des larmes, cela m'est même arrivé quelquefois. Ces contentements sont naturels et il me semble qu'il en est de même de ceux que nous inspirent les choses de Dieu ; ils sont seulement de plus noble lignée, sans toutefois que les autres soient mauvais. Enfin, ils partent de notre nature elle-même et s'achèvent en Dieu. Les plaisirs partent de Dieu, notre nature les ressent, et elle en jouit autant que peuvent jouir les personnes dont j'ai parlé, et beaucoup plus. Ô Jésus ! Que je voudrais pouvoir m'expliquer à ce sujet ! Il me semble entendre qu'il y a là des différences certaines, et je n'ai pas la science de me faire comprendre ; plaise au Seigneur d'y pourvoir.

5 Je me rappelle soudain un verset que nous récitons à Prime à la fin du premier psaume ; la fin du verset dit : Cum dilatasti cor meum ( Ps 118,32 ). Cela suffira à ceux qui ont une grande expérience de ces faveurs pour comprendre quelle différence il y a entre les unes et les autres ; mais un plus ample exposé est nécessaire à ceux qui ne l'ont point. Les contentements dont j'ai parlé ne dilatent pas le coeur, ils semblent même à l'ordinaire, le serrer un peu, bien qu'il soit tout content de voir ce qui se fait pour Dieu ; mais des larmes angoissées jaillissent, qui semblent en quelque sorte causées par la passion. Je ne sais pas grand- chose de ces passions de l'âme, ma gaucherie est grande, sinon je me ferais peut-être comprendre, je montrerais ce qui procède de la sensualité et de notre nature ; je saurais m'expliquer, moi qui suis passer par là, si je comprenais. A toutes fins, le savoir et l'instruction sont de grandes choses.

6 Je dis ce que je sais par expérience de cet état, de ces régals et contentements dans la méditation ; si la Passion commençait à me faire pleurer, j'étais incapable de m'arrêter jusqu'à ce que j'en eusse la tête cassée ; de même, si je pleurais mes péchés Notre-Seigneur me faisait ainsi une fort grande faveur, mais je ne veux pas examiner pour le moment ce qui vaut le mieux, des contentements ou des plaisirs ; je voudrais seulement pouvoir dire quelle différence il y a entre eux. Ces larmes et ces désirs sont souvent favorisés par la nature et la disposition du moment ; mais, enfin, comme je l'ai dit, quoi qu'il en soit, ils aboutissent à Dieu. C'est hautement appréciable, si l'humilité est là pour nous faire comprendre que nous ne sommes pas meilleurs pour cela ; nous ne pouvons pas comprendre si tous ces effets sont causés par l'amour, mais s'il en est ainsi, c'est un don de Dieu. La plupart des âmes éprouvent cette sorte de ferveur dans les Demeures précédentes, car leur entendement est presque toujours en action, elles l'emploient à réfléchir, à méditer : elles sont en bonne voie, car on ne leur a pas accordé davantage, mais elles feraient bien de se consacrer par moments à accomplir des actes, à louer Dieu, à se réjouir de sa bonté, à le voir semblable à Lui-même, à souhaiter son honneur et sa gloire : cela, de leur mieux, car c'est un excellent moyen d'éveiller la volonté. Et qu'elles veillent bien, lorsque le Seigneur leur donnera ces sentiments, à ne pas les faire taire pour achever leur méditation ordinaire.

7 Comme je me suis longuement étendue, ailleurs, sur ce sujet (Autobiographie, chap.12), je n'en parlerai pas ici. [...]"
(Quatrièmes demeures, Chapitre 1,4-7)

... faut lire la suite... sunny


Dernière édition par Jean le Sam 7 Nov - 20:55, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.amorvincit.com
Jean
Modérateurs
Jean


Nombre de messages : 575
Localisation : Londres
Date d'inscription : 27/02/2006

L'Ivresse du Vin Nouveau / Cana Empty
MessageSujet: Re: L'Ivresse du Vin Nouveau / Cana   L'Ivresse du Vin Nouveau / Cana EmptySam 7 Nov - 20:53

" 1 [...] Il me semble avoir déjà parlé des consolations spirituelles, qui parfois, quand s'y mêlent nos passions, provoquent une frénésie de sanglots ; certaines personnes m'ont même dit que leur coeur se serre, qu'il s'ensuit même des mouvements extérieurs auxquels elles ne peuvent résister, si forts que le sang leur sort par les narines, et autres choses aussi pénibles. Je ne puis rien dire faute d'être passée par là, mais il doit s'ensuivre de la consolation ; car, comme e le dis, tout aboutit au désir de contenter Dieu et de jouir de Sa Majesté.

2 Il en va tout autrement de ce que j'appelle les plaisirs de Dieu, et que j'ai nommé ailleurs oraison de quiétude, comme le comprendront celles d'entre vous qui y ont goûté, par la miséricorde de Dieu. Pour mieux comprendre, supposons que nous voyions deux fontaines qui emplissent d'eau deux bassins : je ne trouve rien qui se prête mieux que l'eau à l'explication de certaines choses spirituelles, pour une raison : je sais peu de choses, nul talent ne me vient en aide, mais j'aime tant cet élément que je l'ai considéré avec plus d'attention que toute autre chose. Car dans tout ce qu'un si grand Dieu, si savant, a créé, il doit y avoir de nombreux secrets dont nous ne pouvons tirer le même profit que ceux qui les comprennent ; je crois pourtant qu'il y a plus qu'on ne peut comprendre dans chaque petite chose que Dieu a créée, ne serait-ce qu'une petite fourmi.



3 Ces deux bassins s'emplissent d'eau par des moyens différents ; pour l'un elle est amenée artificiellement de loin par de nombreux aqueducs, l'autre a été creusé à la source même de l'eau, et il s'emplit sans bruit. Si la source est aussi abondante que celle dont nous parlons, lorsque le bassin est plein, il en déborde un grand ruisseau ; il n'y a pas besoin d'artifices, peu importerait la ruine de l'aqueduc, l'eau jaillit toujours du même point. Telle est la différence : celle qui vient par les aqueducs s'assimile, ce me semble, aux contentements qu'on obtient par la méditation ; nos pensées nous les procurent, en nous aidant des choses créées pour méditer par un effort de l'entendement, et comme elle vient, enfin, de notre industrie, c'est avec bruit qu'elle répand quelque chose de profitable dans l'âme, comme je l'ai dit.

4 Dans l'autre bassin, l'eau naît de la source même, qui est Dieu ; donc, comme Sa Majesté le veut quand Sa volonté est d'accorder une faveur surnaturelle, elle émane avec une quiétude immense et paisible du plus intime de nous-même, je ne sais où, ni comment il se fait que ce contentement et cette délectation ne se ressentent pas dans le coeur comme les joies d'ici-bas, du moins au début, car ils finissent par tout inonder ; cette eau se répand dans toutes les Demeures et toutes les puissances, elle atteint enfin le corps ; c'est pourquoi j'ai dit qu'elle commence en Dieu et finit en nous ; car vraiment, comme le verra quiconque l'éprouvera, l'homme extérieur tout entier jouit de ce plaisir et de cette douceur.

5 Tout en écrivant, je considérais tout à l'heure que le verset que j'ai cité : Dilatasti cor meum, dit que le coeur s'est dilaté ; il ne me semble pourtant pas que cela prenne naissance dans le coeur, mans en un point encore plus intérieur, comme en quelque chose de très profond. Je pense que ce doit être le centre de l'âme, comme je l'ai compris depuis et le dirai pour finir ; car vrai, je vois en nous des mystères qui m'émerveillent souvent. Combien d'autres doit-il y en avoir ! Ô mon Seigneur et mon Dieu, que vos grandeurs sont grandes ! Nous nous conduisons ici-bas comme de naïfs petits bergers, nous croyons saisir quelque chose de vous, et ce doit être moins que rien, puisqu'il y a déjà en nous-même de grands mystères que nous ne comprenons pas. Moins que rien, par rapport à l'immensité qui est en Vous : je ne dis pas que vos grandeurs que nous voyons ne soient pas grandes même ce que nous pouvons saisir de vos oeuvres.

6 Pour en revenir au verset, s'il peut éclairer, ce me semble, ce que j'écris ici, c'est à propos de cette dilatation ; car il apparaît que lorsque cette eau céleste commence à couler de la source dont je parle au plus profond de nous, on dirait que tout notre intérieur se dilate et s'élargit, et on ne saurait exprimer tout le bien qui en résulte, l'âme elle-même ne peut comprendre ce qui lui est donné. Elle respire un parfum, disons-le maintenant, comme s'il y avait dans cette profondeur intérieure un brasero sur lequel on jetterait des parfums embaumés : on ne voit pas la braise, on ne sait où elle est, mais sa chaleur et la fumée odorante pénètrent l'âme tout entière, et même, comme je l'ai dit, le corps en a fort souvent sa part. Attention, comprenez-moi, on ne sent pas de chaleur, on ne respire pas une odeur, c'est chose plus délicate que ces choses-là, mais cela peut vous aider à comprendre, et les personnes qui n'en ont pas l'expérience sauront que cela se produit vraiment ainsi, qu'on le comprend plus clairement que je ne l'exprime. Ce n'est pas un de ces cas où l'on puisse se faire illusion, puisque nos plus grands efforts ne pourraient rien obtenir ; cela même nous prouve que ça n'est pas d'un métal courant, mais l'or infiniment pur de la sagesse divine. Ici, ce me semble, les puissances ne sont pas unies, mais ravies, et comme étonnées, elles considèrent tout cela.

[...]

8 Il me semble bien que la volonté doive être unie avec celle de Dieu d'une façon ou d'une autre, mais c'est aux effets et aux oeuvres qui s'ensuivent qu'on reconnaît la vérité de cette oraison ; il n'est meilleur creuset pour l'éprouver. C'est une fort grande faveur de Dieu que de la reconnaître quand on la reçoit, c'en est une très grande si on ne retourne pas en arrière. Vous voudrez donc, mes filles, chercher à obtenir cette oraison, et vous avez raison, car, comme je l'ai dit, l'âme ne pourra jamais mesurer les grâces que le Seigneur lui accorde alors, et l'amour avec lequel il la rapproche encore de Lui ; vrai, vous voudriez bien savoir comment nous obtiendrons cette faveur. Je vais vous dire ce que j'ai compris à ce sujet. "
(Quatrièmes demeures chapitre 2)
Revenir en haut Aller en bas
http://www.amorvincit.com
Contenu sponsorisé





L'Ivresse du Vin Nouveau / Cana Empty
MessageSujet: Re: L'Ivresse du Vin Nouveau / Cana   L'Ivresse du Vin Nouveau / Cana Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
L'Ivresse du Vin Nouveau / Cana
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Les noces de Cana
» a contrario nouvelle serie "couple"
» Nouveau sur ce forum
» Nouveau forum
» nouveau travail

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Communion de prière AGAPE  :: Vie spirituelle :: Apprendre à prier-
Sauter vers: