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 Autres contes de Noël

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Azur

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MessageSujet: Autres contes de Noël    Autres contes de Noël  EmptyVen 20 Déc - 21:37

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L’étoile de Noël


C’était le premier Noël que Grand-mère passait sans Grand-père et nous lui avions promis, avant sa mort, que Mamie aurait le plus beau de tous les Noëls…
   En arrivant à leur petite maison dans les montagnes de Caroline du Nord, maman, papa, mes trois sœurs et moi fûmes accueillis avec chaleur par Mamie qui était restée éveillée pendant toute la nuit, attendant avec impatience que nous arrivions du Texas…
   Nous l’embrassâmes et Donna, Karen, Kristi et moi nous précipitâmes à l’intérieur de la maison. Elle semblait un peu vide sans Papi, et ce serait à nous de rendre ce Noël spécial.


   Papi avait toujours dit que l’arbre de Noël était la décoration la plus importante. On commença donc par monter le bel arbre que Grand-père gardait dans une armoire. Bien qu’artificiel, c’était le sapin le plus authentique que j’aie jamais vu… Et avec l’arbre, il y avait une collection impressionnante de décorations, dont plusieurs étaient à Papi depuis son enfance.
   Pendant que nous déballions tout, Mamie racontait l’histoire de chaque petit objet…
   Maman décora l’arbre avec une guirlande de lumières blanches et étincelantes et une couronne de boutons rouges, tandis que mes sœurs et moi disposions les décorations sur l’arbre. Très délicatement….
   À la fin, Papa eut l’honneur de l’allumer.
   Nous avons tous reculé un peu pour mieux apprécier notre chef-d’œuvre.
   Pour nous, il était magnifique, aussi beau que l’arbre du Rockefeller Center.
   Mais il y manquait quelque chose…
   — Elle est où, ton étoile ? demandai-je à Mamie.
   Pour Mamie, l’étoile était…TOUT !
   — Je l’ignore.
   Et elle cherchait partout, dans les boites.


   Entre temps, les yeux de Grand-mère se remplissaient de larmes.
   Il ne s’agissait pas d’un simple ornement mais d’une étoile magnifique, dorée, parsemée de pierres colorées et de lumières bleues qui clignotaient. D’ailleurs, Papi la lui avait offerte lors de leur premier Noël de mariés, il y avait de cela plus de cinquante ans.
    Et maintenant qu’il n’était plus là, l’étoile disparaissait aussi !
   — Ne t’en fais pas, Mamie ! Nous allons la trouver.
   — On commence par l’armoire des décorations, dit Donna. Il se peut que la boite soit juste tombée…


   Cela semblait logique. On grimpa sur une chaise et on chercha dans la grande armoire de Grand-père. On a vu les vieux albums de Papi, des photos de la famille, des cartes postales des Noëls passés, des robes de soirée et des coffrets à bijoux.
    Mais… aucune d’étoile !

Nous avons regardé sous les lits et au-dessus des étagères, dehors et dedans…
   Rien de rien !
   Mamie faisait son mieux mais on sentait combien elle était accablée et triste…
   — On peut acheter une nouvelle étoile, rappela Kristi.
   — Je peux en faire une en carton, ajouta Karen.
   — Non, dit Mamie. Cette année, il n’y aura pas d’étoile !




   La nuit était déjà tombée, et il était grand temps d’aller se coucher.
   Le Père Noël passerait bientôt.
   Et tout le monde est parti au lit.
   Dehors, les flocons de neige tombaient en silence.




   Le lendemain, on s’est réveillé tôt, mes sœurs et moi, pour voir ce que le Père Noël nous avait laissé sous l’arbre. Et, bien sûr, pour chercher l’étoile de Noël dans le ciel…
   Après le petit déjeuner traditionnel – des crêpes à la pomme – la famille ouvrit les cadeaux. J’ai eu l’ensemble de cuisine dont je rêvais et Donna sa belle poupée… Karen se réjouissait de son chariot à poupées et Kristi de son petit service à thé en porcelaine.
   Le Père Noël nous avait bien gâtées !
   — Le dernier cadeau est pour Mamie de la part de Papi, murmura Papa d’une toute petite voix…
   — De qui ? demanda Mamie. Sa voix tremblait.
   — J’ai trouvé ce cadeau dans l’armoire de Papi, expliqua Maman. Il était déjà emballé, donc je l’ai mis sous l’arbre. J’ai cru que c’était un de vos cadeaux.
   — Vite, ouvrons-le ! dit Karen.




   Mamie ouvrit alors la boite. Ses mains tremblaient.
    Mais lorsqu’elle le déballa, son visage rayonnait !
    À l’intérieur il y avait une magnifique étoile dorée ! Avec un petit mot…
   Et sa voix frémissait lorsqu’elle l’a lu :




   — Ne sois pas fâchée contre moi. J’ai cassé ton étoile en rangeant les décorations et je n’ai pas eu le temps de te le dire. J’ai cru qu’il était temps d’avoir une nouvelle étoile. J’espère qu’elle t’apportera autant de joie que la première. Joyeux Noël !
   Tout mon amour,
   Bryant




   C’est ainsi que Mamie eut enfin son étoile ! Une étoile qui parlait de l’amour immense que mes grands-parents éprouvaient l’un pour l’autre.
   Une étoile qui a ramené Papi à la maison, dans chacun de nos cœurs et a fait de ce Noël le plus beau de tous…


Susan Adair


https://noelparminous.wordpress.com/2017/11/29/letoile-de-noel/
 


 
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Azur

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MessageSujet: Re: Autres contes de Noël    Autres contes de Noël  EmptyVen 20 Déc - 21:49

Le conte du grand-père qui n’aimait pas les gâteaux

Il était une fois un vieux grand-père qui assistait au repas de mariage de sa dernière petite-fille. Il était heureux, serein, apaisé devant le merveilleux spectacle de toute sa famille réunie. Leur joie, leur bonheur à tous l'entouraient d'une émotion tendre.

Comme elle était belle, sa petite-fille dans une éblouissante robe blanche ! Elle riait de bon cœur en découpant avec son jeune époux la somptueuse pièce montée toute scintillante de caramel blond et de dragées roses.

- « Servez-vous tous et faites passer à vos voisins de table, disait-elle en déposant les choux tout rebondis de crème sur les assiettes chaudes. »

Quand la petite-fille passa l'assiette à son grand-père :


-«  Tiens, Pépé Paco ! Prends donc du gâteau ! »


- « Mais non ! Fais passer le plat, l'interrompit sa mère, toujours attentive, tu sais que Pépé n'aime pas les gâteaux. »

Il y eut un instant de silence et l'on entendit soudain la voix joyeuse du grand-père :


- « Mais oui ! J'aime les gâteaux. Tiens, je vais prendre ce beau chou-là. »

Regard stupéfait de sa fille.


- « Comment ça, tu aimes les gâteaux ? Mais tu n'as jamais aimé les gâteaux ! Moi ta fille, j'ai cinquante ans et je ne t'ai jamais vu manger un gâteau de toute ma vie… »

-«  De ta vie à toi, ma fille, oui…Mais pas de la mienne ! C'est que je les aime, les gâteaux ! J'ai toujours aimé les gâteaux…


Seulement, nous étions si  pauvres  quand vous étiez petits avec tes sœurs et ton frère, tu le sais bien…


Des gâteaux, votre mère ne pouvait en acheter qu'une fois de temps en temps, et encore seulement les dimanches de fête…


Elle en prenait un pour chacun, c'est sûr, mais moi, quand je voyais tes yeux à toi, ma toute petite, quand tu venais t'asseoir sur mes genoux et que tu dévorais ton gâteau avec tant de plaisir, mon plaisir à moi, tu vois, c'était de te regarder manger mon gâteau que je te donnais si volontiers.


Et j'ajoutais toujours pour que ton plaisir soit complet : ” Mange ma petite petitoune, va !…moi je n'aime pas les gâteaux : “ »

Le grand-père en disant cela souriait tendrement, dodelinant doucement de la tête.


Il dit encore en riant franchement :

- « Tiens, ma fille, aujourd'hui c'est fête, donne-moi aussi celui qui reste sur le plat, là… D'ailleurs il va finir par tomber si tu continues à trembler comme ça ! Tu as froid ou c'est l'émotion de marier ta fille ? »


Il arrive quelquefois que les cadeaux d'amour mettent de longues années avant d'être reconnus comme tels.  
Il suffit parfois d'un moment de tendresse, qui vient se poser sur un souvenir avec la délicatesse d'un pétale de fleur pour qu'ils se révèlent au grand jour.

Jacques Salomé - « Contes à aimer… Contes à s'aimer. »


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Azur

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MessageSujet: Re: Autres contes de Noël    Autres contes de Noël  EmptyMar 24 Déc - 19:18

    Le second miracle de Noël: Un récit urbain pour que les plus grands gardent l'esprit de Noël       

               Il savait qu’il allait terminer sa tournée beaucoup plus tard que d’habitude. Ce 24 décembre au soir, les Parisiens s’étaient jetés dans leur voiture alors qu’une fine neige s’était mise à tomber, ne réussissant qu’à rendre le sol glissant. Sans doute étaient-ils pressés de quitter Paris ce vendredi et de partir profiter « des fêtes » ailleurs que dans cette ville grise, rendue plus sombre encore par l’hiver et la saleté. Qui aurait pu leur en vouloir ? Il n’empêche que cela avait été une sacrée cohue et qu’il avait eu du mal à avancer dans les rues congestionnées de la capitale.

De toute façon, il n’avait pas prévu grand-chose. Il fêterait Noël demain avec ses parents, sa sœur, son beau-frère et ses deux neveux. Il aurait bien réveillonné dès le 24 au soir, mais cela n’aurait pas été raisonnable. Tant pis, cette année, sa mère irait sans lui à la messe de Minuit. Pour ce qu’il allait à la messe dans l’année… Quelques occasions, des baptêmes de temps en temps, des mariages moins souvent, des enterrements en nombre… Pas de quoi en faire un drame.

Il avait fini par arriver au dernier point de contrôle. Il gara sa voiture sans trop de mal près d’un pont enjambant le péri­phérique – les Parisiens étant coincés sur les routes, il y avait plein de places de parking libres – et s’approcha de la clôture qui bordait un talus herbeux, l’un des rares qui n’étaient pas encore encombrés de ces bidonvilles, amas de tentes et de baraques qui nous font détourner le regard. Son boulot consistait à s’assurer que les moutons loués à la mairie de Paris pour y tondre l’herbe allaient bien. Pour la com, son entreprise lui fournissait une veste en peau de mouton. Ça faisait plus authentique et ça collait avec le slogan de la boîte : « Plus bêle la ville ».

« Elles ont du mérite, ces pauvres bêtes, songeait-il souvent, à rester près du périphérique, comme ça. Entre le bruit et l’odeur, je ne sais pas comment elles font pour ne pas devenir folles. » Les pauvres bêtes, elles, se souciaient visiblement peu du voisinage. Un des bêlants avait disparu, une fois. Il avait été sorti de l’enclos par des soûlards qui l’avaient baladé dans tout Paris. L’histoire aurait pu rester amusante si le mouton n’avait pas terminé son trajet, et sa vie par la même occasion, en compagnie d’un caddie au fond de la Seine. Une course de vitesse qui avait mal tourné. Depuis, les clôtures et les cadenas avaient été renforcés, et la mairie de Paris avait pris un arrêté anti-divagation des animaux de ferme.


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Un rapide coup d’œil lui permit de s’assurer que tous les moutons étaient bien présents. Il les laissa s’approcher, vérifia qu’aucun n’était blessé et qu’ils avaient tous l’air en bonne santé. Puis il s’agenouilla et passa sa main dans la toison du premier arrivé pour voir ce que donnerait la tonte. La routine.

C’est lorsqu’il releva la tête qu’il entendit de la musique. « Encore une foutue enceinte Bluetooth, pesta-t-il en lui-même, c’est une plaie. » Il se releva et tourna la tête de gauche à droite pour voir d’où venait cette mélodie qu’il entendait maintenant distinctement. Cela ressemblait à du classique, avec du chant. Pas celle qui sort habituellement des enceintes portatives. Il ne voyait pourtant aucun groupe, aucune personne, même, qui aurait pu trimballer ce type d’appareil.

Il jeta un dernier œil sur les environs et son regard fut alors attiré par une façade lumineuse, qui surplombait le talus de l’autre côté du périphérique. Rien de particulier, si ce n’est que son éclat tranchait avec les autres façades. En fait, lorsqu’on l’avait repérée, celles-ci semblaient plus pâles, moins brillantes. Comme il ne la distinguait pas très bien, il décida d’aller la voir de plus près. Il avait tout son temps.

Tous les trois sortaient du restaurant d’un hôtel de grand luxe. Ils avaient voulu fêter Noël ensemble et avaient mis une somme folle dans le dîner. Petits fours, champagne, foie gras, huîtres… leur entraîneur n’aurait pas apprécié, mais dame, ça n’arrivait qu’une fois par an. Il fallait pourtant reconnaître que le cœur n’y était pas. On a beau être footballeur, gagner des millions et être connu partout dans le monde, rien ne remplace la chaleur de la famille. Et même si les trois étaient devenus de bons copains, même s’ils avaient passé un bon moment, même s’ils savaient qu’un jour, ils pourraient fêter Noël chez eux, ils avaient tous le cœur un peu lourd. Leur âme encore enfantine – le plus âgé n’avait pas 22 ans – n’était pas satisfaite de la goinfrerie ni des emplettes de luxe qui avaient précédé le dîner : il fallait bien envoyer des cadeaux aux familles. Le plus petit soupirait en songeant au bunuelos que sa mère faisait à chaque Noël. Il avait tenté d’en expliquer la recette dans son sabir mélangeant le mexicain, le français et l’anglais – il était de Juarez –, mais c’était tombé au moment où le serveur avait présenté le homard.

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Apercevant la neige, le plus jeune se mit à glisser sur le bitume, en faisant crisser ses baskets dernier cri. Le second fit de même. Le troisième les avertit, dans un sabir mélangeant le français, l’anglais et le bambara – il était ivoirien –, que l’entraîneur ne serait sans doute pas très content s’il apprenait qu’ils risquaient de se blesser bêtement. Mais voyant ses deux compères s’éloigner en glissant et en riant, il les rattrapa.

« Qu’est-ce que vous foutez là ? » Le sacristain de l’église du quartier était connu pour être aussi bourru que bienveillant. C’est pour cela qu’après avoir gueulé en sor­tant par une porte latérale, il se radoucit instantanément en constatant qu’il n’avait pas affaire à ses habituels squatteurs de parvis : ce n’était ni Jean-Pierre, le clochard lettré, qui passait cette partie de l’année chez sa mère en Provence, ni les camés de la « colline du crack », qui échouaient parfois jusqu’ici, lamentables.

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Ils étaient deux, un homme barbu et une femme aux traits tirés. Ils n’auraient pas dérangé en temps normal : cette porte d’entrée donnait uniquement accès à la sacristie et ne serait utilisée au pire que par le curé, son vicaire et quelques enfants de chœur rusés. Mais cette fois-ci, le sacristain était un peu empêtré. Son curé avait eu l’idée saugrenue de faire une crèche vivante dans l’église pour la messe des enfants, à 18 h. Cela s’était éternisé, bien sûr, et le bœuf et l’âne – deux silhouettes dessinées par les enfants du caté et collées sur une structure en bois : deux merveilles de l’art en vogue dans les partages d’Évangile – avaient été stockés dans la sacristie juste après la messe.

Maintenant, il fallait débarrasser les lieux pour laisser la place à la flopée de clergeons qui ne manqueraient pas de débarquer pour servir la messe de Minuit et, potentiellement, de piétiner le décor par inadvertance. Du coup, l’expédition, avec l’un des enfants de chœur, une espèce de grande gigue constellée de taches de rousseur, consistait à exfiltrer les bestiaux jusqu’à la maison paroissiale, située deux rues plus loin. Pas simple, puisque les structures pesaient un âne mort, étaient fragiles et encombrantes. Il fallait faire vite : le sacristain devait jeter un œil sur le projecteur illuminant l’église qui, depuis le début de la soirée, éclairait beaucoup trop la façade. Il craignait qu’il ne surchauffe.

« C’est p’têt pas trop grave si on peut passer, non ? », demanda l’enfant de chœur. Il voulait déjà retourner dans l’église chauffée, où la chorale répétait avec une ardeur décuplée par le traditionnel vin chaud qu’il avait fallu goûter avant sa distribution à la sortie de la messe et qui agrémentait avantageusement les brioches bénies. « Attends mon gars, il y a un truc. »



L’homme barbu n’avait que brièvement levé les yeux vers le sacristain et son séide. Puis il les avait abaissés à nouveau sur sa femme qui était allongée sur un monticule de cartons, de vieux tapis de sacs de couchage. Dos au vent, il faisait son possible pour la protéger des courants d’air, sans grand succès. Le sacristain vit que la femme était enceinte, et pas qu’un peu. Elle était sur le point d’accoucher. « On va déjà faire un paravent avec nos machins. Et puis appeler les pompiers. »

En arrivant près de l’église, le ber­ger fut un peu déçu. Il s’attendait à trouver un lieu plein de vie, grouillant d’animation, avec une distribution de chocolat chaud, un orchestre, ou une guinguette. Il entendait maintenant distinctement les chants : pas d’enceinte Bluetooth mais, visiblement, une chorale qui s’en donnait à cœur joie. Rien d’anormal un soir de Noël. Il allait revenir à ses moutons quand un camion de pompiers passa en trombe sur la place, jetant des éclats de lumière bleue sur les murs, longea l’église et se gara sur le trottoir en crissant des pneus. Le berger s’approcha.

Les trois grands enfants perdus de la planète foot s’éloignaient de l’hôtel – tant pis pour le taxi qu’ils avaient commandé. Et ne suivaient aucun trajet. Ils dégringolèrent plus d’une fois, mais les éclats de rire étaient nombreux. De rue en rue, ils arrivèrent près d’un grand bâtiment, sans y prêter attention. Ce n’est qu’en tournant à l’un de ses coins qu’ils aperçurent, près d’une des portes, un camion de pompiers arrêté dont les occupants s’activaient dans un recoin. Une ultime glissade propulsa les sportifs tout près, curieux. Le premier d’entre eux trébucha juste avant d’arriver, et les deux autres se carambolèrent en essayant de l’éviter. Dans leur chute fracassante, ils n’avaient pas vu : la femme avait mis son enfant au monde, et les pompiers avaient posé le petit sur son ventre. « Ce sont deux Syriens. La femme vient d’accoucher », leur chuchota le berger. Ne sachant pas trop quoi faire, l’un déposa sa montre en or, l’autre le parfum Nuit au désert de Diorlain, un truc infâme à 950 € la bouteille – qu’il avait acheté pour sa mère –, et le troisième la machine à fumée acquise pour son frère, qui rêvait de devenir un DJ à la mode. « Au moins, ils pourront les revendre », chuchota dans son sabir japono-anglo-français le troisième footeux, qui était de Tokyo.



Le curé marchait vite, mais à petits pas, en prenant garde à ne pas glisser sur le bitume rendu biaiseux par la neige qui s’obstinait à ne pas tenir. Il était parti un peu plus tard que ce qu’il avait prévu et détestait ne pas arriver en avance à la messe – à l’inverse de nombre de ses paroissiens. Dieu merci, son presbytère était à deux pas de l’église. Tournant au coin de la rue, il vit une certaine agitation, inhabituelle puisque la messe était prévue dans une bonne heure et demie, à minuit. Il pressa le pas.

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Lorsqu’il arriva plus près, il vit l’étrange tableau : un type habillé d’une peau de mouton, debout, ainsi que trois gars agenouillés devant un petit bébé tenu par une femme, visiblement épuisée. À ses côtés, un homme, ému, ne retenait pas ses larmes. Trois pompiers s’activaient autour, tandis que leur camion illuminait par intermittence toutes les façades de bleu. Ils avaient posé l’âne et le bœuf de carton derrière le couple, pour mieux se mouvoir. Le sacristain tenait sa gapette entre les mains, et l’enfant de chœur était un peu en retrait.Tous deux regardaient la scène. Des notes de cantiques – la chorale était décidément en forme – perçaient généreusement à travers les vitraux. « Bon sang, dit le curé, mais c’est une véritable crèche ! »




Quand il descendit dans la cuisine de ses parents pour y prendre le traditionnel croissant au beurre des matins de fête, le berger fut accueilli par son père, qui, plus matinal, attaquait son second café avant de mettre la table des grands jours.

« Ta mère a regretté que tu ne sois pas là pour la messe, hier. Du coup, c’est moi qui ai dû m’y coller, personne n’était disponible pour la conduire. Tu te rends compte ? Vingt-huit ans que je n’y avais pas été. La dernière fois, c’était pour ton baptême ! – C’est le second miracle de Noël », répondit son fils en souriant.

Théophane Leroux





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