Communion de prière AGAPE

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 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)

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Serviteur44

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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptyMer 24 Jan - 21:44

Bonsoir,

Prière avant la Lectio Divina :

"Dieu Notre Père,
Tu as envoyé Ton Fils,
Parole faite chair,
pour Te manifester à nous les hommes.
Libère maintenant en moi Ton Esprit Saint,
afin que je puisse rencontrer Notre Seigneur et Sauveur
Jésus-Chrsit
dans cette Parole qui vient de Toi ;
afin que je la connaisse plus profondément
et que, en la connaissant,
je L'aime plus intensément
pour parvenir ainsi à la béatitude du Royaume.
Amen."

D'après une prière d'Enzo Bianchi

Quand j'aurai le temps, je vous parlerai d'une méthode de Lectio divina : la méthode de Vigan.
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Serviteur44

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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptyJeu 25 Jan - 21:02

Bonsoir,

En bref, la méthode de Vigan, 1950, ville des Philippines, avec pour base des écrits du spiritain Guigues le Chartreux, une méthode de Lectio Divina de groupe est élaborée.

Le but est une Parole adressée, vécue pour la journée.

Je vous propose une transposition individuelle de cette méthode, facile à appliquer chez soi, tout seul.
(Ça aide beaucoup d'avoir un missel mensuel pour surligner ...)

I Lecture / surlignage des mots qui nous touchent, qui nous semblent importants.

II Comprendre ce que le Seigneur veut me dire par cette Parole.

III Notre réponse au Seigneur.

IV Contemplation, vivre la Parole dans notre quotidien.

Mise en pratique :

Évangile du 24 Janvier:

Texte de l'Évangile (Mc 4,1-20):
Citation :
Jésus s'est mis une fois de plus à enseigner au bord du lac, et une foule très nombreuse se rassemble auprès de lui, si bien qu'il monte dans une barque où il s'assoit. Il était sur le lac et toute la foule était au bord du lac, sur le rivage. Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles, et il leur disait, dans son enseignement: «Écoutez! Voici que le semeur est sorti pour semer. Comme il semait, il est arrivé que du grain est tombé au bord du chemin, et les oiseaux sont venus et ils ont tout mangé. Du grain est tombé aussi sur du sol pierreux, où il n'avait pas beaucoup de terre; il a levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde; et lorsque le soleil s'est levé, ce grain a brûlé et, faute de racines, il a séché. Du grain est tombé aussi dans les ronces, les ronces ont poussé, l'ont étouffé, et il n'a pas donné de fruit. Mais d'autres grains sont tombés sur la bonne terre; ils ont donné du fruit en poussant et en se développant, et ils ont produit trente, soixante, cent pour un». Et Jésus disait: «Celui qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende!».

Quand il resta seul, ses compagnons, ainsi que les Douze, l'interrogeaient sur les paraboles. Il leur disait: «C'est à vous qu'est donné le mystère du royaume de Dieu; mais à ceux qui sont dehors, tout se présente sous l'énigme des paraboles, afin que se réalise la prophétie: ‘Ils pourront bien regarder de tous leurs yeux, mais ils ne verront pas; ils pourront bien écouter de toutes leurs oreilles, mais ils ne comprendront pas; sinon ils se convertiraient et recevraient le pardon’».

Il leur dit encore: «Vous ne saisissez pas cette parabole? Alors, comment comprendrez-vous toutes les paraboles? Le semeur sème la Parole. Ceux qui sont au bord du chemin où la Parole est semée, quand ils l'entendent, Satan survient aussitôt et enlève la Parole semée en eux. Et de même, ceux qui ont reçu la semence dans les endroits pierreux: ceux-là, quand ils entendent la Parole, ils la reçoivent aussitôt avec joie; mais ils n'ont pas en eux de racine, ce sont les hommes d'un moment; quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, ils tombent aussitôt. Et il y en a d'autres qui ont reçu la semence dans les ronces: ceux-ci entendent la Parole, mais les soucis du monde, les séductions de la richesse et tous les autres désirs les envahissent et étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. Et il y a ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre: ceux-là entendent la Parole, ils l'accueillent, et ils portent du fruit: trente, soixante, cent pour un».

Le point II doit commencer par ces mots :

Le Seigneur me dit : "Serviteur44"  (mettre votre nom à la place)

Le point III doit commencer par ces mots :

Je dis au Seigneur : (mettre vos mots favoris pour vous adresser au Seigneur)

Voici en exemple ma Lectio Divina pour ce texte :

Le Seigneur me dit :

Citation :
"Et toi, Serviteur44, as-tu des yeux pour voir, des oreilles pour entendre ? Alors convertis-toi et demande pardon."

Je dis au Seigneur :

Citation :
"Ô Christ, ô mon Maître, par Ta Parole, change mon cœur de pierre en bonne terre et par Ta semence du Saint Esprit, apprends-moi à donner du fruit, à ma mesure : beaucoup de grains."


Je fais cette méthode depuis un an et avec le temps ma Lectio Divina est devenu beaucoup plus courte qu'au début.
Sentez-vous libre de faire à votre guise, la seule règle très importante est de réutiliser les mots du texte pour éviter le hors sujet.
Vous n'êtes pas obligé d'utiliser l'Evangile, tout texte biblique peut faire l'affaire,  mais parfois ça peut être plus difficile selon le texte.
Quand je n'ai pas l'inspiration, je garde le texte de la veille et je le médite à chaque fois que j'entre ou je sors de ma chambre.
(encore faut-il y penser ...)

Voilà, à vous thumright  

PS: En tapant "méthode de Lectio Divina Vigan" vous trouverez plus d'info, ce que je vous offre est un court résumé pratique sans prétention de ce que j'ai compris.
Si vous avez des  Question j'y répondrais avec plaisir  Surprised

Merci au Frère Silouane, Maître des postulants, qui me l'a enseigné cheers
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Espérance

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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptyJeu 25 Jan - 21:48

Hé bien, MERCI Serviteur44, car je ne connaissais pas du tout cette méthode.
Je vais essayer de m'y mettre demain et je te poserai les questions s'il y en a.

Bonne nuit et que Dieu te bénisse.

_________________
La foi que j'aime le mieux, dit Dieu, c'est l'Espérance.
Charles Péguy
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Serviteur44

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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptyVen 2 Fév - 8:37

Bonjour,

"C'est la Lectio Divina qui nous donnera des lumières sur la beauté, la bonté, la miséricorde, la charité divines, et qui permettra à notre cœur de se pénétrer et de s'éprendre de Dieu."

Gabriel Sortais
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Serviteur44

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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptySam 25 Mai - 21:05

Lectio divina - 1ère lettre de saint Jean (4, 7-12)



Proposition de texte pour pratiquer la lectio divina - 1ère lettre de saint Jean (4, 7-12)

1. Lectio : lisez ou écoutez plusieurs fois le texte, lentement
2. Meditatio : réfléchissez à sa signification ; en quoi cela me concerne-t-il ?
3. Oratio : faites silence, ouvrez votre cœur
4. Contemplatio : écoutez Dieu vous parler, répondez-Lui
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Mesperança

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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptyDim 8 Sep - 10:11

Bonjour Serviteur, je découvre chaque jour que je vous lis sur hozana, merci, je vais essayer cette méthode de méditation si profonde, je ne prie pas assez bien notre seigneur, mais par ce biais ces paroles sont encore plus lumineuses et m'apprendront d'avantage à comprendre.. Dieu vous bénisse,!
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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptyLun 9 Sep - 17:25

Je vous en prie Mesperança c'est un plaisir de partager Smile

Que Dieu vous bénisse aussi et qu'Il vous garde dans Sa paix !

Alors, bonne lectio divina ...
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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptyLun 16 Sep - 20:49

Oui, c'est une méthode protestante évangélique, eh oui Laughing Very Happy

S'approprier les versets de la bible

Un exemple, cette belle chanson



c'est le verset exode 14;14 L’Éternel combattra pour vous
Et les autres paroles, c'est plus ou moins pareil, on s'approprie tout le temps les versets de la bible.

et si vous ne pleurez pas comme une madeleine, je vous paie un café.

https://connaitredieu.com/lettre-d-amour-de-dieu-le-pere/lettre-amour-version-texte/
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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptyLun 16 Sep - 20:50

Je copie colle, que des versets de la bible

Mon enfant,

Je suis le mouvement, la vie et l’être. (Actes 17.28)

Je te connaissais avant même que tu sois conçu. (Jérémie 1.4-5)

Je t’ai tissé dans le ventre de ta mère. (Psaume 139.13)

C’est moi qui t’ai fait sortir du sein de ta mère. (Psaume 71.6)

Tu as été créé à mon image. (Genèse 1.27)

J’ai fait de toi une créature merveilleuse. (Psaume 139.14)

Tu n’es pas une erreur. (Psaume 139.15)

Je regarde jusqu’au fond de ton cœur et je sais tout de toi. (Psaume 139.1)

Je sais quand tu t’assieds et quand tu te lèves.

Je te vois quand tu marches et quand tu te couches. (Psaume 139.2)

Même les cheveux de ta tête sont comptés. (Matthieu 10.29-3)

Tous tes jours sont écrits dans mon livre. (Psaume 139.16)

Mon image est déformée par ceux qui ne me connaissent pas. (Jean 8.41-44)

Je ne me suis pas éloigné, ni fâché,

Car je suis l’expression parfaite de l’amour. (1 Jean 4.16)

Toute grâce que tu reçois vient de ma main. (Jacques 1.17)

Car je suis celui qui pourvoit à tous tes besoins. (Matthieu 6.31-33)

Mes pensées vers toi sont plus nombreuses que les grains de sables. (Psaume 139.17-18)

Je me réjouis au son de ta voix.

Je suis le Père qui te console de toutes tes peines. (2 Corinthiens 1.3-4)

Quand tu cries à moi, je suis près de toi et je te délivre de toutes tes détresses. (Psaume 34.18)

J’effacerai toute larme de tes yeux. (Apocalypse 21.3-4)

Et je porterai toute la douleur que tu as subie sur cette terre. (Apocalypse 21.4)

Je n’arrêterai jamais de te bénir. (Jérémie 32.40)

Je t’aime de la même façon que j’aime mon fils Jésus. (Jean 17.23)

Il est la représentation exacte de mon être (Hébreux 1.3)

Il est venu démontrer que je suis pour toi, pas contre toi. (Romains 8.31)

Et te dire que je ne compte plus tes péchés. (2 Corinthiens 5.18-19)

Jésus est mort pour que toi et moi soyons réconciliés. (2 Corinthiens 5.18-19)

Rien ne peut te séparer de mon amour. (Romains 8.38-39)

Je serai toujours ton Père. (Ephésiens 3.14-15)

Veux-tu être mon enfant ? (Jean 1.12-13)

Je t’attends. (Luc 15.11-32)

Ton Père qui t'aime,

Dieu tout puissant
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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptyLun 16 Sep - 20:54

Merci pour le partage thumleft
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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptySam 25 Jan - 21:23

Pratique de la lectio divina, avec Jean 12, 44-47 :

1. Lectio : lisez ou écoutez plusieurs fois le texte, lentement
2. Meditatio : réfléchissez à sa signification ; en quoi cela me concerne-t-il ?
3. Oratio : faites silence, ouvrez votre cœur
4. Contemplatio : écoutez Dieu vous parler, répondez-Lui


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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptyDim 8 Mar - 10:23

Lectio divina - 2e dimanche du Carême 2020


La scène de la « Transfiguration » du Seigneur est placée peu avant la montée de Jésus vers Jérusalem, la ville de sa Passion. Il faut bien en effet la lumière de la Transfiguration pour aborder les durs récits de la Passion. Croire vous offre une Lectio divina (Lecture - Méditation - Contemplation et Prière) de l’Évangile.


1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 Ca2_0_481_354




LECTIO




Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 17, 1-9)



En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul. En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »


MEDITATIO



La gloire de la croix


La voix qui s’adresse aux témoins de la transfiguration prononce les mêmes mots que la voix venue du ciel au Baptême. Dans les deux cas, il s'agit d'une déclaration d'identité : «Celui-ci est mon fils bien-aimé» et de l'affirmation que tout l'amour de Dieu l'accompagne en son itinéraire personnel et habite en lui pour rejoindre tous les hommes : «Il a tout mon amour». Pourquoi réitérer ces affirmations ? C'est qu'au Baptême il s'agissait d'investir Jésus d'autorité pour que ses auditeurs accueillent les enseignements qui allaient suivre. À la Transfiguration le contexte est différent : immédiatement avant cette image de gloire, Jésus a informé les disciples qu'il devait se rendre à Jérusalem où il serait mis à mort. Il fallait que les disciples apprennent que même là, dans l'horreur de la Passion, il restait le Fils bien-aimé et que le visage de douleur coïnciderait avec le visage rayonnant de gloire. Certes, la dimension pascale était bien inscrite dans le Baptême, comme on l'a répété, mais en quelque sorte à distance ; maintenant on est au pied du mur. À vrai dire, l'événement pascal n'apparaît directement qu'à la dernière ligne de notre lecture, mais il est sous-jacent à tout le récit. Méditons cela car nous avons beaucoup de mal à lire tout l'amour de Dieu pour le Christ et, par lui, pour nous dans l'horreur du supplice, étant bien entendu que Dieu n'est pas l'auteur de la croix, ni de nos divers déboires,mais qu'il vient nous rejoindre et nous «glorifier» partout où la vie nous met.


Le visage de lumière

Avec le visage rayonnant de Jésus, on pense forcément à Moïse descendant de la montagne où Dieu lui avait remis les «dix paroles» de l'Alliance. Au point qu'il devait se voiler le visage pour ne pas effrayer les « enfants d'Israël » (Exode 34,29-35). Paul reprend ce thème en 2 Corinthiens 3,4-18. Il explique que sous l'ancienne Loi la vérité glorieuse était voilée mais qu'avec le Christ le voile tombe. Cette lumière est contagieuse, car nous aussi c'est «le visage découvert que nous réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur». On est passé du régime de la condamnation au régime de la JUSTIFICATION (verset 9). Ce texte de Paul insiste beaucoup sur le caractère passager de la première Alliance. Or voici justement que le récit de la Transfiguration nous met en présence de Moïse et d'Élie, la Loi et les prophètes, figures qui récapitulent tout l'Ancien Testament. Le Christ vient accomplir, surclasser, la Loi et remplir les promesses de la prophétie. Il opère le passage du transitoire au définitif, à cet avenir représenté par les trois Apôtres, ceux-là même que l'on retrouvera à Gethsémani, au seuil de la Passion. Pourquoi seulement ces trois ? En Galates 2,9 Paul écrit qu'il est allé faire approuver son action auprès des païens par «Jacques, Pierre et Jean, que l'on regarde comme les colonnes» ; de l'Église, bien entendu ; nous sommes bien aux portes d'un avenir révélé comme lourd de gloire.


Vers l'ultime Exode


Gloire, lumière qui se lève dans les ténèbres, d'accord. Mais voici que les personnages entrent dans une nuée à la fois lumineuse et obscure, puisqu'elle les couvre de son ombre. Bien sûr, on pense à la nuée qui revient si souvent dans l'Exode pour manifester la présence divine, en particulier dans le chapitre 40, versets 32-36, l'un des passages où on la voit audessus de la tente de réunion. Ces multiples références à l'Exode montrent bien que nous sommes ici à la veille de l'Exode ultime et définitif, celui qui ne traversera plus le désert mais ce que ce désert représentait : la mort. C'est bien pour cela que Luc, dans sa version de la Transfiguration, écrit que Moïse et Élie parlaient avec Jésus de «l'exode qu'il devait accomplir à Jérusalem». Comme au cours de la traversée du désert, Pierre veut dresser des tentes.Or, dresser la tente, c'est vouloir s'installer, interrompre la marche. Veut-il bloquer, ou retarder, le passage de l'ancien au nouveau ? Ouf ! Reposons-nous sur l'acquis, sur le déjà-là. Ne quittons pas le lieu où se manifeste la gloire. Là-bas, au pied de la montagne, serpente la route qui mène à Jérusalem. Pas plus qu'en Matthieu 16,21-23, donc au chapitre précédent, Pierre n'est partant pour ce voyage vers la ville qui tue les prophètes. «Dressons trois tentes.» Mais pourquoi exiger le silence sur la Transfiguration jusqu'à ce que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts ? Parce qu'alors seulement on pourra comprendre que la gloire vient par la croix.


Père Marcel Domergue, sj.



CONTEMPLATIO





ORATIO


Un instant nos yeux
Ont surpris ta gloire :
Te voici rayonnant
De splendeur ;
Seigneur, notre joie,
Tu as vu le Père,
Ton visage est clarté.


Il nous faut encore
Soutenir l’épreuve,
Traverser avec toi
D’autres nuits ;
Seigneur, Fils de Dieu,
Conduis-nous au Père,
Transfigure nos vies.



Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptyDim 15 Mar - 10:20

Lectio divina - 3e dimanche du Carême 2020


Au lieu de multiplier les petits récits comme les autres évangélistes, Jean préfère développer quelques longs récits autour d’un personnage. L’objectif reste le même : partager au lecteur des convictions de foi. Croire vous offre une Lectio divina (Lecture - Méditation - Contemplation et Prière) de l’Évangile.


1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 Ca3_0_413_457  




LECTIO




Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 4, 5-42)



En ce temps-là, Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi. Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » – En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions. La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » – En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains. Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. » Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? » Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. » Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. » La femme répliqua : « Je n’ai pas de mari. » Jésus reprit : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en a eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai. » La femme lui dit : « Seigneur, je vois que tu es un prophète !... Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. » Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. » Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. » À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ; ils étaient surpris de le voir parler avec une femme. Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? » ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? » La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux gens : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? » Ils sortirent de la ville, et ils se dirigeaient vers lui. Entre-temps, les disciples l’appelaient : « Rabbi, viens manger. » Mais il répondit : « Pour moi, j’ai de quoi manger : c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. » Les disciples se disaient entre eux : « Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? » Jésus leur dit : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. Ne dites-vous pas : ‘Encore quatre mois et ce sera la moisson’ ? Et moi, je vous dis : Levez les yeux et regardez les champs déjà dorés pour la moisson. Dès maintenant, le moissonneur reçoit son salaire : il récolte du fruit pour la vie éternelle, si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur. Il est bien vrai, le dicton : ‘L’un sème, l’autre moissonne.’ Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucun effort ; d’autres ont fait l’effort, et vous en avez bénéficié. » Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait. » Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui, ils l’invitèrent à demeurer chez eux. Il y demeura deux jours. Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de sa parole à lui, et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »


MEDITATIO



Le septième homme


Il est midi, l’heure où le soleil bascule pour aller vers la fin du jour. Le sommet de la courbe. La femme de Samarie, elle aussi, va parvenir au tournant de sa vie. Elle ne se doute de rien en marchant vers le puits où Dieu l'attend, lui qui s'est fatigué pour marcher à sa rencontre. Comment, Dieu se fatigue ? Mais oui : ne va-t-il pas chercher très loin la brebis perdue ? Ne va-t-il pas, dans le Christ qui par là révèle comment est Dieu, jusqu'à donner sa vie ? La femme de Samarie fait partie d'un peuple qui s'est coupé de la descendance de David. Une étrangère, donc ; et l'évangéliste ne lui donne pas de nom. Une insatisfaite qui a besoin d'une eau dont elle ne sait pas encore la nature et qui a essayé cinq hommes sans trouver ce qu'elle cherchait. Elle en est au sixième mais elle rencontre aujourd'hui, en son midi, le septième homme, pour un type de relation qu'elle ne soupçonnait pas. Sept, dans la tradition biblique, est un chiffre parfait, s'appliquant à une totalité achevée. Désormais, la femme n'a plus besoin d'eau, sa soif de vivre est apaisée : elle abandonne donc sa cruche et se fait la messagère de la Bonne Nouvelle. Pour ses concitoyens, tout se passe comme pour nous. Dans un premier temps, ils reçoivent dans la foi la parole du témoignage ; ensuite, ils font leur propre expérience d'une relation avec celui qui vient d'être désigné comme le Messie.



Qui est Jésus ?



Il est intéressant de voir comment notre texte jalonne la découverte de l'identité de Jésus. Il apparaît d'abord comme un homme fatigué. Il a besoin d'une eau qui s'avérera à la fin symbolique de la rencontre. Dieu a besoin de la décision de la liberté humaine pour que puisse se construire le Corps nouveau de l'humanité. Tout de suite après sa demande, il est qualifié de «Juif» et Jésus révèle peu après que «le salut vient des Juifs». Il en vient, mais il en sort, puisque Jésus est venu à la recherche de la Samaritaine et que nous apprendrons un peu plus loin que le lieu, le pays, la nationalité ne comptent pas et que l'on peut rencontrer Dieu n'importe où en esprit et en vérité. Poursuivons notre progression. Quand Jésus a dévoilé à la femme qu'il est au courant du chaos de sa vie affective, elle le déclare «prophète». Plus loin, il reçoit le titre de Messie (versets 25-26). Finalement, ses interlocuteurs le définissent par sa fonction et l'appellent «Sauveur du monde». Notre récit reste ouvert : plus tard il faudra aller jusqu'à nommer Jésus «Fils de Dieu». Nous savons bien que notre connaissance de Jésus passe aujourd'hui encore par des étapes. Même quand nous continuons à lui donner les noms bibliques, nous chargeons ces noms de sens nouveaux.



L'eau de la renaissance



Cette histoire de la Samaritaine est tellement riche qu'il faut se contenter d'en souligner quelques aspects. Arrêtons-nous au thème de l'eau. Au départ, Jésus demande une eau qu'il n'a pas les moyens de se procurer : le puits est profond et il n'a rien pour puiser. On l'a dit, Dieu ne peut rien faire pour nous sans cet acquiescement de notre liberté qui s'exprime par la foi. Une foi qui n'atteint pas forcément sa forme parfaite dès le départ, comme le montre la progression des noms notée au paragraphe précédent. Passons sur l'étonnement de la Samaritaine : un Juif ne demande rien, en principe, à des Samaritains. Tout de suite, Jésus inverse les rôles : ce n'est plus cette femme qui va lui fournir de l'eau, mais lui qui va lui donner à boire. Une eau mystérieuse qu'il appelle « eau vive », sans doute par opposition à l'eau morte du puits. Aussitôt d'autres textes nous viennent à la mémoire. En Jean 3,5, Jésus a dit à Nicodème qu'il faut renaître de l'eau et de l'Esprit. En 7,37-39, il dit aux foules qui vont puiser de l'eau à la fontaine sacrée : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive ; celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive sortiront pour lui du sein de Celui-là ». À Cana, l'eau de nos sources devient ce vin mystérieux qui est déjà figure du sang du Christ. Ainsi la Samaritaine, sans bien le comprendre, est déjà engagée dans la logique de la Pâque.



Père Marcel Domergue, sj







CONTEMPLATIO





ORATIO


Seigneur Jésus,
donne-nous de te reconnaître
dans le voyageur fatigué de la route.


Donne-nous d’exaucer ta prière
quand tu nous demandes à boire.
Donne-nous une parole vraie
pour répondre à la tienne.


Donne-nous d’annoncer
que tu es le Don de Dieu
et la source d’eau vive,
le Sauveur du monde,
et notre Seigneur.




SPÉCIAL DIMANCHE 15 mars 2020


Nous vivons une période exceptionnelle : le coronavirus-Covid 19 impose la fermeture de certaines églises, privant beaucoup d’entre nous de la messe dominicale. Devant ce phénomène qui risque de s’étendre, Prions en Église vous propose de vivre la messe du 2ème dimanche de Carême, enregistrée dans la chapelle de Bayard, célébrée par le père Sébastien Antoni, religieux assomptionniste.



Sébastien Antoni

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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptyLun 16 Mar - 11:26

Priez et jeûnez dans le secret :


Pour voir la vidéo cliquez ici :
https://www.youtube.com/watch?v=_zLw767MIgE

Pratique de la lectio divina, avec Matthieu 6, 1-6 ; 16-18 :

1. Lectio : lisez ou écoutez plusieurs fois le texte, lentement
2. Meditatio : réfléchissez à sa signification ; en quoi cela me concerne-t-il ?
3. Oratio : faites silence, ouvrez votre cœur
4. Contemplatio : écoutez Dieu vous parler, répondez-Lui
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https://tinyurl.com/trd4bsu
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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptyDim 22 Mar - 10:42

Lectio divina et messe - 4e dimanche du Carême 2020




Un autre grand récit de Jean qui tourne autour d’un personnage : l’aveugle-né. Derrière le procès fait à l’aveugle de naissance, c’est le procès de Jésus qui se profile. Croire vous offre une Lectio divina de l’Évangile. Nous vous proposons de vous joindre à la messe par Internet  : voir au bas de l’article.


1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 Ca4_0_413_437  




LECTIO




Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 9, 1.6-9.13-17.34-38)



En ce temps-là, en sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. Il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé.
L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait. Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est bien moi. » On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle. Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. » Parmi les pharisiens, certains disaient : « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » D’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés. Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle :
« Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. » Ils répliquèrent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors. Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui.





MEDITATIO




La lumière du monde



Difficile de commenter en quelques lignes des textes aussi longs. Nous allons donc nous en tenir au thème de la cécité et de sa guérison. Notons qu’il s'agit d'un aveugle «de naissance». On ne peut donc trouver dans son histoire aucune cause de son infirmité : «Ce n'est de la faute ni de lui ni de ses parents», dit Jésus. En fait, cet aveugle nous représente tous car nous ne voyons que la surface des choses. Ce qui se cache derrière nous échappe. Avec le temps, nous découvrons que nous ne nous connaissons même pas nous-mêmes et nous ignorons comment les autres nous voient, eux qui sont également «aveugles». Quant à l’œuvre de Dieu dans le monde et dans notre vie, notre cécité est au départ («de naissance») totale. Pour y voir clair, nous avons besoin d'une révélation donnée par celui qui est «la lumière du monde» (début de notre évangile). Pour la recevoir, nous avons à rester ouverts. Selon une autre image, comprenons que nous ne cessons pas d'être en route : ce n'est qu'au bout du chemin que nous pourrons découvrir, voir de nos yeux, la Terre promise. En attendant, nous avons à accueillir, à chaque instant, l'éclair de lumière qui, dans le Christ, vient guider chacun de nos pas. Pour cela, nous avons déjà besoin d'être guéris de notre cécité : connaître Dieu, vers qui nous allons, ne nous est pas naturel ; cela, a priori («de naissance»), nous dépasse, mais par la Lumière nous allons vers la Lumière.
Pas à pas. Pour cela, nous avons à garder les yeux fixés sur le Christ. C'est lui qui, sans cesse, nous les ouvre. Il y faut sa salive, c'est-à-dire quelque chose qui est une part de lui-même ; et de la terre, la poussière dont nous venons. Sans doute allusion à la création, alors que le lavage à la piscine de Siloé fait penser au baptême, c'est-à-dire au passage par la mort et la résurrection.



Reconnaissons nos aveuglements



L'aveugle guéri voit clair maintenant ; les pharisiens croient voir et comprendre : ils prennent leur cécité pour de la lumière. Ceux qui mettent leur foi dans le Christ seront d'abord soupçonnés puis rejetés. À la limite persécutés. Les pharisiens sont aveugles parce qu'ils refusent de «voir» Jésus, de reconnaître ce qu'il est, c'est-à-dire de répondre correctement à la question d'identité : «Qui est cet homme?» Pourquoi ce refus ? Sans doute parce qu'admettre que ce Jésus vient de Dieu bouleverserait leur existence : il faudrait alors changer de vision du monde, se mettre à sa suite, modifier leur échelle de valeurs… En langage biblique, on dit «se convertir», ce qui signifie «se retourner».
Adieu la tranquillité des habitudes acquises ! C'est bien le danger qui menace la vie de foi : passer de la relation d'amour avec le Christ vivant à la «pratique religieuse», à des actes de culte stéréotypés et souvent privés de leur signification. Or voici Jésus, avec sa maîtrise de la nature et sa liberté vis-à-vis d'un culte (en l'occurrence le Sabbat) qui sert ici d'alibi à un engagement. Le Christ vient perturber la sécurité de leur installation dans le ritualisme. Il vient ouvrir de nouveaux chemins, ou plutôt, il est lui-même le nouveau chemin vers Dieu, le seul. Qui le voit voit le Père, mais encore faut-il pour cela ne pas être aveugle (lire Jean 14,5-11, l'un des meilleurs commentaires du récit de l'aveugle-né).
Que devient le Sabbat ? Une prophétie et une anticipation de la fin des temps, du repos de Dieu et de celui des hommes (Genèse 2,1-3). C'est à propos du Sabbat que Jésus, en Jean 5,17, dit que le Père travaille sans cesse (y compris le Sabbat) et que lui aussi travaille. Pas de repos tant que les hommes restent aveugles. Essayons d'ouvrir les yeux.



Père Marcel Domergue, jésuite



CONTEMPLATIO





ORATIO



Il te suffit de passer, Jésus,
et tu remarques celui qui ne peut te voir encore.




Il te suffit de parler Jésus,
et tu éveilles l’espérance
de celui qui n’a pas la force de t’appeler.




Il te suffit de voir, Jésus,
et tu éveilles à l’action de grâce
celui qui marchait dans la nuit.




Il te suffit de bénir, Jésus,
et tu révèles la miséricorde
à celui qui ploie sous le fardeau.




Il te suffit d’être toi
et nous devenons ce que Dieu veut,
un peuple de frères,
un peuple de vivants…




A LIRE ATTENTIVEMENT




Chers amis,



La difficulté d’accès aux sacrements est une véritable souffrance pour nous tous en cette période extraordinaire qui risque d’être longue.



Sans remplacer la vie ecclésiale ordinaire, et parce que la prière reste un moyen privilégié pour nous relier les uns aux autres, Prions en Église vous propose de vivre la messe depuis la communauté des frères Assomptionnistes de Cachan, diocèse de Créteil.



Nous vous donnons rendez-vous pour prier pour les personnes malades, les familles en deuil, le personnel soignant et tous ceux qui doivent prendre des décisions pour assurer notre bien-être commun.



Proches de vous, Croire et Prions en Eglise s’associent pour vous permettre de suivre la messe tous les jours en ces temps compliqués. Notre communion ecclésiale, en particulier notre prière, doit se faire inventive.



Du lundi au vendredi à 7h30, le samedi à 9h et le samedi soir (messe anticipée du dimanche) à 18h en cliquant ici.




Sébastien Antoni


https://croire.la-croix.com/Definitions/Bible/Lectio-divina-4e-dimanche-Careme-2020-2020-02-14-1701078308?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=crocareme%20edito%20quotidien%20parcours%202020&utm_content=2020-03-22-CAREME_01:ANCIENS&utm_term=20200322&&PMID=72594f97fde1658e57cb0e542c4b8ded

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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptyDim 29 Mar - 15:04

Lectio divina - 5e dimanche du Carême 2020


Jean est le seul évangéliste à raconter le retour à la vie de Lazare. On peut s’en étonner pour un pareil événement. Le récit est construit de façon à dire la foi chrétienne : Jésus est “la Résurrection et la Vie”. Croire vous offre une Lectio divina (Lecture - Méditation - Contemplation et Prière) de l’Évangile.


1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 Ca5_0_454_366  




LECTIO




Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 11, 3-7.17.20-27.33b-45)



En ce temps-là, Marthe et Marie, les deux sœurs de Lazare, envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? » Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : «  Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.







MEDITATIO





L’humanité de Dieu


Nous avons construit l’image d'un Dieu impavide, inaccessible à la douleur. Certains de nos textes liturgiques insinuent que nos louanges ne lui font ni chaud ni froid. Tel n'est point le Dieu de la Bible : on le voit s'attendrir, se mettre en colère, changer de projet en fonction de ce que font les hommes. Bien sûr nous sommes dans un univers d'images et l'Écriture ne recule pas devant ce que l'on appelle l'anthropomorphisme. Il est vrai que le Livre nous dit dès le départ que l'être humain est créé à l'image et ressemblance de celui qui le met au monde, ce qui fait déjà de lui un père. Nous pouvons donc penser que tout ce qu'il y a de légitime en l'homme (sensibilité, intelligence, compassion, etc.) correspond à quelque chose qui se trouve en Dieu. C'est pour cela que nous voyons le Christ, en qui Dieu se révèle et qui est l'image parfaite du Dieu invisible (Colossiens 1,15), éprouver du chagrin à la mort de Lazare et une vive émotion au spectacle de la douleur de Marthe et de Marie. Dieu n'a pas fait la mort, il n'a aucune complicité avec elle et cela laisse entier le problème du fait que tout être vivant lui est promis.




La victoire sur le dernier ennemi

 
La mort est précédée et annoncée par bien des blessures qui détériorent notre intégrité. Les signes opérés par Jésus nous disent qu'il vient nous rendre totalement à nous-mêmes, au-delà des prémices mortelles qui nous affectent. L'eau changée en vin à Cana nous annonce dès le départ le don du sang qui changera notre destin. Tous les autres signes sont pré-contenus dans cette manifestation anticipée de sa gloire ; et de la nôtre. La résurrection de Lazare vient clore une série de « miracles » qui sont passage de la maladie à la santé, de la paralysie à la mobilité, de la faim à la satiété, de la cécité à la clairvoyance. Par là nous devenons images du Dieu vivant au lieu de rester figures de l'idole morte telle que la décrivent les Psaumes 115 et 135 : «elles ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n'entendent pas (…...) qu'ils leur deviennent semblables ceux qui leur vouent un culte.» Voici qu'avec Lazare Jésus s'attaque au «dernier ennemi, la mort» (1 Corinthiens 15,26). La résurrection de Lazare est une prophétie de la victoire du Christ sur la mort, victoire remportée en notre nom à tous. Par elle, au-delà du bon et du mauvais, du bien et du mal, nous devenons «comme Dieu», «participants à la nature divine.» Sans le préciser, l'évangile semble insinuer que Lazare reprend sa vie d'avant. Avec la résurrection du Christ nous apprenons qu'il s'agit au contraire d'une vie toute nouvelle : la vie de Dieu.




Cette maladie n'est pas pour la mort mais pour la gloire de Dieu 



«Gloire de Dieu», voilà un bien gros mot ! Rendre gloire à Dieu, c'est d'abord lui attribuer tout le «bon» que nous rencontrons dans nos vie et, à partir de là, vivre dans la confiance et dans la gratitude. Cela revient à le reconnaître pour ce qu'il est : amour. Que cette glorification, qui concerne aussi le Fils qu'il envoie, puisse prendre racine dans la maladie de Lazare, voilà qui mérite réflexion. Nous apprenons en effet que Dieu fait surgir du bon de tout le mauvais qui peut nous affecter. L'Amour fait flèche de tout bois, utilise le pire pour faire exister le meilleur. Ainsi, tout ce qui nous agresse se trouve non seulement neutralisé, mais encore devient instrument d'une création nouvelle. Notons que la résurrection de Lazare ne le concerne pas seul ; elle ne se borne pas non plus à inonder ses deux sœurs du resplendissement de la gloire : elle se produit aussi pour la foule, «afin qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé». On remarquera que Jésus ne s'attribue pas la résurrection de son ami ; depuis le début du récit, il rapporte tout au Père. C'est le Père qui l'a envoyé et, comme toujours, ses œuvres sont les œuvres du Père, celles que le Père lui donne à faire. En fin de compte, la gloire du Père passe par la gloire du fils et réciproquement. Tout cela vaut aussi pour nous. Selon la formule attribuée à saint Ignace : «Menez votre action comme si Dieu faisait tout et vous rien ; rendez-lui grâce comme si c'était vous qui aviez tout fait et lui, rien».



Père Marcel Domergue, sj




CONTEMPLATIO




ORATIO


Que ta voix m’appelle, Seigneur,
qu’elle me rejoigne
dans les ténèbres du tombeau,
et que je sorte à ta lumière.


Que ta voix m’appelle, Seigneur,
et que je vive.
Approche-toi de cette tombe,
Seigneur Jésus :
ce monde où l’on meurt,
ce monde où l’on tue,
est celui de tes frères.


Que ta voix s’élève, Seigneur,
qu’un peuple vivant,
un peuple d’enfants,
sorte à la lumière.


Sébastien Antoni, Assomptionniste



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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptyDim 5 Avr - 11:02

Rameaux 2020


On ne reste jamais insensible face à un passionné. Ou bien il exaspère, ou bien il séduit… De toute façon, il dérange. Jésus a été passionné de Dieu son Père. Une seule chose comptait pour lui : faire sa volonté. Croire vous offre une Lectio divina (Lecture - Méditation - Contemplation et Prière) de l’Évangile.


1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 Rameaux_0_413_468  




LECTIO




Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 21, 1-11)



Jésus et ses disciples, approchant de Jérusalem, arrivèrent en vue de Bethphagé, sur les pentes du mont des Oliviers. Alors Jésus envoya deux disciples en leur disant : « Allez au village qui est en face de vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et son petit avec elle. Détachez-les et amenez-les moi. Et si l’on vous dit quelque chose, vous répondrez : ‘Le Seigneur en a besoin’. Et aussitôt on les laissera partir. » Cela est arrivé pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète : Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d’une bête de somme. Les disciples partirent et firent ce que Jésus leur avait ordonné. Ils amenèrent l’ânesse et son petit, disposèrent sur eux leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus. Dans la foule, la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d’autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route. Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient criaient : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » Comme Jésus entrait à Jérusalem, toute la ville fut en proie à l’agitation,
et disait : « Qui est cet homme ? » Et les foules répondaient : « C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. »




MEDITATIO




Hosanna !

«Sauve moi !» ou «sauve nous !», tel est le premier sens du mot Hosanna, le cri que le pauvre adressait au roi qui pouvait le sauver et lui faire justice. C’est aussi ce cri que le peuple lance vers Dieu dans sa marche vers le temple : «Donne, Seigneur, donne le salut» (Ps 117, 25). En la fête de Sukkôt célébrée à l'automne, on demandait aussi par ce cri l'eau pour les semences et moissons à venir. Mais dans le cadre de la fête, le terme est devenu une acclamation, se séparant peu à peu de son sens premier et reprise plus tard dans la liturgie chrétienne, pour dire l'attente eschatologique, l'attente de la venue définitive du Messie. Le verset suivant ne dit-il pas dans le même sens : «Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !» (Psaume 117, 26).


A mort !


Celui qui «vient au nom du Seigneur», comme le crient les foules dans la liesse, si proches du cœur de Jésus, va être refusé par la ville, qui se raidit de tout son être à sa venue. Matthieu le dit dans une figure forte (en grec c'est le mot séisme, qui il est vrai est le signal discret que s'opère ici une révélation de Dieu).



Ainsi Jésus entre dans la ville de Dieu. Déjà au temps des mages, Hérode s'indignait et tremblait (Matthieu 2, 3). C'est désormais le front du refus. Jésus aura maille à partir avec les grands prêtres et les scribes. La confrontation sera forte, l'évangile le dit en plusieurs chapitres très vifs, qui s'achèveront par la croix… Et le troisième jour, la résurrection, le signe le plus fort de Dieu.


Le Messie humble


Le messie qui entre dans la ville est un messie humble : il est assis sur un ânon, incomparable avec les montures romaines. Déjà il l'avait dit aux foules en peine : «Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur» (Matthieu 11, 28-30). Ceux qui l'entourent à l'entrée dans la ville de Dieu, ce sont les foules, les petits et les pauvres, qui le reconnaissent et l'acclament. Or Matthieu plus que les autres, le montre : «oui, c'est »le Seigneur« qui vient. Du temple et de toute vie il attend la miséricorde et non les sacrifices» (Osée 6, 6 ; cité deux fois par Matthieu : Matthieu 9, 13 ; 12, 7).



Grands prêtres et scribes veulent faire taire les foules. Mais Jésus s'y oppose. Et Luc a même ici un mot terrible et fort : «Maître, disent-ils, arrête tes disciples !» Mais il leur répond : «Je vous le dis : s'ils se taisent, les pierres crieront» (Luc 19, 39). Et le lecteur lui-même, lisant ces lignes, est amené à se prononcer lui aussi, sur le Messie humble.


P. Jacques Nieuviarts, assomptionniste, bibliste




CONTEMPLATIO







ORATIO


O mes amis, je viens jeter le feu!
Comme il me tarde qu’il embrase tout !
Je dois passer les eaux de la douleur !
Jusqu’à ce jour, quel n’est pas mon tourment !

Restez en paix, vous qui m’avez suivi :
Vigne et sarments ne font qu’un même corps.
Je suis la grappe et vous boirez mon vin,
Le grain qui meurt : vous mangerez mon pain.

Folie de Dieu, Sagesse de la croix !
Force et douceur, langage du pardon !
Qu’en cet amour, nous te suivions, Seigneur,

Toi le chemin, la vérité, la vie !







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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptyDim 26 Avr - 13:08

« Je ne suis pas venu pour condamner, mais pour sauver. »




Pratique de la lectio divina, avec Jean 12, 44-47 :

1. Lectio : lisez ou écoutez plusieurs fois le texte, lentement
2. Meditatio : réfléchissez à sa signification ; en quoi cela me concerne-t-il ?
3. Oratio : faites silence, ouvrez votre cœur
4. Contemplatio : écoutez Dieu vous parler, répondez-Lui

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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptyDim 3 Mai - 11:16

Lectio Divina pour le 4e dimanche de Pâques 



Un hôte généreux. Le Dieu berger mène le psalmiste vers des prés verdoyants et des eaux apaisantes et en fait un invité comblé à sa table. Jésus revendique à son tour le titre de « pasteur » d’un vaste troupeau à qui, par sa mort et sa résurrection, il veut procurer « la vie en abondance ».


1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 Mosaique-mausolee-galla-placidia-390-450-ravenn-0_0_445_334  


Lectio




Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 10, 1-10)


En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre,
et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. » Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »




Meditatio



Pourquoi proposer le discours de Jésus sur le «bon pasteur» pour nous faire entrer dans le mystère de Pâques ? À première vue, cette opposition des mauvais ou des faux bergers, avec l’unique vrai pasteur n'a pas grand-chose à voir avec la mort et la résurrection de Jésus. L'objection n'est pas sans pertinence si nous nous contentons de voir le Pasteur comme un gourou, un maître de morale qui enseigne ce qu'il faut faire et ne pas faire. L'expression «suivre le Christ», suivre le Berger, peut nous entretenir dans cette interprétation insuffisante. Certes, nous avons à prendre le Christ pour modèle, mais plus encore nous devons le considérer comme celui qui ouvre une route. Les images entrer et sortir» vont dans ce sens.À force de concentrer notre attention sur ce qui arrive à Jésus en cette Pâque, nous risquons de perdre de vue le fait qu'il n'est pas obligé d'en passer par là : s'il le fait, c'est d'une part parce que c'est le destin que nous lui réservons, d'autre part pour nous ouvrir une route vers la Vie. Il entre dans notre «bergerie» en devenant homme. Il y entre comme chez lui, sans effraction : «Il est venu chez lui et les siens ne l'ont pas reçu», écrit Jean en 1,11. Mais s'il vient dans notre bergerie, c'est pour ouvrir les portes et nous faire sortir (10,3). Les portes de la mort. Derrière ces images, le récit de l'Exode d'Israël, qui trouve son accomplissement dans le «passage» du Christ.


La voix du pasteur


Une voix qui nous appelle chacun par notre nom (verset 3). Voilà qui nous prémunit contre l'idée d'un «salut» abstrait donné à un «genre humain» qui ne l'est pas moins. En Dieu, on l'a répété, le particulier (moi) et l'universel (tous pris globalement) ne sont pas contradictoires. Ce que l'Évangile appelle «Royaume de Dieu», c'est le corps total de l'humanité constitué par l'apport de chacun des membres appelé «par son nom» et nécessaire à l'intégrité du corps unique.Mais l'individu tire sa subsistance et sa valeur de l'ensemble du corps. La voix qui nous appelle, nous la reconnaissons, dit le verset 4. C'est que cette voix est en nous plus qu'ancienne. Elle est la Parole du commencement, celle qui nous a donné l'existence et la vie, celle qui nous maintient dans l'être.Non pas une voix étrangère, mais plus intime en nous que notre intimité, selon les mots de saint Augustin. Nous avons du mal à croire que cette voix nous ouvre la porte, qu'elle nous fait sortir de l'enclos de la mort ; c'est pourquoi l'évangéliste note que les auditeurs de Jésus ne comprennent pas le sens de la parabole du berger. Cependant Jésus annonce la réussite de l'entreprise : en fin de compte les brebis reconnaîtront le vrai pasteur et, dit la suite du texte (verset 16, hors lecture), il n'y aura qu'un seul troupeau, qu'un seul berger. La vie, celle de la renaissance dans la résurrection, sera donnée en abondance (verset 10).



Vrai pasteur, faux pasteurs


N'OUBLIONS PAS que nous sommes dans une parabole : les détails ne sont pas toujours à prendre au pied de la lettre. Quel bon pasteur nous décrit Jésus ? Un pasteur qui n'existe pas dans la réalité de l'élevage. Quel pasteur ne vit pas de l'exercice de son métier, donc de la chair et du sang de son troupeau ? Déjà Ézéchiel 34, dont notre parabole s'inspire et qu'elle accomplit, mettait en scène des bergers irréels qui ne vivaient pas de leur troupeau. C'est que le pasteur dont parle le Christ et qu'Ézéchiel pressentait est un pasteur qui, loin de se nourrir de ses brebis, donne sa vie pour elles (verset 15, hors lecture). Le troupeau vit de la chair et du sang du berger. Comme toujours, l'Évangile opère une subversion, un renversement de nos catégories.Ainsi celui qui est le Seigneur se fait serviteur et c'est en se faisant serviteur qu'il devient vraiment seigneur, mais seigneur au-dessus et au-delà de toute seigneurie. C'est pourquoi il n'y a qu'un seul bon berger ; il est berger d'une manière inouïe, unique. Mais que penser de la condamnation des pasteurs venus avant le Christ (verset Cool ? Je pense que Jésus veut parler de tous ceux qui ont essayé de mettre la main sur le troupeau, de réduire les hommes au statut d'objets utilisables : «force de travail», « gent de production», etc. Le vrai pasteur conduit son troupeau vers les eaux du repos et les verts pâturages. Le repos du septième jour dans l'univers de la résurrection.



Marcel Domergue, jésuite



Contemplatio




Oratio




Un berger tel que toi, Seigneur,
qui donne sa vie pour sa brebis,
le savions-nous possible ?
Mais nous croyons ce que tu dis
et chaque mot de l’évangile
est signé par ta Pâque.




Tu nous rends libres,
Seigneur Jésus,
tu nous conduis au Dieu vivant.
Que ta voix familière
nous rassemble maintenant







en un peuple de frères.https://croire.la-croix.com/Definitions/Bible/Lectio-Divina-4e-dimanche-Paques-A-2020-04-29-1701091727?PMID=72594f97fde1658e57cb0e542c4b8ded

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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptyMer 10 Juin - 15:52

Tout vous sera donné par surcroît :




Pratique de la lectio divina, avec Matthieu 6, 25-34 :

1. Lectio : lisez ou écoutez plusieurs fois le texte, lentement
2. Meditatio : réfléchissez à sa signification ; en quoi cela me concerne-t-il ?
3. Oratio : faites silence, ouvrez votre cœur
4. Contemplatio : écoutez Dieu vous parler, répondez-Lui

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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptySam 22 Aoû - 20:22

dimanche 23 août 2020

Qui dis-tu que je suis ?



Le temps de la préparation

« Ils vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ? » (Ex 3, 13)

Le temps de l’observation
Il y a plusieurs manières d’appréhender la question de Jésus à ses disciples : « Pour vous, qui suis-je ? » Nous pouvons la comprendre au sens d’une sorte de vérification sur l’état de leur foi. Mais nous pouvons aussi la recevoir comme l’expression de son désir d’être connu, reconnu par ceux qu’il aime. Ceux dont il a voulu faire les partenaires de son alliance et vers lesquels il ne cesse de « tendre les mains » lorsque cette ­alliance est mise à mal. Être connu de l’aimé suppose que ce dernier sorte d’une certaine confusion, symbolisée par les réponses divergentes – et pas toujours compatibles entre elles – de la foule : « Jean Baptiste, Élie, Jérémie ou l’un des prophètes… » Cet appel à s’extraire des « on-dit » est manifeste dans le texte : Jésus passe du « ils » au « vous », puis au « tu » dans son dialogue avec Pierre. Car la réponse ne peut qu’être personnelle, à la mesure même de la nature unique de la relation que nous entretenons avec lui.

Le temps de la méditation


Ces versets nous enseignent un chemin de vie. Il s’agit bien de se laisser conduire du Fils de l’homme au Fils du Dieu vivant, du Jésus de l’histoire au Christ de la foi, vrai Dieu et vrai homme. « Par le Christ homme, tu viens vers le Christ Dieu » (saint Augustin). À chacun donc de discerner, sous les traits de l’homme Jésus, le Fils éternel qui, pour nous, s’est incarné. Et le défi est bien là. Nous avons implicitement ou explicitement des idées sur Dieu, tout comme en avaient les contemporains de Jésus, ou encore Abraham, Moïse et Élie. Or Jésus surprend ! Il n’est pas indifférent que le nom de Simon soit formé sur la racine de « l’écoute » et qu’il soit « fils de la colombe » (« ­bariona »). Alors, demandons à Dieu d’ouvrir les oreilles de notre cœur et de nous donner l’Esprit qui nous conduira vers la vérité tout entière (cf. Jn 16, 13). Sachant que cette vérité nous engage dans un chemin ouvert sur l’éternité.

Le temps de la prière


« À qui irions-nous, Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle ? » (Jn 6, 68)


Sœur Emmanuelle Billoteau, ermite


Source : "Prions en Eglise"

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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptyDim 8 Nov - 10:18

Dimanche 8 novembre 2020


Le bon moment


Évangile selon saint Matthieu 25, 1-13

Le temps de la préparation

« Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube : mon âme a soif de toi. » Ps 62 (63), 2



Le temps de l’observation


La parabole est étrange. Elle raconte une situation étonnante de jeunes filles en attente d’un seul époux. Certaines prévoyantes sont prêtes, d’autres, insouciantes, se trouvent recalées à la porte. Comme souvent avec les paraboles, le constat est dur, tranchant et exacerbe les positions en présence. Cette exacerbation a pour but de faire passer un message : la vie est faite de moments précieux et uniques. Il est possible de passer à côté de sa propre existence pour cause de flemme, de torpeur, d’imprévoyance… Dans la parabole, le hasard ou la chance n’ont pas leur place. Chacun a fait des choix qui l’ont amené à expérimenter la situation qui est la sienne. La jalousie n’est donc pas possible et la haine est sans objet. Le moment présent est le bon moment pour entrer dans le Royaume. Les absents passent à côté de cette possibilité. Après, la porte se referme et il n’est plus possible de rentrer.



Le temps de la méditation


La situation de la parabole est dure, sans appel, mais ne décrit pas le tout d’une vie qui se jouerait en un instant. Notre existence est faite d’un nombre incalculable de ces moments où la porte s’ouvre et se referme. La parabole parle de notre capacité à être présent à l’événement. Il est possible de passer à côté de sa propre vie pour un problème de timing ou de disponibilité. La vie en abondance n’est pas un concept. C’est la capacité d’accueillir le royaume de Dieu qui se présente à nous seconde après seconde dans la situation qui est la nôtre. La condition pour entrer n’est pas d’ordre moral ni d’une valeur qu’il s’agirait de posséder comme un laissez-passer. Jésus nous propose simplement de rester vigilants à ce qui se passe dans nos vies, dans nos relations aux autres. Le défi est de ne pas perdre de vue le sens de notre action pour percevoir le divin quand il se présente.

Le temps de la prière


« Oui, tu es venu à mon secours : je crie de joie à l’ombre de tes ailes. » Ps 62 (63), 8


Marie-Laure Durand, bibliste


source : "Prions en Eglise"

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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptySam 5 Déc - 18:50

6 décembre 2020


L’amour, indispensable vérité


Le temps de la préparation

« Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion » (Is 40, 9).


Le temps de l’observation

Comment décrire le moment de Dieu ? Comment mettre des mots pour dire la paix qui émane de lui ? Le psalmiste tente de décrire ce qu’il en est. « Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent. » (Ps 84 [85, 11). Le royaume de Dieu est cet état où se rencontrent et coexistent des dimensions fortes et potentiellement contradictoires de notre humanité. La vérité est indispensable à la relation avec les autres et avec soi-même. À travers elle, un regard lucide et exigeant est posé sur la réalité. Toutefois laisser la vérité seule, c’est risquer de découper le monde, de le juger, de le ranger sous une étiquette immuable. L’amour est cette énergie qui donne du sens, pardonne, comprend et relève. C’est lui qui redonne confiance et permet d’avancer. Mais laissé seul, il risque d’être fourvoyé ou manipulé. Sous le regard de Dieu, les deux vont de pair, simplement, facilement, sans concurrence ni contradiction.


Le temps de la méditation

En quelques mots, le psalmiste nous livre un enseignement spirituel majeur. La vérité sans l’amour constitue une solitude dangereuse. Celui qui a construit la vérité sur un sujet ou une personne détient une force et une assurance qui est potentiellement source de dégâts. Une telle attitude risquerait de durcir les regards, de rendre les gens hautains, de donner à voir le monde qu’à partir de ce que l’on sait de lui, de basculer ainsi très vite dans la toute-puissance. Le savoir peut être destructeur si c’est le seul critère de notre vie ! Ainsi, Dieu ne nous propose pas d’acquérir la vérité pour la vérité. Quand l’amour rencontre la vérité, tout change radicalement ! Ce que l’on sait des personnes ou de soi-même ne sert pas à détruire ou à juger. L’amour redonne une chance, il est patient, il ne juge pas, « il trouve sa joie dans ce qui est vrai » (1 Co 13, 6). C’est alors que la vie redevient possible.

Le temps de la prière

« J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles » Ps 84 (85), 9. 




Marie-Laure Durand, bibliste

source : Prions en Eglise

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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptySam 12 Déc - 17:11

13 décembre 2020


L’homme de la juste place





Le temps de la préparation

« Seigneur […, dirige notre joie vers la joie d’un si grand mystère » (Prière du 3e dimanche de l’Avent).



Le temps de l’observation


Jean est défini et se définit principalement par ce qu’il n’est pas. Une manière de mettre en valeur ce qu’il est vraiment, de souligner son consentement à être lui-même et à vivre pleinement la mission reçue de Dieu : être « la voix qui crie dans le désert », avec ce que ce lieu peut connoter d’aridité mais aussi de potentialités. En outre, dire « je ne suis pas » ­attire l’attention sur les « Je suis » du Christ (Jn 8, 23-29. 58 ; etc.) qui nous font signe vers la révélation de Dieu au buisson ardent. Le Baptiste, contrairement à Adam et Ève, ne cherche pas à devenir « comme Dieu ». Il trouve sa joie dans son identité de témoin, avec ce qu’elle suppose d’effacement pour laisser à celui qu’il annonce toute la place dans le cœur de ses contemporains : « Il faut qu’il grandisse et que moi je diminue » (Jn 3, 30). Ami de l’Époux, Jean nous montre que joie et dépouillement peuvent cohabiter à l’encontre de nos représentations spontanées.

Le temps de la méditation


Témoins de Jésus Christ, voix dans un monde qui ignore souvent Dieu ou en déforme le visage, laissons-nous interroger par la capacité de Jean à s’affirmer et à s’effacer tout à la fois. Une position paradoxale reflétant la liberté d’un homme enraciné dans une relation vivante avec Dieu et sûr de son amour. Sans oublier cette humilité qui n’est pas dépréciation de soi mais adhésion à sa spécificité et cette conscience que le Christ n’est pas seulement un « ami », au même titre que les autres, mais qu’il reste l’« Inconnu » car « Dieu, né de Dieu ». Voilà qui nous invite à relire notre pratique. Sommes-nous justement situés, savons-nous laisser la place au Christ sans souci de notre propre gloire, sans nous attribuer ce qui vient de Dieu ? Saint Augustin, lui, savait, si l’on en croit ce propos adressé à son auditoire : « Si celui qui vous a créés, sauvés, appelés… ne vous parle intérieurement, mes paroles sont inutiles. »

Le temps de la prière


Seigneur, « que nous fêtions notre salut d’un cœur vraiment nouveau » ! (Prière du 3e dimanche de l’Avent).


Sœur Emmanuelle Billoteau, ermite



source : "Prions en Eglise"

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MessageSujet: Re: 1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina)   1- L'écoute de la Parole (la Lectio divina) - Page 4 EmptyMer 13 Jan - 15:58

Je ferai tout ce que vous demanderez en Mon Nom :


Pratique de la lectio divina, avec Jean 14, 8-14 :
1. Lectio : lisez ou écoutez plusieurs fois le texte, lentement
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