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 Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes

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Serviteur44
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mer 3 Oct - 9:46

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Je te suivrai partout où tu iras »
(Lc 9, 57-62)

En ce temps-là, en cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. » Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. » Il dit à un autre : « Suis-moi. » L’homme répondit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. » Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. » Jésus lui répondit : « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

"Sauve-nous, Seigneur ! Il n'y a plus de fervent : la vérité a disparu parmi les fils des hommes !" (Ps 12,2)
Ce qui paralyse la mission de l'Église, c'est que nous n'en finissons pas de nous mettre en marche vers une vraie fidélité ; et ce qui rend vains bien souvent nos efforts, c'est que nous gardons "un cœur double".
Un cœur double, parce que nous hésitons encore entre l'être et l'avoir et que nous versons à notre compte les dons que Dieu nous fait, comme l'Israël pécheur que le prophète Osée prend à partie : "Plus son pays devenait riche, plus riches il a fait ses idoles".
Un cœur double, parce qu'il en reste aux velléités : "Je te suivrai, partout où tu iras !"
Nous avons dit cela, nous aussi ; nous avons promis cela. Mais nous hésitons quand la parole de Jésus peu à peu nous révèle le véritable style des disciples : pas de tanière, pas de nid ; et pour nous que le Christ appelle à plein temps au service du Royaume, pas de foyer, pas d'autre tendresse que celle que nous donnerons, au nom du Christ, aux plus déshérités ; pas de repos, avant de nous reposer dans l'aujourd'hui de Dieu.
Un cœur double, car il se soucie encore d'enterrer le passé, alors que la vie ne peut plus attendre, que le Règne de Dieu a fait irruption dans le monde et que désormais "la charité du Christ nous presse" (2 Co 5,14).
Un cœur double, enfin, parce qu'il pose encore à Dieu des préalables : "Je te suivrai, Seigneur, plus tard... pas aujourd'hui... permets-moi d'abord..."
Si nous voulons être "qualifiés pour le Royaume", si vraiment nous avons mis la main à la charrue, nous pouvons et devons abandonner le passé à la miséricorde de Celui qui appelle. Il n'y a plus à "regarder en arrière" vers les joies que l'on quitte ou les peines qu'on voudrait remâcher, mais droit devant, vers le sillon à tracer aujourd'hui, appuyé sur celui d'hier, parce que le Semeur, derrière nous, va sortir pour semer.
C'est ainsi que le fardeau s'allège ; et le joug de cette loi nouvelle de Jésus devient chaque jour plus agréable.
L'Évangile déploie ici encore ses paradoxes : Le chemin étroit de Jésus, sa route d'exigence, n'apporte que joie et liberté ; la hâte de Jésus apaise tous les désirs ; le don qu'il nous demande nous enrichit, car il s'agit toujours d'aimer davantage.
Le cœur nouveau qu'il attend de nous est avant tout le cœur qu'il nous donne, et pour sonder nos propres profondeurs, il nous envoie l'Esprit, qui scrute les profondeurs de Dieu (1 Co 2,10).
Alors notre regard s'épure, se simplifie, et se concentre sur l'unique nécessaire, car l'Esprit du Dieu Un refait en nous l'unité de notre être et suscite en nous la prière de l'homme nouveau : "Unifie mon cœur, pour qu'il révère ton Nom !" (Ps 86,11)

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"ta mesure sera Ma mesure !"
(Cf Mc 4, 21-25 / Mt 7,2)
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Jeu 4 Oct - 10:19

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Votre paix ira reposer sur lui »
(Lc 10, 1-12)

En ce temps-là, parmi les disciples le Seigneur en désigna encore 72, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : “Paix à cette maison.” S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites : “Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.” Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Vous n'allez pas, mes sœurs, partir deux par deux sur les routes, parce que c'est ici même que vous œuvrez avec le Seigneur pour le rachat du monde ; et pourtant, parmi les consignes de mission que Jésus donne à ses disciples, il en est deux qui rejoignent le cœur de votre vie journalière.
La première est celle-là même qui ouvre le discours de Jésus, celle qui sans doute lui tenait le plus à cœur : "Priez le maître de la moisson".
Lorsque nous pensons aux besoins de l'Église, au petit nombre des ouvriers et des ouvrières, à la crise des vocations, qui est quasi générale maintenant dans l'hémisphère nord, trop souvent notre prière reste timide, et parfois même pessimiste. Nous demandons l'aide de Dieu, mais en nous résignant au pire. Or, si nous croyons vraiment à la puissance de notre Père, à la présence de l'Esprit qui souffle où il veut, nous ne pouvons pas prier comme des lutteurs découragés, comme des gens battus d'avance.
Jésus ne nous dit pas de prier dans l'attente d'une catastrophe, mais parce que la moisson n'a jamais été aussi belle, qu'elle lève de partout, et qu'il faut chaque jour un supplément de bras et de cœur à l'ouvrage.
Dieu sait ce qu'il a semé, et il connaît bien le rendement de ses champs. Ce serait lui faire injure que de ne pas regarder comme lui l'avenir avec confiance, car Dieu ignore la défaite, et son Fils a vaincu toutes les inerties et tous les refus du monde.
Si nous nous lassons de prier pour les moissonneurs, c'est peut-être que nous ne croyons pas suffisamment à la moisson, à la moisson d'aujourd'hui.
Et la deuxième consigne du Seigneur va dans le même sens : "Dites aux gens : le Règne de Dieu est arrivé chez vous !"
Si notre vie cachée et renoncée a quelque chose à dire au monde, c'est bien avant tout cela : Dieu existe ; nous le rencontrons dans la foi, en Jésus Christ, et il vient au-devant de tous ceux qui le cherchent. Notre joie communautaire, notre enracinement personnel dans la paix et la confiance, notre sérénité dans l'épreuve, notre enthousiasme pour la prière et la mission de l'Église n'ont que cela à proclamer, humblement et inlassablement : notre monde est dans les mains d'un Père, qui le mène "avec des liens d'amour" et "lui apprend à marcher" depuis des siècles (Os 11,1-9) ; l'univers est dans les bras de Dieu, et le peuple saint que son Esprit rassemble est "comme un nourrisson qu'il fait manger et qu'il cajole contre sa joue".
Le drame de notre monde est de ne pas croire à cet amour, de ne pas voir et reconnaître que Dieu, aujourd'hui, est à l'œuvre pour le bonheur de l'homme, de ne pas entendre cette plainte que le prophète Osée mettait sur les lèvres du Seigneur d'Israël : "Ils n'ont pas compris que je prenais soin d'eux !"

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Ven 5 Oct - 9:44

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé »
(Lc 10, 13-16)

En ce temps-là, Jésus disait : « Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que leurs habitants auraient fait pénitence, avec le sac et la cendre. D’ailleurs, Tyr et Sidon seront mieux traitées que vous lors du Jugement. Et toi, Capharnaüm, seras-tu élevée jusqu’au ciel ? Non, jusqu’au séjour des morts tu descendras ! Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Chorazin, Beitsaïda, Capharnaüm : trois villes privilégiées par Jésus qui ont vu ses miracles sans se convertir, qui ont profité de sa bonté sans ouvrir leur cœur, et qui n'ont pas su "reconnaître le temps de sa visite" (Lc 19,44).
À maintes reprises, dans les Évangiles, Jésus revient sur cette idée, et parle d'occasion manquée, d'inertie devant la grâce ou d'aveuglement consenti. Ces différentes formes du refus suscitaient en lui une sorte d'étonnement douloureux. Fils de Dieu envoyé dans le monde, il percevait, dans le mystère de sa personne, quelle offre inouïe Dieu faisait aux hommes, quel amour Dieu leur manifestait, et quelle lumière s'était levée dans leurs ténèbres. Mais les fils de la promesse se détournaient de Celui qui venait l'accomplir. Quel contraste avec la foi toute droite de l'officier romain, avec la gratitude du lépreux samaritain, avec l'audace de la Cananéenne !
Le malheur des trois villes insouciantes et orgueilleuses, c'est aussi, à certaines heures, le malheur de nos communautés, si souvent interpellées par la parole de Jésus, si souvent visitées par sa grâce, et qui ont tant de mal à rester en état de conversion.
Mais à quoi servirait-il de s'appesantir sur les lourdeurs ou l'impuissance de nos communautés ? Nous-mêmes, personnellement, nous prenons conscience que nous laissons parfois sans écho la parole de Jésus et que nous le faisons attendre quand il nous apporte, gratuitement, sa liberté de Fils.
Là est la différence entre nous et les saints. Eux ont couru, comme Zachée, vers l'endroit où Jésus passait. Eux ont présenté à Jésus leur main desséchée. Eux sont restés, paisibles, sur un chemin d'humilité ; et ils ont saisi comme autant de faveurs de Dieu les occasions de s'oublier et de servir gratuitement.
Ils ont compris d'où viendrait le bonheur, et spontanément ils ont tout vendu ; ils ont tout livré de leurs richesses et de leur sécurité pour acheter la perle.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Sam 6 Oct - 9:42

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Vos noms se trouvent inscrits dans les cieux »
(Lc 10, 17-24)

En ce temps-là, les 72 disciples que Jésus avait envoyés revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. » Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair. Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire. Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » À l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. » Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous-mêmes voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

C'est le retour de la première mission, et l'enthousiasme des premières réussites. Les disciples viennent d'expérimenter non seulement la force de l'Évangile pour le salut de tout croyant, mais le pouvoir du Nom de Jésus, c'est-à-dire de sa personne et de sa puissance, sur les forces hostiles au Règne de Dieu.
Et les disciples, tout joyeux, s'étonnent qu'un tel pouvoir soit passé par eux. Jésus alors replace leur succès dans le cadre de sa propre victoire : puisque son triomphe sur l'Adversaire est inauguré, puisque les énergies du Règne de Dieu sont déjà à l'œuvre dans le monde, il est normal que les démons soient soumis à ses envoyés.
Et le Seigneur de rassurer ses disciples de tous les temps : "Voici que je vous ai donné le pouvoir contre toute la puissance de l'Ennemi. Rien ne pourra vous nuire".
C'est donc encore une leçon d'optimisme et de confiance que Jésus veut inculquer à ceux qui portent son témoignage : l'apostolat chrétien, jusqu'à la fin du temps de l'Église, se déploiera sur un fond de victoire, et si nous croyons à la puissance du Christ qui nous sauve, jamais nous ne devrons nous étonner de ce qu'il réalisera en nous et par nous, dans notre pauvreté et malgré notre pauvreté.
Mais Jésus prend bien soin de purifier les joies que nous trouvons à le servir : "Ne vous réjouissez pas que les esprits vous soient soumis". Il ne peut donc être question de nous approprier les succès de la mission. Si le Christ nous a confié "la diaconie de la réconciliation" (2 Co 5,18) et s'il veut faire de nous les messagers de son projet sur le monde, la force qui sauve vient de lui et de lui seul.
Nul témoin du Christ ne peut ressaisir à son bénéfice les victoires que remporte l'amour de Dieu. Nulle communauté ne peut faire acte de propriétaire sur ce que Dieu, à travers elle, donne à l'Église : "Ce n'est pas nous que nous prêchons, dit Paul (2 Co 4,5), mais le Christ Jésus, le Seigneur ; nous ne sommes, nous, que [vos] serviteurs, pour l'amour de Jésus. Nous sommes en ambassade pour le Christ (2 Co 5,20), nous qui avons été choisis pour être de simples "intendants des mystères du Christ".
Et c'est ce choix irrévocable de Dieu qui doit faire notre joie : "Réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux", sur ce livre de vie que chante le psalmiste : "Mes actions, tes yeux les voyaient ; toutes elles étaient sur ton livre"(Ps 139,16; cf. 69,29), ce livre qui garde, en vue du salut (Dn 12,1), les noms de tous ceux qui auront lutté pour l'Évangile (Ph 4,3) et que le Christ aura associé à sa victoire : "Le vainqueur sera revêtu de blanc, et son nom, je ne l'effacerai pas du livre de vie, mais j'en répondrai en présence de mon Père" (Ap 3,5).
Dès lors, qu'importent le succès visible, tangible, mesurable, de notre témoignage ou l'échec apparent de nos vies ; la base inattaquable de notre espérance, c'est que nous existons dans le souvenir de Dieu.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Dim 7 Oct - 9:55

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
(Mc 10, 2-12)

En ce temps-là, des pharisiens abordèrent Jésus et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? » Jésus leur répondit : « Que vous a prescrit Moïse ? » Ils lui dirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. » Jésus répliqua : « C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle. Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question. Il leur déclara : « Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle. Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Les Pharisiens voulaient tendre à Jésus un piège et le mettre en contradiction avec Moïse. Ils ont posé leur question au sujet du divorce, plus exactement au sujet du renvoi de l'épouse, mais la réponse de Jésus éclaire d'un coup tous les secteurs de la vie morale : Vous vous appuyez sur une permission de Moïse, dit Jésus à ses contradicteurs ; mais avant Moïse, il y a Dieu, avant les arrangements de Moïse, il faut voir le dessein de Dieu, comment Dieu a fait les choses "au commencement", c'est-à-dire au moment de la création.
Dieu a voulu la complémentarité de l'homme et de la femme ; il les a voulus différents, tout en donnant à l'homme et à la femme une égale dignité. C'est à partir de cette différence qu'il a créé la merveille de l'amour et la merveille de la vie, et il a dit : "Les deux ne feront qu'un seul être".
Ils demeurent différents ; elle et lui restent comptables devant Dieu de leurs choix et de leur liberté ; mais l'amour a lié entre eux un lien irréversible, irréversible parce qu'ils sont entrés tous deux, librement, dans l'œuvre de Dieu. Ce que Dieu a uni, ce que Dieu a voulu un, il n'appartient pas aux humains de le désunir. Personne ne peut défaire ce que Dieu a fait ; personne ne peut dédire ce que Dieu a dit.
En particulier aucune loi humaine ne peut prévaloir contre le dessein de Dieu. Qu'il s'agisse de l'indissolubilité du couple, de l'euthanasie, des progrès de la génétique, des droits de l'embryon humain ou de son usage à des fins de recherche scientifique, le croyant doit se déterminer, finalement, non à partir de ce que permettent ou réprouvent les gouvernements européens, mais à partir de ce que Dieu a fait pour l'homme et de ce que Dieu a dit de la vie et de la mort.
Déjà saint Paul rappelait aux chrétiens : "Ne vous modelez pas sur le monde présent, mais métamorphosez-vous par un changement de votre mentalité, pour discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bien, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait" (Rm 12,1).
Cependant, autant le chrétien doit se montrer courageux dans ses propres choix, autant il doit se garder de condamner ceux qui l'entourent, croyants ou incroyants. Réprouver une action, même avec énergie, n'équivaut jamais à rejeter ceux qui ont agi.
Pour prendre un exemple : quelle est la famille qui ne compte aujourd'hui des cas douloureux de foyers désunis ou de couples recomposés, en dépit de l'échec d'un premier amour ? Que pouvons-nous faire, dans le silence du cloître, sinon respecter douloureusement ces options douloureuses, et porter dans la prière ou dans l'imploration ces hommes et ces femmes blessés, comme Dieu les porte dans son amour et sa miséricorde ?
De même notre conscience de croyants ne peut que s'insurger devant certaines audaces scientifiques qui ôtent à l'être humain toute sa dignité. Mais, parce que nous sommes dans l'Église des permanents de la prière, il nous faut tout autant demander lumière et discernement pour tant de savants chrétiens confrontés aux énigmes de la vie, et qui travaillent sur les marges du savoir, face à des problèmes que jamais personne ne s'est posés, et avec des pouvoirs que jamais les hommes n'ont eus en mains. Personne, parfois, n'est passé avant eux pour faire des lois, pour permettre ou interdire ; et souvent, face à la complexité de ce qu'ils découvrent, ils se demandent, angoissés : "Qu'est-ce que Dieu a voulu au commencement ?" "Envoie, Seigneur, ta lumière et ta vérité, qu'elles soient leur guide, et les ramène", dans la paix, "face au mystère où tu fais ta demeure".
Fortifie, Seigneur, ceux que tu as unis pour toujours par le sacrement du mariage. Qu'ils puisent dans ta fidélité le courage de se rester fidèles.
Et à nous, Seigneur, que tu as appelés au célibat pour le Royaume, donne à longueur de vie un surcroît d'espérance, pour que, vivant avec bonheur le pacte d'amour passé avec toi, nous n'osions renier le contrat fraternel qui nous lie à la communauté.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Lun 8 Oct - 9:46

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Qui est mon prochain ? »
(Lc 10, 25-37)

En ce temps-là, voici qu’un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? » L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. » Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? » Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté. Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion. Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.” Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même.

MÉDITER AVEC LES CARMES

Allons droit à l'essentiel, et essayons d'entrer dans la pédagogie de Jésus.
Ce qui frappe tout d'abord, c'est que Jésus répond à une question en questionnant à son tour. Le scribe lui demande : "Que dois-je faire ?" Jésus répond : "Que lis-tu ?" Le scribe ne questionnait pas tant pour savoir la vérité que pour mettre Jésus à l'épreuve en l'entraînant sur le terrain des querelles théologiques. Jésus ne relève pas l'agressivité de cette question-piège, et il ramène l'homme face à la vérité qu'il ne cherchait pas vraiment. Il lui dit, en quelque sorte : la réponse, tu la connais, et c'est toi qui vas me la donner. Et de fait le scribe rapproche infailliblement deux versets du Deutéronome et du Lévitique.
Ainsi en va-t-il souvent des questions que nous posons à Dieu : "Que dois-je faire ? Quel est le sens de ma vie ? Comment cela se fera-t-il ? Comment ce que je vis débouchera-t-il sur la vie éternelle ?" Jésus pourrait nous dire : la réponse, tu la connais déjà ; mon Père depuis longtemps te l'a livrée.
Effectivement, au niveau de la mémoire et du raisonnement, à partir de la parole de Dieu nous sommes capables d'articuler une réponse très sensée et que nous savons définitive, nous sommes à même de "bien répondre", sans que cela change notre vie. Or Jésus nous attend au niveau de la vie et de l'action : "Fais cela et tu vivras" ; "engage dans ta relation au Père toutes les ressources de ton affectivité et de ton intelligence, aime-le avec la passion de le connaître, et comprends-le avec ton cœur. Use tes forces à le chercher. Redis sans cesse : 'Abba, Père !' C'est cela qui fait vivre ! Et puis refais chaque jour pour chacun de tes frères le rêve de bonheur que tu fais pour toi. Désire intensément pour lui la liberté que tu veux pour toi, la beauté et la paix que tu cherches pour toi. Fais cela, fais-le de grand cœur, et tu auras la vie."
Autre trait frappant de la pédagogie de Jésus : il aime renverser les perspectives. Le scribe lui demande : "Qui est mon prochain ?" Jésus répond : "Celui dont tu te rends proche". Ton prochain, ce n'est pas une catégorie d'hommes bien déterminée que tu connaîtrais à l'avance ; mais c'est tout homme, car tu peux te rapprocher de tout homme et rendre tout homme tout proche de toi.
Ainsi Jésus étend à toute l'humanité le champ de notre amour. Souvent le prochain sera fortuit, et nous n'aurons pas de raison spéciale de l'aimer ou de nous rendre proches de lui, pas d'autre motif qu'une rencontre ménagée par le Seigneur. Le Samaritain aurait eu mille raisons de laisser agoniser ce Judéen au bord de la route ; mais, simplement, "il l'a vu et il en a eu pitié".
C'est toujours ainsi que commence la charité : il faut savoir regarder et rester vulnérable au malheur, aux besoins et aux appels. Mais on ne sait jamais où la charité finira : après le moment de la pitié vient le moment de la charité active ; après les soins d'urgence viendra le transport du blessé, puis s'ajouteront les frais d'auberge ou d'hôpital. Car c'est souvent un blessé, un frère blessé, une sœur blessée, que Jésus met sur notre route. Or un blessé ne peut pas faire grand-chose pour se soigner et pour guérir : il a besoin de nous.
Une chose est certaine : si on ramasse le blessé, il faudra repasser le voir ; si on s'arrête quand un homme souffre, il faut s'attendre à payer la note à la place des bandits.
Si nous nous arrêtons tout au long de la route chaque fois qu'un frère ou une sœur ont besoin de nous, nous arriverons sans doute en retard pour beaucoup de choses, nous aurons perdu le temps de bien des joies et l'argent de bien des négoces, mais nous aurons vécu pour l'unique nécessaire, car en nous faisant tout proches du plus perdu, du plus seul, du plus désespéré de nos frères, nous nous serons approchés tout près du cœur de Dieu.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mar 9 Oct - 9:49

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Marie a choisi la meilleure part »
(Lc 10, 38-42)

En ce temps-là, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut. Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Deux femmes, deux styles, deux options. L'une offre sa maison, l'autre son écoute. L'une invite le Christ à manger, l'autre se laisse inviter au dialogue.
N'allons pas croire que Jésus avait des préférences toutes faites : dans l'Évangile de Jean, c'est Marthe, au contraire, qui est la première nommée : "Jésus aimait Marthe, et sa sœur, et Lazare", et c'est Marthe, la Marthe au franc parler, qui méritera par sa profession de foi d'entendre cette magnifique révélation du Seigneur : "Je suis la résurrection et la vie".
Mais ce jour-là dont nous parle saint Luc, Marthe a eu deux attitudes que Jésus ne pouvait approuver : Elle se laissait absorber par la presse de sa maison, et son dévouement la rendait agressive. Servir, oui, tant qu'on voulait ; mais il aurait fallu que la sœur obtempère et rentre elle aussi dans le circuit : "Seigneur, cela ne te fait rien qu'elle me laisse seule pour faire le service ?" Ou, en d'autres termes : "Seigneur, cela ne te ferait rien de rester seul un instant ? Si tu la retiens, elle n'aura pas fait sa part !"
L'attention aux choses avant l'attention à Dieu, le rendement tangible avant la gratuité, l'égalitarisme au lieu de la compréhension fraternelle : nous voilà aux antipodes de l'Évangile. Et à cette femme, son amie, qui se laisse dévorer par le souci, Jésus va parler d'unité intérieure : "Marthe, Marthe, une seule chose suffit, quand on a choisi l'essentiel."
Vingt siècles après, on perpétue encore la brouille des deux sœurs. On continue de les opposer, comme pour y voir plus clair. On dira, par exemple : "Il y a des Marthe, il y a des Marie. À chacune son lot. Que chacune rende grâces !"
Ou l'on se demandera : "Suis-je Marthe, ou suis-je Marie ?"
Ou bien encore on se résignera à les accueillir successivement : "Pour l'instant je suis Marthe, du mieux que je peux. Un jour, quand je pourrai, je serai Marie."
Mais pouvons-nous attendre pour choisir la meilleure part ? Et les deux sœurs, Marthe et Marie, ne devraient-elles pas se retrouver en nous côte à côte à chaque heure de notre vie ? Ne sont-elles pas deux niveaux d'une même fidélité, deux visages d'un unique amour du Seigneur ?
Toutes nos œuvres seront creuses et décevantes sans la gratuité de Marie ; et nos visées contemplatives ne seront que leurre sans le réalisme de Marthe. Comme disait la grande Thérèse, commentant dans sa cinquième Exclama­tion cet épisode de la visite de Jésus : "Seul l'amour donne du prix aux choses, et l'unique nécessaire est d'aimer au point que rien n'empêche d'aimer."

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mer 10 Oct - 9:44

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Seigneur, apprends-nous à prier »
(Lc 11, 1-4)

Il arriva que Jésus, en un certain lieu, était en prière. Quand il eut terminé, un de ses disciples lui demanda : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. » Il leur répondit : « Quand vous priez, dites : “Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne. Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes, nous pardonnons aussi à tous ceux qui ont des torts envers nous. Et ne nous laisse pas entrer en tentation.” »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Ce que le disciple veut apprendre de Jésus, c'est une nouvelle manière de prier qui devienne la caractéristique de sa communauté : "Apprends-nous à prier comme Jean le Baptiste l'a appris à ses disciples". La prière enseignée par Jésus deviendra donc un signe de ralliement pour tous les siens et le premier bien qu'ils auront à partager.
"Quand vous prierez, dites :" Père".
C'est essentiel aux yeux de Jésus, et lui-même parlait à Dieu en l'appelant : 'Abba', un mot intraduisible, dont le sens est à mi-chemin entre Père et Père chéri. C'est donc par là qu'il faut commencer : dire "Père" à notre Créateur. Dire "Père" à Celui qui est maître de l'espace et du temps et qui mène l'histoire du monde comme la destinée de tout homme. Dire "Père", en mettant dans ce nom plus de confiance, plus d'assurance, plus de tendresse qu'aucun père d'ici-bas n'a jamais pu le mériter. Dire "Père" avec la certitude d'être aimés tels que nous sommes, et tels que nous avons été.
Quand on y réfléchit, il y a là une audace inouïe de notre part, et, de la part de Dieu, une offre d'amour qui nous dépasse totalement, au point que certains, hommes ou femmes, qui n'ont gardé de leur jeunesse qu'une image paternelle dévaluée, luttent parfois des années, à l'intime d'eux-mêmes, avant de pouvoir dire avec vérité, et avec bonheur, au début de leur prière : "père", "toi qui es Père à la manière de Dieu ".
C'est seulement lorsque nous nous sommes approchés de Dieu en lui donnant son nom de bonté et de tendresse que nous commençons notre prière, en lui parlant de Lui-même :
"Que ton Nom soit sanctifié" ; c'est-à-dire : que le mystère de ton être et de ton agir soit reconnu et adoré par les hommes. "Que ton Règne vienne" ; c'est-à-dire : que ton plan d'amour et de salut se réalise parmi les hommes comme tu le veux, aux moments que tu as choisis.
Avec le Nom et le Règne de Dieu il est bien question de la gloire de Dieu, mais nous lui sommes associés dans ce que nous demandons, puisque cette gloire par la louange devra venir de nous.
Ainsi la prière, selon Jésus, vise d'abord ce que Dieu attend de l'homme, mais tout naturellement, en vertu de la réciprocité de l'Alliance, dans un deuxième moment la prière aborde ce que l'homme peut attendre de Dieu.
Que va dire l'homme ?... "donne-moi" ? Non pas : il dira : "donne-nous".
"Donne-nous le pain, dont nous avons besoin pour chaque jour. Même lorsque nous prions dans le secret, la prière de Jésus nous fait dire : "donne-nous". Cela ne signifie pas que personnellement nous n'intéressons pas Dieu, car ce nous est fait, à ses yeux, de personnes irremplaçables, aimées chacune comme l'unique. Mais cela veut dire que la dimension communautaire, universelle même, habitera toujours notre prière personnelle.
Il y a des prières de silence, de souffrance, de regard, des cris du cœur ou des admirations qui sont intensément personnelles, et la prière de Jésus était souvent cela : "Je te rends grâces, Père, Seigneur du ciel et de la terre... Père, que ta volonté soit faite et non la mienne". Mais quand nous disons le Notre Père, même dans le secret, c'est toujours une prière universelle : "donne-nous ; donne, Seigneur, à moi et à tous les hommes, le pain dont nous avons besoin".
C'est une prière qui concerne des biens quotidiens, matériels ; mais Dieu, qui nous a créés êtres de chair, n'a pas peur, pour nous, des choses matérielles. Il aime qu'on le prie pour cela aussi, et, en nous fiant à la parabole choisie par Jésus, on pourrait dire : Dieu aime qu'on le dérange, même pour cela, dès lors qu'on garde un cœur ouvert au bonheur de tous.
À vrai dire on ne dérange jamais Dieu : il a toujours le temps, puisqu'il habite l'éternité ; il a toujours de la place, puisqu'il n'habite aucun espace ; il se penche vers chacun avec un cœur universel, et il a pour l'univers des hommes le même regard d'amour qu'il a pour chaque personne.
La demande suivante vise bien chaque croyant en particulier, mais elle est aussi une imploration pour le monde entier : "pardonne-nous nos péchés", et elle a aussitôt son prolongement communautaire : "car nous-mêmes nous pardonnons à tous ceux qui ont des torts envers nous".
Même la dernière demande du Pater peut être reprise avec ces deux mêmes dimensions, personnelle et universelle : "Ne nous soumets pas à la tentation", c'est-à-dire : Garde-nous de consentir à la tentation. Garde-moi, Seigneur, aux heures où je dois choisir. Garde-nous tous, Seigneur, des forces de refus qui travaillent le monde. Garde-nous tous des séductions du profit, du pouvoir et du plaisir.
Ainsi le Notre Père, qui monte en nous dans les plus beaux moments de notre intimité avec Dieu, fait craquer à chaque fois les limites ou les étroitesses de notre cœur, et nous ouvre au monde que Dieu aime et que Dieu sauve.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Jeu 11 Oct - 10:04

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Demandez, on vous donnera »
(Lc 11, 5-13)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Imaginez que l’un de vous ait un ami et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander : “Mon ami, prête-moi trois pains, car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir.” Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond : “Ne viens pas m’importuner ! La porte est déjà fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose.” Eh bien ! je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut. Moi, je vous dis : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ? ou lui donnera un scorpion quand il demande un œuf ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Le Seigneur nous propose aujourd'hui deux paraboles en une : celle de l'ami qui se laisse fléchir, et celle du père qui n'a dans le cœur et dans les mains que de bonnes choses pour son fils.
Mais les deux débouchent sur la même leçon : Dieu aime qu'on insiste dans la prière, et on arrive toujours à le toucher.
Si déjà l'ami importuné finit par se lever de guerre lasse, à plus forte raison Dieu ne nous fera-t-il pas trop attendre. D'ailleurs il n'y a pour lui ni nuit ni sommeil, et il ne risque pas de réveiller personne, car chez Dieu personne ne songe à dormir.
Si déjà un père humain n'a pas de raisons de décevoir ou de tromper son enfant, s'il n'ira pas lui donner, au lieu du poisson ou de l'œuf qui peuvent le nourrir, le serpent ou le scorpion qui vont le faire mourir, à plus forte raison Dieu ne va-t-il pas détruire en nous l'enfant qu'il a engendré par l'Esprit Saint.
Ainsi, comme très souvent dans ses paraboles, Jésus veut nous montrer aujourd'hui que nous nous trompons sur le cœur de Dieu, que nous n'avons pas idée de sa tendresse, et que nous ne comprenons pas à quel point notre prière le touche.
Que nous priions pour un ami ou pour nous-mêmes, si nous partons battus, c'est que nous ne croyons pas à l'amour du Père. Souvent nous nous plaignons de ne pas être exaucés ; mais que valait notre prière ? Il y a tant de choses pour lesquelles nous sommes d'avance résignés : résignés à telle tiédeur dont nous n'attendons plus d'être délivrés, résignés à telle misère que nous admettons déjà comme une fatalité, résignés à une compréhension moyenne des "bonnes choses" de Dieu, alors que Dieu n'attend que notre désir pour nous faire entrer dans son mystère, résignés à telle rupture ou à telle froideur envers nos frères, au point d'imaginer que Dieu, lui aussi, a classé les êtres définitivement.
Trop vite on cesse de demander, on cesse de chercher, on ne frappe plus à la porte de Dieu ; ou bien l'on frappe comme en s'en allant, sans attendre qu'il ouvre. Mais cette résignation camoufle souvent les petitesses de notre amour. Celui qui insiste peu, aime peu. Celui qui n'espère pas pour tout reste à mi-chemin de l'amour.
Évidemment nous ne pouvons pas attendre de Dieu qu'il aille au-devant de nos caprices. Il préfère nous traiter en adultes, quitte à nous réserver de loin en loin de ces petites surprises toutes divines que nous sommes seuls à pouvoir reconnaître et qui font jaillir en nous l'action de grâces des pauvres.
Dieu connaît les bonnes choses qui nous conviennent, et nous savons en tout cas qu'il nous accordera sans mesure son Esprit Saint, si nous le demandons pour nous et pour nos frères.
Quant aux amis qui viennent à nous sans prévenir, au hasard des routes de la vie ; quant à tous ceux qui comptent sur nous et dont la confiance pèse si lourd parfois, dans la nuit où nous sommes, nous savons d'avance qu'il y a une place pour eux dans le cœur du Père et que Dieu, pour eux, nous prêtera de son pain.
Cherchons, demandons, frappons à la porte ; c'est toujours Dieu lui-même qui vient ouvrir. La porte s'ouvre, en tout cas, à chaque Eucharistie : Dieu nous donne son Fils, et c'est déjà toute sa réponse.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Ven 12 Oct - 9:31

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« le règne de Dieu est venu jusqu’à vous »
(Lc 11, 15-26)

En ce temps-là, comme Jésus avait expulsé un démon, certains dirent : « C’est par Béelzéboul, le chef des démons, qu’il expulse les démons. » D’autres, pour le mettre à l’épreuve, cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel. Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même devient désert, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres. Si Satan, lui aussi, est divisé contre lui-même, comment son royaume tiendra-t-il ? Vous dites en effet que c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons. Mais si c’est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils ? Dès lors, ils seront eux-mêmes vos juges. En revanche, si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous. Quand l’homme fort, et bien armé, garde son palais, tout ce qui lui appartient est en sécurité. Mais si un plus fort survient et triomphe de lui, il lui enlève son armement auquel il se fiait, et il distribue tout ce dont il l’a dépouillé. Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. Quand l’esprit impur est sorti de l’homme, il parcourt des lieux arides en cherchant où se reposer. Et il ne trouve pas. Alors il se dit : “Je vais retourner dans ma maison, d’où je suis sorti.” En arrivant, il la trouve balayée et bien rangée. Alors il s’en va, et il prend d’autres esprits encore plus mauvais que lui, au nombre de sept ; ils entrent et s’y installent. Ainsi, l’état de cet homme-là est pire à la fin qu’au début. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

La guérison d'un possédé déclenche des réactions diverses dans l'auditoire de Jésus. La foule s'étonne. Certains réclament autre chose avant d'admettre qu'il est le Messie, "un signe venu du ciel", comme l'arrêt du soleil ou de la lune, ou un signe dans les étoiles. D'autres enfin vont plus loin : selon eux Jésus a passé un pacte avec le démon, avec Baal le Prince, Béelzébul, la vieille divinité phénicienne.
Et c'est l'occasion pour Jésus de se situer clairement face au faux "prince" de ce monde, de se situer et de nous situer, car c'est sur cela que débouche finalement son bref discours.
Jésus veut inculquer à ses disciples trois convictions.
La première, c'est que, si le démon est réellement chassé, le Règne de Dieu sûrement est là, que Dieu est à l'œuvre en lui, Jésus. Devant les prodiges accomplis par Moïse au nom de Dieu, les magiciens d'Egypte avaient su dire : "C'est le doigt de Dieu !" (Ex 8,15). Il y a maintenant plus que Moïse, et ce sont maintenant des fils d'Israël qui demeurent incrédules.
Deuxième affirmation, que Jésus présente comme une évidence : si le faux prince s'en va, c'est qu'un autre, plus fort, a réussi à le vaincre ; et cet autre, c'est Jésus Messie, par qui le Règne de Dieu fait irruption dans le monde.
Mais la troisième parole de Jésus nous concerne directement : s'il est vrai que Satan a trouvé son maître, définitivement, les suggestions du mal peuvent toujours revenir dans notre cœur si nous usons mal de notre liberté. Nous pouvons toujours tourner le dos à la victoire de Jésus ; et les rechutes peuvent être très lourdes.
La conclusion, Jésus lui-même nous la souffle, et elle tiendrait en une phrase : il est urgent de choisir.
Opter concrètement pour le Règne de Dieu est un devoir, et pour un croyant la neutralité est impensable face à l'Évangile. Ne pas choisir, c'est déjà trahir : "celui qui n'est pas avec moi, disperse" ; celui qui n'aide pas, positivement, le Berger, travaille déjà à disperser le troupeau ; celui qui n'œuvre pas pour l'unité déchire, pour sa part, le tissu de la vie fraternelle.
Paroles abruptes de Jésus, qui nous tiennent "éveillés en la foi".
Paroles qui n'effacent pas le message de miséricorde, car, nous le savons, même nos refus, même nos inerties, même nos rechutes n'arrêteront jamais le Berger qui nous cherche.
Jésus, qui a déjà su "balayer notre maison" et l'arranger pour qu'elle soit heureuse et accueillante, saura bien en retrouver le chemin.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Sam 13 Oct - 10:28

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu ! »
(Lc 11, 27-28)

En ce temps-là, comme Jésus était en train de parler, une femme éleva la voix au milieu de la foule pour lui dire : « Heureuse la mère qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri ! » Alors Jésus lui déclara : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Pour une fois l'Évangile nous rapporte la réaction d'une femme à la prédication de Jésus. Elle élève la voix du milieu de la foule et s'écrie : "Bienheureuse celle qui t'a porté et allaité !"
La femme ne réagit pas d'abord à propos du contenu de l'enseignement de Jésus ; elle ne dit pas non plus ce qui l'a frappée dans sa personne, mais elle se compare instinctivement à une autre femme, à cette mère qui a eu la chance d'enfanter puis d'élever un tel fils : "Qu'elle peut être fière, cette femme-là, d'avoir un garçon comme toi !"
Réaction maladroite ? Réaction naïve ? Peut-être, mais c'est la réaction profondément humaine d'une femme pour qui chaque maternité est le début d'un grand rêve, et qui réalise sa vie à travers le destin de ses enfants.
Jésus, bien loin de repousser cette brave femme, saisit au bond ce qu'elle vient de crier, et il va s'en servir pour préciser une fois de plus le sens de sa mission, en apportant deux correctifs importants.
Tout d'abord le bonheur qu'il apporte n'est pas réservé à une femme, mais ouvert à tous les croyants.
Le secret de sa naissance, l'initiative inouïe prise par Dieu dans la vie de Marie, les merveilleuses années de Nazareth, ce n'est pas cela que Jésus veut souligner, car c'est le versant admirable et indicible de la vie de Marie. Ce que la femme a crié, bien des femmes sans doute le pensaient, mais ce n'est pas ainsi que Jésus se représentait la sainteté et le bonheur de sa propre Mère.
Certes le destin de Marie était exceptionnel. La Mère du Messie ne pouvait être qu'unique ; la Mère du Fils de Dieu ne pouvait être qu'une femme intensément aimée, éternellement choisie, amoureusement préparée. Mais cela, c'était l'affaire de Dieu seul, c'était le sillage laissé sur la terre des hommes par le dessein de Dieu. Ce que Jésus avait à cœur à propos de sa Mère, c'était de mettre en lumière non pas tant l'inouï de son destin que la qualité de sa réponse à Dieu. Marie a porté et nourri Jésus : en cela elle n'est pas imitable, et sa béatitude n'est pas partageable. Mais ce qu'il y a de quotidien et d'imitable dans l'attitude de Marie, voilà ce que Jésus veut retenir pour l'universaliser : "Heureux ceux, heureux tous ceux qui entendent la parole de Dieu et qui la gardent !"
C'est encore un portrait de sa Mère, mais c'est celui-là que Jésus préfère, car devant cette attitude de la Servante du Seigneur repassant en son cœur les paroles de Dieu jusqu'à ce qu'elles s'accomplissent, chaque fils, chaque fille de Dieu peut se dire : "Je peux lui ressembler, je vais lui ressembler" ; et cette icône-là, celle que Jésus avait dans les yeux et le cœur, garde avec nous tous un air de famille.
Au fond, la femme, dans la foule, ne se trompait pas en passant du Fils à la Mère, en liant la Mère au destin de son Fils ; mais elle se méprenait sur le niveau du vrai bonheur et sur la vraie source des Béatitudes, et c'est là que Jésus apporte une deuxième nuance, essentielle à ses yeux.
Le vrai bonheur de Marie, son bonheur imitable, ne se situe pas au niveau des affections familiales ; ce n'est donc pas une question de chance ni de fierté. Et la vraie source des Béatitudes, pour elle comme pour nous, c'est l'accueil de la parole de Jésus, et non le sentiment de sa proximité.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Dim 14 Oct - 6:51

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Vends ce que tu as et suis-moi »
(Mc 10, 17-27)

En ce temps-là, Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » Jésus lui dit : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul. Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère . » L’homme répondit : « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse. » Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. » Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. Alors Jésus regarda autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Jésus reprenant la parole leur dit: « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. » De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? » Jésus les regarde et dit: « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »

MÉDITER AVEC LES CARMES

Cela s'est passé brusquement : Jésus se préparait à partir, et voilà un homme qui arrive en trombe et se met à genoux devant lui. Que vient-il demander ? Une guérison pour lui pour un de ses proches ? Non, cet homme arrive, tout essoufflé, pour poser une question bizarre : "Que dois-je faire pour avoir en partage la vie éternelle ?"
Et cette question nous gêne, parce que c'est justement celle que nous n'avons plus le courage de poser. Bien sûr, nous ne sommes pas à court de moyens pour éliminer ce témoin gênant. On dira : "C'est un anxieux ! ; nous qui sommes équilibrés, nous n'avons pas besoin de penser à une vie éternelle !". "C'est un nanti ! ayant tout ce qu'il lui faut pour vivre, il peut se payer le luxe de rêver à une autre vie !".
Mais nous sentons bien que toutes nos bonnes raisons seraient de l'enfantillage. Il faut entendre la question de cet homme, parce que c'est tout simplement un réaliste : il veut dès aujourd'hui une vie qui puisse traverser la mort ; il veut, avec les choses qui passent, construire dès aujourd'hui du définitif. C'est lui qui a raison, et nous qui sommes des rêveurs : nous imaginons que "ça va durer toujours", et lorsque nous prenons conscience du vide de notre action, de notre dévouement, de notre amour, lorsque nous constatons l'échec de notre visée spirituelle, de notre travail apostolique, nous imaginons toujours que nous pourrons, "plus tard", "un jour", recommencer notre vie, comme on efface le tableau pour recommencer une opération. "Bon maître, dit l'homme, que dois-je faire pour avoir en partage la vie définitive ?"
Le Christ répond : "Tu as les commandements", c'est-à-dire : ce qui plaît à Dieu, ce qui est bon, ce qui est parfait. Pour chacun de nous ce serait déjà un programme ambitieux ; mais cet homme, à genoux devant le Christ, est d'une autre trempe : " Maître, tout cela, je l'ai gardé depuis ma jeunesse". Et c'est vrai ! Le Christ qui le regarde sait qu'il dit vrai ; il sait ce qu'il en a coûté à cet homme, et il le prend en affection, non pas tellement pour le bilan positif de sa vie morale, mais parce que cet homme, ce fidèle, ce juste, a compris que le Christ lui demandait autre chose, une sagesse nouvelle, une sagesse chrétienne qu'il faut aimer plus que la santé, plus que la beauté et l'élégance, plus que le pouvoir et la volonté de puissance.
"Une seule chose te manque : va vendre ce que tu as, réalise tout cela au compte des pauvres. Puis viens, suis-moi !". Voilà bien, pour cet homme, et pour chacun(e) de nous, une de ces paroles de Jésus porteuse de vie, et qui pénètre au cœur de notre existence, pour trier nos sentiments et juger nos pensées. Une seule chose nous manque, c'est d'avoir brûlé nos vaisseaux et d'être devenus pour le Christ des inconditionnels.
Quelque part peut-être dans notre vie, il y a un oui qui n'a pas encore été dit à Dieu, et c'est cela qui nous rend tristes ; il y a un avoir qui nous empêche d'être, et c'est cela qui nous gêne pour suivre vraiment le Christ.
Je veux bien te suivre, Seigneur, mais laisse-moi me faire une place au soleil ; laisse-moi devenir quelqu'un dans la communauté. Je veux bien te servir, mais laisse-moi garder ce style que je tiens de mon passé. Je veux bien t'écouter, mais laisse-moi prendre ma distance vis-à-vis de ton Église. Je consens à recevoir ta parole, mais surtout, qu'elle ne vienne pas entamer mes évidences ni mon système !
Tant que nous en restons au "oui, mais", nous avons gardé quelque part "de grands biens". Alors Jésus regarde autour de lui, et il dit à ses disciples, à nous tous : "Comme il sera difficile à ceux qui ont des richesses d'entrer dans le règne de Dieu !".
Nous sommes nous-mêmes souvent trop encombrés pour cheminer selon les Béatitudes, et Dieu n'a que faire de notre fil trop voyant, quand il veut broder au fond de notre cœur.
Les disciples ont si bien compris qu'ils en ont été catastrophés : "Mais alors, qui peut être sauvé ?"
Tous nous réagissons comme cet homme qui "avait de grands biens". Tous nous restons crispés sur un trésor, que ce soient l'aisance, le confort, la culture et le pouvoir qu'elle donne, que ce soient l'indépendance intellectuelle, un schéma spirituel, l'influence sur les autres, les projets qui nous valorisent, que ce soient enfin un amour trop possessif ou des visées d'ambition poursuivies à travers les êtres aimés.
Frères et sœurs, peut-être allons-nous dire : "Dieu ne demande pas l'impossible !". C'est vrai en un sens, mais Jésus le disait autrement : "Tout est possible pour Dieu". Sommes-nous prêts, aujourd'hui, à le laisser faire ? Aujourd'hui encore, le Christ nous offre sa parole, sa sagesse de vie. Croire vraiment en Dieu qui peut tout, voilà pour nous la route de la paix.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Lun 15 Oct - 9:21

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Il ne vous sera donné que le signe de Jonas »
(Lc 11, 29-32)

En ce temps-là, comme les foules s’amassaient, Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas. Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l’homme pour cette génération. Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon. Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

"Cette génération demande des signes", dit Jésus.
De fait, quelque temps auparavant, alors que Jésus venait de chasser un démon, des gens dans la foule réclamaient "un signe venant du ciel", un prodige qui les contraindraient à croire en Jésus.
C'est d'ailleurs dans ce même contexte qu'une femme, élevant la voix du milieu de la foule, dit à Jésus : "Heureuse la femme qui t'a porté et qui t'a nourri de son lait !" À quoi Jésus répond, juste avant le texte d'aujourd'hui, par un portrait spirituel de Marie, sa mère : "Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui l'ob­servent !". Ainsi se trouvent confrontés ceux qui, comme Marie, mettent à profit la parole de Dieu, et ceux qui réclament toujours autre chose que ce que Dieu leur offre, et qui veulent voir quand il s'agit d'entendre.
À ceux-là il ne sera donné d'autre signe que celui de Jonas. Mais le destin de Jonas est signe à deux niveaux. D'abord parce que son message de conversion a été entendu par des étrangers, ceux de Ninive ; puis, comme le note saint Matthieu dans le texte parallèle, parce que Jonas, avalé par le monstre marin, est resté invisible au monde durant trois jours et trois nuits... trois jours, comme les jours qui séparent la mort de Jésus du premier message de sa résurrection.
Ici c'est le premier niveau qui est visé, l'appel aux hommes du lointain. Jésus, Fils de l'Homme, durant sa vie terrestre, apporte lui aussi un message de conversion ; mais alors que Jonas a été écouté par tout un peuple d'étrangers, Jésus se voit contesté dans son propre peuple. Et pourtant Jésus est " bien plus que Jonas" ; il arrive de bien plus loin que Jonas, et déjà, dans l'Évangile de Luc, il a été salué plusieurs fois du titre de Fils de David et de Fils de Dieu. Il est la Sagesse même de Dieu venue converser parmi les hommes.
Pour souligner que son message de conversion est bien le message de la Sagesse de Dieu, Jésus rappelle l'exemple de la reine de Saba, venue de son lointain royaume d'Arabie pour entendre la sagesse de Salomon. Elle venait de loin pour écouter, tout comme Jonas venait de loin pour prêcher ; et si elle, l'étrangère, s'est mise en route pour entendre les proverbes d'un roi, pourquoi les auditeurs de Jésus se détourneraient-ils de lui, qui dévoile en leur langue, au milieu d'eux, les mystères du Royaume ?
Ceux qui sont loin montrent l'exemple à ceux qui sont tout près, et c'est bien ce double exemple que Jésus, aujourd'hui, nous met devant les yeux. Des hommes, des femmes, des jeunes qui découvrent la foi au Christ viennent à lui avec une fraîcheur, une audace, une liberté de cœur qui nous font envie, à nous les habitués de la Rédemption, qui avons grandi dans l'Église.
Si souvent nous avons entendu proclamer la parole de Jésus, si souvent nous avons communié à son Corps ressuscité, que l'amitié du Sauveur pour nous se banalise. Que faudrait-il maintenant pour nous toucher, nous émouvoir, nous convertir ? des signes éclatants qui nous contraindraient à croire, à faire confiance à Dieu ?
À "notre génération" aussi il ne sera pas donné d'autre signe que celui de Jonas : l'amour mystérieux du Christ qui pour nous est mort, puis entré dans la gloire, la miséricorde de Jésus Sauveur, qui disait : "Quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai tous les hommes à moi". Pour nous, le grand signe, c'est le signe de la Croix, le signe de Jésus en Croix.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mar 16 Oct - 9:39

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Donnez plutôt en aumône ce que vous avez »
(Lc 11, 37-41)

En ce temps-là, pendant que Jésus parlait, un pharisien l’invita pour le repas de midi. Jésus entra chez lui et prit place. Le pharisien fut étonné en voyant qu’il n’avait pas fait d’abord les ablutions précédant le repas. Le Seigneur lui dit : « Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur de vous-mêmes vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté. Insensés ! Celui qui a fait l’extérieur n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur ? Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Dieu, qui a fait l'extérieur, a fait aussi l'intérieur ; en créant les choses, Il a formé aussi le cœur de l'homme. C'est pourquoi l'enseignement de Jésus peut se résumer pour nous en deux phrases très simples : Toujours commencer par l'intérieur : c'est la logique de toute vraie conversion ; la charité purifie tout, parce qu'elle assainit d'abord notre cœur et nous fait dépasser tout légalisme.
Jésus, bien sûr, n'allait pas contre l'hygiène élémentaire : Il savait qu'on se passe les mains à l'eau avant d'entamer le repas ; et pourtant Il nous fait garder avant tout l'hygiène du cœur. Totalement pur intérieurement, Jésus avait les mains pures en entrant chez le Pharisien. Le disciple, lui, va purifier son cœur en donnant sous forme d'aumône "ce qu'il y a dedans (ta enonta)", à savoir ce que l'homme possède, toutes les richesses accumulées par son égoïsme. Ainsi rendu pur par sa charité, l'homme n'aura plus à s'interroger sur la pureté légale de ses mains : "tout sera pur pour lui", l'intérieur aura nettoyé l'extérieur.
Nous reconnaissons là l'une des habitudes du Seigneur, toujours attentif aux réactions de son auditoire ; souvent il commence par des affirmations qui nous étonnent ou nous choquent ; mais c'est pour mieux faire comprendre les réflexes du Père ou ce qu'Il attend de nous : "Heureux ceux qui pleurent", "Les premiers seront les derniers", "Payez en commençant par les derniers", "Laissez les morts enterrer leurs morts", "La porte sera fermée", "Celui qui ne m'aime pas plus que son père ou sa mère"…
Comment allons-nous traduire cela dans notre vie concrète ? Nous ne devons pas cesser de nous laver les mains en nous autorisant, à tort, d'une parole de Jésus sortie de son contexte, et nous continuerons d'éduquer jeunes et vieux à de bons réflexes ; mais nous nous abstiendrons de juger les gens uniquement d'après les codes de notre savoir-vivre, car l'expérience missionnaire nous a appris que le cœur d'un homme vaut souvent beaucoup mieux que ses habitudes.
Nous tiendrons à enterrer nos morts le plus dignement possible, mais nous ne laisserons pas les conduites de deuil entamer notre espérance.
Nous aurons à cœur de payer honnêtement ceux qui travaillent pour nous, mais nous saurons que Dieu se réserve de ne pas compter comme nous.
Ceux qui pleurent pourront s'appuyer sur notre réconfort, mais seul Dieu saura vraiment les consoler.
Ainsi nous partirons toujours de l'intérieur, de cette région de notre cœur qui veut vivre l'Évangile ; peu à peu nous commencerons à penser comme Dieu, à aimer comme Dieu, pour le vrai bien de ceux qu'Il met sur notre route.
Et cette charité, calquée sur celle de Dieu, deviendra notre vraie valeur. Plus d'image de nous-mêmes à sauvegarder, plus d'extérieur à soigner, plus de plats qu'il faut astiquer : le dehors, désormais, correspondra au-dedans.
"Seigneur, unifie mon cœur pour qu'il révère ton Nom" (Ps 86,11).

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mer 17 Oct - 6:58

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter »
(Lc 11, 42-46)

En ce temps-là, Jésus disait : « Quel malheur pour vous, pharisiens, parce que vous payez la dîme sur toutes les plantes du jardin, comme la menthe et la rue et vous passez à côté du jugement et de l’amour de Dieu. Ceci, il fallait l’observer, sans abandonner cela. Quel malheur pour vous, pharisiens, parce que vous aimez le premier siège dans les synagogues, et les salutations sur les places publiques. Quel malheur pour vous, parce que vous êtes comme ces tombeaux qu’on ne voit pas et sur lesquels on marche sans le savoir. » Alors un docteur de la Loi prit la parole et lui dit : « Maître, en parlant ainsi, c’est nous aussi que tu insultes. » Jésus reprit : « Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d’un seul doigt. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Même dans la vie des croyants peuvent se glisser des comportements inauthentiques, et si Jésus, dans cet épisode de l'Évangile, les dénonce avec sévérité, c'est parce qu'il s'adresse à des hommes qui se posaient en champions de la fidélité : les pharisiens, fiers de leur observance, et les docteurs de la Loi, qui précisaient pour tous les règles de la morale.
Le premier reproche que Jésus leur adresse est qu'ils font erreur sur ce que Dieu attend des hommes. Ils mettent leur fidélité dans des détails extérieurs et secondaires, ils s'imaginent que Dieu réclame la dîme sur les fines herbes, et ils passent à côté de l'essentiel : s'ajuster au vouloir de Dieu (c'est cela, la "justice", au sens de l'Ancien Testament) et aborder le prochain avec miséricorde.
Deuxième reproche aux pharisiens : ils se servent de la religion à leur profit. Ils tirent bénéfice de leur observance religieuse pour valoriser l'image d'eux-mêmes et pour apparaître aux autres comme des êtres d'exception, aussi bien dans l'assemblée des croyants que sur les places publiques ; et ils oublient que seuls sont grands devant Dieu ceux qui se font petits et reconnaissent leur pauvreté.
Troisième reproche : "Vous, les pharisiens, qui vous donnez en exemple, vous êtes comme des tombes que rien ne signale". Si l'on savait, on les éviterait, on les contournerait. Si l'on savait ce que vous êtes à l'intérieur, ce que cache votre apparence, on se détournerait de vous !
Le quatrième reproche s'adresse aux légistes, aux intellectuels, aux maîtres de l'opinion religieuse : "Vous ne savez pas quoi inventer pour surcharger les autres", pour les enfermer dans une foule d'interdictions, et vous-mêmes, vous vous dispensez de tout effort. Vous ne connaissez qu'un langage : l'exigence; mais on ne vit pas la fidélité sur le compte des autres.
Reste à entendre pour nous-mêmes les griefs que Jésus formulait à l'adresse de certains croyants de son époque; car ce qu'il visait, au-delà des deux groupes des pharisiens et des légistes, c'étaient des distorsions de l'attitude religieuse qui nous guettent encore si nous n'y prenons garde.
Même le chrétien, en effet, peut rapetisser sa foi au niveau de pratiques ou de prestations mesurables dans lesquelles il recherche sa sécurité ou une image gratifiante de lui-même. Même un ami du Christ peut être tenté de se complaire dans sa fidélité ou cesser de cheminer avec modestie. Même des hommes et des femmes de prière peuvent donner le change sur la profondeur réelle de leur vie intérieure.
Frères et sœurs, aujourd'hui encore le Seigneur attend de nous une vraie cohérence entre la prière et la vie, entre les paroles et l'engagement concret, entre notre générosité personnelle et ce que nous réclamons des autres. Aujourd'hui encore son regard nous rejoint personnellement, dénonçant nos petitesses, nos désirs de paraître, nos mensonges intérieurs et nos sévérités.
Mais pour ceux qui acceptent d'être pauvres, ce regard de Jésus est toujours miséricorde.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Jeu 18 Oct - 9:44

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Le règne de Dieu s’est approché de vous »
(Lc 10, 1-9)

En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore 72, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’ S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : ‘Le règne de Dieu s’est approché de vous.’ »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

"Priez donc le Maître de la moisson"... Tous les mots portent dans cette consigne toute simple de Jésus.
"Priez"... C'est la seule directive qu'il nous laisse, la seule solution qu'il nous propose, face au manque d'ouvriers et d'ouvrières pour la moisson de Dieu. Car c'est Dieu qui prépare, qui appelle et qui envoie ; mais il ne peut envoyer que ceux et celles qui auront répondu. Prier pour les vocations, c'est prier pour l'appel, et aussi pour les réponses, pour tous ceux et toutes celles qui ont commencé à répondre, qui luttent et souffrent pour répondre, pour tous ceux que déjà le Verbe de Dieu a fascinés et qui cherchent son visage.
Et nous prions non pas d'une prière résignée, mais d'une prière confiante ; non pas battus d'avance, mais certains de la victoire de Jésus. Non pas dans l'impatience, mais dans la joie très douce de rejoindre l'idée de Dieu, le rêve de Dieu, le projet séculaire et universel du salut. Nous prions, non pas en gardant les yeux sur nos misères, notre impuissance et notre indignité, mais en contemplant le cœur de Dieu qui met sa joie à dépasser nos espérances.
Et en priant ainsi patiemment, quotidiennement, ne croyons pas que nous lassons Dieu. C'est nous qui risquons de nous lasser, en imaginant que Dieu n'entend pas, n'écoute pas, ou qu'il y met... de la mauvaise volonté.
La volonté de Dieu est que nous demandions des bras pour la mission, tout comme nous demandons le pain pour chaque jour. Et Dieu, encore aujourd'hui, en chaque aujourd'hui, met sa joie à répondre, mais toujours à l'heure que Lui a choisie.
"Priez donc"... Les ouvriers sont peu nombreux, donc priez. Priez parce qu'on manque de bras, parce qu'il y a pénurie.
Mais qui parle ici de manque, de pénurie ? - C'est Jésus lui-même, qui choisissait et appelait ! Qui se soucie des volontaires que Dieu va appeler ? - Jésus lui-même, qui vient d'envoyer devant lui, deux par deux, soixante-douze disciples ! Au moment même où il envoie, Jésus constate que les ouvriers sont peu nombreux !
Si donc Jésus Messie, de son vivant sur terre, a perçu le manque, c'est que ce manque de bras durera aussi longtemps que la mission de l'Église. L'Église, son Église, n'a donc pas à s'étonner ni à désespérer devant la pénurie, car la disproportion entre l'immensité du travail et le petit nombre d'hommes disponibles dure depuis le temps de Jésus et durera jusqu'à sa venue en gloire.
Jusqu'à la Parousie l'Église, pour la moisson de Dieu, sera en manque d'ouvriers et d'ouvrières ; jusqu'au dernier jour de la mission, l'Église priera en situation de pénurie. Il faut donc nous installer durablement dans la prière, dans l'imploration et dans la confiance ; il faut nous préparer à demander à longueur de vie.
Ainsi, la prière pour les vocations ne sera pas seulement un moment ponctuel, un réveil saisonnier, mais une dimension de notre prière en Église, une pente de notre intercession communautaire.
"Priez le Maître de la moisson". Voilà le formidable optimisme que Jésus lègue à sa communauté ! Il ne dit pas : "Priez le Maître des labours", ni même : "le Maître des semailles", mais bien : "le Maître de la moisson". Les ouvriers et ouvrières du Seigneur ont parfois et même souvent l'impression que le monde est à l'abandon, que des secteurs entiers de la mission retournent en friche. En réalité, là où nous voyons des herbes folles, Dieu voit déjà la moisson qui lève. Pour Jésus également, pour Jésus missionnaire en Samarie, "déjà les champs étaient blancs pour la moisson" (Jn 4,35).
Quant à nous, jusqu'au dernier jour de la moisson, de cette moisson déjà sur pied, nous entrons dans la réussite de Dieu, dans son travail d'engrangement, et donc dans sa joie de semeur. Et parce que nous partageons déjà avec lui l'enthousiasme de la récolte, c'est à nous de lui réclamer un supplément de bras, un regain de cœur à l'ouvrage.
"Il les envoya deux par deux, et il leur dit : "Priez"!
Ceux qui sont envoyés sont aussi ceux qui prient pour la relève. Ceux qui prient sont déjà envoyés ; ils sont la preuve vivante que Dieu exauce toujours.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Ven 19 Oct - 9:43

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Soyez sans crainte : vous valez plus qu’une multitude de moineaux »
(Lc 12, 1-7)

En ce temps-là, comme la foule s’était rassemblée par milliers au point qu’on s’écrasait, Jésus, s’adressant d’abord à ses disciples, se mit à dire : « Méfiez-vous du levain des pharisiens, c’est-à-dire de leur hypocrisie. Tout ce qui est couvert d’un voile sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu. Aussi tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres sera entendu en pleine lumière, ce que vous aurez dit à l’oreille dans le fond de la maison sera proclamé sur les toits. Je vous le dis, à vous mes amis : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et après cela ne peuvent rien faire de plus. Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne. Oui, je vous le dis : c’est celui-là que vous devez craindre. Est-ce que l’on ne vend pas cinq moineaux pour deux sous. Or pas un seul n’est oublié au regard de Dieu. À plus forte raison les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez sans crainte : vous valez plus qu’une multitude de moineaux. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

L'Évangile d'aujourd'hui rapporte côte à côte quatre paroles de Jésus qui ont leur sens en elles-mêmes et réclament d'être comprises séparément. Retenons simplement la première, sur le levain des Pharisiens.
La foule s'est rassemblée par milliers pour entendre Jésus, au point que les gens s'écrasent. Saint Luc affectionne de souligner ainsi par des chiffres la popularité grandissante de Jésus.
"Gardez-vous du levain des Pharisiens", dit Jésus aux disciples. Le levain, encore employé de nos jours par nos boulangers de campagne, c'était un morceau de vieille pâte qu'on laissait fermenter et qu'on mélangeait ensuite à une pâte neuve pour la faire lever. Qui dit levain, dit fermentation, et en un sens : corruption. Jésus, dans une parabole, prend l'image en bonne part lorsqu'il compare le Règne de Dieu à du levain qu'une femme cache dans trois mesures de farine "jusqu'à ce que tout ait levé". Mais souvent le levain était considéré comme un élément impur. Ainsi, dans l'ancienne religion des Romains, le prêtre de Jupiter (Flamen dialis) n'avait pas le droit de toucher du levain, parce que ce levain venait de la corruption et corrompait à son tour. De même, encore maintenant, dans les familles juives pratiquantes, quand arrive la fête de la Pâque, on élimine de la maison toute trace de levain, afin d'accueillir avec un cœur nouveau la volonté de Dieu, comme au premier jour de l'Exode.
Saint Paul fait allusion à cette tradition lorsqu'il recommande aux Corinthiens : "Purifiez-vous du vieux levain, pour être une pâque nouvelle, puisque [déjà] vous êtes sans levain" (1 Co 5,7). Les chrétiens doivent écarter tout levain, tout ce qui risque de contaminer leur foi et leur vie communautaire, car ils ont déjà été purifiés par l'offrande volontaire du Christ, l'Agneau pascal immolé.
C'est le sens négatif du levain que Jésus retient ici, mais il vise des attitudes bien précises : "Soyez en garde contre le levain des Pharisiens, c'est-à-dire l'hypocrisie". Jamais ailleurs dans son évangile Luc ne parle d'hypocrisie à propos des Pharisiens. Comment se manifeste cette hypocrisie ? Jésus l'a longuement expliqué, sans employer le terme, dans le chapitre précédent de saint Luc, au cours d'un repas pris chez un Pharisien, justement. Le levain des Pharisiens, ce sur quoi ils comptent pour faire lever la pâte et parvenir à leurs fins, c'est cette déformation de la vie de foi qui fait préférer l'extérieur, le visible, l'ostentatoire, à l'authenticité de la recherche de Dieu. C'est également une altération du jugement, par laquelle le croyant transforme toute sa vie en cérémonial et s'attache à des pratiques secondaires, toujours mesurables, aux dépens de l'essentiel, qui est de s'ajuster à Dieu et à son projet d'amour.
Laisser travailler en soi le levain des Pharisiens, c'est rechercher en tout les premières places et les marques d'estime. Souvent, c'est donner le change sur sa véritable vie spirituelle. Dans la vie communautaire, le levain d'hypocrisie recouvre aussi des formes subtiles de calcul et de dissimulation, une distorsion plus ou moins entretenue entre les motifs que l'on invoque et les visées réelles. Cette fermentation est encore à l'œuvre à tous les moments où l'on accepte de diviser pour mieux régner, de fermer les yeux pour n'avoir pas d'histoires, ou de laisser du flou pour n'être pas contesté.
Au moment où nous célébrons dans l'Eucharistie la Pâque de liberté, la victoire définitive de l'Agneau et l'alliance éternelle, ouvrons-nous à l'Esprit de Jésus, qui vient faire de nous des êtres nouveaux. Pour nous conduire à la vérité tout entière, il veut nous donner un cœur vrai, un cœur simple, qui ne soit plus à la fois oui et non, qui ne cherche plus "la gloire qui vient des hommes", et qui ne laisse travailler en lui d'autre ferment de la parole de Dieu.
Offrons-nous à la nouveauté de l'Esprit, jusqu'à ce que, dans notre vie, toute la pâte ait levé.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Sam 20 Oct - 9:42

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« L’Esprit Saint vous enseignera ce qu’il faudra dire »
(Lc 12, 8-12)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Quiconque se sera déclaré pour moi devant les hommes, le Fils de l’homme aussi se déclarera pour lui devant les anges de Dieu. Mais celui qui m’aura renié en face des hommes sera renié à son tour en face des anges de Dieu. Quiconque dira une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné. Quand on vous traduira devant les gens des synagogues, les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas de la façon dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz. Car l’Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là ce qu’il faudra dire. »

MÉDITER AVEC LES CARMES

L'Évangile, aujourd'hui, rapproche trois paroles de Jésus, qui évoquent tour à tour le rôle des trois personnes divines : le Père, Dieu du jugement ultime (v.8-9) et du pardon (v.10) ; Jésus, le Fils de l'Homme, que l'on peut confesser dans la foi, mais aussi renier ; l'Esprit Saint, qui inspire notre parole de témoins, mais contre qui l'homme, dans sa folie, peut blasphémer.
Il n'est pas facile de préciser, à partir des Évangiles, ce qu'est le blasphème contre l'Esprit. Dans l'épisode de Béelzéboul (Mc 3,28s), ce blasphème consiste à prétendre que Jésus est habité par l'esprit du mal, alors même qu'il chasse les démons. Résister à l'Esprit, c'est donc contester la puissance efficace de Dieu, c'est nier sa volonté de salut, c'est discréditer les envoyés de Dieu, comme Étienne le reprochera à ses adversaires, quelques instants avant d'être lapidé : "Nuques raides, oreilles et cœurs endurcis, toujours vous résistez, vous, à l'Esprit, l'Esprit Saint. Lequel des prophètes vos pères n'ont-ils pas persécuté ?" (Ac 7,51s).
Jésus comprenait et était prêt à tolérer qu'on se méprenne sur sa personne ; mais il s'est montré sévère pour ceux qui refusaient de voir en lui l'Esprit Saint à l'œuvre. Sa parole sur le blasphème a été par la suite lue à plusieurs niveaux, à la lumière des difficultés apparues dans la vie de l'Église.
On a compris "la parole contre le Fils de l'Homme" comme le rejet de Jésus par ses contemporains durant son ministère, et ce rejet était pardonnable ; et l'on a pensé que le blasphème contre l'Esprit Saint, faute irrémissible, consistait à récuser Jésus alors que l'Esprit Saint, donné à la Pentecôte, était visiblement à l'œuvre, accompagnant les disciples, authentifiant leur prédication et les fortifiant dans leur martyre.
Un peu plus tard, Origène expliquera, avec d'autres Pères de l'Église : "Parler contre le Fils de l'Homme, c'est pardonnable, parce que c'est le fait de non-croyants, avant le baptême ; parler contre le Saint-Esprit, c'est une apostasie impardonnable de la part de ceux qui sont devenus des disciples du Christ", (cf. Hb 6,4-6).
La parole, sévère, sur le blasphème contre l'Esprit Saint, doit, bien sûr, se comprendre à partir de l'enseignement de Jésus sur le désir de pardon qui habite le cœur de Dieu. Jamais Dieu ne ferme son cœur à un fils qui se repent et qui prend le chemin du retour. Le péché impardonnable, ce n'est pas le simple refus du message de Jésus ou du témoignage de ses disciples, car bien des hommes s'en détournent loyalement, mais c'est la persistance dans une attitude volontaire de refus ou de rejet, alors que la lumière de Jésus a déjà pénétré le cœur de l'homme et que l'homme a perçu déjà à quel choix de vie l'invite l'Esprit de Dieu.
La lumière est toujours proposée, mais l'homme peut préférer ses ténèbres. Le pardon est toujours ouvert, mais l'homme peut toujours librement s'y fermer. Rien n'est irréversible dans le cœur de Dieu, mais la solitude de l'homme peut durer aussi longtemps que ses refus.
Jésus, dans son enseignement, aimait opposer deux attitudes, pour rappeler à tous le devoir de choisir. Les deux fils (Lc 15,11-32 ; Mt 21,28-30), le bon arbre et l'arbre mauvais (Lc 6,43s), le trésor de l'homme bon et le mauvais fond du mauvais (6,45), la maison sur le roc et la maison sur le sable (6,47s) : autant d'images par lesquelles Jésus replaçait chaque disciple devant des options courageuses.
Nous avons parfois du mal à concilier l'immense miséricorde de Dieu et ces appels de Jésus à une attitude responsable. Jésus, lui, affirme avec force les deux à la fois, et il ne renonce jamais à nous proposer les nécessaires dépassements, car il veut nous donner la force d'accomplir ce qu'il nous commande.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Dim 21 Oct - 6:59

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Le Fils de l’homme est venu donner sa vie en rançon pour la multitude »
(Mc 10, 35-45)

En ce temps-là, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. » Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? » Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. » Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé ? » Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. » Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean. Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Dans l'Évangile d'hier, Pierre disait à Jésus : "Nous avons tous laissé et nous t'avons suivi !". Aujourd'hui les deux fils de Zébédée, pressentant que la montée à Jérusalem va accélérer les événements, prennent les devants et déclarent sans vergogne à Jésus la récompense à laquelle ils ont pensé : rien moins que les deux places d'honneur auprès de lui, dans sa gloire. Jacques et Jean, tout comme Pierre, sont des fidèles et des inconditionnels de Jésus, mais ils ont encore de l'ambition et s'attendent à des privilèges. Ils s'imaginent que leur amitié leur donne des droits. Dès lors ils jouent des coudes, ils se poussent en avant, et ils se placent, avant même que Jésus leur ait fait signe, à sa droite et à sa gauche, décidant par eux-mêmes qu'ils sont les meilleurs, les plus aimés, et les plus dignes de l'être.
À travers ce statut privilégié qu'ils s'arrogent aux pieds de Jésus, Jacques et Jean espèrent acquérir une position de force et de prestige dans la communauté ; et la réponse de Jésus, sans sévérité mais sans concession, va resituer les deux frères à leur vrai niveau et à leur vraie place par rapport à lui-même et par rapport à sa communauté.
Ce qui importe avant tout, explique Jésus, c'est de prendre le vrai chemin vers la gloire, et donc de s'identifier à lui-même dans son passage pascal, de boire à la coupe où déjà il boit lui-même, celle de l'insécurité et du rejet par son peuple, de s'immerger sans retour dans le baptême des souffrances du Messie où lui-même est déjà plongé : "La coupe que je bois, vous la boirez ; le baptême dont moi je suis baptisé, vous en serez baptisés".
Et ce partage du destin de Jésus va modifier du tout au tout l'attitude des deux frères dans la communauté. Ils devront écarter de leur cœur toute volonté de puissance et de domination, et même tout sentiment de mériter un traitement à part. Leur grandeur sera de servir ; leur désir d'être les premiers, les plus proches de Jésus, fera d'eux des frères disponibles à tout instant, et dérangeables à longueur de vie.
Bien mieux : à l'image du Christ ils donneront leur vie en rançon pour la multitude. Mais tout cela, pour Jacques, pour Jean, pour chacun(e) de nous, prendra un visage très quotidien, très réaliste et très humble. Donner notre vie, c'est en effet faire place en nous aux réflexes que saint Pierre et énumérait à l'instant : prendre la mesure de nos limites, et de notre condition de voyageurs, car "toute chair est comme l'herbe, et tout son éclat, comme fleur herbe", accueillir chaque jour la parole de notre Dieu comme une force régénérante, aimer "sans feinte", c'est-à-dire sans calculs, sans rêve de puissance, sans illusion de supériorité, aimer "ekténôs", avec ardeur, d'une charité attentive et empressée, aimer "ek kardias", de cœur , d'un cœur libéré et dans le cœur de Dieu.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Lun 22 Oct - 7:13

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? »
(Lc 12, 13-21)

En ce temps-là, du milieu de la foule, quelqu’un demanda à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. » Jésus lui répondit : « Homme, qui donc m’a établi pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ? » Puis, s’adressant à tous : « Gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède. » Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont le domaine avait bien rapporté. Il se demandait : “Que vais-je faire ? Car je n’ai pas de place pour mettre ma récolte.” Puis il se dit : “Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands et j’y mettrai tout mon blé et tous mes biens. Alors je me dirai à moi-même : Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition, pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.” Mais Dieu lui dit : “Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ?” Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Du temps de Jésus, on recourait volontiers à l'arbitrage des rabbins, même pour des contentieux qui n'avaient rien à voir avec les saintes Écritures ; et c'est sans doute le prestige de son enseignement qui vaut à Jésus cette demande un peu insolite : "Dis à mon frère de partager avec moi notre héritage". Probablement l'aîné de la famille voulait-il garder l'héritage indivis.
Jésus refuse tout net de se substituer au notaire ou au juge. Il élève le débat, et répond au niveau du sens de la vie : "Gardez-vous de l'envie d'avoir toujours plus", "d'ailleurs les biens d'un homme ne lui garantissent pas la vie".
Suit, dans l'Évangile de saint Luc, la parabole du riche insensé. Il s'agit, notons-le, d'une richesse honnêtement acquise : la richesse d'un homme dont la terre a bien rapporté. Quels vont être les réflexes de cet homme devant la chance, devant une surabondance inespérée ?
D'abord il veut se mettre à l'abri des aléas. Sécurité d'abord : il va constituer des réserves, et investir dans la construction de nouveaux greniers, pour garder constamment la main sur ses richesses. Il va donc pouvoir échapper à la crainte. Même si une mauvaise année survient, le volant sera suffisant pour que la catastrophe ne menace plus jamais.
L'autre réflexe suit logiquement : puisque le souci s'éloigne, l'homme va enfin profiter : "Je me dirai à moi-même : Te voilà avec quantité de biens pour de longues années. Repose-toi, mange, bois, fais bombance". Et l'homme s'installe pour des vacances perpétuelles.
"Insensé", lui dit Dieu. Insensé, nabal, c'est le vieil adjectif traditionnel par lequel les sages d'Israël désignaient l'homme qui vit pratiquement sans référence à Dieu. Dans cette parabole, Jésus fait parler Dieu lui-même, et la question que nous entendons nous atteint d'autant plus profondément : "Cette nuit même je vais te redemander ta vie, et ce que tu as préparé, qui donc l'aura ?" Qui l'aura quand tu ne seras plus là pour t'en servir et en profiter ? Qui l'aura quand la vie terrestre aura cessé pour toi ?
Rien de plus sensé, pourtant, que le calcul de cet homme riche, qui misait avant tout sur la sécurité. Le calcul n'était pas faux, mais en réalité l'essentiel de l'homme échappe à tout calcul ; et il n'y a de sécurité pour personne face à la mort. Elle se présente, obstinée, inattendue, importune, comme la limite absolue qui oblige à donner un sens à la vie, au travail, à toutes les expressions du bien-être et de la joie.
Les années passent, et l'on engrange des joies, du confort, des réussites ; on entasse des habitudes et des souvenirs, on multiplie ses assurances sur le bonheur, et à force de vivre au milieu des choses on finit par oublier qu'elles n'auront qu'un temps.
Bien loin de dévaluer les réalisations et les projets de l'homme, cette offre de Dieu donne à l'existence tout son prix et à la charité toute son urgence, car si au-delà de la mort quelqu'un nous attend, si déjà notre passage sur terre peut nous établir dans son amitié, alors chaque journée devient une aventure de fidélité, une page de notre amour pour Dieu, toute remplie de service et d'attention pour nos frères.
D'où vient que ces perspectives d'un au-delà des choses, d'un au-delà de la mort, nous paraissent souvent si étranges, et comme en porte-à-faux sur le réel de notre vie ?
Ne serait-ce pas le signe que nous sommes déjà installés dans l'illusion, et que nous avons misé sur ce que nous avons, au détriment de ce que nous sommes et de ce que nous serons ?
Parce que disciples de Jésus, nous sommes témoins, inlassablement, d'une qualité de la vie : "Déjà nous sommes fils de Dieu, et ce que nous serons n'a pas encore été manifesté" (1 Jn 3,2). Les paroles de Jésus sur l'au-delà nous dérangent, parce qu'elles nous empêchent de nous dissoudre dans le rêve ; mais quelle chance, en réalité, que cette insécurité que Jésus nous apporte, insécurité dans la certitude ! Quelle chance, au milieu du tourbillon de notre existence, au moment où nous sommes tentés de refermer les mains sur l'immédiat, de percevoir en nous la voix d'un Dieu Père, qui nous murmure, avec bonté et humour : "Insensé(e) ..."

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mar 23 Oct - 7:19

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller »
(Lc 12, 35-38)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Quand on se prépare à recevoir un personnage important, on se met d'habitude en dimanche. Mais pour accueillir le Christ dans notre vie, mieux vaut rester en habits de travail, en tenue de service, tellement il aime nous voir accomplir ce qui faisait sa joie et même sa nourriture : la volonté du Père des Cieux.
Aux yeux du Christ, rien n'est plus beau que l'ordinaire, l'ordinaire de nos vies, le quotidien où nous inscrivons notre amour pour lui en nous dévouant pour nos frères. "Que vos reins soient serrés par une ceinture ou un tablier", nous dit Jésus ; et il ajoute : "Que vos lampes soient allumées"; non seulement parce qu'il nous faut voir clair pour faire notre ouvrage, mais parce qu'il nous faut guetter le moment où Jésus frappera pour entrer. Et cette attitude-là : allumer la lampe, travailler en veillant, œuvrer en priant, assure ici-bas la joie du chrétien, la joie du fond de l'être, que Jésus décrit dans ses Béatitudes : "Bienheureux les serviteurs que le Maître, à son retour, trouvera en train de veiller !"
Cette béatitude des hommes et des femmes tout à leur service et tout éveillés dans la foi, le Christ nous la donnera en récompense quand il viendra nous prendre près de lui et qu'il nous servira à sa table. Mais à chaque Eucharistie déjà il vient vivre parmi nous, en nous, et il nous apporte, pour aujourd'hui, "rien que pour aujourd'hui", un acompte de joie, un début de béatitude.
Il ne nous sert pas encore à la table du ciel, mais, à la table de l'Église, déjà il nous nourrit de sa parole et de son Corps, lorsque nous venons à lui, en habits de tous les jours.
Attendre activement et rester éveillés, voilà bien ce que le Seigneur attend des responsables de communauté, tout spécialement durant ces années de transition qui vont introduire l'Église dans le troisième millénaire du salut.
Nous avons à veiller comme le berger qui ne dort jamais que d'un œil, mais surtout pour attendre et accueillir Celui qui vient. Il vient non pas malgré les pauvretés et les incertitudes de nos communautés, mais dans ces indigences mêmes. Il nous rejoint dans notre service comme il a pris la condition de Serviteur, et par sa présence de Fils de Dieu, il nous donne de tout référer à la gloire du Père, les réussites comme les impuissances, les soucis comme les raisons d'espérer.
Parce que nous veillons pour lui, pour répondre immédiatement à son désir et à son dessein de salut, nous demeurons soucieux de voir clair. Et c'est le sens de nos réflexions et de nos échanges, en communauté ou entre responsables. Pour les problèmes qui nous concernent tous, nous ne voyons clair qu'ensemble, en allumant notre lampe à une autre flamme, à la flamme des autres, à la flamme du Christ transmise par les autres.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Mer 24 Oct - 7:23

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup »
(Lc 12, 39-48)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ? » Le Seigneur répondit : « Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens. Mais si le serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde à venir”, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »

MÉDITER AVEC LES CARMES

à des responsables de communauté
Aujourd'hui Jésus nous met en garde contre l'insouciance : il ne faut pas laisser le voleur percer le mur ! Attentifs à ne pas nous laisser surprendre, il nous faut être prêt pour la venue du Fils de l'Homme, même s'il tarde à venir.
Pour les disciples de Jésus, le maître qui tarde est facile à identifier : c'est le Christ monté aux cieux et qui reviendra inaugurer son règne définitif. Quant au serviteur de la parabole, c'est d'abord le (la) responsable de communauté, mais, plus largement, c'est chacun(e) de nous, car dans l'Église chacun(e) est en responsabilité, chacun(e) a part à la mission, chacun(e) travaille au compte du Maître.
Devant l'urgence du témoignage, il ne peut être question de prendre du bon temps ni de tirer un profit personnel des responsabilités assumées au nom du Seigneur. Et c'est à chacun(e) de nous que Jésus s'adresse lorsqu'il dit : "À qui l'on a beaucoup donné, on réclamera davantage."
Dieu nous a beaucoup confié. Comment ? En nous manifestant sa volonté. Connaître la volonté d'un Dieu qui est Père, c'est la grande chance du croyant, et cela doit susciter en nous l'action de grâces de tous les jours. Dieu nous a beaucoup confié : c'est dire qu'il nous a fait largement confiance. Et désormais toute notre existence de serviteurs ou de servantes se déploie sous le signe d'une Béatitude toute spéciale, la béatitude du travail, de la fidélité dans le quotidien, de la vigilance.
Heureuses êtes-vous, vous les servantes que le Maître en arrivant trouvera en train de veiller.
Pourquoi êtes-vous rassemblées aujourd'hui dans une même Eucharistie, dans une seule action de grâces ? Parce que le Maître a fait de vous ses intendantes, soit comme formatrices de sœurs plus jeunes, soit comme responsables de communauté, ou encore parce que vos sœurs ont souhaité pour vous ces temps forts de réflexion en vue d'un service communautaire, ou simplement en vue d'une présence plus libre et plus vraie au sein de la communauté.
Vous voilà donc établies par le Maître "sur sa maison", afin que vos sœurs trouvent toujours en temps voulu, pour chacune et pour toutes, "leur ration de froment", c'est-à-dire pour qu'elles puissent exister, dans le monastère, comme femmes, comme chrétiennes et comme consacrées. Et les trois vont ensemble, car une sœur ne serait pas chrétienne à part entière si elle n'allait au Christ avec son être de femme ; une sœur ne serait pas authentiquement consacrée à Dieu si elle ne mettait en œuvre toutes les énergies de son baptême chrétien.
C'est là, pour chaque sœur, l'œuvre de toute une vie, et cela réclame de chacune une vulnérabilité croissante à la parole de Jésus, un accueil toujours plus libre du travail de l'Esprit Paraclet. Mais parce que vous êtes intendantes dans la maison de Dieu, vous vous trouvez au service de chacune et de toutes pour leur foi vive au Dieu vivant et pour leur espérance vivante dans le Christ qui les régénère.
Heureuses êtes-vous, puisque toute votre vie devient une veille dans l'attente du Seigneur. Vous lui offrez votre souci du troupeau et votre espérance inlassable, vos longues patiences et votre gratuité à son service, et c'est lui qui, dans sa parabole, parle de récompense à propos du serviteur vigilant : "Vraiment, je vous le déclare, le maître lui confiera la charge de tous ses biens", non plus seulement la charge de la maisonnée, mais la gérance de tous ses biens, en son nom et place.
Curieuse générosité ! La récompense du bon serviteur, ce sera de servir encore plus, et de donner davantage ; mais avec une certitude qui le rendra heureux : il saura, il sentira la totale confiance de son Maître.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Jeu 25 Oct - 7:15

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Je suis venu apporter un feu sur la terre »
(Lc 12, 49-53)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli ! Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Comment Jésus envisageait-il sa propre mission ? C'est ce que l'Évangile aujourd'hui veut nous faire comprendre en reprenant trois paroles assez étonnantes du Christ.
La première fait appel à l'image du feu : "C'est un feu que je suis venu allumer sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé !"
Déjà Jean le Baptiste avait annoncé à propos de Jésus : "Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu", ce qui allait se réaliser le jour de la Pentecôte, lorsque Jésus ressuscité enverrait sur les disciples rassemblés des langues de feu. C'est alors, écrit saint Luc, "qu'ils furent tous remplis d'Esprit Saint et se mirent à parler d'autres langues, comme l'Esprit leur donnait de s'exprimer" (Ac 2,3).
L'incendie de Jésus dans le monde, c'est donc le feu de l'Esprit Saint gagnant de proche en proche, purifiant tout, embrasant tout, illuminant tous les hommes. C'est l'Esprit Saint allumant la foi dans le cœur des hommes grâce à la parole portée jusqu'au bout du monde par les témoins de Jésus.
"Comme je voudrais, disait Jésus, comme j'ai hâte qu'il soit déjà allumé !" Et ce désir de Jésus, nous avons à l'entendre encore aujourd'hui et à y répondre personnellement, car le feu de Jésus couve en nous depuis notre naissance à la vie de Dieu, depuis que le Père a posé sur nous, au baptême, le sceau de son Esprit. Il couve en nous, et il s'assoupit, comme tous les feux qu'on abandonne. C'est pourquoi aujourd'hui la parole de Jésus vient nous réveiller, dans notre lassitude : "Ce feu, comme je voudrais qu'il ait pris en toi. Je te voudrais arden­t(e), fervent(e) comme la braise ; je te voudrais actif(-ve) comme la flamme, toujours impatiente de se commu­niquer. Ne laisse pas en toi mourir le feu !"
Sans transition, et d'une manière paradoxale, Jésus passe du feu à l'image de l'eau : "C'est un baptême que j'ai à recevoir, et comme cela me pèse jusqu'à ce qu'il soit accompli !"
Un baptême, c'est une plongée dans l'eau en vue d'une purification. Mais pourquoi Jésus dit-il : "J'ai à recevoir un baptême", puisqu'il a été plongé déjà dans le Jourdain ? Et par ailleurs jamais il n'a eu besoin de purification spirituelle, lui, le Saint de Dieu !
En réalité, la plongée que Jésus envisage, c'est une immersion dans la souffrance. Il sent venir la Passion qui va le submerger ; il sait que les grandes eaux de la mort vont l'engloutir, lui, le Juste, pour que soit purifié le genre humain tout entier. Et il a hâte que ce baptême soit accompli. Non pas comme un combattant menacé, qui se précipiterait dans la mort en disant : "Qu'on en finisse tout de suite !", mais parce que cette plongée dans la Passion va lui permettre d'accomplir l'œuvre du Père, parce que sa mort va donner la vie à tous les hommes, et parce que lui-même, le propre Fils de Dieu, à travers cette mort va passer à la gloire du Père.
Ce baptême dans la mort pour le salut du monde était une idée familière à Jésus. En effet lorsque, un peu plus tard, Jacques et Jean revendiqueront les deux places d'honneur dans son Royaume, Jésus, pour toute réponse, leur demandera : "Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ou être baptisé du baptême dont je vais être baptisé ?" C'est-à-dire : serez-vous capables de me suivre jusque dans le martyre ?
Ainsi Jésus est conscient que pour allumer sur la terre le feu de l'Esprit Saint il doit passer lui-même par le baptême des souffrances.
Quant à nous, ses témoins, nous aurons aussi notre part d'épreuves. Nous ne donnerons pas tous notre vie, notre sang, pour la cause de Jésus ; pourtant tous nous aurons, et nous avons dès aujourd'hui, à nous compromettre pour lui, non seulement devant des étrangers, mais jusqu'au milieu des gens qui nous sont les plus proches, jusqu'au sein de notre propre famille.
C'est ainsi que l'on peut comprendre la troisième parole mystérieuse de Jésus : "Pensez-vous que ce soit la paix que je suis venu mettre sur la terre ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division."
Là encore, entendons bien le langage paradoxal de Jésus. Lui qui a proclamé : "Heureux les artisans de paix", lui qui est apparu "pour guider nos pas sur une route de paix" (Lc 1,79), lui "qui est notre paix" (Ep 2,14), ne nous dit pas aujourd'hui : "Je veux la brouille dans les familles, je veux l'incompréhension entre les générations", mais - et c'est tout différent - il prévoit que la fidélité à son Évangile amènera ses disciples à être incompris et rejetés, parfois même de ceux qui leur sont les plus chers. La parole de Jésus à l'œuvre dans notre cœur nous conduira parfois, dans la communauté, à poser humblement des choix, à garder un cap, à opter pour la Montée du Carmel, pour la conversion de notre groupe, à contre-pente de certains conforts de vie ou de pensée.
Ainsi, à l'engagement du Christ jusqu'à la Croix pour le salut des hommes devra répondre le courage des baptisés pour témoigner de lui jusque dans la vie familiale. Et l'une des plus belles victoires d'un chrétien ou d'une chrétienne sera d'apporter la paix de Jésus même dans une famille divisée, même dans une communauté longtemps visitée par l'épreuve, même entre des sœurs qui doivent réapprendre à se faire confiance.

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Ven 26 Oct - 7:19

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Pourquoi ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ? »
(Lc 12, 54-59)

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Quand vous voyez un nuage monter au couchant, vous dites aussitôt qu’il va pleuvoir, et c’est ce qui arrive. Et quand vous voyez souffler le vent du sud, vous dites qu’il fera une chaleur torride, et cela arrive. Hypocrites ! Vous savez interpréter l’aspect de la terre et du ciel ; mais ce moment-ci, pourquoi ne savez-vous pas l’interpréter ? Et pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ? Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, pendant que tu es en chemin mets tout en œuvre pour t’arranger avec lui, afin d’éviter qu’il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l’huissier, et que l’huissier ne te jette en prison. Je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier centime. »

MÉDITER AVEC LES CARMES

Quand une communauté fait confiance à une sœur au point de lui proposer une tâche de formatrice ou de responsable, c'est qu'elle lui reconnaît une certaine intuition, une certaine capacité de discerner chez une jeune des signes de vocation, ou plus largement, dans la vie quotidienne, la faculté de discerner à temps si c'est le bon vent d'ouest qui arrive sur la communauté, porteur de fraîcheur et d'espoir pour les récoltes, ou si le vent du désert s'est levé, qui va accabler les sœurs et ensabler la maison.
"Vous savez reconnaître l'aspect de la terre et du ciel", dit Jésus. Et vous pourriez renchérir, en disant : "Nous sommes en quête, justement, de critères plus fins, de repères plus objectifs, d'itinéraires plus souples ; nous acceptons maintenant de voir, sans les occulter, des symptômes de lassitude ou de tassement dans les personnes ou les communautés ; nous savons mieux deviner les richesses qui se cachent sous des dehors ingrats ; nous essayons d'entendre ce qui veut se dire au creux même des silences ou des mots maladroits. Vraiment notre "météo" commence à bien fonctionner ; Seigneur Jésus, aie confiance en nous !"
Mais Jésus nous arrête d'un mot inattendu, apparemment injuste et désolant, un mot heureusement au pluriel : "hypocrites !"
Où est donc l'hypocrisie ? Où est la comédie, où est le mensonge ? C'est que notre météo s'arrête à l'enveloppe de notre personne, à la bulle de notre microclimat.
"Quel temps fait-il dans ta bulle ?" Voilà la question du Seigneur, une question libératrice, parce qu'elle entame d'un seul coup bien des leurres. Notre microclimat personnel réclame, lui aussi, un discernement adulte, c'est-à-dire à la fois vrai et paisible. Il s'agit, selon saint Paul, de percevoir en nous et de nommer des tensions, des impuissances, des captivités de l'intelligence ou du cœur : vouloir le bien est à ma portée, mais non pas l'accomplir ; je découvre en moi une autre loi qui combat contre la loi que ratifie mon intelligence ; je me sens prisonnière de la loi du péché. "Malheureuse que je suis ! Qui me délivrera !" (Rm 7,18-24).
La réponse, chez Paul, est immédiate, et c'est déjà une prière : "Grâces soient rendues à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur !" Il m'offre la liberté, sa liberté de Fils, au moment même où devant lui je reconnais mes servitudes.
Et c'est bien cela que l'Esprit Saint nous amène à discerner : si nous savons reconnaître "l'aspect de la terre et du ciel", sachons reconnaître le temps que nous vivons, le kaïros que nous traversons, le "moment favorable" que Jésus nous offre. Sachons Le discerner dans notre vie, Lui, l'unique, en acte de guérison et de salut.
Accueillons ces temps forts de réflexion, enrichissants et déstabilisants, appauvrissants et restructurants, comme les étapes d'un Exode vers la liberté des filles de Dieu, comme le noviciat de véritables servantes du Seigneur.
Reconnaissons, "rien que pour aujourd'hui", ce temps de l'Eucharistie, comme le moment fertile entre tous, au cœur de la journée, celui où notre désir d'authenticité et notre soif de liberté intérieure se greffent sur le passage pascal de Jésus Fils de Dieu, et redisons, sûrs d'être entendus, la prière inépuisable que nous suggérait à l'instant le Psalmiste : "Seigneur, apprends-moi à bien juger, à bien saisir, apprends-moi tes volontés. Que m'advienne ta tendresse, et je vivrai !"

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire des Carmes   Sam 27 Oct - 7:11

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :



« Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez »
(Lc 13, 1-9)

Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient. Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. » Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas. Il dit alors à son vigneron : “Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?” Mais le vigneron lui répondit : “Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.” »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Dans cette page d'évangile, Luc regroupe trois paroles de Jésus, plus exactement deux paroles et une parabole, qui pointent toutes dans la même direction : toutes trois soulignent la nécessité de se convertir quand il est temps, quand il est encore temps.
Au point de départ : trois situations assez différentes : les Galiléens sont morts à cause de la cruauté de Pilate ; les dix-huit personnes ensevelies dans les décombres de la tour de Siloé, à Jérusalem, sont mortes par malchance : elles se sont trouvées au mauvais endroit au mauvais moment ; mais le figuier, lui, va mourir, coupé, de guerre lasse, par le propriétaire, parce qu'il est resté improductif durant quatre années, parce qu'il "occupait le terrain pour rien".
L'enseignement de Jésus est tout en nuances.
Pour le premier épisode, Jésus réagit à une mauvaise nouvelle qu'on lui annonce, et il pose lui-même la question : "Croyez-vous que ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que les autres Galiléens, pour avoir subi pareil sort ?" La réponse suit immédiatement, en deux temps : d'une part personne ne peut dire : telle souffrance, telle mort a été pour tel homme un châtiment ; d'autre part personne ne peut ôter à Dieu le pouvoir de rendre à chacun selon ses œuvres.
Pour le second épisode, Jésus renchérit lui-même en rappelant la catastrophe de Siloé ; et l'enseignement est le même : leur dette n'était pas plus grande ; ne voyez pas dans leur mort un châtiment, mais vous, acceptez la conversion.
Quant à la parabole du figuier, elle ne fait état ni d'une cruauté ni d'une catastrophe ; elle décrit nos lenteurs, et la stérilité de l'Évangile à certains moments de notre vie.
Nous occupons le sol, nous épuisons la terre, pour quelle fécondité ? Le maître, de temps à autre, vient chercher des fruits pour son Église, les fruits de la charité active ou les fruits du vrai silence, et qu'avons-nous à lui donner ?
Nous profitons du terreau de l'Église, des sacrements de la foi, des richesses de la vie fraternelle et du dévouement des frères et des sœurs ; pour quelles fleurs de paix, pour quels fruits de joie ?
La question du Seigneur, comme dans toutes ses paraboles, est à la fois douce et radicale.
Si radicale que nous ne cesserons jamais de l'entendre jusqu'au moment de la grande rencontre et quelles que soient la vigueur et l'authenticité de notre réponse quotidienne. Mais dans cette exigence même le Seigneur nous révèle toutes les ressources de sa douceur. Et c'est là que la parabole complète les deux paroles précédentes en apportant un élément essentiel pour notre espérance : le sursis.
Nous sommes en sursis, nous restons en sursis tout au long de notre vie, en vue d'un sursaut de vigueur, d'un renouveau de fécondité, parce que Dieu ne se résigne jamais à la mort.
Jésus vigneron s'attelle lui-même au travail de notre conversion : il bêche sa vigne, souvent, et il ajoute à chaque fois quelque poignées d'un engrais dont il a le secret, un engrais spirituel à base d'humilité, de simplicité et de courage, avec une bonne dose de confiance.
Demandons à la Vierge toute sainte, les uns pour les autres, en vue de ce travail de vérité et de conversion, l'aide de sa prière. En elle "la grâce de Dieu n'a pas été stérile". Nous la chantons, au Carmel, comme la Vigne fleurie, la Vigne généreuse. Qu'elle nous aide à dire oui, le oui qui rend nos vies porteuses de Dieu, fécondes pour Dieu.

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