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 Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire

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Espérance

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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyVen 23 Nov - 9:46

vendredi 23 novembre 2018



Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 FR-Evangile-Illustre-2015-11-20





L'ÉVANGILE DU JOUR 


« De la maison de Dieu, vous avez fait une caverne de bandits » (Lc 19, 45-48) 



En ce temps-là, entré dans le Temple, Jésus se mit à en expulser les vendeurs. Il leur déclarait : « Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. » Et il était chaque jour dans le Temple pour enseigner. Les grands prêtres et les scribes, ainsi que les notables, cherchaient à le faire mourir, mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire ; en effet, le peuple tout entier, suspendu à ses lèvres, l’écoutait. 



MÉDITER AVEC LES CARMES



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"Ma maison s'appellera maison de prière." 




C'était un projet de Dieu, une décision de Dieu, notifiée par un prophète au peuple revenu de l'Exil. C'était en même temps l'affirmation d'un dessein de salut universel : "Les fils d'Israël qui se sont attachés au Seigneur pour le servir, je les conduirai à ma montagne sainte, je les réjouirai dans ma maison de prière. Leurs sacrifices seront acceptés sur mon autel, car ma maison s'appellera maison de prière pour tous les peuples." (Is 56,6-7) 


Pour tous les peuples ! L'engagement de Dieu perdure et même se renforce dans la nouvelle alliance où le temple de Dieu n'est plus fait de main d'hommes. Le Corps du Christ ressuscité est en effet pour tous les hommes le lieu de Dieu : "dans le Christ habite corporellement la plénitude de la divinité" (Col 1,19) ; c'est dans le Christ que tous les hommes rencontrent Dieu, c'est par le Christ que montent vers Dieu toutes leurs prières et toutes leurs offrandes. Par lui, avec lui et en lui sont rendus au Père tout-puissant, dans l'unité de l'Esprit, tout honneur et toute gloire, par les hommes de toute langue, de tout peuple et de toute culture. 



À l'image de ce rassemblement universel dans l'unique Corps du Christ, chacune de nos communautés, à partir des pierres vivantes que nous sommes, "grandit en un temple saint, dans le Seigneur" (Ep 2,21). Chaque communauté est appelée à devenir le lieu de Dieu, le lieu où Dieu œuvre pour l'unité et le salut des hommes, le lieu d'où montent louanges et sacrifices "pour la gloire de Dieu et le salut du monde."
Et le projet de Dieu oriente encore aujourd'hui notre vécu communautaire : notre maison fraternelle est et doit devenir la maison de prière du Seigneur, une maison de prière pour tous les peuples, parce que nous y portons dans le silence le souci de la mission de l'Église, et parce que dans les pauvres limites d'un cloître nous vivons l'universel.

"Ma maison sera appelée maison de prière". Ce désir et cette promesse de Dieu, qui réveillent notre communauté, sollicitent également chaque sœur d'une manière personnelle et irremplaçable. 



Chacune pour sa part, chacune en son corps et en son cœur, est et devient la maison de prière du Dieu de miséricorde. "Méditant jour et nuit la loi du Seigneur et veillant dans la prière", chacune, unie à la prière du Christ, Fils de Dieu, exerce au nom de tous les hommes la fonction orante de l'Église épouse. 


Et la question que Jésus nous pose à travers cette page d'Évangile, entre en résonance avec son premier appel dans le premier désert. C'est une question qui nous tient "éveillés dans notre foi" et qui nous ramène avec douceur au "grand silence du dedans" : "Qu'as-tu fait de ma maison ?"
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptySam 24 Nov - 9:03

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 1232

« Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants »
(Lc 20, 27-40)

En ce temps-là, quelques sadducéens – ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection – s’approchèrent de Jésus et l’interrogèrent : « Maître, Moïse nous a prescrit : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère. Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ; de même le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants. Finalement la femme mourut aussi. Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? » Jésus leur répondit : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari. Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection. Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob. Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. » Alors certains scribes prirent la parole pour dire : « Maître, tu as bien parlé. » Et ils n’osaient plus l’interroger sur quoi que ce soit.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Cet épisode de l'Évangile se situe vers la fin de la vie de Jésus. De tous côtés on essaie de le prendre au piège de ses propres paroles, et tous ses adversaires se liguent contre lui.
Qui étaient-ils, ces sadducéens ? C'étaient les descendants d'une très vieille famille sacerdotale, celle de Sadoq. Ils revendiquaient la plus haute charge religieuse de la nation, celle de grand prêtre, qui comportait un pouvoir politique. Par exemple le sadducéen Caïphe, qui condamnera Jésus, était à la fois grand prêtre et chef de l'état, sous la tutelle de l'occupant romain. Du point de vue de la foi, ils étaient plutôt attachés au passé : ils s'en tenaient aux cinq premiers livres de la Bible et ne reconnaissaient pas les traditions orales, plus récentes, des rabbins. Au temps de Jésus ils avaient perdu beaucoup de leur influence sur le peuple, mais on connaissait quand même leurs idées, en particulier leurs querelles avec les pharisiens à propos de la résurrection des morts.
Pour imaginer le cas limite de la femme qui a eu sept maris, dont six beaux-frères, ils s'appuient sur un texte de la Torah : "Quand des frères habitent ensemble et que l'un d'eux vient à mourir sans avoir de fils, la femme du mort ne peut appartenir au-dehors à un homme étranger [à la famille]. Son beau-frère la prendra pour femme, et le premier-né qu'elle enfantera perpétuera le nom du frère qui est mort. Ainsi son nom ne sera pas effacé d'Israël" (Dt 22,5-6).
L'exemple, bien sûr, est totalement inventé, pour poser le problème de la résurrection d'une manière embarrassante : "À la résurrection, de qui cette femme sera-t-elle l'épouse ? La Loi ne peut aboutir à des situations aussi absurdes ; donc la résurrection n'existe pas !"
Jésus n'entre pas dans le jeu de ses ennemis, mais il répond successivement sur deux points :
Tout d'abord il rappelle le comment de la résurrection.
Jésus, qui, dans un autre épisode, a magnifié le mariage en le situant dans l'axe du dessein de Dieu, souligne ici qu'il est lié au temps des hommes et aux besoins affectifs de la vie terrestre.
Par ailleurs, selon Jésus, lorsque nous ressusciterons, nous ne deviendrons pas des anges, mais "comme" des anges. Nous aurons un corps de gloire, mais nos désirs ne seront plus les mêmes. Ce qui comptera dans la vie future, ce sera d'être fils et filles de Dieu. Certes, les époux de la terre se retrouveront, mais pour vivre en plénitude ce qu'ils auront cherché à deux sur la terre : l'amour de Dieu. La vie de Dieu sera tellement fascinante et le rayonnement de sa joie tellement intense que les époux, dans la gloire, n'auront de regard que pour Lui et de bonheur qu'en Lui. De même qu'ici-bas la prière inspirée par l'Esprit est au-delà de tous les mots et les contient tous, de même la communion des élus avec Dieu sera au-delà de toutes les amitiés et les contiendra toutes. Et ce que Jésus révèle de la vie future vaudra pour toute l'affectivité humaine : tout amour, fraternel ou filial, parental ou conjugal, qui en ce monde aura reflété la tendresse de Dieu, sera repris, transcendé et accompli dans le face à face avec le Dieu de la joie.
Puis Jésus réaffirme solennellement la certitude de la résurrection ; et il va droit à l'essentiel.
Nous ressusciterons parce que la puissance de Dieu nous ressuscitera. Les sadducéens sont dans l'erreur et posent mal la question parce qu'ils ont mal lu l'Écriture. Elle atteste, en effet, cette puissance du Dieu qui crée et qui sauve. "Dieu n'est pas un Dieu de morts, mais de vivants". Si donc, lors de l'épisode du Buisson ardent, Dieu déclare à Moïse : "Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob", c'est que ces hommes, bien que morts, sont gardés en vie et en dialogue avec Lui, prêts pour la résurrection.
De plus quand Dieu nous ressuscitera, il ne nous rendra pas la même vie, précaire et limitée, qu'auparavant, mais une vie entièrement nouvelle, qui sera une participation à la vie du Christ ressuscité, et donc une communion totale et définitive avec le Dieu vivant.
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyLun 26 Nov - 8:40

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 1233

« Elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre »
(Lc 21, 1-4)

En ce temps-là, comme Jésus enseignait dans le Temple, levant les yeux, il vit les gens riches qui mettaient leurs offrandes dans le Trésor. Il vit aussi une veuve misérable y mettre deux petites pièces de monnaie. Alors il déclara : « En vérité, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres. Car tous ceux-là, pour faire leur offrande, ont pris sur leur superflu mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Que nous le voulions ou non, nous vivons au siècle de la rentabilité. En un sens, c'est une bonne chose, car on ne nourrit pas une famille ou un pays simplement avec des rêves ou de bonnes intentions ; on ne lutte pas contre la faim dans le monde en restant au plan des principes et des discours.
Cependant, même lorsque consciemment et courageusement nous essayons de faire passer dans notre vie le Christ avant l'argent, notre souci de rentabilité est mis parfois au service de visées égoïstes. À force de vivre dans un monde où tout se compte, tout se calcule, tout se comptabilise, nous finissons, sans le vouloir, par jauger les hommes avant tout en fonction du poids qu'ils ont dans l'économie, en fonction de l'influence mesurable qu'ils exercent, en fonction du travail effectif et des services que nous pouvons attendre d'eux.
Tout autres sont les habitudes de Dieu, car, pour Celui qui crée et qui sauve, ce que l'homme porte de plus profond en lui-même importe beaucoup plus que tout son avoir. Les apparences n'impressionnent pas Dieu, parce que, avant tout, il regarde le cœur. Et c'est la grande leçon de l'évangile d'aujourd'hui : la qualité du cœur qui donne importe plus que la quantité qui est donnée.
Aujourd'hui encore, en quelque sorte, le Christ vient s'asseoir parmi nous, et regarde tranquillement ce que nous apportons, ce que nous sommes prêts à sacrifier pour le Royaume, ce que nous lui donnons de notre temps, de nos forces, de nos projets, de notre intelligence et de notre affectivité. Aura-t-il les restes ? Devra-t-il se contenter de notre superflu ? Ou bien donnerons-nous, comme cette veuve, "ce que nous avons pour vivre" ?
Nous le savons bien : il ne peut être question de faire la part du feu, de découper dans l'ensemble de nos biens et de nos forces un lot pas trop mesquin qui sera la part du Christ, car déjà tout lui appartient, et nos richesses (richesses matérielles, dons de l'intelligence ou du cœur) n'ont de sens, pour nous disciples du Christ, que si elles sont investies en vue du Règne de Dieu, de l'amour et de la paix.
La lumière de l'Évangile vient justement changer nos idées habituelles sur le don et l'indignité, sur la richesse et la pauvreté. On peut gérer de grands biens et être pauvre de cœur ; on peut aussi n'avoir que quelques atouts dans la vie et les posséder avec un cœur de riche. Est riche, selon l'Évangile, celui qui se crispe sur ce qu'il a. Or on peut se crisper sur ses richesses : confort, argent, culture, valeurs héritées du milieu, histoire passée, indépendance de vie, comme on peut se crisper sur ses carences, sur ses limites, ses échecs ou sa fragilité. De toute façon, dès qu'il y a en nous crispation sur un avoir ou sur un manque, c'est le signe que nous tournons le dos à l'espérance que le Christ nous a apportée.
Avec lui, au contraire, toute audace est permise, car il nous donne lui-même de quoi donner ; et quand bien même nous aurions toutes raisons de douter de nos forces ou de la valeur de nos apports, nous voyons chaque jour devant nous tous ceux que le Seigneur nous confie "afin que pas un ne se perde" ; et cette mission du Ressuscité sera toujours plus vraie que nos mensonges, plus belle que nos laideurs, et plus impérieuse que nos faiblesses.
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyMar 27 Nov - 6:55

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 1235

« Il n’en restera pas pierre sur pierre »
(Lc 21, 5-11)

En ce temps-là, comme certains parlaient du Temple, des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient, Jésus leur déclara : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. » Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? » Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : “C’est moi”, ou encore : “Le moment est tout proche.” Ne marchez pas derrière eux ! Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin. » Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume. Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies ; des phénomènes effrayants surviendront, et de grands signes venus du ciel. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

En écho à la fête du Christ Roi, la liturgie nous fait méditer toute cette semaine un chapitre de saint Luc où Jésus parle longuement de l'avenir.
Tantôt il envisage l'avenir lointain, son retour à la fin des temps et tout un cortège d'événements mystérieux dont la date reste cachée dans le secret du Père. Quand il évoque ce scénario de la fin, Jésus le fait toujours dans le langage traditionnel des apocalypses et dans un grand cadre cosmique qui englobe la terre et le ciel, le soleil, la lune et les étoiles.
Tantôt Jésus a en vue des événements plus proches : la ruine du Temple, le jugement de Jérusalem ; et dans ce cas il reprend volontiers les menaces des prophètes contre la ville infidèle.
Tantôt enfin Jésus fait allusion aux épreuves de sa communauté, aux persécutions qui frapperont les disciples, tout au long du temps de l'Eglise.
Ce qui nous déroute un peu dans ce discours de Jésus, c'est que les trois perspectives sont étroitement imbriquées et parfois indissociables, comme des photographies que l'on projette en surimpression : derrière la destruction du Temple se profilent les signes de la fin du monde, et en toile de fond du jugement de Jérusalem on discerne la venue du Fils de l'Homme pour juger les vivants et les morts.
Impossible de calculer ; inutile de prévoir. Mais deux certitudes ressortent clairement. La première est que l'histoire du monde est entrée avec la venue de Jésus dans sa phase définitive, même si celle-ci doit durer encore des centaines ou des milliers de siècles. La seconde certitude est que les consignes de Jésus, urgentes pour aujourd'hui, resteront valables jusqu'à la fin des temps : il faut espérer, il faut veiller.
L'évangile d'aujourd'hui nous place successivement devant deux perspectives.
Jésus annonce d'abord la ruine du Temple : "Des jours vont venir où il n'en restera pas pierre sur pierre. Tout sera détruit." D'où la question des disciples, qui porte, elle aussi, sur ce désastre du Temple : "Maître, quand donc cela arrivera-t-il ? et quel sera le signe que cela doit avoir lieu ?" Et Jésus de répondre, non pas en dévoilant un signe précis, mais en donnant une consigne valable en tout temps d'épreuve : "Prenez garde de ne pas vous laisser abuser" (par de faux messies) qui diront : " le moment est arrivé".
Puis saint Luc, presque sans transition, ouvre jusqu’au fond la perspective en reprenant une parole de Jésus qui concerne la fin des temps : "Il y aura de grands tremblements de terre et des faits terrifiants venant du ciel, et de grands signes".
L'avenir n'appartient qu'à Dieu, qui seul connaît les repères ultimes du temps et de l'espace. Mais nous avons le temps du jour pour le servir et l'aimer, nous avons l'espace de notre cœur pour y accueillir la parole de Jésus, et l'espace du monde à prendre dans la prière, avec tous les missionnaires porteurs de son message de paix.
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyMer 28 Nov - 6:56

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 1237

« Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. »
(Lc 21, 12-19)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « On portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom. Cela vous amènera à rendre témoignage. Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Jésus, dans l'évangile que nous lisions hier, annonçait de grands signes pour la fin des temps. Aujourd'hui, envisageant le temps de l'Église, qui sera pour les disciples le temps du témoignage, il évoque les souffrances et les persécutions qui attendent les croyants fidèles de la part de leurs frères juifs puis de la part des païens : "Avant tout cela (donc bien avant les événements de la fin) on portera la main sur vous et on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues, on vous mettra en prison, on vous traînera devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom."
"À cause de mon nom", c'est-à-dire, dans le langage de Jésus, "à cause de ce que je suis pour vous et à cause de ce que j'ai fait pour votre salut".
"À cause de mon nom, ajoute Jésus, vous serez haïs de tous", parfois même de vos père et mère, de vos frères, de votre parenté ou de vos amis. Effectivement le rejet de Jésus parlera parfois plus fort que les liens du sang, comme on l'a vu ici ou là dans les pays totalitaires. Parfois on jouera sur les liens du sang pour écarter l'influence de Jésus, comme on le voit chez nous lorsque des parents veulent étouffer dans le cœur d'une fille ou d'un fils le désir de servir l'Évangile ou de se donner à Dieu.
Jésus ne laissera pas ses témoins seuls et désarmés devant l'épreuve. Tout d'abord il promet de se charger lui-même de leur défense : "Moi, je vous donnerai une bouche et une sagesse que ne pourront contrarier ni contredire aucun de ceux qui seront contre vous". Jésus lui-même donnera à ses témoins un langage, une aisance de parole et une force de conviction, qui étonneront les ennemis et les témoins eux-mêmes.
Mais Jésus, qui promet son aide puissante, réclame de son témoin une confiance totale : "Mettez-vous dans le cœur que vous n'avez pas à préparer votre défense". Ainsi, quand nous sommes traînés devant le tribunal des autres, si c'est pour la cause de Jésus, pour l'honneur de Jésus, pour le service de Jésus, il nous faut renoncer à toute polémique, à toute argumentation, à toute stratégie de défense, car "le Seigneur nous enseignera à l'heure même ce qu'il faut dire" (Lc 12,12).
Quelle que soit la force de la persécution, quelle que soit l'injustice des attaques, "pas un cheveu de notre tête ne sera perdu", c'est-à-dire que Jésus nous prouvera sa fidélité jusque dans les détails les plus humbles de notre vie de témoins.
C'est son amour qui sera vainqueur, et ses promesses paieront toujours au centuple la foi qu'il nous demande. La vie est au bout ; c'est lui qui nous l'assure. Ce qu'il nous demande, c'est de tenir l'épreuve en faisant fond sur lui : "C'est par votre constance que vous prendrez possession de la vie".
De ce courage dans la durée (hypomonè), de cette endurance des témoins, Jésus parlait déjà dans la parabole du semeur, lorsqu'il disait : "Ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui entendent la parole dans un cœur loyal et bon, qui la retiennent et qui portent du fruit à force de persévérance".
C'est par la constance que l'on porte du fruit. C'est par la constance qu'on laisse agir Jésus lorsqu'il veut, par lui-même, être vainqueur du monde.
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyJeu 29 Nov - 6:56

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 119

« Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. »
(Lc 21, 20-28)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand vous verrez Jérusalem encerclée par des armées, alors sachez que sa dévastation approche. Alors, ceux qui seront en Judée, qu’ils s’enfuient dans les montagnes ; ceux qui seront à l’intérieur de la ville, qu’ils s’en éloignent ; ceux qui seront à la campagne, qu’ils ne rentrent pas en ville, car ce seront des jours où justice sera faite pour que soit accomplie toute l’Écriture. Quel malheur pour les femmes qui seront enceintes et celles qui allaiteront en ces jours-là, car il y aura un grand désarroi dans le pays, une grande colère contre ce peuple. Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés en captivité dans toutes les nations ; Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens, jusqu’à ce que leur temps soit accompli. Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Deux images, en surimpression : cela suffit à saint Luc pour évoquer la pensée de Jésus sur l'histoire des hommes et la fin des temps.
Au premier plan : la chute de Jérusalem, avec le cortège habituel des catastrophes nationales : massacres, dispersion, captivité.
En arrière-fond : la venue en gloire du Fils de l'Homme, que Luc peint avec les couleurs vives traditionnelles des apocalypses, sur l'horizon de la fin du monde.
Entre les deux : "le temps des nations", ou des païens, qui donne au tableau la profondeur de champ, mais dont Jésus n'a jamais précisé la durée : "Il ne vous appartient pas, disait-il, de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité" (Ac 1,7). Le temps des nations, c'est le temps de la mission, le temps de l'Église, de la patience et du service ; c'est notre temps de disciples, témoins de Jésus-Christ.
Toutes les composantes du malheur semblent s'être donné rendez-vous dans ce fragment de discours. Jésus y parle de dévastation, de détresse, d'angoisse et de frayeur. Puis, brusquement, balayant d'un revers de main toutes les ombres et tous les fantasmes de souffrance, il exhorte les disciples à l'espérance et à la fierté :
"Lorsque cela commencera d'arriver, redressez-vous et relevez la tête, car votre délivrance est proche !"
Quand les épreuves commenceront à s'accumuler, quand toute issue sera fermée, quand la violence semblera victorieuse, "redressez-vous, relevez la tête !"
Quand tout appui se sera éloigné, quand Dieu lui-même vous paraîtra trop absent pour écouter, trop lointain pour répondre, redites-vous : "La délivrance est proche ; le Fils de l'Homme vient nous sauver !"
Cette consigne d'espérance, la génération du Christ l'a ressaisie lors de la chute de la Ville sainte ; le peuple de Dieu tout entier l'entendra de nouveau au terme de l'histoire ; mais elle vient nous surprendre et nous réconforter, nous les témoins de Jésus, tout au long du temps des nations, en chaque aujourd'hui de l'Église.
Chaque épreuve du peuple saint réédite en effet la détresse de Jérusalem et anticipe sur les douleurs dernières qui marqueront l'avènement du Fils de l'Homme. Mais, en raison de la folie d'amour que Dieu a faite pour le monde, il est encore plus vrai de dire que chaque épreuve, personnelle ou communautaire, nous situe, dans la foi, entre les deux victoires du Christ : sa victoire de Pâques, après le Golgotha, et sa victoire à la fin des temps, qui nous fera surgir de la mort.
C'est pourquoi, dans toutes ces paroles de Jésus sur les détresses de l'histoire et sur la fin du monde, nous avons à entendre avant tout un appel à la vigilance, personnelle et communautaire, et une promesse de la gloire.
Certes, le monde connaît des soubresauts, en ce début du nouveau millénaire ; certes nous percevons le désarroi de tant d'hommes et de femmes, de tant de jeunes, qui ne trouvent plus de repères face à un avenir qui leur semble menaçant ; et nous nous surprenons nous-mêmes à retomber dans la crainte, comme sous le coup d'un esprit de servitude (Rm 8,15). Mais nous avons reçu, en réalité, l'Esprit de filiation, qui nous fait crier, depuis la terre des hommes : "Abba, Père !"
Voilà pourquoi, par fidélité au Dieu de notre appel, et en solidarité avec ceux qui n'ont pas d'espérance, humblement, joyeusement, "nous nous redressons et relevons la tête", pour rendre témoignage, dès aujourd'hui, à la victoire de Jésus.
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyVen 30 Nov - 8:46

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 115

« Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent »
(Mt 4, 18-22)

En ce temps-là, comme Jésus marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

"Venez, suivez-moi". C'est Jésus qui appelle : "Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, mais moi qui vous ai choisis et placés" Ce n'est pas nous qui avons fait à Jésus l'honneur de le suivre, mais lui qui nous a fait l'honneur de nous appeler, qui nous a fait suffisamment confiance pour nous prendre à son service.
Il nous faut donc accepter une rupture : il faut quitter les filets, la barque, le père dans la barque. Rupture avec le métier, les habitudes (même les meilleures !), le gagne-pain, le gagne-sécurité. Rupture avec l'avenir prévu, préparé, préfabriqué, avec les filets préparés pour la pêche selon des techniques connues, éprouvées. Et cela "pour le suivre", c'est-à-dire aller derrière lui, aller là où il va, travailler où il travaille (à l'œuvre de rédemption), accueillir ce qu'il accueille, chercher ce qu'il cherche, des adorateurs pour le Père.
Il nous faut accepter certaines ruptures car c'est lui qui s'occupe de la continuité.
Nous resterons des gens qui vont pêcher, mais nous pêcherons avec le Pêcheur d'hommes. Jésus nous demandera une transposition de tout notre agir ; il fera servir notre savoir-faire, mais à un autre niveau, celui du Royaume en marche. Rien ne sera perdu du passé, de l'amour de la mer, du savoir-faire acquis dans la barque de Zébédée, et pourtant il faudra tout réapprendre, à l'école du nouveau Maître.
Pour chacun de nous l'appel de Jésus demeure un mystère, que nous l'entendions de loin, comme une voix qui n'arrive pas à se faire entendre, couverte qu'elle est par la rumeur du désir ; que nous l'entendions en nous comme un murmure, comme un ruisseau discret, mais inlassable ; que nous l'entendions comme le souvenir vivant d'un grand oui déjà prononcé, comme le rappel du premier appel, c'est le mystère des choix de Dieu, de Dieu qui est libre, divinement libre, et qui sait à la fois où il veut nous conduire et le grand raccourci qu'il va nous proposer.
Tous nous sommes des appelés, nous sommes conviés à travailler à plein temps dans le champ du Père, à moissonner, ou à glaner, dans la moisson de Jésus. Qui que nous soyons, nous pouvons rendre ce témoignage que les moments où nous sommes le plus fidèles à cet appel sont dans notre vie les périodes ou les instants de plus grande plénitude.
Mais savons-nous, voulons-nous suffisamment rendre à d'autres ce témoignage, spécialement aux jeunes que Jésus met sur notre route ? Peut-être ont-ils besoin, pour répondre à l'appel de Jésus : "Viens, suis-moi", de voir en nous des appelés heureux, des baptisés qui n'ont pas été déçus dans leur amitié avec le Christ, bref : des passionnés de Jésus-Christ ?
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptySam 1 Déc - 9:02

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 122

« Restez éveillés et priez en tout temps »
(Lc 21, 34-36)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Les années passent, au service du Seigneur ; et normalement notre vie toute donnée à la prière et au service fraternel devrait devenir de plus en plus libre et légère sous le regard de Celui qui nous aime. À cela tendent tous nos efforts spirituels et toutes nos conversions, et c'est bien le désir que fait monter en nous la parole de Jésus.
Pourtant, même quand nous cherchons loyalement notre chemin de fidélité, nous prenons conscience, de loin en loin, d'une pesanteur qui s'est installée en nous malgré nous, et qui nous empêche d'être heureux sans contrainte de l'appel et de la présence du Seigneur.
Pesanteur de l'intelligence, qui devient comme rétive aux choses de Dieu et aux approches de son mystère. Pesanteur de notre mémoire, qui demeure collée aux événements quotidiens et ne se nourrit plus des merveilles de la foi. Pesanteur de notre désir, qui ne vise plus, apparemment, que des joies immédiates ou des facilités à court terme.
"Tenez-vous sur vos gardes, nous dit Jésus aujourd'hui, de peur que vos cœurs ne s'appesantissent". Et il mentionne les dangers de la débauche et de l'ivrognerie, dont par grâce, heureusement, nous sommes préservés ; mais il ajoute, comme cause d'appesantissement, "les soucis de la vie", les soucis pour la vie, qui habitent tous les cœurs humains, même au cloître.
Selon Jésus, un cœur appesanti est un cœur qui perd ses réflexes et sa présence aux êtres et aux événements. Un cœur immergé dans les soucis "biotiques" (mérimnai biôtikai) devient vulnérable à l'imprévu ; il se laisse surprendre et paralyser. Si nous ne restons pas sur nos gardes, "le Jour de Dieu fondra sur nous comme un filet" de chasseur, qui interdit tout mouvement, toute échappée, toute fuite.
Le remède est simple, et Jésus y revient souvent quand il parle de l'avenir et des événements ultimes qui accompagneront son retour : "Veillez et priez en tout temps". C'est tout le programme spirituel de l'Avent qui va commencer : demeurer vigilants, quel que soit notre passé de louange et de service, et rester par la prière en dialogue d'amour avec le Seigneur de notre appel.
Le Jour du Seigneur n'est pas redoutable pour ceux qui l'attendent, le guettent et le préparent ; et la venue du Fils de l'Homme ne surprendra pas ceux qui chaque jour vivent dans sa lumière. Si nous veillons, debout, pour appeler et servir Celui qui vient, nous serons debout devant lui dès qu'il paraîtra. Non pas debout comme raidis dans notre fierté et notre triomphe, mais debout dans le respect et la confiance, pour accueillir le Seigneur en gloire et pour entrer, heureux, dans son accueil et sa gloire.
Vigilance et prière seront pour nous, durant l'Avent, comme deux visages de notre espérance. Ce seront aussi pour nous, au cœur de l'Église, deux manières de vivre d'amour et de porter le monde, à l'imitation de la Mère du Messie.
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyDim 2 Déc - 7:33

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

« Votre rédemption approche »
(Lc 21, 25-28.34-36)

En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Deux images, en surimpression : cela suffit à saint Luc pour évoquer la pensée de Jésus sur l'histoire des hommes et la fin des temps.
Au premier plan : la chute de Jérusalem, avec le cortège habituel des catastrophes nationales : massacres, dispersion, captivité.
En arrière-fond : la venue en gloire du Fils de l'Homme, que Luc peint avec les couleurs vives traditionnelles des apocalypses, sur l'horizon de la fin du monde.
Entre les deux : "le temps des nations", ou des païens, qui donne au tableau la profondeur de champ, mais dont Jésus n'a jamais précisé la durée : "Il ne vous appartient pas, disait-il, de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité" (Ac 1,7). Le temps des nations, c'est le temps de la mission, le temps de l'Église, de la patience et du service ; c'est notre temps de disciples, témoins de Jésus-Christ.
Toutes les composantes du malheur semblent s'être donné rendez-vous dans ce fragment de discours. Jésus y parle de dévastation, de détresse, d'angoisse et de frayeur. Puis, brusquement, balayant d'un revers de main toutes les ombres et tous les fantasmes de souffrance, il exhorte les disciples à l'espérance et à la fierté : "Lorsque cela commencera d'arriver, redressez-vous et relevez la tête, car votre délivrance est proche ! ". Quand les épreuves commenceront à s'accumuler, quand toute issue sera fermée, quand la violence semblera victorieuse, "redressez-vous, relevez la tête !". Quand tout appui se sera éloigné, quand Dieu lui-même vous paraîtra trop absent pour écouter, trop lointain pour répondre, redites-vous : "La délivrance est proche ; le Fils de l'Homme vient nous sauver !"
Cette consigne d'espérance, la génération du Christ l'a ressaisie lors de la chute de la Ville sainte ; le peuple de Dieu tout entier l'entendra de nouveau au terme de l'histoire ; mais elle vient nous surprendre et nous réconforter, nous les témoins de Jésus, tout au long du temps des nations, en chaque aujourd'hui de l'Église.
Chaque épreuve du peuple saint réédite en effet la détresse de Jérusalem et anticipe sur les douleurs dernières qui marqueront l'avènement du Fils de l'Homme. Mais, en raison de la folie d'amour que Dieu a faite pour le monde, il est encore plus vrai de dire que chaque épreuve, personnelle ou communautaire, nous situe, dans la foi, entre les deux victoires du Christ : sa victoire de Pâques, après le Golgotha, et sa victoire à la fin des temps, qui nous fera surgir de la mort.
C'est pourquoi, dans toutes ces paroles de Jésus sur les détresses de l'histoire et sur la fin du monde, nous avons à entendre avant tout un appel à la vigilance, personnelle et communautaire, et une promesse de la gloire.
Certes, le monde connaît des soubresauts, en ce début du nouveau millénaire ; certes nous percevons le désarroi de tant d'hommes et de femmes, de tant de jeunes, qui ne trouvent plus de repères face à un avenir qui leur semble menaçant ; et nous nous surprenons nous-mêmes à retomber dans la crainte, comme sous le coup d'un esprit de servitude (Rm 8,15). Mais nous avons reçu, en réalité, l'Esprit de filiation, qui nous fait crier, depuis la terre des hommes : "Abba, Père !"
Voilà pourquoi, par fidélité au Dieu de notre appel, et en solidarité avec ceux qui n'ont pas d'espérance, humblement, joyeusement, "nous nous redressons et relevons la tête", pour rendre témoignage, dès aujourd'hui, à la victoire de Jésus.
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyLun 3 Déc - 6:57

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

« Beaucoup prendront place au festin du royaume des Cieux »
(Mt 8, 5-11)

En ce temps-là, comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia : « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. » Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. » Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. » À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Jésus avait bien des raisons d'exaucer cet officier romain.
La première est que ce capitaine venait le supplier, non pas pour lui-même, mais pour un autre, un de ces petits, de ces sans grade, de ces hommes simples que Jésus aimait. Un officier de l'armée d'occupation qui faisait preuve d'humanité et de sens social, ce n'était pas courant ! Il avait sûrement réfléchi au cas "Jésus" et s'était fait une idée sur ce prophète galiléen ; pourtant ce n'est pas de ses propres problèmes qu'il vient parler. Il vient simplement dire : "J'ai un serviteur ; il souffre ; il va mourir !" ... un peu comme Marie à Cana : "Ils n'ont plus de vin !"
On est toujours accueilli par Jésus quand on lui apporte une détresse.
Et puis cet homme est un humble ; et cela aussi, cela surtout, a du prix aux yeux de Jésus : "Je ne suis pas digne, dit le centurion, de cet honneur que tu me ferais en descendant chez moi". Il ne se sent pas digne, malgré le poids de son autorité humaine et de sa compétence d'officier, malgré toute l'estime dont on l'entoure à Capharnaüm, malgré toutes les relations qu'il a, lui, l'homme en vue.
Mais ce qui va forcer l'admiration du Christ, c'est, plus encore que son humilité, sa foi, tranquille et audacieuse : "Dis seulement une parole, de loin, de là où tu es, et mon serviteur, là où il est, sera guéri, car les choses doivent t'obéir. Dis seulement une parole, et je m'en irai, sûr de ton action, sûr du pouvoir de ta bonté. Une parole, et la paralysie cessera, la souffrance s'éloignera !".
Ce Romain, cet étranger, a pressenti quelque chose du secret de Jésus. Avec ses mots à lui, il exprime le mystère de la parole créatrice et recréatrice : "Dieu parle, et cela est ; il commande, et cela existe" (Ps 33,9). Cette théologie des Psaumes, le centurion, inconsciemment, la transpose dans son langage de militaire : "Moi qui ne suis qu'un subalterne, j'ai un pouvoir que personne ne conteste, parce qu'il vient de plus haut. Je dis au planton : 'fais cette course', et il la fait. Je dis à un lieutenant : 'voici ta mission', et il l'exécute ! Dès lors, toi, le prophète de Galilée, qui œuvres avec la force de Dieu lui-même, toi à qui aucun homme ne peut rien imposer, je sais que tu peux commander à la souffrance et à la mort".
Cette foi, Jésus ne l'a pas trouvée chez les siens, chez les familiers du Temple et de la prière, chez les ha­bitués du Dieu fidèle. Il l'a trouvée chez un étranger, venu de l'occident, avec, pour toute richesse spirituelle, sa droiture d'homme. Mais cet homme a su aller d'emblée jusqu'au bout dans la logique de sa foi naissante. C'était tellement beau, tellement grand, tellement vrai, ce qu'il savait déjà de Jésus ! Il n'a pas demandé de délai pour s'ha­bituer aux merveilles de Dieu. Il est allé au-devant des merveilles, avec le cœur d'un pauvre qui pensait n'y avoir pas droit.
Dans quelques instants, avant de communier au Corps et au Sang du Christ, l'Église nous fera redire pour nous-mêmes la prière du centurion : "Dis seulement une parole, et je serai guéri(e)".
Je ne suis pas digne que tu viennes ; je ne suis même pas digne de venir vers toi. Si je regarde à la dignité, Seigneur, il n'y aura jamais de rencontre. Que ta parole abolisse toute distance. Un mot, un mot seulement, un mot de toi, de là où tu es ! un mot pour moi, un mot pour ma communauté, un mot pour l'Église en ce lieu, et la vie, de nouveau, fera son œuvre.
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyMar 4 Déc - 6:54

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

« Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint »
(Lc 10, 21-24)

À l'heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. » Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous-mêmes voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

L'un des traits les plus attachants de la personnalité de Jésus, c'est qu'il savait s'étonner. Hier nous le voyions admirer la foi d'un centurion romain (Mt 8,4-11) ; aujourd'hui l'Évangile de Luc nous rapporte un de ses cris de joie, un de ses enthousiasmes. Et quel est le motif de cette exultation dans l'Esprit Saint ? La pédagogie du Père, qui sait comment révéler son plan d'amour aux tout-petits, à ceux qui ne peuvent s'appuyer sur aucune culture, qui ne peuvent se targuer d'aucune expérience particulière ni du monde ni des hommes.
Entrer dans le projet de Dieu, le découvrir au cœur de l'histoire, ce n'est pas le privilège "des sages et des savants", des spécialistes de la prospective ; et parfois, même, la sagesse et la science peuvent fermer l'horizon de la foi. À l'inverse, il ne s'agit pas de disqualifier le savoir humain ni la passion de connaître qui nous habite : il faut seulement que toute prétention fasse silence, que le disciple soumette son intelligence à "l'obéissance de la foi" (Ga 3,2), qu'il accueille dans sa vie l'initiative de Dieu et les inventions de son amour. C'est cela avant tout "être tout-petit".
Vient ensuite une confidence de Jésus, qui éclaire ce qu'il vient de dire à propos de la révélation du Père : "Tout m'a été confié par mon Père, (…) personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler."
Ainsi le Père et le Fils sont tous deux à l'œuvre pour manifester le projet du salut des hommes. La révélation part du bon plaisir du Père, mieux : de son vouloir bienveillant : "Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté" ; et cette même révélation passe par la volonté du Fils, qui est le seul à connaître le Père. Ce que Jésus exprimera aussi dans l'entretien après la Cène, lorsqu'il dira à son Père en parlant des hommes : "Ils étaient à toi, et tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant ils savent que tout ce que tu m'as donné vient de toi ; car les paroles que tu m'as données, je les leur ai données." (Jn 17,8 )

On comprend dès lors cette action de grâces de Jésus, au moment où les soixante-douze reviennent d'une première mission, tout joyeux : "Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom !" Les disciples ont pu constater que Dieu agit puissamment par le Nom de Jésus de Nazareth, et que vraiment Dieu a remis tout pouvoir à son Fils. De ces Galiléens, ni particulièrement savants ni forcément très expérimentés, Dieu a su toucher le cœur ; il a fait d'eux des messagers du Règne advenu, et déjà leurs noms sont inscrits dans le ciel. C'est de tout cela que Jésus remercie le Père.
"Heureux, ajoute Jésus, les yeux qui voient ce que vous voyez". Ces paroles, que Luc situe dans le même contexte du retour de mission, Matthieu les cite au beau milieu du discours en paraboles, où elles prennent encore plus de valeur : "À ces gens-là, je parle en paraboles [pour les forcer à réfléchir], parce qu'ils voient sans voir, (…) mais vous, heureux sont vos yeux parce qu'ils voient, heureuses vos oreilles parce qu'elles entendent."
C'est la béatitude des yeux clairs, des cœurs perméables à la tendresse de Dieu, de tous ceux qui savent saisir la chance que Dieu leur offre. C'est la béatitude de tous ceux qui accueillent la révélation bouleversante du Père par le Fils, cette annonce qui dépasse les plus belles intuitions des prophètes. Béatitude qui remet en marche, ensemble, des filles de Dieu toutes aimées du Père, toutes sauvées par le sang de Jésus, toutes marquées du sceau de l'Esprit, et qui fait se lever chacune, là où elle est, forte de l'espérance des pauvres.
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyMer 5 Déc - 6:58

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 121

« Combien de pains avez-vous ? »
(Mt 15, 29-37)

En ce temps-là, Jésus arriva près de la mer de Galilée. Il gravit la montagne et là, il s’assit. De grandes foules s’approchèrent de lui, avec des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets, et beaucoup d’autres encore ; on les déposa à ses pieds et il les guérit. Alors la foule était dans l’admiration en voyant des muets qui parlaient, des estropiés rétablis, des boiteux qui marchaient, des aveugles qui voyaient ; et ils rendirent gloire au Dieu d’Israël. Jésus appela ses disciples et leur dit : « Je suis saisi de compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, ils pourraient défaillir en chemin. » Les disciples lui disent : « Où trouverons-nous dans un désert assez de pain pour rassasier une telle foule ? » Jésus leur demanda : « Combien de pains avez-vous ? » Ils dirent : « Sept, et quelques petits poissons. » Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Il prit les sept pains et les poissons ; rendant grâce, il les rompit, et il les donnait aux disciples, et les disciples aux foules. Tous mangèrent et furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait sept corbeilles pleines.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Ce récit de la multiplication des pains intervient dans le contexte des guérisons au bord du lac et sur la montagne. Ainsi saint Matthieu montre Jésus accomplissant les prédictions d'Isaïe pour les temps du Messie : "Le Seigneur essuiera les larmes de tous les visages ; il préparera sur la montagne un festin (Is 25;6-9).
Vers la fin de l'Exil, un prophète anonyme avait repris ce thème de la "pitié" du Seigneur pour son peuple : "Sur toutes les routes, ils trouveront pâture, sur les monts chauves seront leurs pâturages, Ils n'auront plus faim ni soif (…) car Celui qui les prend en pitié les guidera" (Is 49,9) et Jésus fait écho au prophète lorsqu'il dit à ses disciples, après trois jours de labeur : "J'ai pitié de cette foule".
Ces correspondances entre le miracle des pains et les prophéties de l'Ancien Testament doivent nous mettre en éveil. En général, dans les Synoptiques, les miracles de Jésus sont des actes de puissance destinés à établir le Règne de Dieu contre la domination de Satan ; ici, chez Matthieu, affleure l'idée du miracle comme signe, qui sera si nette chez saint Jean ; le miracle des pains veut enseigner quelque chose au sujet de Jésus, il veut souligner qu'en Jésus s'accomplissent les promesses de l'Ancienne Alliance.
Nous sommes donc en face d'un miracle très spécial, le seul, d'ailleurs, qui soit rapporté par les quatre Évangélistes à la fois.
Quand on essaie de comprendre ce qui s'est passé ce jour-là, on se trouve devant un fait troublant, du moins de prime abord : alors que Luc et Jean racontent une seule multiplication, Marc et Matthieu en rapportent deux, l'une pour cinq mille hommes, l'autre pour quatre mille hommes.
Mais on a de bonnes raisons de penser que les deux récits sont deux variantes d'une même multiplication, toutes deux riches de matériaux pour la prédication des Apôtres, et toutes deux conservées par Marc et Matthieu, ce qui renforce l'impression que nous avons de nous trouver en face d'une scène extrêmement importante aux yeux de la chrétienté primitive.
Dans cet épisode du ministère en Galilée relevons quelques détails touchant l'attitude de Jésus et celle des disciples.
Dans l'attitude de Jésus, une chose vous aura frappés sans doute, c'est la ressemblance de ses gestes avec ceux du dernier souper
Jésus prit du pain …or tandis qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain.
Il rendit grâces …et ayant rendu grâces.
Les rompit …il le rompit.
Et il les donnait à ses disciples …et le donna à ses disciples en disant.
Il va sans dire que sur la montagne Jésus a distribué un pain matériel, et non l'Eucharistie, et pourtant toutes les traditions évangéliques de la multiplication des pains offrent une certaine coloration eucharistique dans les termes employés, ce qui montre que le lien entre la multiplication et la Cène a été établi très tôt dans la prédication chrétienne ; et il est très probable que Jésus lui-même, très consciemment, a voulu relier par une similitude de gestes la nourriture de la foule sur la montagne et l'institution de l'Eucharistie, le sacrement de son Corps livré pour la multitude.
Dans l'attitude des disciples, c'est leur question qui va nous retenir : "Où trouverons-nous dans le désert assez de pain pour rassasier une telle foule ?". Certes, Jésus a pris l'initiative, en disant : "J'ai pitié !", mais les disciples aussitôt se sentent partie prenante de cette miséricorde, et se veulent responsables de mettre en œuvre cette pitié de Jésus.
Et les voilà arrêtés par la disproportion de leurs moyens avec les besoins de la foule : sept pains et quelques poissons, qu'est-ce que cela pour des milliers d'hommes ? Tout comme nous, qui sentons douloureusement la disproportion entre ce que nous pouvons offrir jour après jour et les immenses besoins du monde à sauver.
Or ce contraste, ce déséquilibre entre les forces de l'homme et la puissance du Dieu qui sauve, est le principal des secrets du Royaume, que Jésus révélait aux pauvres de cœur. On donne beaucoup, quand on donne toute sa pauvreté ; on donne beaucoup, quand on donne son temps, son sérieux, sa compétence, sa loyauté ; car alors la puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse des hommes : c'est avec les sept pains des disciples que Jésus va nourrir la foule.
Peu importent, dès lors, les limites imposées à notre action par le manque de temps, la précarité des moyens, les lourdeurs structurelles, peu importe l'isolement des témoins de Jésus : aujourd'hui, avec les forces et les lumières d'aujourd'hui, le Christ nous associe à son œuvre de paix et de justice et nous donne de redire : "J'ai pitié".
Tout se joue dans le quotidien. Tout commence par un nouveau regard sur les hommes. Et dans cette perspective évangélique, réussir sa vie, c'est se laisser donner par Dieu une certaine qualité du cœur, et se mettre à aimer avant tout ce que Dieu aime : la liberté et la miséricorde, la liberté d'un fils ou d'une fille qui acquiesce et assume, la miséricorde qui met chacun(e), à toute heure et en toute rencontre, au service d'un projet de vie.
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyJeu 6 Déc - 8:20

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L'ÉVANGILE DU JOUR :

Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 124

« Pour entrer dans le royaume des Cieux, il faut faire la volonté de mon Père »
(Mt 7, 21.24-27)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Bâtir sa maison, vivre dans sa maison, mourir dans sa maison, transmettre sa maison à ses enfants, c'est l'un des désirs les plus enracinés au cœur de l'homme. Et c'est cette image de la maison, si chargée d'émotion, que Jésus a choisie pour nous parler du grand enjeu de l'existence.
Il s'agit de bâtir, et, plus précisément, d'un homme qui bâtit sa propre maison. Elle sera son œuvre, donc sa fierté et sa sécurité. Mais elle va également conditionner toute son existence : telle sa maison, telle aussi sera sa vie.
S'il construit sur le sable, à moyen terme il ruine tout son projet : il compromet l'avenir par précipitation. Bien sûr, il bâtira plus vite que les autres, parce que les fondations seront légères ; mais en fait, il aura manqué de sagesse et de réalisme en s'arrêtant au succès immédiat.
Au contraire, s'il bâtit sur le roc, il se place, au départ, dans les conditions les plus défavorables car il passe beaucoup de temps à assurer les bases. Mais il préfère avoir trop d'assise aujourd'hui, pour en avoir suffisam­ment quand viendra la tempête.
Ainsi en va-t-il, dit Jésus, "pour tout homme qui écoute ce que je vous dis là"; et le Seigneur fait al­lusion à son enseignement du discours sur la montagne, donc à tout le message évangélique qui accompagne les Béatitudes. Celui qui n'aligne pas sa vie concrète sur cette parole que Dieu lui adresse dans le Christ, celui qui ne cherche pas de toutes ses forces spirituelles à acquérir les réflexes de Jésus, celui-là pourra bien bâtir sa vie apparemment sans problèmes, toute son œuvre restera fragile, et quand elle s'écroulera, "l'écroulement sera complet". Tout sera à refaire, s'il en est encore temps.
Ainsi en va-t-il de l'Église tout entière, en ce temps d'interrogations et de crises. Les soubresauts et les désenchantements des années de l'après Concile nous l'ont bien montré : il ne peut suffire de ravaler la façade de l'Église ni même de changer quelques superstructures ; plus l'Église offre un nouveau visage, plus elle doit approfondir ses fondations.
Il faut savoir bâtir dans l'enthousiasme de l'été, mais sans négliger l'hiver, qui vient toujours. Il ne suffit pas de regarder son plan et son terrain, il faut encore s'interroger sur le climat et prendre le temps de le connaître. Sinon, quand la pluie d'orage gonflera soudain les torrents, quand déferleront de nouvelles idéologies et tout un flot de nouveaux slogans, quand s'élèveront des tempêtes sociales et politiques, l'édifice rêvé, secoué de toutes parts, s'effondrera.
Car l'avenir de l'Église repose sur le message de Jésus. "Le ciel et la terre passeront, alors que ses paroles ne passeront pas" (Mt 24,35). Le visage extérieur de l'Église pourra changer, mais les vrais bâtisseurs du Royaume seront toujours les généreux, les énergiques, les pauvres en esprit, les cœurs purs, les artisans de paix, les hommes prompts au pardon, et les "doux", c'est-à-dire ceux dont la force réside, non dans la violence, mais dans l'authenticité et la confiance mutuelle.
Seul résistera aux ouragans de l'histoire l'édifice spirituel qui sera bâti dans le style de Jésus, car "le Sei­gneur est le Rocher pour toujours" (Is 26,4) ; lui seul a les paroles de la vie éternelle.
La même sagesse et le même réalisme sont attendus de nous à propos de la maison fraternelle que Jésus nous demande d'édifier pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
Elle serait bâtie sur le sable, sur des bases mouvantes, si nous en restions à un niveau moyen de relations communautaires, ou à un simple désir de réalisation personnelle, et si nos critères de réussite ne rejoignaient pas résolument les Béatitudes de Jésus.
Mais nous construisons solide, pour l'éternité, "si le Seigneur bâtit" en nous et par nous "sa maison de prière", s'il bâtit avec nous "la ville où tout ensemble fait corps" (Ps 122,3).
"Nous avons une ville forte, chantait Isaïe : Il a mis [lui-même] pour nous protéger rempart et glacis. Ouvrez les portes ! Qu'elle entre, la nation fidèle, qui reste ferme, qui conserve la paix, car elle se confie en son Dieu" (Is 26,1-3)
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyVen 7 Déc - 8:28

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 1239

« Que tout se passe pour vous selon votre foi ! »
(Mt 9, 27-31)

En ce temps-là, Jésus était en route ; deux aveugles le suivirent, en criant : « Prends pitié de nous, fils de David ! » Quand il fut entré dans la maison, les aveugles s’approchèrent de lui, et Jésus leur dit : « Croyez-vous que je peux faire cela ? » Ils lui répondirent : « Oui, Seigneur. » Alors il leur toucha les yeux, en disant : « Que tout se passe pour vous selon votre foi ! » Leurs yeux s’ouvrirent, et Jésus leur dit avec fermeté : « Attention ! que personne ne le sache ! » Mais, une fois sortis, ils parlèrent de lui dans toute la région.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Souvent, à la liturgie, la prière de nos communautés se fait plus insistante, lorsqu'elles passent par une épreuve intense ou longue, ou lorsqu'elles vivent, comme en cet avent, un moment d'espérance plus forte ; et nous retrouvons d'instinct les implorations des hommes de l'Évangile : "Aie pitié de nous, fils de David !"
Pour les deux aveugles de Capharnaüm, c'était la prière de la dernière chance. Jésus venait de guérir une fillette chez un notable ; les deux aveugles l'ont suivi en criant et l'ont rejoint à la maison que Jésus occupait avec ses premiers disciples. Ce que Jésus avait fait pour la petite, il le ferait bien pour eux. C'était ce jour-là ou jamais : "Aie pitié de nous, fils de David !"
La question de Jésus est inattendue et c'est sur elle qu'il nous faut réfléchir : "Croyez-vous que je puisse faire cela ?" Croyez-vous que je puisse vous rendre la lumière ? C'est nous que Jésus interroge aujourd'hui ; c'est notre foi qu'il nous demande de tester et d'affermir, alors même que nous marchons de plus en plus en aveugles.
Si souvent il nous arrive de dire, personnellement, au Seigneur : " Je ne vois pas où j'en suis ; je ne vois plus ce que je fais ; je ne vois plus le chemin à prendre. Seigneur, que veux-tu de moi ?"
Parfois aussi, c'est une sorte d'aveuglement communautaire qui fait souffrir les frères ou les sœurs : ils ne parviennent plus, ensemble, à déceler les vraies urgences, à poser de vrais choix, et ils ne discernent plus les sentiers de l'avenir. À certaines périodes d'épreuve, même l'aujourd'hui de leur communauté est caché à leurs yeux comme par un voile de résignation et de tristesse. La lumière, qui est pourtant dans les cœurs, n'est plus vraiment reconnue, ni accueillie, ni appelée, et les impressions négatives envahissent comme une pénombre tout le champ des relations fraternelles, empêchant les frères ou les sœurs d'apparaître selon le meilleur d'eux-mêmes.
"Croyez-vous, dit Jésus, que je puis de nouveau rendre lumineux votre regard, que je puis vous remettre ensemble sur un chemin de lumière ; croyez-vous que j’ai la puissance de vaincre tout aveuglement communautaire et d'ouvrir les yeux de tous sur ce que le Père attend du Carmel, pour sa gloire et le salut du monde ?"
Si nous disons : "Oui, Seigneur", Jésus va toucher nos yeux, les deux yeux de chacune. Quelque chose va changer dans notre regard ; le réel va nous être révélé, tel que Dieu le voit, lui qui crée la lumière. Et Jésus dira : "Qu'il vous advienne selon votre foi".
Quelle joie ce sera pour nous de lui avoir fait confiance, au cœur même de nos incertitudes, et alors même que nous tâtonnions encore dans notre nuit personnelle ou communautaire !
Quelle joie de nous ouvrir ensemble à la lumière, de découvrir ensemble le visage du Christ dans la lumière qu'il nous rend !
Quelle action de grâces montera de la communauté pour la délivrance accomplie par son Dieu, selon la promesse du prophète : "Désormais Jacob (la communauté vivante) n'aura plus de honte, son visage ne pâlira plus, car elle verra l'ouvrage de ses mains au milieu d'elle, elle sanctifiera mon nom".
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptySam 8 Déc - 7:35

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 1241

« Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi »
(Lc 1, 26-38)

En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

"Le sixième mois, l'Ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une bourgade de Galilée appelée Nazareth".
Prenons conscience du mystère que représente Nazareth dans le grand mystère du plan de Dieu.
Le messager de Dieu fut envoyé à Nazareth ; et le salut a commencé dans un village. L'un des plus grands secrets du cœur de Dieu, en tout cas celui qu'il nous révèle avec le plus d'insistance, c'est qu'il aime passionnément l'ordinaire des choses et des personnes, sans doute parce qu'il est le seul à voir vraiment la beauté de ses créatures.
Dieu aime que la puissance, l'extraordinaire puissance de son amour, travaille en l'homme et dans le monde des hommes sans rien bousculer, sans rien déranger. Et c'est cette divine discrétion du Maître de l'histoire qui le fait paraître absent ou lointain. En réalité il est bien présent, activement, amoureusement présent, mais tellement présent qu'il n'a pas besoin d'imposer sa présence.
C'est pourquoi, avec Dieu, les commencements sont souvent modestes : Gabriel est venu au village ...
Trop souvent, dans le cheminement de notre foi, nous passons à côté du réel de Dieu, parce que nous l'attendons ou le cherchons dans l'extraordinaire, dans un monde autre, dans un monde déconnecté du quotidien, ou sur une route à la mesure de notre projet, de notre désir ; et c'est nous-mêmes alors qui créons le sentiment de l'absence de Dieu. C'est alors que les inventions de Dieu nous déconcertent et que sa route nous paraît déroutante. En réalité ce n'est pas Dieu qui s'absente, c'est nous qui vivons "absents de lui" (Teresa) ; ce n'est pas Dieu qui s'éloigne, c'est nous qui avons quitté Nazareth ; ce n'est pas l'heure de Dieu qui tarde, c'est nous qui ne l'attendons plus.
Marie, à Nazareth, n'a pas d'autre projet que de laisser faire Dieu et de trouver grâce auprès de lui, à la louange de sa gloire ; et c'est pourquoi, même si le message de Dieu la bouleverse parce que l'irruption de son amour est toujours bouleversante, sa première réponse est déjà heureuse et soumise : "Voici la servante du Seigneur, qu'il m'advienne selon ta parole".
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyDim 9 Déc - 7:11

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 1243

« Tout être vivant verra le salut de Dieu »
(Lc 3, 1-6)

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène, les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie. Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Nous sommes en 27 ou 28 de notre ère. Depuis plus de vingt ans la Judée n'est plus qu'une province de l'empire romain. Tibère, l'empereur, est loin, mais le préfet Ponce Pilate administre le pays d'une main de fer. Quant au grand prêtre, Caïphe, qui est en place depuis dix ans déjà, c'est à sa diplomatie et à son astuce qu'il doit d'avoir gardé sa position, plus politique que religieuse.
En Galilée comme à Jérusalem, les flambées de nationalisme sont sévèrement réprimées, et les fils d'Israël, pressurés, humiliés par l'occupant, et sans avenir politique, ne peuvent mettre leur espérance qu'en Dieu. Une sorte de soif spirituelle grandit dans certains groupes de croyants. On entend même parler, à l'époque de Jean-Baptiste, de communautés presque monastiques, regroupant des hommes, des femmes et des jeunes, qui se sont créées çà et là non loin de la Mer Morte, et qui gardent les traditions ascétiques des Esséniens.
C'est alors, nous dit l'Évangile, que "la parole de Dieu fut sur Jean, fils de Zacharie", dans le désert où l'Esprit Saint l'avait poussé.
Jean quitte sa longue retraite dans le désert et se met à prêcher dans la région du Jourdain nouvellement peuplée ; et les foules viennent à lui pour se faire baptiser. Le rite du baptême n'était pas, à l'époque, une nouveauté absolue. Divers mouvements religieux le pratiquaient : par exemple, dans la communauté de Qumran, sur les bords de la Mer Morte, des bains quotidiens, réservés aux membres profès, exprimaient leur idéal de pureté morale dans l'attente d'une purification radicale à venir.
Mais par plusieurs traits le baptême proposé par Jean tranchait sur les usages courants. Tout d'abord il était offert à tous, et pas seulement aux membres les plus méritants d'une secte, et il n'était reçu qu'une fois, comme ultime préparation au baptême (plongée) dans l'Esprit Saint que seul le Messie pouvait apporter. Par ailleurs le baptême du Jourdain était donné par le jeune prophète lui-même, au nom de Dieu qui l'avait envoyé. Et surtout, à ses yeux, la conversion était le présupposé indispensable : les disciples ne devaient pas se contenter de proclamer leur idéal par des ablutions rituelles ; il leur fallait se détourner de leur vie pécheresse, s'orienter résolument vers Dieu pour accomplir sa volonté, et se préparer au pardon des péchés qui ne manquerait pas de venir dès que le Règne de Dieu ferait irruption dans le monde.
La force de conviction de Jean était telle qu'elle évoquait irrésistiblement une autre grande voix prophétique entendue cinq siècles auparavant, vers la fin de l'exil à Babylone, et qui criait, de la part de Dieu, un message d'espérance et de conversion : "Frayez dans le désert la route du Seigneur. Tracez droit dans la steppe une chaussée pour notre Dieu !" (Is 40,3).
Mais cette route dont parle le prophète, cette route qu'il faut niveler, remblayer, aplanir, où mène-t-elle ? Vers les exilés ? Non pas ; mais vers Jérusalem et la terre des ancêtres. Ce n'est pas une route que les pauvres déblayent pour que Dieu vienne à eux. C'est une chaussée que Dieu lui-même va emprunter avec ses pauvres. Dieu avec eux va traverser le désert ; Dieu avec eux va rentrer au pays, et sa gloire se révèlera. En frayant dans le désert la route de Dieu, les pauvres d'Israël trouveront la route de leur propre liberté.
Et c'est bien cela que Jean le Baptiste annonce à son tour. Il ne dit pas : "Convertissez-vous afin de décider le Messie à venir" ; il proclame : "Convertissez-vous car Il vient. C'est sûr, c'est imminent, et il faut se mettre en route avec lui.
C'est bien aussi le sens de cet Avent que nous vivons avec toute l'Eglise.
Nous préparons Noël, nous nous préparons à fêter le Fils de Dieu qui est venu et qui vient sans cesse parmi nous ; car "le Seigneur vient", et il ne cesse de venir. Mais accueillir Jésus, le Messie de Dieu, l'accueillir comme sauveur, c'est accepter de partir avec lui, c'est prendre avec lui le chemin du retour, car s'il vient parmi nous, c'est pour nous conduire au pays de la gloire, c'est-à-dire à l'amour du Père qui est le but du monde et de l'histoire des hommes.
Jésus, Fils de Dieu, vient parmi nous pour repartir avec nous, et notre route avec lui traversera le désert, désert de notre histoire collective ou désert de notre route personnelle. Tous les jours il faudra redresser, remblayer, aplanir ; si bien que notre conversion sera un cheminement, aussi long que le temps du désert pour Israël.
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyLun 10 Déc - 8:39

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

« Nous avons vu des choses extraordinaires aujourd’hui ! »
(Lc 5, 17-26)

Un jour que Jésus enseignait, il y avait dans l’assistance des pharisiens et des docteurs de la Loi, venus de tous les villages de Galilée et de Judée, ainsi que de Jérusalem ; et la puissance du Seigneur était à l’œuvre pour lui faire opérer des guérisons. Arrivent des gens, portant sur une civière un homme qui était paralysé ; ils cherchaient à le faire entrer pour le placer devant Jésus. Mais, ne voyant pas comment faire à cause de la foule, ils montèrent sur le toit et, en écartant les tuiles, ils le firent descendre avec sa civière en plein milieu devant Jésus. Voyant leur foi, il dit : « Homme, tes péchés te sont pardonnés. » Les scribes et les pharisiens se mirent à raisonner : « Qui est-il celui-là ? Il dit des blasphèmes ! Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Mais Jésus, saisissant leurs pensées, leur répondit : « Pourquoi ces pensées dans vos cœurs ? Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire : “Tes péchés te sont pardonnés”, ou dire : “Lève-toi et marche” ? Eh bien ! Afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité sur la terre pour pardonner les péchés, – Jésus s’adressa à celui qui était paralysé – je te le dis, lève-toi, prends ta civière et retourne dans ta maison. » À l’instant même, celui-ci se releva devant eux, il prit ce qui lui servait de lit et s’en alla dans sa maison en rendant gloire à Dieu. Tous furent saisis de stupeur et ils rendaient gloire à Dieu. Remplis de crainte, ils disaient : « Nous avons vu des choses extraordinaires aujourd’hui ! »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Quand Dieu paraît, quand Dieu agit - et il ne cesse d'agir - il est assez puissant pour inverser dans notre cœur le cours des événements et pour transformer dans nos vies tout ce qui porte le sceau du malheur. C'est cette fidélité agissante qu'Isaïe appelait "la revanche de Dieu", et c'est toujours une victoire de l'amour : "Voici votre Dieu, il vient lui-même et va vous sauver".
Quand Dieu vient, quand on laisse Dieu venir et montrer sa gloire, même le désert refleurit, même la terre de la soif se couvre de fleurs des champs ; les mains fatiguées recouvrent des forces, les genoux chancelants s'affermissent, et nous retrouvons le courage de vivre et de servir. Nous recommençons à voir, parce que nous regardons les choses et les personnes dans la lumière de Dieu ; nous parvenons à entendre sa voix, parce que nous consentons à faire taire la rumeur de tous nos sentiments négatifs.
Isaïe l'avait prédit : "Le boiteux grimpera comme un cerf"; et Jésus, Dieu qui sauve, accomplit la promesse: le paralysé, sur sa parole, emporte sa civière.
Qu'est-ce que Dieu attend pour réaliser en nous des merveilles semblables ? - La foi, rien que la foi, mais une foi qui prenne tout l'être et toute la vie, la foi des pauvres de cœur qui font à Dieu l'honneur de s'en remettre à lui.
"Prends ta civière, et retourne chez toi" : c'est l'ordre que Jésus nous donne ce matin, en nous pardonnant nos péchés. "Prends ta civière ; lâche ton passé d'égoïsme et de tristesse. Avance, toi aussi, sur la route que Dieu a ouverte dans l'histoire", la Route sainte pour les rachetés : Jésus lui-même, qui est chemin, vérité et vie.
"Prends ta civière" : c'est le désir de Dieu. Mais notre désir à nous, où est-il, où va-t-il ? Où est le trésor qui retient et paralyse notre cœur ? Quelle épaisseur de routine, de lassitude et de tristesse devons-nous traverser pour nous retrouver, humbles et heureux, devant le Fils de Dieu qui va nous guérir ?
Que notre prière, Seigneur, se fraie un chemin jusqu'à toi.
Suscite au cœur de ceux qui te servent les désirs purs, les désirs forts qui les prépareront au mystère de l'Incarnation de ton Fils.
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyMar 11 Déc - 7:03

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

« Dieu ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu »
(Mt 18, 12-14)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quel est votre avis ? Si un homme possède cent brebis et que l’une d’entre elles s’égare, ne va-t-il pas laisser les 99 autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée ? Et, s’il arrive à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les 99 qui ne se sont pas égarées. Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Chaque évangéliste à sa manière personnelle de proposer les paraboles de Jésus. Ainsi, là où saint Luc parle de brebis perdue, et applique l'image à tous les hommes, Matthieu décrit une brebis égarée que Jésus vient sauver, et il enchâsse la parabole entre deux rappels des "petits", c'est-à-dire, concrètement, pour saint Matthieu, les plus humbles et les plus délaissés de chaque communauté chrétienne.
On pourrait dire : brebis perdue/ brebis égarée, où est la différence ? Effectivement la différence apparaît peu dans notre langue, mais dans le Nouveau Testament l'égarement a toujours trait à la foi. "Que personne ne vous égare", disait Jésus (Mt 24,4). De même saint Paul avertissait Timothée : " Les hommes mauvais et imposteurs vont progresser dans le mal, égarant les autres, égarés eux-mêmes ! Mais toi, demeure ferme dans ce que tu as appris et accepté comme certain" (2 Ti 3,13). Et l'on retrouve chez Jean, chef de communauté, la même mise en garde : "Petits-enfants, que personne ne vous égare ! » (1 Jo 3,7; cf. 2,26)  Ceux qui égarent les chrétiens sont clairement désignés : ce sont - d'une part les faux prophètes (Mt 24,11.24; Ap 19,20), les hommes mauvais et imposteurs, - d'autre part le Satan, "qui égare la terre entière" (Ap 12,9). Mais l'on peut s'égarer soi-même si l'on se prétend sans péché (1 Jo 1,8 ).
Ainsi, dans la parabole telle que la propose Matthieu, ce sont les petits de la communauté chrétienne, les gens sans défense, qui sont menacés dans leur foi par les slogans des faux prophètes. Et cela, Dieu ne le supporte pas. Sur ce point Jésus est formel : "Votre Père qui est aux cieux ne veut qu’aucun de ces petits ne se perde" ; et ces réflexes du Père, Jésus les fait siens.
La parabole de Matthieu complète donc celle de Luc : non seulement Jésus-Berger est venu chercher ceux qui étaient perdus, mais il prend fait et cause pour tout ceux que l'on méprise dans les groupes humains, tous les "petits" que l'on égare sans scrupule.
Dans la parabole selon Matthieu, la brebis égarée est beaucoup moins révoltée que victime, et la joie du berger met surtout en lumière l'immense pitié qui habite le cœur du Christ comme celui du Père. Quel recours auraient les "petits", les "humainement faibles", si Dieu ne les prenait en charge ? Quel espoir de salut auraient-ils, si le Christ ne s'était pas fait homme pour mieux se faire reconnaître comme Berger ?
L'essentiel de la parabole est cette révélation de Dieu, de ses réflexes et de ses méthodes, qui sont aussi ceux de Jésus. Quant à nous, nous perdrions sûrement notre temps si nous nous demandions quelle brebis nous sommes, brebis de Luc ou brebis de Matthieu, brebis qui se retrouve loin de Dieu parce qu'elle n'en fait qu'à sa tête, ou brebis incapable de se défendre et qui est ballottée à tout vent de doctrine ou au gré des impressions spirituelles fugitives et contradictoires. Il est probable que nous sommes un peu les deux, un peu perdus et un peu égarés.
Ce qui importe, c'est de nous redire aujourd'hui : Si je me laisse rejoindre par le Berger, je peux vivre une amitié qui n'a pas de nom sur la terre parce qu'elle sera à la fois pardon, dialogue, don de vie et irruption dans la lumière de Dieu.
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyMer 12 Déc - 7:03

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

« Venez à moi, vous tous qui peinez »
(Mt 11, 28-30)

En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

"Vous qui peinez et qui êtes surchargés"...
Jésus, en disant cela, s'adressait en premier lieu à tous ceux qui étaient écrasés et blessés par le fardeau ou le joug de la Loi, mais aussi, plus largement, à tous ceux qui pliaient sous le poids des épreuves. Et là, chacun de nous se sent rejoint, compris, et interpellé. Car les épreuves sont notre lot à tous, au moins à certaines heures ou à certains tournants de la vie : Epreuves de santé, épreuves de famille, épreuves dans la réalisation de nous-mêmes et, pour les consacrés, épreuves de la vie communautaire.
Même les personnes au caractère le plus heureux ou le mieux trempé peuvent se sentir un moment écrasé par l'épreuve ; et quand les soucis s'accumulent, elles accusent le coup, car le malheur leur semble sans issue.
"Venez à moi, dit Jésus, vous qui pliez sous le poids de la souffrance, vous qui pleurez un être cher, car je viens habiter votre solitude.
Venez à moi, vous qui êtes las de vous donner et de vous oublier, car avec moi cette mort sera fécon­de.
Venez, vous qui peinez au désert de la foi, car ma parole le fera refleurir.
Venez à moi, vous que la haine a chassés de votre pays, de votre maison ou des horizons de votre enfance, car avec moi vous serez dans le pays de Dieu.
Venez à moi, vous qui pleurez de ne pouvoir pardonner, car je suis doux et humble de cœur.
Venez à moi, et moi, je vous ferai reposer."
Mais comment Jésus s'y prend-il, et quel ce repos qu'il nous promet ? Est-ce que le Seigneur enlève d'un seul coup de nos épaules toutes les charges et tous les jougs ?
Non : la plupart du temps nos fardeaux restent en place, même si parfois Dieu exauce nos prières de manière inattendue. Le plus souvent les fardeaux ne changent pas : c'est nous qui changeons sous le fardeau, à partir du moment où nous l'assumons comme le fardeau que Jésus nous demande de porter, et à partir du moment où, à l'école de Jésus, nous reprenons un chemin d'humilité et de douceur.
Car souvent c'est la révolte et l'agressivité qui nous ôtent toute force intérieure. Ce qui nous paralyse, c'est de deviner ou d'imaginer, derrière les épreuves, telle ou telle réaction trop humaine, telle ou telle incompréhension ou animosité, telle ou telle injustice, telle ou telle volonté de nous barrer la route.
Ce qui nous fait chavirer dans notre espérance, c'est d'interpréter nos souffrances comme un rejet de Dieu ou comme une absence de son amour.
À l'école de Jésus, on n'échappe pas forcément à l'épreuve, mais on apprend à lui donner un sens, à l'orienter le plus possible vers la vie, à l'assumer résolument dans la réponse à Dieu.
Le fardeau demeure, mais il devient léger, parce que c'est l'amour qui le porte : ce n'est plus le fardeau honni, mais le fardeau de Jésus. Le joug pèse encore sur les épaules, mais il ne fait plus mal, parce que Jésus lui-même l'a posé et l'ajuste chaque matin.
"Je vous ferai reposer", dit Jésus. Or son repos à lui fut rejoint à travers la Croix ; et c'est dans ce mystère qu'il nous invite à entrer : c'est par l'humilité et la douceur qu'il est entré lui-même dans le repos de Dieu.
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyJeu 13 Déc - 8:22

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 1247

« Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »
(Mt 11, 11-15)

En ce temps-là, Jésus déclarait aux foules : « Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent, le royaume des Cieux subit la violence, et des violents cherchent à s’en emparer. Tous les Prophètes, ainsi que la Loi, ont prophétisé jusqu’à Jean. Et, si vous voulez bien comprendre, c’est lui, le prophète Élie qui doit venir. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

"Le Règne de Dieu est assailli avec violence", contesté très souvent dans le monde, mais assailli aussi dans notre cœur par la violence des questions, des révoltes et des refus.
De cette violence qui explose parfois en nous, Dieu seul peut se rendre maître, et il le fait parfois en nous répétant inlassablement son appel et ses promesses.
Avec insistance, les textes de ce temps de l'Avent nous tournent vers les grandes certitudes de notre foi et vers un renouveau d'espérance.
Ils nous révèlent en même temps dans une lumière plus vive tout le négatif qui habite notre cœur, toute l'agressivité, l'envie, l'impatience qui s'expriment dans nos réflexes, toutes les tristesses, les nostalgies, les regrets paralysants que nous laissons monter en nous.
En réponse à toutes nos peurs, pour demain et aujourd'hui,
le prophète Isaïe nous redit, de la part de Dieu : "Ne crains pas. Je viens à ton secours. Je te prends par la main !"
En réponse à nos sentiments d'échec, d'inutilité et de lassitude,
Isaïe nous donne son assurance : "Tu mettras ta joie dans le Seigneur, ta fierté dans le Dieu Saint d'Israël".
Et quand, malgré nos efforts, tant de choses paraissent se dessécher dans notre vie, quand le désert semble gagner dans notre cœur, le Dieu de notre appel promet de nouveau par ses prophètes : "Sur les hauteurs dénudées, je ferai jaillir des fleuves et des sources dans les ravins !"
Qu'elle est étonnante, la puissance que Dieu déploie au service de son plan d'amour !
Qu'elle est grande, sa force de Créateur et de Père, capable de faire jaillir de vraies sources de joie, limpides et fraîches, dans le ravin de notre cœur !
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyVen 14 Déc - 8:31

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 1249

« À qui vais-je comparer cette génération ?
(Mt 11, 16-19) »

En ce temps-là, Jésus déclarait aux foules : « À qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d’autres en disant : “Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.” Jean est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l’on dit : “C’est un possédé !” Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et l’on dit : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.” Mais la sagesse de Dieu a été reconnue juste à travers ce qu’elle fait. »

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Ce jour-là Jésus dit aux foules : "À qui vais-je comparer cette génération ? Elle est comparable à des enfants assis sur les places, qui en interpellent d'autres : Nous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé. Nous avons entonné un chant funèbre, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.
En effet, Jean est venu, il ne mange ni ne boit, et l'on dit : "Il a perdu la tête". Le Fils de l'homme est venu, il mange, il boit et l'on dit : "Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des collecteurs d'impôts et des pécheurs", mais la sagesse a été reconnue juste d'après ses œuvres.
Jésus savait regarder, et bien des détails de l'Evangile nous le montrent passionné pour la vie quotidienne, surtout celle des petites gens des villages et des bourgs. C'est ce regard de poète sur la vie de tous les jours qui donne aux paraboles de Jésus tout leur charme et une grande partie de leur force émotionnelle.
Nous le constatons une fois de plus dans la parabole d'aujourd'hui. Jésus a observé les chamailleries des gamins sur la place ; il se souvient peut-être de certains après-midis de son enfance, où tous les jeux tournaient court par la mauvaise humeur de quelques-uns.
En deux phrases, Jésus campe la scène. Sur la place, poussiéreuse comme il se doit, deux bandes d'enfants sont assises à distance l'une de l'autre. D'un côté, les bons gosses, de l'autre les mauvaises têtes. Les bons gosses sont décidés à jouer ; ils proposent d'abord un jeu gai, un jeu de garçons : imiter la ronde des hommes un jour de noces. Puis ils essaient un jeu de filles, triste cette fois : il s'agit de pleurer et de se battre la poitrine comme les femmes à l'enterrement. Mais dans les deux cas ils se heurtent au refus buté du groupe d'en face, qui ne veut jouer à rien. Les bons gosses pourtant s'offrent à assumer la part du jeu la moins amusante : jouer de la flûte pour les autres, hurler les lamentations pour les autres. Finalement tout le monde s'ennuie, et les gosses délurés s'en prennent aux boudeurs, Jésus applique immédiatement la parabole aux adultes qui l'écoutent ou qui refusent son message.
Dieu dans sa sagesse, fait feu de tout bois pour amener les hommes à son jeu. Il a d'abord envoyé Jean, le Baptiste, en précurseur. Son style prophétique, érémitique, élianique, a bousculé et raidi les docteurs de la Loi, qui l'ont fait passer pour un demi fou (Lc 7, 34) ; son ascèse, par ailleurs, a rebuté une génération amollie.
Vient ensuite Jésus, avec son bel équilibre : il mange et boit avec tous, conscient d'inaugurer le temps de la joie, le temps des noces. Et l'on dit, dans son dos : "Voilà un glouton. Vous savez, il boit sec, et il n'est pas regardant pour ses amitiés : on le voit partout avec des publicains et des pécheurs."
Dans cette génération, conclut Jésus, le plan de Dieu rencontrera toujours la même obstination, le même refus a priori. Comme disait déjà le vieux proverbe d'Israël : " Si un sage conteste avec un insensé, qu'il se fâche ou qu'il rie, il n'y aura pas de paix. " (Pr 29, 9)
Cependant Dieu trouvera toujours sur terre des enfants de bonne volonté, de bons joueurs qui accepteront d'entrer dans le mystère du salut et qui feront bon accueil à tout ce que le Maître proposera, à l'exigence de l'ascèse comme au devoir de rester joyeux. La Sagesse de Dieu sera reconnue juste, opportune, admirable, par tous ceux qui accepteront que Dieu soit libre, libre de ses voies, de ses choix, de ses dons. Il y aura toujours sur terre des esprits et des cœurs ouverts à la nouveauté, qui sauront reconnaître en Jésus la Sagesse du Père venue comme chez elle parmi les humains.
Nous-mêmes, en ce temps de l'Avent ; qu'attendons-nous, sinon une nouvelle visite du Christ Sagesse de Dieu ? Nous ne valons pas mieux que les autres hommes, nous ne sommes ni plus clairvoyants ni plus cou­rageux, et nous sommes assis sur la même place poussiéreuse, lassés parfois de tout, même de jouer au jeu de Dieu, tristes devant l'effort, rétifs au message de conversion du Baptiste, craignant de ne pas manger ni boire tout notre soûl à la table de ce monde.
Mais nous avons une richesse à partager : c'est que nous attendons la visite de Dieu. Bientôt, au cœur de la nuit, un son de flûte s'élèvera, très doux, très chaud, presque timide : la flûte du Messie. Alors nous cesserons de bouder et nous nous lèverons pour danser, puis nous nous mettrons en route tous ensemble jusqu'à un berceau où nous attendra l'Enfant sage, la Sagesse faite enfant.
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptySam 15 Déc - 7:48

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 1250

« Élie est déjà venu et ils ne l’ont pas reconnu »
(Mt 17, 10-13)

Descendant de la montagne, les disciples interrogèrent Jésus : « Pourquoi donc les scribes disent-ils que le prophète Élie doit venir d’abord ? » Jésus leur répondit : « Élie va venir pour remettre toute chose à sa place. Mais, je vous le déclare : Élie est déjà venu ; au lieu de le reconnaître, ils lui ont fait tout ce qu’ils ont voulu. Et de même, le Fils de l’homme va souffrir par eux. » Alors les disciples comprirent qu’il leur parlait de Jean le Baptiste.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Lorsque les Juifs, au temps de Jésus, évoquaient la venue du Messie et cherchaient à en repérer les signes, un texte de Malachie leur venait immédiatement à la mémoire : "Voici que j'envoie mon prophète Élie, dit le Seigneur, avant que ne vienne le Jour du Seigneur. Et il retournera le cœur des pères vers le cœur des fils, et le cœur des fils vers le cœur des pères". (Mal 4,5)
Et les adversaires de Jésus tiraient argument d'un texte comme celui-là pour contester sa messianité : puisque Élie n'est pas encore revenu, ce Jésus ne peut se prétendre le Messie d'Israël ! Dans le dessein de Dieu, Élie doit venir d'abord, pour mettre tout en ordre en Israël afin que la venue du Messie se réalise dans l'allégresse d'un peuple purifié !
La réponse de Jésus est étrange : "Je vous dis qu'Élie est déjà venu", et cette affirmation de Jésus a de quoi inquiéter les scribes ; Si Élie est déjà venu, alors la grande mise en ordre a déjà eu lieu ; comment se fait-il, alors, qu'ils ne l'aient pas repérée, eux, les guides d'Israël ? Comment se fait-il que ce passage d'Élie n'ait pas été plus marquant ? Autre conclusion, plus grave encore aux yeux des scribes : si Élie est venu, c'est donc que le Messie va venir, ou qu'il est déjà présent au sein de son peuple… mais alors Jésus pourrait avoir raison !
Et de fait, quelqu'un, en plein pays d'Israël, est venu accomplir la mission d'Élie, celui dont l'Ange avait dit à Zacharie, son père : "Il marchera devant le Seigneur avec l'esprit et la puissance d'Élie, pour préparer au Seigneur un peuple bien disposé" (Lc 1,17). C'est celui qui a prêché, dans le désert, la conversion et le retour à Dieu, celui qui a voulu aplanir la route pour le Seigneur, qui a annoncé la fin des temps, et un "plus fort" qui allait venir après lui.
Jean le Baptiste a fait l'œuvre d'Élie, mais ses frères juifs ne l'ont pas reconnu "et ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu". Certes c'est Hérode qui l'a fait mettre à mort, mais en réalité, beaucoup l'ont rejeté : tous ceux qui n'ont pas répondu à son appel. Ainsi, en une phrase, Jésus dévoile le rôle de Jean-Baptiste dans le plan du salut ; jusque dans sa mort il a préparé la voie au Messie, en effet, Jésus ajoute :"De même le Fils de l'homme aura à souffrir par eux." Pour le Baptiste et Jésus, ce sera la même incompréhension, la même haine et l'élimination brutale.
Le drame, pour les guides c'est de n'avoir pas su reconnaître les signes du temps, les signes que Dieu faisait à son peuple dans l'histoire. Et c'est bien cette tentation qui nous guette.
Nous n'avons pas à attendre la première venue du Messie, car nous savons qu'il est mort une fois pour toutes et ressuscité une fois pour toutes ; mais nous avons à reconnaître les signes de sa présence. Or souvent l'impression nous vient que Jésus est absent ou pas encore présent, dans l'histoire du monde qui va cahotant, dans l'histoire de nos communautés, qui parfois perdent pied ou perdent cœur, en s'imaginant que les épreuves vont dépasser leurs forces, c'est-à-dire la force de Jésus, dans l'histoire personnelle, qui voit souvent notre amour s'affadir. Nous reprochons presque à Jésus de nous avoir donné ce que nous sommes venus chercher, la solitude avec le Christ pour le salut du monde, la croix de la prière et d'une mission universelle.
"Seigneur, si tu avais été là …". C'est la plainte de Marthe, puis celle de Marie. Si tu avais été là, tout se serait passé autrement. En fait Jésus est là, et son Esprit nous prépare chaque jour à l'accueillir. L'Esprit, autour de nous, en nous, veut faire toutes choses nouvelles ; comme un ferment déjà là, déjà venu, déjà agissant, il transforme le monde, il recrée les cœurs, il modèle le visage des communautés. L'Esprit est là, qui à la fois, achève en nous le mûrissement de la parole de Dieu et nous prépare à toute la nouveauté de Jésus, à tout l'inattendu de la volonté du Père.
Mais de même que les contemporains du Baptiste n'ont pas su nommer Élie le précurseur dans l'immense mouvement de conversion qui leur était proposé, de même nous ne savons pas nommer l'Esprit continuateur de l'œuvre de Jésus dans l'effort de rajeunissement auquel l'Église est contrainte, dans la nouvelle insécurité de la vie religieuse, dans l'exigence de charité héroïque qui s'inscrit dans la grisaille de nos journées.
Jésus est venu dans notre chair : il n'a plus besoin de précurseur ; mais il nous demande d'accueillir le Paraclet, celui qui vient en nous achever son œuvre, celui qui nous mène vers la vérité tout entière.
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyDim 16 Déc - 7:06

Bonjour,

L'ÉVANGILE DU JOUR :

Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 1253

« Que devons-nous faire ? »
(Lc 3, 10-18)

En ce temps-là, les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? » Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! » Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) vinrent aussi pour être baptisés ; ils lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. » Des soldats lui demandèrent à leur tour : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde. » Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. » Par beaucoup d’autres exhortations encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

MÉDITER AVEC LES CARMES :

Deux grands témoins nous préparent aujourd'hui à la venue du Seigneur : le Baptiste et saint Paul vieillissant, dans sa lettre aux Philippiens. Ecoutons-les successivement pour réchauffer notre espérance à leur enthousiasme.
Jean le Baptiste est l'homme de l'urgence et de la décision ; et ses consignes viennent réveiller les croyants : "Faites des fruits dignes de votre repentir", dignes du baptême de pénitence que vous venez de recevoir. En écho à cet appel, trois groupes viennent à lui avec la même question : "Que nous faut-il faire ?"
Aux gens ordinaires de la foule, Jean répond simplement : "partagez !" ; et il vise en particulier le vêtement et la nourriture. Aux collecteurs d'impôts, le Baptiste n'impose pas de quitter leur travail, mais ils ne doivent pas chercher à s'enrichir en faisant payer aux gens plus que l'occupant ne demande. Les soldats non plus n'auront pas à renoncer à leur métier ; mais ils ne devront pas profiter de leur force et de leurs armes pour vivre aux dépens des habitants du pays ni pour calomnier et dénoncer sans scrupule.
C'est l'ascèse de tous les jours, au niveau de l'avoir et du pouvoir, mais ce n'est qu'une des facettes de la spiritualité du Précurseur, car son désir de probité et de générosité s'enracine, en profondeur, dans une humilité radicale devant Dieu, devant le plan de Dieu et devant Celui qui va le mettre en œuvre : "lui vous plongera dans l'Esprit Saint ".
La toute première ascèse du Baptiste est de rester à sa place dans le dessein de Dieu, à sa place de précurseur du Messie ; mais pour lui, nous le savons, c'était beaucoup plus une joie qu'un effort : "il faut qu'Il croisse, et que moi je diminue !".
La grandeur d'âme du Baptiste sera de garder cette humilité et ce réflexe d'effacement même quand il verra Jésus choisir un style d'action tout différent du sien. Pour l'instant il se représente le Messie un peu à sa propre image : vannant le blé à la grande pelle et brûlant la menue paille dans un feu jamais éteint. En réalité ce Messie "plus fort que lui" mettra tous ses disciples à l'école de sa douceur.
Avec saint Paul notre ascèse de l'Avent, sans cesser d'être pratique et réaliste, va descendre dans notre cœur jusqu'à la racine de nos décisions et de nos comportements.
Ce sera avant tout l'ascèse de la joie, de la joie ancrée dans la Pâque de Jésus et maintenue courageusement, en dépit des épreuves et des incertitudes, familiales ou communautaires, en dépit également de nos désarrois personnels devant la maladie, l'incompréhension ou la solitude. Une sœur joyeuse, une maman joyeuse, joyeuse malgré tout, quel soleil dans la communauté, quelle espérance dans le cœur des enfants ! "Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur, je vous le redis, insiste saint Paul, réjouissez-vous !"
Et il ajoute, pour faire bonne mesure : "n'entretenez aucun souci". Ce sera l'ascèse de la confiance, si onéreuse pour nous qui voulons tout garder en mains, notre propre destin et celui de notre communauté. Le secret, selon saint Paul, est de tout demander, et de faire de Dieu le confident de tous nos besoins et de toutes nos craintes. Car nous passons notre vie à craindre, alors que "le Seigneur est proche", à portée de foi, à portée de prière.
Au fond, l'une des ascèses les plus nécessaires, pour notre cœur inquiet et trop souvent triste, est de laisser venir la paix de Dieu, cette paix qui, selon saint Paul, va "monter la garde" à l'entrée de notre cœur et maintenir nos pensées "dans le Christ Jésus ". Tant de négatif pénètre dans nos sentiments, dans nos souvenirs, dans notre regard sur demain ; tant de lassitude ou d'amertume se glisse parfois dans nos gestes ou dans nos paroles ; tant de retours sur le passé nous paralysent ou dévitalisent notre prière !
Le Seigneur est proche, le Seigneur vient.
Déjà il nous a choisis, déjà il nous a appelés.
Déjà chaque jour il nous ouvre sa vie.
Comment pourrions-nous oublier d'être heureux ?
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyLun 17 Déc - 10:00




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L'ÉVANGILE DU JOUR




« Jésus, fils de David, fils d’Abraham » (Mt 1, 1-17) 





Généalogie de Jésus, Christ, fils de David, fils d’Abraham. Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères, Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara, Pharès engendra Esrom, Esrom engendra Aram, Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naassone, Naassone engendra Salmone, Salmone, de son union avec Rahab, engendra Booz, Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed, Jobed engendra Jessé, Jessé engendra le roi David. David, de son union avec la femme d’Ourias, engendra Salomon, Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa, Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias, Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Acaz, Acaz engendra Ézékias, Ézékias engendra Manassé, Manassé engendra Amone, Amone engendra Josias, Josias engendra Jékonias et ses frères à l’époque de l’exil à Babylone. Après l’exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel, Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor, Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim, Akim engendra Élioud, Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob, Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ. Le nombre total des générations est donc : depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations ; depuis David jusqu’à l’exil à Babylone, quatorze générations ; depuis l’exil à Babylone jusqu’au Christ, quatorze générations. 







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MÉDITER AVEC LES CARMES



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Bon anniversaire, Maman. Toute la tendresse que nous mettons (mettions), en nous adressant à celle qui nous a mis au monde se retrouve, transposée, universalisée, glorifiée, dans notre regard d’aujourd’hui vers Celle qui a été l’aurore du salut, la Mère du Messie et la Mère de l'Eglise, la Mère de la Vie et la Mère des vivants. 




Et d’instinct, pour cet anniversaire, nous serions allés chercher dans l’Evangile l'un des portraits les plus vivants, les plus parlants, de notre Mère. Or l’Eglise vient de nous faire passer dans le long, le très long couloir de saint Matthieu, devant quarante-deux portraits des ancêtres de Jésus. Nous avons affaire à la généalogie de Matthieu. Généalogie descendante, d’Abraham à Joseph, alors que celle de Luc est ascendante, de Joseph à Adam, fils de Dieu. Cette différence est déjà très instructive : Matthieu veut montrer comment Jésus s’insère dans une lignée déterminée ; Luc veut montrer comment Jésus s’insère dans l'humanité créée par Dieu. 




Autre différence à souligner : la généalogie de Matthieu ouvre l’Evangile : elle fait le lien entre Abraham et Jésus qu'on appelle Christ-Messie - donc entre l'Ancien Testament et Celui qui naît de Marie. Celle de Luc n'intervient pas au début de l'Evangile, mais au début du ministère public de Jésus, plus précisément : aussitôt le baptême de Jésus dans le Jourdain. Et du ciel vint une voix : « Tu es mon Fils bien aimé, tu as toute ma faveur » Luc enchaîne : « Et Jésus lors de ses débuts avait environ trente ans ; il était, croyait-on, fils de Joseph …fils d’Adam, Fils de Dieu.».

Mais revenons à notre généalogie matthéenne : elle est volontairement systématique, et présente trois groupes de quatorze générations, quatorze d'Abraham à Salomon, quatorze de Salomon à l'exil, quatorze de l'exil à Joseph, pour souligner que l'incarnation est l'œuvre de Dieu qui mène l'histoire et qui l’a fait mûrir à son heure. La liste la plus intéressante est sans doute la première. Elle commence avec Abraham, donc avec l'alliance que Dieu a voulue avec son peuple, la première impulsion, la première accélération de l'histoire en vue de l'avènement du Fils de Dieu. 


Quelle est la place de Marie dans tout cela ? Effacée, mais essentielle. Matthieu l’indique avec un tact admirable : « Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle naquit Jésus. » Elle est nommée la dernière, mais elle est le chaînon essentiel. Par elle, seule, Jésus est relié à la race d'Abraham, pécheresse et croyante. Par elle, seule, Jésus est relié au premier Adam, à l’humanité de tous les temps et de tous les pays. C’est en elle, et elle seule, que se croisent les deux généalogies, celle qui descend d'Abraham tout au long de l'histoire, celle qui remonte de Jésus à Adam. L'anniversaire de Marie, c'est l'anniversaire du salut. C'est vers elle que la liturgie doit tourner notre regard, de plus en plus fidèlement, à mesure que nous approchons de la Nativité, car c'est elle qui peut le mieux nous apprendre à désirer le Sauveur. 


Ne nous demandons pas quelle leçon morale, quel enseignement pratique tirer de cette lecture des Evangiles. Ce serait faire fausse route ; ce n'est pas un texte qu'il faille tirer à nous, c'est un texte qui doit nous introduire simplement dans le dessein de Dieu : « Quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d'une femme » (Ga 4,4). Après des millions d'années, quand Dieu dans sa sagesse estima que sa grâce avait suffisamment mûri le monde, Marie est celle qui est venue à l'heure de Dieu, celle que Dieu a tant aimée, tant comblée qu'elle a pu répondre un oui total. C'était le oui tout simple d'une jeune fille de Nazareth, et pourtant il venait du fond des âges, récapitulant des siècles de fidélité de Dieu des siècles d'espérance des pauvres de Yahweh, et désormais, à cause de ce oui de Marie, toutes les générations lui disent : « Tu es la femme heureuse par excellence ! » 



Etre là à l'heure de Dieu pour introduire le Christ dans un monde de pécheurs, n'est-ce pas le destin de tout âme mariale au Carmel ? Certes, il appartenait à Marie seule d'être là, de la part de Dieu, au carrefour de l'histoire humaine, et c'est l’aspect inimitable de sa destinée de grâce. Au pied de la croix également, au moment où il fallait accueillir un autre fils que le fils de sa chair, la Mère de Jésus était là, debout ; et là encore la compassion de Marie nouvelle Eve, est unique et irremplaçable ; mais à Nazareth, où il fallait simplement vivre le quotidien à l'ombre de l'Esprit, à Cana où il fallait simplement des yeux pour voir et un cœur pour deviner, c'était aussi l’heure de Dieu, et là nous sommes de plain-pied avec notre Mère. À Nazareth et à Cana, il suffit d'aimer en habits de tous les jours. A Nazareth, on est toujours à l'heure de Dieu.
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MessageSujet: Re: Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire    Jésus aujourd'hui : évangile et commentaire  - Page 10 EmptyMar 18 Déc - 11:03



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L'ÉVANGILE DU JOUR



« on lui donnera le nom d’Emmanuel » (Mt 1, 18-24)



Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec -nous ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse. 




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MÉDITER AVEC LES CARMES



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Dieu a fait en elle "de grandes choses", les choses les plus merveilleuses qui puissent enrichir une créature humaine : enfanter le Fils de Dieu, donner ses traits à Celui qui est au-delà de tout visage, et pourtant cette grâce immense a tous les dehors d'un drame. Marie ne peut faire comprendre ce que Dieu seul a fait ; elle ne peut, à elle seule, introduire Joseph dans le plan de Dieu, et elle se réfugie dans le silence, un silence qui la condamne parce Dieu seul pourrait le lever. 

Or Dieu répond à la détresse de Marie en envoyant son Messager à Joseph : "Ne crains pas ! Tout ce que tu constates et qui te paraît un non-sens est l'œuvre mystérieuse de ton Dieu. Accepte ce bébé et nomme-le Jésus, car par lui Dieu sauvera son peuple de ses péchés et le délivrera en une fois de ce poids qu'il traîne au long des siècles comme une chape de malheur." 

Ainsi les voies de Dieu déroutent l'homme, mais pour le mettre sur le chemin de la joie, du don parfait et de la totale obéissance. Les espérances terrestres perdent de leur éclat, parce que Dieu réserve à l'homme un trésor dans le ciel, qui sera manifesté quand le Ressuscité se manifestera, mais qui surpassera toutes les attentes de ce monde. Ce qui n'était pas monté au cœur de l'homme et ne pouvait pas y monter, Dieu le réalisera au jour de la gloire par des chemins connus de lui seul, mais qui sont autant d'inventions de son amour de Père. 

Dieu se plaît à surprendre, et toute son œuvre porte la marque du paradoxe : du plus petit des clans de Juda doit sortir celui qui gouvernera Israël ; Celui qui paraîtra parmi les hommes remonte à l'aube des siècles, une Vierge va enfanter, son Enfant sera à lui seul la paix, et sa puissance s'étendra jusqu'au bout de la terre. 

La même disproportion se fait jour dans la vie de toutes celles que le Seigneur appelle : d'une humble femme aux pieds meurtris par les cahots du chemin, Dieu fait une reine et lui fait épouser son dessein, qui est de réconcilier avec lui tous les hommes ; d'une baptisée qui chaque jour doit se convertir il fait une ouvrière de son plan de salut ; d'une pauvre enfouie dans le silence d'un Carmel il tire des trésors de bonté, de pardon et de joie. 

Tel est le parti pris de Dieu, tel est son style qui nous dépayse et nous prend en porte-à-faux, nous qui avons l'habitude de tout calculer selon ce qui se voit. La seule chose qu'une jubilaire ait envie de célébrer, c'est la fidélité de son Dieu qui l'a guidée si longtemps par des sentiers inconnus et imprévisibles, mais qui se sont tous révélés des chemins de son amour. Dieu a le secret de faire de chaque vie une œuvre irremplaçable et de tout peser au seul poids de la charité. Face à ces choix divins, nos réussites humaines pâlissent, et le plus sûr, le plus apaisant et le plus décisif, est de laisser à Dieu tout bilan de notre vie. 

C'est la grâce mariale du grand âge, que la Mère de Dieu ne refuse jamais à celles qui lui font confiance. Nous n'avons pas d'autre chose à chanter que le regard de Dieu qui s'est posé sur nous. Nous n'avons pas d'autre joie, au fond du cœur, que celle de lui appartenir pour toujours parce qu'il a daigné se souvenir de notre humilité. Aucune autre ambition ne nous habite que de rejoindre le Fils de Dieu pour le grand repos qu'il nous prépare, pour le jubilé du ciel qui durera l'éternité, avec tous ceux que notre amour aura rapprochés de lui. 

La Vierge Marie nous y attend, elle que nous n'aurons cessé ici-bas de regarder, de chanter et de servir.
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